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dimanche 14 août 2022

Editorial. Poignarder Rushdie, c’est poignarder la liberté

L’émoi créé dans les pays démocratiques par la tentative d’assassinat de Salman Rushdie par un illuminé qui obéissait à une fatwa émise trente-trois plus tôt par un vieillard sanguinaire, l’ayatollah iranien Khomeiny, est à la hauteur du symbole que les ennemis de la liberté ont tenté d’éliminer.

Tout comme la tuerie de Charlie hebdo, tout comme l’assassinat de Samuel Paty pour ne parler que de la France, c’est bien la liberté d’opinion et d’expression qui sont visées sous de prétendues et fallacieuses revendications selon lesquelles le droit de dire et d’écrire ce que l’on pense serait une atteinte aux croyances de certains.

L’ensemble des démocrates ont ce devoir de s’indigner et de condamner toute atteinte à la liberté d’opinion surtout quand elle prend la forme d’une attaque contre des personnes.

Mais, au-delà de cet acte misérable et ignoble, cette liberté de dire et d’écrire ce que l’on pense est de plus en plus en danger dans le monde avec le raidissement des totalitarismes comme en Chine ou en Russie mais aussi dans les autocraties comme en Turquie et même dans l’Union européenne avec le triste exemple de la Hongrie.

Et quand elle n’est pas restreinte par les régimes en place, elle est trop souvent mise en danger par tous les extrémistes qui des Etats-Unis à la France menacent de violences et même de mort ceux qui ne pensent pas comme eux.

L’agression dont a été victime l’écrivain britannique d’origine indienne sur le sol américain à propos d’un livre qui parle de la religion musulmane et condamnée par l’Iran mais aussi d’autres pays islamique comme le Pakistan, résume à elle seule les enjeux et les défis que doit affronter la liberté en ce troisième millénaire débutant et où le 21e siècle pourrait très bien être celui de régression historique.

La mobilisation est donc de mise comme elle le fut de manière spectaculaire lors de l’attentat contre Charlie hebdo sachant que cette époque avec une réaction aussi puissante et une mobilisation aussi forte est peut-être déjà révolue.

Un attentat qui a eu lieu de 7 janvier 2015 soit seulement il y a sept ans…


jeudi 11 août 2022

Point de vue. Non, Joe Biden n’est pas mort!

Vieil homme sans charisme, faisant gaffes sur gaffes, ayant du mal à se rappeler de noms, butant sur les mots et ayant déjà un pied dans la tombe, voilà comment les journalistes un peu partout dans le monde décrivent Joe Biden l’actuel président centriste des Etats-Unis.

Il serait évidemment facile d’emboîter le pas à ces commentaires tant son mandat semble chaotique à bien des égards.

Mais ce serait se tromper de cible.

Joe Biden est un président qui préside, qui a fait adopter des plans ambitieux dont le dernier en date la Loi contre l’inflation va, comme pour celui sur les infrastructures booster l’économie américaine tout en apportant un mieux être à la population et en s’attaquant au réchauffement climatique, qui a pris des positions humanistes tant en matière de politique intérieure qu’extérieure, qui aide la démocratie ukrainienne face à l’invasion des sbires de Poutine, qui a nommé la première juge afro-américaine à la Cour suprême, qui a revigoré l’alliance avec les démocraties européennes, etc.

Un président qui gouverne et même gouverne bien!

Un bilan qui est bien plus qu’acceptable surtout si on le compare à celui de son prédécesseur.

Justement, la responsabilité de l’état de l’Amérique aujourd’hui vient en grande partie de la présidence catastrophique de Donald Trump qui a échoué en tout ce qu’il a entrepris sauf à faire en sorte que la Cour suprême soit aux mains de l’extrême-droite religieuse, ce qui a amené celle-ci a annuler le droit à l’avortement au niveau national, et à permettre aux assassins de pouvoir continuer à acheter des fusils d’assaut pour aller commettre des carnages comme celui dans l’école primaire d’Uvalde au Texas…

Ce qui est malsain dans cette histoire, c’est que la bouffonnerie trumpienne semble avoir imprégné les médias américains mais aussi une partie de la population dans une sorte de fascination aussi ambigüe que morbide et que la gouvernance humaniste tout en douceur de Biden leur semble en retour bien fade…

Avec les élections de mi-mandat qui se rapprochent et où l’on prédit une défaite au Parti démocrate et donc à Joe Biden, il est impensable que ceux qui ont voté pour ce dernier en 2020 et qui sont plus de sept millions plus nombreux que ceux qui ont voté pour Trump, se démobilisent uniquement parce qu’il y a actuellement une inflation conjoncturelle dont il n’est absolument pas responsable et permettre au populiste démagogue d’envisager son retour en 2024!

Ils ne doivent jamais oublier que Biden, lors de la présidentielle, a écarté du pouvoir un ennemi de la démocratie républicaine libérale qu’il projetait d’éliminer et que lors des primaires démocrates, sa victoire a permis de barrer la route à Bernie Sanders un socialiste dogmatique dont le programme populiste aurait été une catastrophe.

L’Histoire donnera sans doute un bien meilleur portrait à Biden que celui que peignent injustement les médias.

Néanmoins, cela nous fera une belle jambe si de bashing constant de sa personne nous ramène Trump et fait basculer les Etats-Unis dans un régime autocratique!

Mais il est une chose sûre, c’est que Biden se battra jusqu’au bout pour la démocratie et qu’il est loin d’être mort et enterré.

Aris de Hesselin

 

 

mercredi 10 août 2022

Editorial. Il faut renforcer la mondialisation!

La mondialisation est et sera toujours une bonne chose dans notre monde interconnecté.

Rappelons aux esprits chagrins qui confondent à dessein mondialisation et globalisation que la première concerne tous les échanges mondiaux quels que soient leurs domaines et que la deuxième est le nom donné aux échanges économiques et commerciaux et qu’elle est une des parties de la première.

De même, la globalisation n’a pas pour but ultime de spécialiser chaque pays et/ou de désindustrialiser les pays les plus avancés mais seulement de créer un marché mondial qui doit évidemment être le plus transparent, le plus concurrentiel et le plus éthique possible.

Quoi qu’il en soit, face aux différentes crises que nous sommes en train de vivre, et la mondialisation, et la globalisation doivent être renforcées, c’est une absolue nécessité malgré les dires tous les «démondialisateurs» qui ont accaparé les médias ces dernières années pour demander de fermer les frontières et de revenir à un nationalisme d’un autre âge – qui n’a rien à voir avec l’autosuffisance que la mondialisation, bien évidemment, ne combat nullement.

Que ce soit la pandémie de la covid19 ou le dérèglement climatique avec la sécheresse que nous vivons en Europe de l’Ouest en passant par la crise inflationniste due en grande partie à la crise créée par l’invasion par Poutine de l’Ukraine jusqu’aux poussées d’agressivité de la Chine vis-à-vis de ses voisins récalcitrants à se mettre au garde à vous devant ses diktats, la plupart des problèmes qui concernent un pays concernent également le monde entier et ne peuvent être réglés localement mais bien mondialement dans le sens où il faut un large consensus pour créer et garantir un ordre mondial de paix, de soutenabilité et de la plus grande prospérité possible.

Croire que l’on peut, chacun de son côté, trouver les solutions qui ne s’appliqueraient qu’à son espace territorial est non seulement naïf et puéril mais totalement irresponsable.

Nous avons besoin d’une communauté internationale où tous ses membres travaillent de concert ce qui n’est plus du tout le cas actuellement.

Il en va de notre avenir et, sans doute, de notre survie.

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]

 

Le Focus. Trump candidat en 2024 serait une monumentale défaite pour la démocratie étasunienne

Donald Trump envisage sérieusement de se présenter à la présidentielle en 2024 et nombre d’électeurs du Parti républicain l’espèrent comme le montre les sondages.

Au-delà même de se demander s’il aurait une chance de l’emporter – rappelons qu’il n’a jamais remporté le vote populaire que ce soit lors de sa victoire en 2016 ou de sa défaite en 2020 – sa présence même à ce scrutin serait une particulièrement mauvaise nouvelle pour les Etats-Unis et certainement une défaite de très grande ampleur pour la démocratie américaine.

Non seulement sa présidence fut une terrible épreuve pour l’Etat de droit et les valeurs démocratiques mais sa tentative de coup d’Etat le 6 janvier 2021 afin d’empêcher Joe Biden de s’installer à la Maison blanche et de garder le pouvoir, démontre qu’il évidemment indigne d’être à nouveau président mais même d’avoir le droit de se présenter.

Tout le problème est de savoir si le ministère de la Justice aura assez de preuves pour le mettre en examen et le traduire devant un tribunal, ce qui semble le cas, surtout s’il aura le courage de le faire, sachant qu’il serait le premier président à être jugé après son mandat et pour des agissements perpétrés durant celui-ci.

Car il y a clairement un risque de provoquer des troubles de la part des extrémistes de droite et des radicaux du Parti républicain qui ne rêvent que d’avoir une occasion de prendre les armes et d’en découdre avec Washington.

De même, les autorités veulent éviter qu’une partie de la population au-delà des énervés que l’on vient de citer, croit qu’il s’agit d’une vengeance du Parti démocrate, ce que clame déjà Trump sachant qu’il est de plus en plus près de se retrouver sur le banc des accusés et éventuellement en prison.

Cependant, le bras de la démocratie ne doit pas trembler et le manque de courage n’est pas recevable en l’espèce parce qu’il en va du futur du régime politique américain qui, malgré tous ses travers et ses manquements parfois inexcusables, a porté la liberté depuis son instauration il y aura bientôt 250 ans.

D’autant que ce serait un très mauvais signe envoyé à tous les séditieux et subversifs des Etats-Unis mais aussi du monde entier qui verraient là la preuve de la faiblesse de la démocratie et de la possibilité d’essayer de la détruire sans grands risques.

 

mardi 9 août 2022

Commentaire. Controverses centristes sur la taxation des superprofits des entreprises

La liberté d’entreprendre est – malgré les défauts qu’elle charrie si elle n’est pas régulée – la seule qui ait permis à l’Humanité son développement actuel.

Dans les démocraties, pas une entreprise à succès n’a vu le jour dans le giron de l’Etat.

En Union soviétique, ce sont les entreprises d’Etat qui ont été une des causes majeures de son effondrement.

En Chine, pour se développer, les communistes ont du se résoudre autoriser l’entreprenariat privé.

Qu’on le déplore ou non, seule la carotte transcende la volonté humaine en l’espèce.

Peu l’idéalisme et pas du tout le bâton…

Taxer les profits des entreprises est évidemment normal mais on ne peut considérer celles-ci comme des vaches à lait.

Surtout si on veut qu’elle demeure dans le pays ou qu’on souhaite les faire venir, à la fois, parce qu’elles vont créer de la richesse, donc payer des impôts et des prestations sociales, et des emplois, donc des salaires.

Dès lors, doit-on instituer une taxe exceptionnelle et conjoncturelle sur les superprofits réalisés par certaines entreprises depuis le retour en force de l’inflation cette année?

Cette question est débattue dans plusieurs pays avec les pour et les contre.

«Pendant trop longtemps, les grandes sociétés super-riches n'ont pas payé leur juste part d'impôts. Nous allons changer cela avec la loi sur la réduction de l'inflation.»

Cette citation ne vient pas d’une personnalité politique de gauche ou d’un populiste mais du président centriste des Etats-Unis, Joe Biden!

Quant aux centristes britanniques, les Libéraux démocrates, ils estiment que «les méga profits sont une gifle injuste et indéfendable pour tout le monde à travers le pays» même si le gouvernement conservateur a adopté une loi contre les profits exceptionnels mais avec des exemptions.

Et le député MoDem Bruno Millienne peut affirmer:
«Quand vous en discutez autour de vous, pas une personne ne va vous dire qu'elle trouve ça décent que certaines entreprises fassent des profits considérables en pleine période d'inflation, quand les gens ont du mal à boucler les fins de mois. On ne pourra pas s'exonérer de cette réflexion. Je ne sais pas si ça aboutira sur quelque chose mais la réflexion sera portée par tous les groupes à l'automne durant l'examen du budget.
Il faut qu'on trouve un système pour répondre à cette question qui taraude nos concitoyens.»

D’ailleurs, le groupe Union centriste du Sénat composé de membres de l’UDI mais aussi du Mouvement démocrate a proposé d’instituer, pour les entreprises dont le bénéfice net aurait été en 2021 supérieur de 20% à la moyenne des trois années 2017, 2018 et 2019, une « contribution exceptionnelle de solidarité sur les superprofits » à hauteur de 20%.

En revanche, le ministre allemande des Finances, le libéral centriste Christian Lindner a marqué son opposition à cette taxe:

«Les appels en faveur d'un soi-disant impôt sur les bénéfices excédentaires sont forts. Alors qu'on entend sans cesse dire qu'une telle taxe spéciale assurerait la justice sociale, je crains que cette mesure ne nous fasse plus de mal que de bien.
Les entreprises paient déjà des impôts très élevés ici. L'excès d'impôt sur les bénéfices ouvre les vannes aux réflexes de politique fiscale. Parce qu'une industrie est impopulaire, devrait-elle payer des impôts plus élevés ? Cela me semble arbitraire et ruine la confiance dans notre fiscalité.
Un excès d'impôt sur les bénéfices pourrait nuire à l'Allemagne en tant que lieu d'innovation. Parce que les profits élevés proviennent souvent de pionniers qui ont auparavant investi avec des risques élevés pendant des années. Ce serait dommage s'ils décidaient des quitter l’Allemagne à l'avenir de peur d'être punis pour leur propre performance.
Des bénéfices élevés dans un domaine (par exemple l'énergie éolienne) sont une incitation du marché libre à investir davantage dans ce domaine. Cela élargit les capacités et les offres. En conséquence, à un moment donné, le prix et les bénéfices chuteront également. Aucune taxe spéciale n'est requise pour cela.
Dans la pratique, il y a beaucoup de problèmes avec les impôts sur les bénéfices excédentaires. En France, le Sénat vient de voter contre. En Italie, il y a des problèmes pour percevoir la taxe. Et enfin : il n'y a pas de compagnies pétrolières basées en Allemagne qui pourraient être taxées plus lourdement.»

Il rejoint ici la position actuelle du gouvernement centriste français qui, par la voix de Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie, a déclaré son opposition à une taxation des superprofits:

«Je sais bien que dans notre pays, dès qu’une entreprise réussit, le réflexe pavlovien est de dire qu’il faut immédiatement la taxer. Je considère que dans un pays comme la France où le niveau de prélèvements obligatoires est le plus élevé de tous les pays développés, la bonne voie à suivre n’est pas celle de l’augmentation des impôts, des taxes et des prélèvements obligatoires mais leur baisse.»

Et de préciser:

«Je préfère que les entreprises contribuent directement plutôt que de prélever à nouveau une taxe. Dès qu'il y a une difficulté, une taxe. Dès qu'il y a un bon résultat, une taxe. Dès qu'il y a un problème, une taxe. Les entreprises peuvent et doivent contribuer autrement.»

In fine, pour la doxa centristes, la question est compliquée parce qu’elle provoque une collision entre le principe de réalité où cette taxation va à l’encontre de l’efficacité économique et la valeur de la fraternité qui demande que ceux qui profitent le plus du système en soient solidaires dans les moments difficiles comme une crise inflationniste.

Si cette dernière perdure ainsi que les profits énormes dégagés par certaines entreprises, il est probable que le principe de réalité ait du mam à résister à la valeur fraternité.

 

lundi 8 août 2022

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Notre capacité à lutter contre les injustices implique de vivre dans la réalité

Pour un humaniste, reconnaître la réalité, ce n’est pas l’accepter.

Au contraire, cela permet de transformer notre désespoir face aux injustices en une révolte salutaire c’est-à-dire constructive, positive, camusienne, celle qui va changer le monde par la réforme et non en une rébellion violente, voire nihiliste, qui prétend changer de monde en faisant table rase, cette utopie révolutionnaire qui a fait tant de ravages et de victimes et qui n’a jamais amélioré la condition humaine.

Car rejeter la réalité, c’est-à-dire ce qui est, ce que nous sommes dans les grandes constances de l’existence, c’est être dans la fantasmagorie la plus totale et surtout la plus inefficace pour s’attaquer aux injustices.

Le déni de réalité conduit à échafauder des idéologies sur lesquelles s’appuient les systèmes totalitaires qui affirment que l’on peut changer de monde, donc, in fine, changer d’humains avec tout ce que cela implique de terrifiant.

On voit bien dans l’Histoire les dégâts causés par de telles élucubrations et la volonté de créer par la contrainte un «homme nouveau».

Certains, par ailleurs, croient avec honnêteté et sincérité que l’on peut lutter contre les ajustices de la vie sur Terre alors que celles-ci sont des données intangibles et que, par ailleurs, elles fondent, qu’on le veuille ou non, nos différences ontologiques c’est-à-dire notre individualité qui fait ce que nous sommes, chacun de nous, et qui nous distingue de tous les autres.

Nous devons prendre en compte ces ajustices pour tenter d’atténuer leurs conséquences tout en sachant que nous ne les ferons pas disparaître.

Là aussi intervient le principe de réalité qui, comme pour les injustices, permet de trouver des solutions concrètes et applicables pour changer le monde.

Il est évident que le réel est un ennemi des extrémismes et des populismes et que ceux-ci tentent de lui substituer des «vérités alternatives» qui ne reposent sur aucun fait mais sur des théories hors-sol, c’est-à-dire qui n’entretiennent aucun lien direct avec ce qui est.

En ce troisième millénaire, il est frappant de voir, malgré une élévation du niveau d’instruction et de connaissances des populations que la réalité demeure une sorte de nuisible qui serait porteur de tous les maux alors même qu’elle ne reflète que notre inaptitude collective à vraiment s’attaquer aux injustices.