Indemniser les auteurs de la tentative du coup d’Etat de 2021 tout en faisant payer sa salle de bal par les contribuables, en n’oubliant pas d’augmenter sa fortune par des décisions opportunes en la matière, Trump ne cesse de piller l’Etat et ses concitoyens pour se remplir les poches.
Dans le même temps, il mène une guerre sans l’accord indispensable du Congrès, il transforme en tout illégalité une police de l’immigration (ICE) en milice à sa botte, entreprend des actions judiciaires contre ses opposants qu’il veut mettre en prison, attaque les médias sans cesse, redessine la carte électorale tout en radiant des électeurs et rendant pour nombre d’autres le droit de vote effectif extrêmement difficile afin de pour gagner tous les scrutins à venir.
Oui, la corruption et l’atteinte à l’Etat de droit est au sommet dans les Etats-Unis de Trump.
Et ce ne sont que quelques exemples de toutes ses malversations et de sa volonté de destruction programmée de la démocratie républicaine libérale.
Dans un pays avec des inégalités aussi criantes entre les plus riches et les plus pauvres, où la violence est un mode d’expression commun exacerbée par l’utilisation d’armes à feu particulièrement létales, où la question de l’esclavagisme a été résolu par la pire guerre civile mais où le racisme continue de prospérer surtout dans le Sud du pays qui cultive une nostalgie d’un passé indéfendable, où les «natives american» (amérindiens) ne sont toujours pas les égaux des blancs dans les faits et où la corruption a été endémique pendant longtemps, ce n’est pas étonnant.
Il est bon de rappeler ces réalités même si, évidemment, les Etats-Unis ne sont pas que cela en ayant construit et produit tant de choses bénéfiques pour la culture démocratique dans le monde.
Mais, dans un pays qui fête cette année ces 250 années d’existence en tant que nation libre (avec l’établissement de sa première colonie il y a 419 ans), les forces criminelles continuent à prospérer et même à fasciner une partie de la population.
La popularité de Trump qui lui a permis d’être élu président est à rapprocher de celles de Jesse James ou de Al Capone, deux «héros» populaires comme beaucoup de ceux qui ont défié l’Etat par des menées violentes et hors-la-loi.
Trump n’est donc qu’un autre de ces personnages malfaisants qui surfent sur cette aura de ceux qui défient les élites et la légalité alors même qu’ils dépouillent le peuple.
Et l’extrémiste populiste et corrompu de la Maison blanche en profite au-delà de toute imagination en instaurant une culture mafieuse à la tête du pays. (*)
(*) A ce titre, il n’est pas inutile de reproduire ici
un extrait de l’éditorial de New York Times:
«Y a-t-il déjà eu un épisode de corruption présidentielle aussi flagrante et
menaçant l’ordre constitutionnel ? Certainement pas à l’époque moderne. Le
ministère de la Justice du président Trump utilise l’argent des contribuables
pour créer une caisse noire politique de 1,8 milliard de dollars. Apparemment
mis en place pour indemniser ceux qui, selon le ministère, ont « subi la
militarisation et la répression judiciaire », il récompensera en fait les
loyalistes prêts à défier la loi et à commettre des violences au nom du
président. Le fonds parvient à combiner trois des comportements les plus
alarmants de M. Trump. Premièrement, il s’agit d’une forme évidente de
corruption, venant d’un président qui a utilisé sa fonction pour s’enrichir,
enrichir sa famille et ses alliés. Deuxièmement, le fonds continue d’utiliser
le ministère de la Justice comme agent d’exécution pour punir ses opposants
présumés et protéger ses amis et alliés. Troisièmement, le fonds est sa
dernière tentative de réécrire l’histoire des élections de 2020 et de l’attaque
du 6 janvier 2021 contre le Congrès. Il vaut la peine de s’arrêter pour
replacer le fonds dans le contexte plus large du projet politique de M. Trump :
il détruit les piliers de la démocratie américaine pour s’autonomiser. Il
affirme que les élections ne sont légitimes que s'il gagne. Il utilise les
forces de l'ordre fédérales pour enquêter et poursuivre ses ennemis présumés. Il
purge son parti des responsables qui le défient. Il décrit les membres de
l’autre parti et de la société civile comme des traîtres et des ennemis. Il
incite ses partisans à enfreindre la loi en son nom et les récompense
lorsqu'ils le font. Il demande à ses alliés de modifier les règles électorales
pour maintenir son parti au pouvoir. Le projet de M. Trump n’a pas encore
abouti, du moins pas pleinement. De nombreux Américains – dans le système
judiciaire, au Congrès, dans les gouvernements des États et ailleurs –
continuent de défendre la démocratie et de s’opposer à ses ambitions
autocratiques. Mais à l’heure actuelle, personne ne devrait se faire
d’illusions sur ce qu’il tente de faire.»
