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lundi 23 février 2026

Le Focus. La faillite de la communauté internationale en matière de paix et de sécurité


Alors que le 24 février, cela fera quatre ans que Poutine a envahi l’Ukraine causant des centaines de milliers de morts et ravageant nombre de campagnes et de villes, il ne faudrait pas oublier les autres conflits qui ensanglantent quotidiennement la planète et leurs victimes.

Du Soudan à la Birmanie en passant par l’agression de la République démocratique du Congo par le Rwanda sans oublier ce qui se passe au Moyen-Orient, de Gaza en Syrie et alors que se profile une possible confrontation entre les Etats-Unis et l’Iran avec Israël en soutien des Américains, voici quelques exemples qui démontrent de manière indiscutable la faillite de la communauté internationale à bâtir un monde paix et de sécurité.

Sans doute que la création des Nations Unies en 1945 avait pu susciter nombre d’espoirs sur un ordre mondial où les armes et la violence seraient bannies à jamais mais l’histoire de l’Humanité tout comme l’échec flagrant de la Société des nations entre les deux guerres mondiales, avaient déjà montré que la volonté des promoteurs de l’organisation internationale qui souhaitaient cette nouvelle donne dans les rapports entre les différents pays étaient beaucoup trop optimiste, voire complètement utopique…

Les humains ont démontré de manière non-équivoque que se battre et se tuer entre soi étaient des activités dont ils ne pouvaient malheureusement pas se passer.

De ce point de vue, le constat par Donald Trump de cet échec de l’ONU est réel.

La création de son «conseil pour la paix», en revanche, ne fera guère avancer les choses et, peut-être même, les empirera sachant que l’extrémiste populiste de la Maison blanche recherche avant tout son intérêts comme ses alter-ego, Poutine en Russie et Xi en Chine et pas du tout la paix et la sécurité mondiales.

Devant cette faillite, il faut évidemment se désoler de notre inconséquence et de notre irresponsabilité.

Mais il faut, au-delà du constat, réagir et agir pour qu’à défaut d’une paix «pacifique», nous puissions garantir une paix armée en dissuadant les va-t-en-guerre de passer à l’acte le plus possible.

Le réarmement de l’Europe démocratique est une première réponse.

Il faudrait également une grande réforme de l’ONU même si l’on ne voit pas très bien comment celle-ci pourrait devenir plus efficace au vu de son statut et de sa faiblesse vis-à-vis des grandes puissances et de son incapacité à trouver, sauf exceptions, des consensus pour prévenir des hostilités puis les faire cesser.

Quoiqu’il en soit, ne pas oublier que tous les jours des hommes, des femmes et des enfants sont fauchés à travers le monde par des balles dont souvent on ne comprend pas très bien pourquoi elles sont tirées, est un devoir de tout démocrate humaniste qui doit, également, sans relâche, sensibiliser l’opinion publique et chercher des solutions même si la tâche semble insurmontable.


mardi 18 novembre 2025

Commentaire. Taxation des petits colis chinois: une réponse dérisoire


Certains diront que c’est mieux que rien.

Sans doute que la taxation des petits colis chinois envoyés en masse par les plateformes chinoises en Europe est une décision salutaire.

Mais elle ne règle évidemment pas la question de la pénétration du marché européen par les produits chinois.

D’autant que cette pénétration a été acceptée et même voulue par les pays européens qui ont encouragé la fabrication à faible coûts de tous ces produits par la Chine, trop contents de préserver un pouvoir d’achat de leurs populations tout en faisant le pari d’avoir toujours une innovation d’avance sur celle-ci, ce qui s’est révélé être une douce illusion qui aurait pu être démonté dès qu’il fut conceptualisé.

Comment, en effet, avoir pu croire qu’un pays comme la Chine allait seulement s’accommoder d’être l’usine de l’Occident sans chercher à le concurrencer puis, si c’était possible, à le dépasser.

Alors, aujourd’hui, ce qui reste à cet Occident c’est de taxer des petits colis de sites internet commerciaux qui sont en train de devenir les intervenants principaux des achats en ligne à l’instar de Tik Tok qui a pris le dessus sur ses réseaux sociaux.

Peut-être qu’il est déjà trop tard pour réagir à la hauteur du défi que la Chine nous impose.

Mais c’est bien nous qui avons créé cette situation.

 

 

mardi 11 novembre 2025

Commentaire. Le combat contre le changement climatique était-il perdu d’avance?


L’ouverture de la COP30 à Belem au Brésil, remet au cœur de l’actualité le combat contre le changement climatique.

Certains diront qu’il ne quitte pas l’actualité, c’est vrai, mais souvent comme bruit de fond ou comme une sorte de devoir journalistique sans que tout cela ne donne les résultats concrets escomptés.

Et, comme d’habitude, à l’ouverture de telles manifestations, les experts viennent expliquer que les objectifs fixés ne seront pas atteints, que les gouvernements ne prennent pas les décisions nécessaires mais que rien n’est encore perdu, qu’il n’est pas encore trop tard pour éviter la catastrophe climatique qui se profile, encore faut-il se mobiliser tout de suite.

C’est cela qu’a fait Jim Skea, président du groupe de chercheurs du GIEC, en déclarant qu’«Il est désormais presque inévitable que le réchauffement climatique dépasse 1,5°C à court terme, et cela est clairement dû à l'insuffisance des mesures prises en faveur du climat au cours des dernières années et à l'augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre qui en a résulté».

«Mais, a-t-il ajouté, il est peut-être encore possible de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d'ici à la fin du siècle» et que «cela impliquerait des réductions immédiates, profondes et durables des émissions de dioxyde de carbone, ainsi que l'élimination d'une partie importante du dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère».

Tout cela ressemble de plus en plus à un rituel qui donne bonne conscience à ceux qui se sentent préoccupés tout en laissant un arrière-gout de mauvaise conscience en voyant que l’Humanité n’agit pas en conséquence du risque encouru et des défis à relever.

Pour autant, doit-on être surpris de cette incapacité ou même ce refus de prendre réellement conscience de la situation?

Tout dans l’histoire de l’Humanité impose une réponse négative.

Et c’est cela qui est sans doute le plus décourageant.

Car si nous, l’Humanité, n’avons jamais été à la hauteur de ce combat à mener, ce n’est que comme pour tous les autres combats que nous aurions dû mener afin d’éviter que nos agirs et nos comportements créent des catastrophes de toutes sortes, des guerres mondiales aux génocides en passant par les famines.

D’autant que le changement climatique est un processus souvent à bas bruits exceptés certaines de ses manifestations spectaculaires.

Non pas qu’il ne cause pas des dommages et qu’il ne tue pas mais il n’est pas un danger perceptible à tout moment de nos existences comme ce fut le cas lors de la pandémie de la covid19.

D’où cette idée que l’on peut vivre avec, voire que l’on s’en sortira toujours avec certes, des dommages mais somme toute gérables.

Sans oublier cette fatalité qui est toujours présente dans un monde où nous sommes si vulnérables.

Cette COP ne changera pas les choses.

Les principaux pollueurs l’ont bien compris eux qui, déjà, n’appliquaient pas les recommandations et les décisions prises, et qui ne viennent même plus à ces conférences où ils faisaient semblant d’être concernés.


mercredi 5 novembre 2025

Point de vue. Ce que nous dit le scandale des poupées de Shein


La découverte par l’administration française de la vente de poupées pédopornographiques par le site internet chinois Shein a créé un émoi fort compréhensible et très salutaire pour la protection des enfants considérés ici comme de simples objets du désir pervertis de pédophiles.

Et si Shein a retiré de la vente en France ces produits scandaleux, ce n’est pas le cas pour d’autres pays et n’est pas la seule entreprise chinoise à les commercialiser.

De quoi se poser des questions sur une supposée erreur ou faille qui est la défense du site.

De quoi également s'inquiéter du statut et de la condition des enfants dans le monde où, l'opposé de ceux qui affirment qu'ils sont des rois et vénérés comme des dieux, ils sont constamment en danger et ne bénéficient pas de la protection dont ils devraient bénéficier.

Vendre de telles poupées mais, plus grave, en fabriquer (sans même parler de ceux qui les achètent) révèlent plus largement une réelle démission de nos sociétés par rapport à ceux qu'elles devraient protéger prioritairement et des pratiques commerciales perverties où tout est bon, même l'ignominie, pour faire des profits.


dimanche 2 mars 2025

Editorial. 31,46% des électeurs américains vont-ils détruire la démocratie?!


Si l’on prend le nombre d’électeurs inscrits, Donald Trump n’a remporté que 31,46% de leurs voix, soit moins d’un tiers du corps électoral.

Cela ne remet pas en question sa victoire mais la relativise et surtout interroge.

Au vu des décisions déjà prises et des projets à venir, tous plus extravagants et dangereux, de l’extrémiste populiste, il est assez perturbant et angoissant de savoir que juste un peu plus de 30% des électeurs américains ont élu un personnage qui s’attèle depuis son entrée en fonction il y a plus d’un mois à détruire la démocratie républicaine libérale dans son pays mais également dans le monde entier!

Ce bouleversement qui s’annonce – et dont on peut espérer qu’il n’ira pas à son terme – vient évidemment d’une double réalité: les États-Unis sont la première puissance mondiale et leader d’un monde libre qu’ils protégeaient jusqu’à présent par ses forces militaires, non pas, précisons-le, par un altruisme aussi grandiose que désintéressé mais afin, d’abord et surtout, de sécuriser leurs intérêts et leur régime politique.

Et cette double réalité, jusqu’à présent, n’était pas source d’inquiétudes puisque, d’un part, les États-Unis avaient été, depuis toujours, une démocratie, certes imparfaite mais une démocratie et, d’autre part, qu’ils avaient toujours rempli leurs engagements vis-à-vis de leurs alliés.

Donc, une élection américaine si elle pouvait changer l’orientation politique du pays, ne mettait nullement en cause le fondement même de son régime ainsi que celui des autres démocraties du monde.

La victoire de Donald Trump en 2024, venant après celle de 2016, rabat les cartes pour la première fois depuis que la démocratie moderner a vu le jour aux États-Unis et en France à la fin du 18e siècle.

Cette incongruité ne devrait pourtant pas exister.

Car, comment quelques dizaines de millions d’Américains peuvent avoir une légitimité à dicter ce que doit être le régime politique ailleurs que chez eux, et encore, même pas chez eux puisqu’ils ne représentent même pas la majorité du corps électoral.

Pourtant c’est bien ce qui sera le cas dans les quatre prochaines années puisque Trump ne veut pas se contenter d’abandonner les démocraties, il compte également se mêler de leurs affaires intérieures en favorisant toutes les forces politiques d’extrême-droite de celles-ci.

Et même plus d’un mandat, si Trump refuse de quitter le pouvoir en 2029 et qu’il aura les moyens d’y parvenir cette fois.

Mais les peuples des différentes démocraties peuvent réagir et empêcher de basculement qui supprimerait la liberté et l’égalité de la planète.

Un retour en arrière qui serait dû à la première démocratie qui a existé à l’ère moderne.

Une terrible aberration.


 


jeudi 25 janvier 2024

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Tout le monde doit jouer le même jeu avec les mêmes règles


La libre-entreprise n’a de sens que si tout le monde joue le même jeu selon les mêmes règles.

Tout le monde doit respecter les mêmes lois ainsi qu’une réglementation qui permet qu’une vraie concurrence soit être strictement appliquée.

Comme le dit souvent le président des Etats-Unis, Joe Biden, le capitalisme n’est un bon système que s’il existe une vraie concurrence.

Et la vraie concurrence passe également par une même réglementation sociale qui soit la plus protectrice possible pour les travailleurs.

C’est la position du Centre et du Centrisme depuis toujours.

Or ce n’est le cas dans aucun pays et, surtout, dans le monde où la globalisation (la mondialisation économique) est, malgré l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce (qui ne sert malheureusement à plus grand-chose), une jungle.

Nombre de conflits plus ou moins armés, nombre de conflits sociaux ont pour origine une même déviation dans le jeu et/ou le non-respect des règles plus ou moins bien établies.

Il est toujours piquant d’entendre les responsables politiques et les experts nous parler du droit international lorsque l’on sait que les relations internationales sont encore et toujours dominées aujourd’hui par la loi du plus fort comme l’apprennent tous les étudiants en droit au cours de leurs études...

Certes, le ou les plus forts ne peuvent pas systématiquement imposer leur(s) règles(s) du jeu mais ils pèsent de tout leur poids pour que la loi générale se rapproche de celle(s)-ci ou pour la contourner quand elle ne leur convient pas.

Ce que n’ont pas compris les adversaires et autres contempteurs de la globalisation, c’est que celle-ci était une chance pour obliger tout le monde à jouer selon la même règle.

Non pas que l’objectif ait été atteint ou que ce soit celui de certains pays, au premier rand desquels la Chine et, pas très loin de là, les Etats-Unis, mais une communauté internationale essayant de poser une règle du jeu identique, ça ne se voit pas tous les jours!

D’ailleurs, l’échec de l’organisation de la globalisation se voit dans l’échec de l’OMC même si l’organisation internationale fonctionne toujours et prend parfois des décisions.

Le constat est donc là, sans appel, la concurrence n’existe pas.

Mais pour qu’elle existe vraiment, il ne suffit pas que tout le monde joue selon les mêmes règles, il faut aussi que ces règles soient adaptées à la réalité, c’est-à-dire que tout le monde ne part pas avec la même chance que ce soit une PME face à une multinationale ou un pays en développement face à un pays riche.

D’où la difficulté de s’entendre sachant, par exemple, que la Chine a tenté pendant longtemps, avec succès, de se présenter  contre toute évidence comme un pays en développement pour justifier la non-application de nombre de règles du commerce mondial ainsi que des législations sociales protectrices des travailleurs.

Pour aller de l’avant, il faudrait que la communauté internationale ressemble en plus grand à l’Union européenne et à son grand marché.

Cependant, tout n’est pas parfait dans celle-ci parce que la concurrence entre les Etats membres et à l’intérieur des Etats membres n’est pas parfaite en témoigne les conflits économiques et sociaux qui surgissent ici ou là.

De plus, la fraternité (solidarité) n’y étant pas la vertu cardinale en matière économique et commerciale, l’égalité de traitement n’est pas toujours respectée ce qui permet à certains d’avoir plus de libertés que d’autres…

La guerre de Poutine contre l’Ukraine a bien montré que les mécanismes ne sont pas toujours efficaces ou ne sont pas assez contraignants.

Au début de l’invasion russe, chaque pays a joué son propre jeu (et intérêt) en matière énergétique permettant au dictateur du Kremlin de continuer à se remplir les poches grâce à ces divisions.

Et il peut toujours acheter des composants électroniques par des tours de passe-passe, de même que vendre son gaz et son pétrole, il suffit de faire transiter produits et matières premières par des pays tiers.

L’aide à l’Ukraine est également passée par l’assouplissement des règlementations douanières pour les biens qu’elle produit ce qui a exacerbé le ressentiment de certains secteurs comme celui de l’agriculture.

Cependant, le grand marché a créé une formidable dynamique et a évité bien des difficultés aux pays de l’Union européenne.

C’est donc en prenant ses réalisations, ses succès et ses échecs, ses accomplissements et ses inactions qu’il faut partir pour bâtir un système qui garantira du mieux possible que la même règle du jeu s’appliquera à tous et avec le maximum d’équité.

Ce n’est évidemment pas facile parce que les tricheurs existeront toujours au poker comme au Monopoly!

Néanmoins, c’est la seule manière de parvenir à un monde où l’on pourra également s’attaquer à tous les défis qui menacent l’Humanité comme le changement climatique, les épidémies et l’épuisement des ressources.

Alexandre Vatimbella

 

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