Les Actualités sur Mondiaglobalisation

samedi 30 mai 2026

Editorial. Radios Moscou, Téhéran et Pékin mentent mais Radio Paris vend souvent du vent en reprenant leur propagande


Il y a les faits et leurs travestissements.

Il y a la réalité et les opinions.

Il y a l’information et la propagande.

Si, à chaque fois, ces différences sont bien spécifiées et si les mensonges les plus éhontés sont éliminés, alors les médias libres font leur travail envers leurs publics.

Et le service public en remplissant sa mission citoyenne.

Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Non pas parce que les journalistes sont dupes ou ignorants – même si certains ne semblent pas être très au fait de ce dont ils parlent – mais parce que cela fait de l’audience, ce qui, en un sens, est bien pire.

Dès lors, dès que la propagande de Poutine, des mollahs ou de Xi publie quelque chose, voilà que nos médias reprennent leurs assertions en les mettant peu en perspective du fait qu’elles viennent de régimes totalitaires.

Ce manque de précautions s’appelle de la désinformation.

A noter que les médias font la même chose avec Trump qui est considéré comme un affabulateur compulsif et dont les journalistes américains ont consigné les milliers et milliers de mensonges.

Mais, à l’inverse de ce qui se passe en Russie, en Iran et en Chine, il y a encore une presse américaine libre qui peut démonter les dires de l’extrémiste populiste.

D’où, d’ailleurs, un festival quotidien de «breaking news» sur les chaînes d’information en continue françaises où les informations sur les dires de Trump se contredisent les unes après les autres sans que cela ne gène les journalistes ou ne les interrogent sur leur déontologie.

Rappelons que l’information dans une démocratie républicaine libérale n’est pas un produit mais un élément essentiel pour que les citoyens soient au courant et puissent se faire une opinion essentielle pour prendre des décisions qui affectent leurs existences.


vendredi 29 mai 2026

Point de vue. Un jour sombre pour la démocratie américaine


Certains estimeront que nous exagérons et dramatisons car ce jour sombre est celui où le licenciement de Stephen Colbert de CBS et l’annulation du show qu’il animait sur cette chaîne, Late night show, une institution dans le paysage audiovisuel américain, ont été effectifs en cette fin de semaine.

Pourtant, qu’on aime ou pas le personnage ou son émission son départ et cette suppression de la grille des programmes en dit long sur l’état de la démocratie aux Etats-Unis.

En effet, les animateurs des talk-shows de fin de soirée sont devenus, dans l’Amérique de Trump, des voix libres et critiques envers l’extrémiste populiste.

Leurs émissions sont très regardées – même avec l’apparition des réseaux sociaux et des plateformes comme Netflix ou Disney channel.

A ce titre Stephen Colbert comme Jimmy Kimmel et à un degré moindre Jimmy Fallon et Seth Meyer sont des voix qui comptent.

Et s’ils sont populaires auprès d’une grande partie de la population, ils sont aussi haïs et pourchassés par la sphère MAGA et son chef, Donald Trump.

On ne compte plus les innombrables messages postés sur les réseaux sociaux par ce dernier pour les insulter avec une prédilection pour Jimmy Kimmel puis Stephen Cobert.

Il a demandé sans cesse leur renvoi par les chaînes concernées, CBS pour Colbert et ABC pour Kimmel, menaçant celles-ci de mesures de rétorsions, voire de perte de licence de diffuseur si elles n’obtempéraient pas.

Dans le cas de Kimmel, ABC a bien sanctionné Jimmy Kimmel mais devant le tollé provoqué par son absence de l’écran, elle a été obligée de le faire revenir.

Dans le cas de Colbert, CBS, elle, s’est pliée au diktat trumpien.

D’une part parce que l’ancien propriétaire de la chaîne voulait la vendre et qu’il avait besoin de l’autorisation de l’Administration Trump pour qu’il n’y ait pas un veto.

D’autre part, parce que le nouveau propriétaire est un milliardaire qui soutien Trump.

Stephen Cobert est donc la victime d’une chasse aux sorcières de l’extrême-droite américaine et de la haine du président des Etats-Unis.

Son renvoi est emblématique de la volonté de ceux-ci de faire taire les voix qui sont critiques.

Derrière tout cela, il y a le projet d’affaiblir puis de détruire la démocratie républicaine libérale américaine.

C’est donc bien un jour sombre pour celle-ci et la liberté.


jeudi 28 mai 2026

Le Focus. La fuite en avant criminelle de Poutine


Poutine prouve quotidiennement qu’il est un des pires criminels de ce 21e siècle.

Comme il ne peut pas battre l’Ukraine et que son armée est en train de perdre du terrain, il s’en prend sans cesse aux populations civiles avec une volonté de tuer sans faire de détails des adultes et des enfants innocents.

Il utilise pour cela toutes les armes à sa disposition sauf le nucléaire – pour l’instant – parce que son maître et principale soutien, le Chinois Xi Jinping, lui a interdit de le faire.

Mais ce dernier ne lui a pas demandé d’épargner la population, ni de faire le moins de destruction possible.

Alors le potentat du Kremlin ne se gène pas pour agir avec le plus de barbarie possible que ce soit en bombardant les villes, en kidnappant les enfants dans les zones occupées par ses sbires, en torturant et en exécutant les prisonniers de guerre, entre autres.

Et, en plus, il envoie son peuple se faire massacrer dans ce qui est une boucherie pour les soldats russes et tous ceux qu’il a réussi à enrôler – pas toujours de manière licite – à travers le monde, des Coréens du Nord aux Kenyans.

Cette fuite en avant ne cessera qu’avec sa disparition, qu’elle soit naturelle ou provoquée par l’extérieur voire par le peuple russe qui supporte de plus en plus mal un dictateur qui, non seulement est un assassin et un corrompu mais ne leur apporte même pas une prospérité quelconque, bien au contraire.

 


mercredi 27 mai 2026

Editorial. L’enfant victime est tout sauf une exception


Selon un récent rapport de l’OMS, 1,2 milliard d’enfants reçoivent des coups chaque année notamment dans le cadre familial ou à l’école que ce soit des fessées ou des châtiments plus lourds.

Et cela est à mettre en regard du nombre d’enfants dans le monde qui se monte à 2,5 milliards.

Il s’agit donc d’un enfant sur deux!

Ces chiffres démontrent s’il en était encore nécessaire que les enfants ne sont pas ces êtres surprotégés par la société, bien au contraire.

En France, après ces pitoyables tentatives d’avoir voulu faire passer les enfants comme des «rois» qui dicteraient aux adultes leurs comportements et qui obtiendraient tout ce qu’ils veulent, nous nous rendons compte quotidiennement de la précarité d’être un enfant alors que nous entrons dans le troisième millénaire.

Et que nos sociétés dites «avancées» comme nous le disent aujourd’hui des travaux d’historiens un peu plus étoffées, ne sont peut-être pas celles qui respectent le plus les enfants.

Sur des registres différents, on apprend que dans l’affaire des laits maternels contaminés, les fabricants ont attendu plusieurs jours après la découverte du problème avant d’alerter les autorités, leur chiffre d’affaires et leur réputation étant sans doute plus importantes que la santé des nourrissons et des bébés.

Dans le même temps, le scandale des violences dans le périscolaire montre le laxisme de la mairie de Paris et une volonté première de vouloir minimiser le problème au détriment de la sécurité des écoliers.

Des enfants qui se font de plus en plus assassiner dans des affaires de narcotrafics ou prostituer sans parler de la récurrence des affaires de pédophilies.

Et l’on pourrait continuer notamment avec les enfants qui dorment dans la rue, ceux qui ne mangent pas à leur faim ou qui sont victimes de harcèlement à l’école ou sur les réseaux sociaux qui les conduisent parfois au suicide.

Enfin, l’enfant est devenu une cible privilégiée pour le commerce où tout est bon pour qu’il soit transformé en un consommateur aux désirs créés de toute pièce et qui ne doivent jamais être assouvis.

mardi 26 mai 2026

Le Focus. L’accord de Trump avec l’Iran sera aussi catastrophique que celui qu’il avait négocié avec les talibans


Tout le monde l’a oublié – et surtout lui-même! – mais c’est Trump et non Biden – qui a été injustement critiqué pour ça – qui a négocié et signé le 29 février 2020 lors de sa première présidence, l’accord avec la talibans qui leur a permis de revenir au pouvoir et de faire replonger l’Afghanistan dans les temps obscurs.

Il avait ainsi discuté avec les principaux chefs de ce groupe terroriste et s’était enorgueilli d’avoir réglé le problème insoluble dont les Etats-Unis voulaient se débarrasser à tout prix.

Il avait alors déclaré: «je crois vraiment en la parole des talibans.»

Mais il avait tout faux.

Comme l’expliquait un rapport publié en 2022, le moral dans les rangs militaires afghans a été détruit lorsqu’il a conclu cet accord ce qui a entraîné la chute du régime démocratique juste après le départ des troupes américaines.

Un accord lamentable d’un négociateur lamentable.

Et c’est ce qui est exactement en train de se reproduire avec les mollahs!

Mais ici, c’est encore pire, puisqu’il veut un accord toujours à tout prix qui sera en fait une défaite en rase campagne que, bien évidemment, il présentera, en victoire éclatante.

 

Commentaire. La peine de mort, une peine essentielle pour les totalitarismes


Sans doute que des milliers de personnes ont été exécutés par des Etats en 2025.

Et si le bilan est de 2707 personnes tuées, celui-ci ne prend pas en compte des chiffres de la Chine – principal pays à tuer légalement – et d’autres pays comme la Corée du Nord qui ne donnent pas le nombre d’exécutions au motif qu’il s’agit d’un «secret d’Etat»!

Bien sûr, tous les pays qui appliquent la peine de mort ainsi que l’établit chaque année Amnesty International qui vient de sortir son nouveau rapport, ne sont pas des dictatures.

Ainsi, encore une fois, les Etats-Unis – ou, plutôt, une majorité de ses Etats – l’appliquent encore.

Mais les principaux à s’en servir le sont comme la Chine, l’Iran, l’Arabie Saoudite, la Corée du Nord, l’Egypte ou le Vietnam.

Le peine de mort n’a évidemment jamais résolu la criminalité comme toutes les enquêtes l’ont prouvé.

De même, elle n’a jamais empêché les peuples de se révolter contre la tyrannie.

Au-delà même de sa pseudo-efficience, elle est avant tout la preuve de la violence qui sévit dans les pays qui l’appliquent et notamment la violence étatique.

Elle est contraire à toutes les valeurs humanistes qui fondent la démocratie.

In fine, elle peut être considérée comme une vengeance d’Etat.

Et ce, dans tous les cas, même à propos des crimes les plus abjects commis par des assassins les plus scélérats.

Ici, il n’est pas question de laxisme dans des peines qui peuvent aller jusqu’à l’emprisonnement à perpétuité mais seulement l’honneur d’une société qui ne s’abaisse pas à agir comme ces criminels au nom d’un humanisme qu’ils ont bafoué.

C’est pourquoi aucune démocratie ne devrait appliquer la peine de mort.

Et il est temps aussi pour ceux qui ne l’appliquent plus depuis des années mais qui l’ont encore dans leur législation, de l’abolir.

 


lundi 25 mai 2026

Le Focus. Etats-Unis – Sondage: une majorité de démocrates veulent un parti centriste qui ne penche pas vers la gauche


Selon un sondage du New York Times, seuls 28% des sympathisants du Parti démocrate souhaitent qu’il penche plus vers la gauche alors que 47% souhaitent qu’il soit plus centriste et que 19% estiment que son positionnement actuel (centre/centre-gauche) est le bon.

Et, pour la présidentielle de 2028, ils ne sont que 25% à estimer que le parti doit évoluer vers la gauche pour l’emporter alors que 52% souhaitent au contraire qu’il se positionne plus au Centre et que 18% affirment qu’il ne doit pas changer de positionnement.

Ce sondage va à l’encontre de l’idée reçue selon laquelle les électeurs démocrates se seraient radicalisés et pencheraient de plus en plus vers la Gauche.

Une idée qui est véhiculée principalement par les activistes de gauche aux Etats-Unis et dans le monde qui affirment que Kamala Harris a perdu la présidentielle de 2024 parce qu’elle était trop centriste et que l’élection à la mairie de New York de Zoran Mamdani est une preuve que les électeurs démocrates sont de plus en plus à gauche.

Or si l’on sait que les socialistes et gauchistes américains sont plus nombreux ces dernières années et ont fait perdre Hillary Clinton en 2016 et qu’ils ont une responsabilité dans la défaite de Kamala Harris, pour cette dernière ce n’est certainement pas une des raisons principales.

Quant à la victoire de Mamdani à New York, elle montre, une fois de plus, l’atypisme de la plus grande ville étasunienne où la Gauche possède une position forte qui peut faire pencher la balance lors des primaires démocrates où, rappelons-le, ce sont les plus radicaux des électeurs des deux partis qui se déplacent et sélectionnent un candidat.

Par ailleurs, tous les candidats démocrates élus depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale étaient tous des centristes: Truman, Kennedy, Johnson, Carter, Clinton, Obama, Biden.

Et lorsqu’un socialiste a été le candidat du parti – McGovern en 1972 – il a été balayé.

(Sondage Sienna réalisé par téléphone du 11 au 15 mai 2026 auprès d’un échantillon de 1507 personnes représentatif de la population américaine / Marge d’erreur selon l’institut de 2,8 points)

 

 


dimanche 24 mai 2026

Le Focus. Pourquoi le duo Trumpp-Netanyahu se chamaille


Ils sont deux extrémistes populistes, démagogues, corrompus et sans doute responsables de crimes de guerre et qui, grâce à leurs fonctions respectives, ne sont pas en prison pour leurs méfaits dans leurs pays respectifs.

Trump et Natanyahu ont donc tout pour s’entendre.

Et cela s’est confirmé lors du nettoyage de la bande de Gaza par le premier ministre israélien et leur équipée commune contre l’Iran.

Cependant, en réalité, les deux politiciens ont des agendas différents qui n’ont que des convergences factuelles mais des objectifs qui n’ont rien à voir.

Pour Netanyahu, au-delà d’éviter la prison s’il n’était plus à la tête d’Israël, il y a un but idéologique très précis, réaliser le grand Israël, c’est-à-dire faire de toute la Palestine, un Etat hébreu, tout en mettant à genoux, voire à terre ceux qui s’opposent à ce projet ainsi que ceux qui veulent la destruction du pays.

Pour Trump, il y a un désir mégalomaniaque de résoudre tous les conflits du monde, de se proclamer roi du monde tout en détournant les Américains de tous les scandales et de tous les fiascos de sa présidence, de l’affaire Epstein à une économie en difficulté avec un taux d’inflation élevé.

Or donc Netanyahu a voulu cette guerre contre l’Iran pour aller jusqu’au bout pour renverser le régime des mollahs alors que Trump – qu’il a réussi à convaincre de l’accompagner en l’espèce –, n’y a vu qu’une opportunité pour son narcissisme maladif et pour faire taire les critiques et les accusations grâce à une aventure gagnante quitte à recommencer ensuite jusqu’à la fin de sa présidence (dont il espère qu’elle sera à vie…).

On comprend bien que les difficultés rencontrées sur le terrain ne découragent pas Netanyahu mais plonge Trump dans le désarroi.

Du coup, le premier veut recommencer les opérations militaires quand le second fait tout pour que les armes se taisent pour ne pas apparaître comme un vaincu afin de ne pas être affaibli aux Etats-Unis.

D’où son obsession à trouver un arrangement avec la dictature iranienne qui a si bien compris son manège peu secret et encore moins subtil, qu’elle s’amuse à le mettre constamment dans l’embarras à sa grande rage mais à sa grande impuissance et à son impéritie.

Alors, on dit que les deux hommes se sont engueulés lors de leur dernière discussion.

C’est possible.

Néanmoins, au-delà de leurs aspirations contraires, ils sont en espèce, exactement de la même espèce, des adversaires déterminés de la démocratie républicaine libérale.

Et comme tout autocrate nationaliste, ils sont d’abord focalisés sur leur pays et leur popularité quitte à se brouiller après avoir été les meilleurs amis du monde.

Ce qui pourrait être le cas si cette guerre tourne au fiasco total car alors Netanyahu aura beau jeu d’accuser Trump qui, sans aucune doute, lui rendra l’appareil…

 


samedi 23 mai 2026

Le Focus. La corruption et l’atteinte à l’Etat de droit au sommet dans les Etats-Unis de Trump


Indemniser les auteurs de la tentative du coup d’Etat de 2021 tout en faisant payer sa salle de bal par les contribuables, en n’oubliant pas d’augmenter sa fortune par des décisions opportunes en la matière, Trump ne cesse de piller l’Etat et ses concitoyens pour se remplir les poches.

Dans le même temps, il mène une guerre sans l’accord indispensable du Congrès, il transforme en tout illégalité une police de l’immigration (ICE) en milice à sa botte, entreprend des actions judiciaires contre ses opposants qu’il veut mettre en prison, attaque les médias sans cesse, redessine la carte électorale tout en radiant des électeurs et rendant pour nombre d’autres le droit de vote effectif extrêmement difficile afin de pour gagner tous les scrutins à venir.

Oui, la corruption et l’atteinte à l’Etat de droit est au sommet dans les Etats-Unis de Trump.

Et ce ne sont que quelques exemples de toutes ses malversations et de sa volonté de destruction programmée de la démocratie républicaine libérale.

Dans un pays avec des inégalités aussi criantes entre les plus riches et les plus pauvres, où la violence est un mode d’expression commun exacerbée par l’utilisation d’armes à feu particulièrement létales, où la question de l’esclavagisme a été résolu par la pire guerre civile mais où le racisme continue de prospérer surtout dans le Sud du pays qui cultive une nostalgie d’un passé indéfendable, où les «natives american» (amérindiens) ne sont toujours pas les égaux des blancs dans les faits et où la corruption a été endémique pendant longtemps, ce n’est pas étonnant.

Il est bon de rappeler ces réalités même si, évidemment, les Etats-Unis ne sont pas que cela en ayant construit et produit tant de choses bénéfiques pour la culture démocratique dans le monde.

Mais, dans un pays qui fête cette année ces 250 années d’existence en tant que nation libre (avec l’établissement de sa première colonie il y a 419 ans), les forces criminelles continuent à prospérer et même à fasciner une partie de la population.

La popularité de Trump qui lui a permis d’être élu président est à rapprocher de celles de Jesse James ou de Al Capone, deux «héros» populaires comme beaucoup de ceux qui ont défié l’Etat par des menées violentes et hors-la-loi.

Trump n’est donc qu’un autre de ces personnages malfaisants qui surfent sur cette aura de ceux qui défient les élites et la légalité alors même qu’ils dépouillent le peuple.

Et l’extrémiste populiste et corrompu de la Maison blanche en profite au-delà de toute imagination en instaurant une culture mafieuse à la tête du pays. (*)

 

(*) A ce titre, il n’est pas inutile de reproduire ici un extrait de l’éditorial de New York Times:
«Y a-t-il déjà eu un épisode de corruption présidentielle aussi flagrante et menaçant l’ordre constitutionnel ? Certainement pas à l’époque moderne. Le ministère de la Justice du président Trump utilise l’argent des contribuables pour créer une caisse noire politique de 1,8 milliard de dollars. Apparemment mis en place pour indemniser ceux qui, selon le ministère, ont « subi la militarisation et la répression judiciaire », il récompensera en fait les loyalistes prêts à défier la loi et à commettre des violences au nom du président. Le fonds parvient à combiner trois des comportements les plus alarmants de M. Trump. Premièrement, il s’agit d’une forme évidente de corruption, venant d’un président qui a utilisé sa fonction pour s’enrichir, enrichir sa famille et ses alliés. Deuxièmement, le fonds continue d’utiliser le ministère de la Justice comme agent d’exécution pour punir ses opposants présumés et protéger ses amis et alliés. Troisièmement, le fonds est sa dernière tentative de réécrire l’histoire des élections de 2020 et de l’attaque du 6 janvier 2021 contre le Congrès. Il vaut la peine de s’arrêter pour replacer le fonds dans le contexte plus large du projet politique de M. Trump : il détruit les piliers de la démocratie américaine pour s’autonomiser. Il affirme que les élections ne sont légitimes que s'il gagne. Il utilise les forces de l'ordre fédérales pour enquêter et poursuivre ses ennemis présumés. Il purge son parti des responsables qui le défient. Il décrit les membres de l’autre parti et de la société civile comme des traîtres et des ennemis. Il incite ses partisans à enfreindre la loi en son nom et les récompense lorsqu'ils le font. Il demande à ses alliés de modifier les règles électorales pour maintenir son parti au pouvoir. Le projet de M. Trump n’a pas encore abouti, du moins pas pleinement. De nombreux Américains – dans le système judiciaire, au Congrès, dans les gouvernements des États et ailleurs – continuent de défendre la démocratie et de s’opposer à ses ambitions autocratiques. Mais à l’heure actuelle, personne ne devrait se faire d’illusions sur ce qu’il tente de faire.»

 


vendredi 22 mai 2026

Editorial. Ted Turner, héros ou fossoyeur de l’information citoyenne?


La mort récente de l’Américain Ted Turner, le fondateur de la première chaîne d’information en continu, CNN, le 1er juin 1980 à Atlanta rappelle quel rôle lui et sa création ont révolutionné les médias et de monde de l’information pour le meilleur et le pire.

Et cette révolution a eu d’énormes conséquences planétaires

Que ce soit sur la prise de décision des dirigeants, de la perception du monde et de leur environnement proche et lointain par les peuples, sur l’émergence de mouvements populaires, sur la mise en scène par des individus et des groupes d’événements parfois tragiques comme des attentats terroristes avec cet évident calage sur le temps des chaînes d’information en continu.

Ted Turner a été un précurseur.

Cependant, on peut se demander au vu de ce que sont devenus le monde médiatique, de la presse écrite aux réseaux sociaux en passant par les chaînes de télévision et les stations de radio, s’il doit être considéré comme un héros ou un fossoyeur de l’information citoyenne.

Il est certain que grâce à CNN puis à toutes les chaînes qui ont suivi peu ou prou son modèle, les populations sont plus informées aujourd’hui de ce qui se passe dans le monde.

Mais le sont-elles mieux, c’est-à-dire cet afflux d’information, cette sur-information, est-elle bénéfique pour leur permettre d’être des citoyens éclairés et éveillés capables de prendre leurs vies en main?

Rien n’est moins sûr.

Car ce déversement continu de «nouvelles» charrie tout et n’importe quoi, de la vraie information à la pire fake news, de l’analyse précise à une théorie du complot.

On peut même considérer que nous ne sommes pas surinformés mais surdésinformés!

Il y aurait donc une régression de l’information citoyenne au profit d’un spectacle médiatique où le chaos règnerait pour des motifs commerciaux et/ou idéologiques.

Ici, la responsabilité de cette situation vient en partie des chaînes d’information en continu donc de la pionnière en la matière, CNN.

Ce n’est sans doute pas ce que voulait Ted Turner mais c’est ce qui s’est passé.

Au-delà de sa personne, ce modèle d’information 24 heures sur 24 qui prédomine dans le monde en ce début de troisième millénaire peut-il être réformé pour être au service du citoyen?

Sans doute pas parce que sa logique propre est de créer sans cesse l’événement pour assurer son modèle économique (et/ou d’audience), ce qui le condamne à toujours traiter l’information comme un produit, pire, comme un simple prétexte.

En revanche, on peut créer à ses côtés un pôle de services publics de l’information, indépendants des autorités politiques et des contingences commerciales ainsi que des idéologies qui se focaliserait sur le mieux et non le plus, qui agirait selon une déontologie précise.

Malheureusement, aucun des services publics existant à travers le monde ne remplit pour l’instant cette mission, préférant être un organisme de propagande ou ayant rejoint l’univers chaotique de la surdésinformation.

Commercialement, le pari de Ted Turner a été atteint.

En revanche, pour ce qui est de l’information citoyenne, c’est un échec.


jeudi 21 mai 2026

Le Focus. Poutine à Pékin ou quand le serviteur rend visite à son maître


Il a beau l’appeler son «meilleur ami», Vladimir Poutine qui lui rend visite en ce moment n’est en réalité que l’obligé de Xi Jinping à qui il doit d’être encore au pouvoir à Moscou et de ne pas avoir sombré suite au fiasco de sa volonté de prendre le pouvoir en Ukraine avec une invasion criminelle qui dure depuis plus de quatre ans.

Oui, avant d’être l’ami de Xi, Poutine est son serviteur dans le sens où le Russe est non seulement au service du Chinois dans son projet de dominer le monde mais aussi dans le fait que le Chinois est bien le maître du Russe à qui il dicte sa conduite et à qui il dit quoi faire et ne pas faire.

Il faut dire que sans la Chine, la Russie serait aujourd’hui un pays vaincu et ravagé par une crise économique d’une ampleur sans précédent, une situation uniquement due à la mégalomanie narcissique de Poutine.

Il faut bien comprendre que les relations actuelles entre la Russie et la Chine n’ont rien de «normales», ni de «naturelles».

Les deux pays se font face depuis toujours et se craignent plus qu’ils ne se respectent.

Le seul moment de leur rapprochement à part celui d’aujourd’hui est issu de la victoire de Mao en 1948 avec l’établissement de la république populaire de Chine et de l’admiration du potentat de Place rouge pour le criminel du Kremlin, Staline.

A cette époque, le maître était à Moscou et le serviteur à Pékin.

Et si Poutine pense qu’il peut devenir plus qu’un obligé notamment avec les frasques de Trump et plus particulièrement la guerre qu’il a déclenché contre l’Iran, ce qui permet à la Russie de pouvoir espérer fournir plus de pétrole à la Chine tout en gardant son soutien dans son invasion contre l’Ukraine, il en sera pour ses frais.

Car Xi n’a aucune intention de partager son pouvoir et encore moins son leadership dans l’internationale totalitaire qu’il dirige contre les démocraties du monde entier.

Sans doute que l’Histoire jugera Poutine comme le responsable du déclin irrémédiable de la Russie en ce début de troisième millénaire et comme un des pires voyous au pouvoir de l’ère que nous vivons.

Car si Xi est un autre de ces voyous, il peut se targuer d’en être le chef et à la tête d’une Chine à la puissance montante.

 


mercredi 20 mai 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. En matière de service public audiovisuel, l’efficacité est d’abord démocratique


Tous ceux qui viennent critiquer un organisme unique chargé du service public de l’audiovisuel sortent des arguments économiques, sociaux, organisationnelles et autres professionnels qui sont tous discutables.

Mais, ils oublient l’essentiel.

En matière d’efficacité, le seul argument recevable et indiscutable est le démocratique.

Et pour être le plus efficace en la matière nul doute que le service public audiovisuel doit être unifié.

Pourquoi?

Parce que les règles qui le régissent et le fonctionnement doivent ressortir d’une charte qui en fait un organisme qui est unique et n’a rien à voir avec les entreprises audiovisuelles privées.

Car ce service public à une mission essentielle pour la démocratie: informer et cultiver les individus, transmettre donc du savoir, pour en faire de vrais citoyens c’est-à-dire responsables et capables de prendre en main leur existence et leur projet de vie tout en étant des membres intégrés de la société et ce, concomitamment avec l’école.

Cette mission éminemment importante et d’une grandeur humaniste implique un fonctionnement et des choix éditoriaux où les croyances personnelles et les taux d’audience n’ont aucune importance (même si évidemment il serait important pour la formation du citoyen qu’ils soient élevés).

Or, que ce soient les politiques ou les professionnels qui travaillent pour cette mission et dans ce service public, tous ont œuvré à faire en sorte que ce dernier ressemble de plus en plus aux médias de la sphère privée.

C’est non seulement une erreur mais une faute.

Une faute parce que cela pervertit la mission de service public pour la ramener au fonctionnement et aux objectifs des médias privés.

Vouloir qu’il fasse des programmes au fort taux d’audience, autoriser la publicité, être en concurrence avec les émissions les plus racoleuses du privé, tout transformer en «divertissement» même les informations, voilà quelques-unes des perversions du service public.

Si le taux d’audience ne doit pas être négligé car il mesure la qualité des programmes, ce n’est pas le critère le plus important pour un média du service public de l’audiovisuel est sa qualité, c’est-à-dire le fond et la manière dont celui-ci peut toucher le plus large public (ou le public ciblé s’il est destiné à un groupe spécifique).

Et cette qualité ne peut pas être atteinte avec des objectifs qui sont identiques aux médias commerciaux qui doivent se vendre principalement, non pas à leur audience, mais à leurs annonceurs tout en privilégiant le divertissement sur le culturel, le sensationnel sur le savoir.

Et pour être le plus efficace dans leurs missions, tous les médias participant au service public de l’audiovisuel doivent être regroupés.

Mais, et c’est primordial, ce regroupement ne doit pas se faire sous la tutelle étatique donc gouvernementale.

Un service public médiatique de l’information et de la culture doit être le quatrième pilier de la démocratie au même titre que l’exécutif, le législatif et le judiciaire.

Même s’il n’a pas le pouvoir de contraindre et/ou de légiférer comme ces trois-là, en revanche, il doit être aussi indépendant et rendre des comptes uniquement au peuple par le biais d’un contrôle par une autorité elle aussi indépendante élue par un collège dont on doit déterminer la composition qui peut être éventuellement chapeautée par un comité de surveillance nommé par les parlementaires.

Mais le gouvernement, à part lui assurer sa totale indépendance issue d’un statut votée par les représentants du peuple et inscrit dans la Constitution, n’a rien à faire dans son fonctionnement et dans la désignation de ceux qui y travaillent.

Ce n’est que de cette manière que l’on peut mettre en place un vrai service public qui aura un cahier des charges très précis et une déontologie, notamment journalistique, particulièrement détaillé allant de pair avec des critères de recrutement et la signature lors de l’embauche d’une charte éthique à respecter.

On doit enfin comprendre l’importance pour le présent et l’avenir de la démocratie républicaine libérale et l’émancipation du peuple de mettre en place une véritable institution capable de former et d’informer à côté des médias privés partisans et/ou commerciaux pour donner la matière qui permette aux citoyens de vraiment se faire une opinion par eux-mêmes sans interférence entre la réalité et sa médiatisation en ce qui concerne l’information.

Alexandre Vatimbella

 

 


mardi 19 mai 2026

Le Focus. Le fiasco de Trump en Chine qui affaiblit les Etats-Unis et les démocraties


Trump, malgré ce qu’il tente de faire croire, n’a rien obtenu de la part de Xi.

Son voyage en Chine est un fiasco total qui est plus grave qu’une simple rebuffade personnelle parce qu’il affaiblit dans le même temps les Etats-Unis qui, quoi qu’on en pense et quels que soient les menaces trumpiennes, sont encore les leaders du monde libre.

Ce n’est pas que la Chine ait gagné quoi que ce soit mais la visite de Trump à Pékin avait pris ces derniers jours une importance accrue du fait de l’enlisement du président américain dans sa guerre aventureuse et impréparée contre l’Iran.

De fait, il comptait bien ramener quelque chose de concret de ses entretiens avec le dictateur chinois pour tenter de sauver la face et enrayer sa chute dans les sondages.

Dès lors, en laissant Trump sans aucun résultat autres que ceux qu’il prétend – faussement – avoir obtenu, Xi peut considérer cela comme une victoire.

Et nous pouvons considérer qu’il s’agit d’une défaite de Trump.

Si nous le pouvons alors tous les ennemis de la démocratie dans le la planète peuvent également partager notre point de vue.

Il ne s’agit peut-être pas encore d’un tournant dans l’équilibre du monde mais, tout au moins, d’un avertissement.

Non pas pour Trump qui, dans son propre univers où il est le maître du monde incontesté et incapable de commettre des erreurs, mais pour les démocraties.

Voilà qui ne peut que satisfaire Xi et le conforter dans sa stratégie d’affaiblir petit à petit ces dernières jusqu’à leur délitement qui pourrait bien survenir par une implosion sachant que les clones de Trump sont aux portes du pouvoir dans plusieurs des principales démocraties comme la France, le Royaume-Uni, voire l’Allemagne et déjà en place en Italie ou au Japon.

 


Editorial. Rêves américain et chinois ou la bataille entre la liberté et l’asservissement


On parle souvent de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, de la guerre économique ou financière, voire de la guerre tout court.

Mais on parle peu de la guerre des «rêves».

Or, celle-ci pourrait s’avérer, si ce n’est plus importante que les autres, aussi cruciale.

En tout cas, cette bataille est un choix de société entre deux modèles qui se repoussent absolument et qui façonnent la réalité des deux régimes en place et qui se font face.

On connait la genèse du rêve américain, un concept inventé en 1931 par James Truslow Adams dans son livre «The Epic of America» qui souhaitait décrire ce qui motivait les Américains, individuellement et collectivement à bâtir la société étasunienne.

Au-delà des interprétations partisanes de ce rêve avec la prédominance de la réussite matérielle pour les républicains et de la réussite de l’émancipation pour les démocrates, il demeure les fondamentaux qui sont ceux de la démocratie républicaine libérale même si l’on peut se poser la question d’une dérive vers des principes autocratiques de la vision républicaine avec l’accession au pouvoir de Donald Trump.

En revanche, le grand public est moins au courant de celle du rêve chinois.

Pourquoi donc Xi Jinping, l’actuel potentat de la Chine l’a-t-il inventé et promu?

Tout simplement parce qu’il s’est rendu compte qu’une des pièces essentielles du soft-power dominant, celui des Etats-Unis, était le fameux rêve américain et que si la Chine voulait devenir la première puissance mondiale, il fallait qu’elle possède le sien pour motiver son peuple mais également pour susciter une communauté d’Etats, ce qui est en train de se passer avec l’internationale totalitaire.

Mais, bien évidemment, en tant que leader d’un régime dictatorial, son rêve prend l’exact contrepied du rêve américain.

Ici, pas question de réussite individuelle et d’émancipation de l’individu, tout est dans le collectif autour d’un nationalisme intransigeant et guerrier, voire revanchard, ainsi que d’un pouvoir centralisé qui dirige le peuple et lui indique l’unique bon chemin à suivre.

Autant le rêve américain est basé sur la liberté d’individus égaux, autant le rêve chinois est construit sur l’obéissance au pouvoir et le nivèlement dans une communauté où personne, à part le chef et ses acolytes, ne peut exprimer sa propre personnalité et son projet de vie s’il ne rentre pas dans les canons définis par le Parti communiste.

Quand, aujourd’hui, certains mettent sur le même plan les deux premières puissances mondiales et leurs impérialismes respectifs, ils oublient cette différence fondamentale qui leur permet même de trouver des avantages au rêve chinois.

Demain, si celui-ci devient la référence principale des peuples alors la démocratie républicaine libérale sera proche de l’extinction.

Alors, aussi imparfait et illusoire qu’il soit, le rêve américain sera toujours préférable.