Les Actualités sur www.ecoinfosmonde.com

dimanche 12 septembre 2021

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Vingtième anniversaire du 11 septembre et procès du 13 novembre, le télescopage bienvenu

Oui, pour répondre à cette question cliché, comme tous ceux qui sont en âge de les avoir vécus «en direct», je me rappelle où j’étais le 11 septembre 2001 et le 13 novembre 2015 lorsque j’ai appris les attentats terroristes qui ont touché New York et Paris.

Et, oui, j’ai pris immédiatement la dimension de ces deux terribles carnages d’où un télescopage bienvenu dans la commémoration aujourd’hui du vingtième anniversaire de l’effondrement des tours jumelles du World trade center et l’ouverture, mercredi dernier, du procès des responsables encore vivants des fusillades dans Paris et des assassinats des spectateurs du concert qui se tenait alors au Bataclan.

Bienvenu parce qu’il nous permet d’abord de nous rappeler que les ennemis de la liberté et de la démocratie peuvent agir et frapper fort dès qu’ils sont en mesure de le faire – ce qui pose le problème de ce qui va se passer avec le retour des talibans en Afghanistan qui ont hébergé Al Qaida, l’organisation terroriste responsable du 11 septembre – et qu’en conséquence nous ne devons, nous ne pouvons jamais baisser la garde en ce début de troisième millénaire.

C’est d’ailleurs grâce à une mobilisation de tous les instants que nous avons pu éviter des attentats de cette dimension depuis quelques années.

Ensuite, il nous permet de nous remémorer l’unité qui s’est manifestée dans toutes les démocraties du monde face à ces actes d’une sauvagerie sans nom.

Et les peuples des démocraties ainsi agressées et meurtries ont montré leur communion et leur résilience face à cette barbarie même si nous pouvons malheureusement douter un peu qu’une telle épiphanie se produise avec la même intensité dans cette deuxième décennie du 21e siècle.

Enfin parce qu’il nous enjoint de ne jamais oublier la fragilité inhérente au meilleur des systèmes politiques, la démocratie, face à ses ennemis qu’ils viennent de l’intérieur ou de l’extérieur.

Bien sûr, dirons certains, ces milliers de morts de New York et de Paris pèsent peu face aux millions de morts dus aux conflits et aux actes terroristes dans le monde qui ont eu lieu ces vingt dernières années au quatre coins du monde, de la Syrie au Soudan en passant par l’Irak ou la Birmanie, pour prendre quelques exemples des effroyables et intolérables tueries humaines qui ont rythmé notre quotidien.

C’est vrai mais ces attentats, au-delà des tragédies vécues par les victimes et leurs familles, ont cette dimension emblématique de la volonté odieuse de leurs perpétrateurs et de leurs commanditaires, d’une destruction totale de la liberté et de la démocratie dans les deux pays qui ont inventé leurs formes modernes, les Etats-Unis et la France.

C’est en cela que nous devons sans réserve les commémorer et rendre justice à leurs victimes aujourd’hui et demain, aussi longtemps que notre dignité humaine sera mise en danger par des illuminés et des criminels de la pire espèce.

Alexandre Vatimbella

 

samedi 4 septembre 2021

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Les défaites inquiétantes mais logiques de la démocratie

Les défaites inquiétantes mais logiques de la démocratie

De Hongkong à Kaboul, de Brasilia à Budapest, de Manille à Ankara, la démocratie a subi ces dernières années, voire ces derniers mois et ces dernières semaines des défaites inquiétantes.

Alors que les plus optimistes escomptaient il y a trente ans qu’une grande partie du monde allaient adopter tôt ou tard un régime démocratique, ce début de 21e siècle a été une douche froide même si la liberté a pu progresser ici ou là mais pas de la manière exponentielle prévue et espérée.

Si beaucoup de pays ne se sont finalement pas convertis à la démocratie, le plus préoccupant est le recul voire la disparition de celle-ci dans plusieurs endroits où elle était en place ou embryonnaire.

Reste que ces défaites sont logiques si l’on se place dans un cadre géopolitique (pour Hongkong ou l’Afghanistan) ou dans celui de particularismes locaux (pour la Hongrie ou la Pologne).

Que nous apprennent, plus globalement, ces revers et ces fiascos?

D’abord que la démocratie est fragile de par sa nature.

Il s’agit même du régime politique le plus vulnérable car sa force réside dans ses idéaux qui sont autant d’armes qui permettent à ses nombreux ennemis, tant intérieurs qu’extérieurs, de l’affaiblir.

Un exemple, la liberté que la démocratie offre est une aubaine pour tous ceux qui rêvent de la supprimer car elle leur permet d’agir et de parler sans être l’objet de répression ou de censure comme c’est le cas dans les régimes autoritaires et totalitaires.

Ensuite que la démocratie doit se défendre et être défendue pour exister.

Elle n’est nullement un régime «naturel» mais bien une construction culturelle qui s’appuie, en revanche, sur des droits «naturels», c’est-à-dire attachés à la dignité de chaque être humain dès sa naissance –même s’il ne peut alors les exercer lui-même –, dont il ne peut jamais être privé et qui émanent du duo inséparable liberté-égalité.

Cela implique qu’elle doit se défendre par un arsenal législatif et sécuritaire efficace mais aussi qu’elle doit être défendue par ceux qui bénéficient de ses bienfaits.

Parce qu’il est une évidence que la passivité, pire l’indifférence, sont des comportements qui minent et détruisent la démocratie de l’intérieur.

On vient d’en voir les conséquences tragiques en Afghanistan où aucun mouvement d’aucune sorte de la part de la population pour empêcher les talibans de reprendre le pouvoir ne s’est manifesté, ni une quelconque mobilisation pour défendre la liberté.

Puis que l’on doit protéger la démocratie contre elle-même.

En ce 21e siècle, la caractéristique première d’un régime démocratique est qu’il ne peut être à la merci de la versatilité du peuple.

Aucune volonté de celui-ci ne peut remettre en cause son existence parce qu’elle nierait les droits «naturels» dont j’ai parlé plus haut.

Ainsi, ce n’est pas la règle de la majorité, ni même l’élection qui est fondement de nos démocraties actuelles, mais les droits de la minorité qui ne peuvent jamais être supprimés.

Ne resterait qu’un représentant de cette minorité, il serait fondé à demander que l’on respecte ses droits même si la majorité décidait de les supprimer parce qu’elle n’aurait aucune légitimité d’agir pour autrui ainsi que vis-à-vis des générations à venir.

Enfin, que les démocraties, à travers le monde, doivent s’unir pour défendre leur modèle et être capables de faire face à tous les régimes liberticides pour leur imposer de respecter les droits «naturels» de chacun.

Pas besoin de longs développements pour constater qu’on en est bien loin…

Reste que ces échecs de la démocratie ne sont pas forcément inexorable dans le temps mais ils nous apprennent encore une fois que si elle est l’unique régime légitime en regard du respect de la dignité de chaque être humain, des forces puissantes et souvent bien organisées tentent par tous les moyens d’empêcher son installation et quand c’est le cas, luttent pour l’éliminer.

Ainsi, qu’on le déplore ou non, la démocratie se mérite parce que nous vivons dans un monde où ces forces sont quotidiennement à l’œuvre pour asservir les individus pour tout un tas de motifs les plus abjects les uns que les autres.

Cela ne remet aucunement en question cette légitimité de la démocratie mais interroge sur les capacités des peuples à se révolter face à des pouvoirs autoritaires et totalitaires parce que s’il est une chose certaine, c’est qu’aucun de ceux-ci n’a jamais pu se maintenir sans un certain soutien ou une apathie coupable populaires.

Par un retournement funeste de l’Histoire, Le 21e siècle sera peut-être celui de la résistance démocratique alors qu’il devait être celui de la liberté triomphante…

 

 

jeudi 2 septembre 2021

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Daesh, trumpistes et anti-vax, même fanatisme?

Le fanatique, qu’il soit religieux ou politique, où qu’il vive, quoi qu’il pense obéit aux mêmes règles de comportement.

Dominé par ses passions où la raison – sauf la sienne! – n’a plus sa place, persuadé qu’il détient le mystère de la vraie vie, que celui-ci est bafoué par les autres, tous les autres qui ne pensent pas comme lui, il se veut le défenseur intransigeant de la «pureté» de la cause qu’il a épousé.

Souvent, il est prêt à sacrifier sa vie et, évidemment, surtout celle de ses «ennemis» sur l’hôtel de ses certitudes, celles qui ne souffrent, selon lui, aucune discussion.

Le fanatique est donc caractérisé par sa croyance absolue et inébranlable dans une «vérité» à laquelle il est prêt à se battre jusqu’à l’élimination de l’autre, celui qui ne croit pas comme lui à la même orthodoxie, qui ne rend pas grâce aux mêmes dogmes que lui.

Selon Hegel, «le fanatisme veut quelque chose d’abstrait, il ne veut pas d’organisation différenciée ou hiérarchisée. Là où apparaissent des différences, il trouve cette situation contraire à son indétermination et la supprime.»

On reconnait dans ce portrait, bien sûr, le fanatique gorgé de principes religieux exclusifs tel que nous le propose en ce 21e siècle, Daesh, Al Qaida, les Frères musulmans, les Talibans ou encore certaines sectes hindoues.

Mais également le fanatique politique gorgé de théories élucubrationistes (complotistes) tel que nous les ont révélé des mouvements comme le Tea party, les Gilets jaunes ou encore les Anti-vax, sans oublier les adulateurs de Donald Trump.

Ici, il faut faire ce parallèle évident où le fanatique religieux investit évidemment la sphère du politique qui ne peut être qu’inféodé à sa croyance et où le fanatique politique vit ses croyances comme une religion.

C’est qu’expliquait le philosophe romancier et sémioticien italien Umberto Eco:

«Les gens ne peuvent admettre que les choses arrivent ‘comme ça’. L’idée du complot est à la base de toute religion: il faut qu’il y ait une volonté à l’origine des événements, qu’elle soit d’origine divine ou humaine. Ainsi, le crime ou la grande catastrophe n’arrivent jamais par hasard ! Le complot machiavélique derrière les événements est une mythologie naturelle, qui répond à un besoin humain».

On comprend quels dérapages permet cette démarche erratique quand elle est dans les têtes de surexcités exaltés.

Voltaire écrivait que «le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère».

Et Diderot complétait la définition en estimant que «du fanatisme à la barbarie, il n’y a qu’un pas».

Pour le fanatique, l’investissement ressort du sacré, de la dévotion en une cause exclusive qui ne supporte pas l’existence de l’incroyant qui doit être éliminé ou empêché d’agir et de s’exprimer.

Il est atteint de «surdité volontaire» selon la juste formule de Victor Hugo.

Le fanatique est adepte de régimes totalitaires parce sa pensée est totalitaire.

Il serait donc temps de prendre conscience que le fanatisme élucubatrioniste est, in fine, d’une dangerosité comparable pour la démocratie au fanatisme religieux et que leurs buts sont identiques, inféoder la société à leurs croyances et évacuer tout rapport avec la réalité, même si le passage à l’acte dans ces dernières décennies, jusqu’à présent, a été surtout le fait des fanatiques de la religion.

Cette présence du fanatisme dans ce début de 21e siècle est une gifle pour les partisans de la démocratie républicaine parce qu’elle semble démontrer que les passions «tristes» – la haine, la peur, la colère, le mensonge, la violence... – décrits par Spinoza prendront toujours le pas sur le rationnel.

Or si nous ne devons pas vivre sans nos émotions qui nous permettent l’empathie, la compassion et la compréhension des sentiments d’autrui, la perception de son humanité et de son individualité, il ne saurait question que celles-ci remplacent nos capacités rationnelles vis-à-vis de la réalité.

C’est autant dans la transmission du savoir que dans un arsenal juridique que l’on parviendra à faire reculer le fanatisme.

Mais il serait illusoire de penser qu’il disparaîtra un jour.

La lutte ne cessera jamais parce qu’il en est de notre condition d’êtres qui vivent sans savoir pourquoi, qui cherchent des réponses et qui, pour certains, se rattachent à des idéologies fermées, donc rassurantes, d’explication d’un monde responsable de nos angoisses existentielles.

Mais ce combat humaniste est un des plus essentiels qui soit pour garantir le respect de la dignité humaine.

Alexandre Vatimbella

 

samedi 14 août 2021

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Nous ne sommes pas allés en Afghanistan pour y apporter la démocratie mais pour la punir de l’avoir attaquée!

On peut réécrire l’Histoire comme on veut mais cela ne veut pas dire que l’on ait raison!

Ces derniers jours, une indignation monte selon laquelle nous laissons tomber du jour au lendemain les Afghans qui vont perdre la démocratie et retrouver le régime terroriste et inhumain des Talibans.

Nous pouvons, oui, être tristes pour ce peuple qui risque de revivre dans l’obscurantisme et la violence.

Mais il faut être honnête.

Nous sommes allés en Afghanistan il y a vingt ans, après les attentats du 11 septembre 2011 perpétrés aux Etats-Unis par Al Qaida dont les bases logistique se trouvaient dans le pays et après que les dirigeants talibans aient refusé de livrer Ben Laden à Washington malgré les mensonges qu’ils ont développés par la suite.

Dès lors, une coalition internationale s’est formée, dirigée par le pays agressé, pour punir l’Afghanistan et chasser les terroristes de Kaboul, ce qui fut fait.

Mais, jamais dans le projet de représailles il a été question d’apporter la démocratie aux Afghans, nous y sommes allés pour les punir de l’avoir attaquée, ce qui n’est pas exactement la même chose!

Puis, nous nous sommes rendu compte que ce pays était un patchwork ingouvernable d’ethnies, de tribus, de chefs de milices locales qui vivaient essentiellement de trafics dont celui de l’opium.

Si nous étions repartis, une guerre civile aurait eu lieu avec la possibilité que les Talibans reprennent immédiatement le pouvoir et réinvitent Ben Laden.

Donc nous avons décide de rester le temps d’aider les adversaires de ces terroristes à former un Etats assez solide pour les empêcher de remettre la main sur le pays.

Personne ne pensait que cela prendrait vingt ans et qu’au bout de ces vingt ans, dès le départ des troupes occidentales, le pouvoir en place s’effondrerait aussi vite!

Parce que ce qui se passe est d’abord un fiasco des Afghans.

Mais s’il s’effondre c’est aussi parce qu’il a aussi peu de soutien dans la population que les Talibans.

Les deux côtés sont tous corrompus, violents et n’ont aucun intérêt que l’Afghanistan devienne une démocratie.

Il n’y a plus de Commandant Massoud pour guider le pays.

Alors, devions-nous rester trente, quarante, cinquante ans, un siècle, pour toujours dans ce bourbier où les Britanniques s’enlisèrent au 19e siècle puis les Russes au 20?

Et si les Etats-Unis avaient décidé d’en faire le 53e Etat de l’Union dans les faits, n’aurait-on pas parlé de colonialisme, d’impérialisme, de négation des peuples à disposer d’eux-mêmes?

Il fallait donc partir un jour.

Le problème est qu’il n’y avait aucune date de convenable tant le régime en place à Kaboul était incompétent et que rien ne laisser penser que dans cent ou deux ans ce serait différent!

Oui, il va y avoir des dommages collatéraux mais ce ne sera pas de la responsabilité de l’Occident mais de cette incapacité des Afghans à bâtir une nation digne de ce nom.

Imaginons un instant que Joe Biden ait déclaré que les Etats-Unis allaient encore rester pour une période indéterminée en Afghanistan, sans nul doute il aurait été critiqué dans son pays par ceux qui s’émeuvent actuellement de sa décision de rapatrier les troupes américaines, sans parler des attaques dont il aurait fait l’objet dans le monde entier.

Quand le centriste affirme que ces aux Afghans de lutter pour leur pays et leur démocratie il a raison.

Ils ont eu vingt ans pour le faire sans aucun résultat tangible.

C’est ça la réalité dont beaucoup vont souffrir dans les semaines et les mois à venir, les femmes, les enfants, les minorités ethniques et sexuelles, les fonctionnaires du régime actuel, tous ceux qui ont été les victimes des Talibans il y a vingt ans.

Quant au retour des terroristes, il est possible mais la guerre d’il y a vingt ans ainsi que celle menée contre Daesh dernièrement montre qu’en se donnant les moyens, la communauté internationale peut les contenir et les vaincre.

Les Talibans sont prévenus et ils le savent.

Reste le problème des commanditaires de ces terroristes, le Pakistan.

Si l’Afghanistan est à feu à et à sang c’est de la responsabilité du gouvernement pakistanais, de son armée et de ses services secrets.

Sans l’aide d’Islamabad, les Talibans n’auraient aucune chance de revenir au pouvoir.

On attend donc, sans trop d’espoir, de voir quelles sanctions la communauté internationale va prendre à l’encontre du Pakistan.

Sans doute aucune…

 

vendredi 13 août 2021

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. L’Humanité est-elle capable d’empêcher une catastrophe attendue dont elle est la cause?

«Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre deux ans, cinq ans, dix ans. Nous nous rapprochons dangereusement du moment où ce sera trop tard

Que cette mise en garde du président de la Cop 26, Alok Sharma, alors qu’est publié le nouveau rapport sur le réchauffement climatique du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) soit plus alarmiste ou non que la réalité qui menace l’Humanité et les autres êtres vivants sur la planète, la problématique qu’elle pose est, elle, redoutable et anxiogène.

On peut l’énoncer par cette simple question: est-ce que l’Humanité a jamais été capable de se mobiliser afin d’empêcher la survenance d’une catastrophe programmée qui émane de sa propre responsabilité?

Que l’on recense toutes celles qui se sont déroulées, notamment les guerres mondiales, la réponse est crûment négative.

Le réchauffement climatique en est même une autre preuve parce que depuis que les scientifiques se sont accordés sur ses conséquences dramatiques, tous les efforts entrepris – et il y en a eu – n’ont pas changé grande chose puisque, dans le même temps, nos comportements n’ont cessé de dégrader la situation.

On peut trouver des raisons tout à fait légitimes pour expliquer pourquoi, devant cette apocalypse annoncée, nous continuons à marcher à sa rencontre.

Comment, en effet, demander à un habitant du Bengladesh ou d’Haïti vivant dans la plus grande pauvreté de ne pas polluer alors même que pour uniquement survivre il ne peut faire autrement ou, en tout cas, ne pas en faire sa préoccupation?

Comment demander à des pays comme la Chine ou l’Inde de renoncer à se développer économiquement afin de rattraper leur retard vis-à-vis des pays les plus développés?

Quant à ces derniers, comment convaincre ses habitants, en particulier les plus précaires, qu’il faut renoncer à espérer, non seulement une évolution dans leurs conditions d’existence, mais même à garder celles qu’ils ont actuellement et que des générations avant eux ont travaillé dur pour que nous arrivions à une certaine qualité de vie?

Et puis, il y a d’autres raisons, moins compréhensibles, comme cette montée, inexorable pour l’instant, d’un individu, instrumentalisant, à la fois, la liberté et l’individualisme, pour réclamer une autonomie et une sur-égalité pour sa personne, lui permettant d’agir de manière irresponsable, égoïste, égocentrique et consumériste – ce qui est le cas en matière environnementale le plus souvent – dans un comportement d’un assisté constamment insatisfait, créant ainsi un cadre libertario-hédoniste alors qu’émerge une inquiétante médiacratie médiocratique démagogique populiste consumériste dans les démocratie républicaines et que parviennent au pouvoir ou à ses portes des personnages comme Donald Trump, Boris Johnson ou Marine Le Pen, ce qui empêche toute action forte et efficace face à des enjeux comme le réchauffement climatique, la jacquerie des Gilets jaune en France l’a amplement démontré.

Précisions que les autocraties et dictatures avec des dirigeants comme Vladimir Poutine ou Xi Jinping ne font évidemment pas mieux et souvent pire.

D’autant que pendant longtemps les conséquences du réchauffement climatique sur leur quotidien n’ont pas été visibles, que des controverses sur sa véracité ont opposé les scientifiques entre eux et que nous voulons croire mordicus que notre technologie nous sortira du précipice sans grand dommage comme si nous étions Dieu.

Sans oublier qu’il y aura ceux qui seront capables de s’en sortir et que, bien entendu, la plupart des humains pensent qu’ils feront partie des rescapés…

Cependant, même si toute l’Humanité avait été consciente de ce qui est en train de se passer, aurait-elle agi autrement que ce qu’elle a fait, c’est-à-dire en prenant des demi-mesures à la marge même si celles-ci ont le mérite d’exister?

On peut malheureusement en douter.

Pour autant, un événement tragique qui se déroule en ce moment sous nos yeux peut apporter une certaine espérance dans notre capacité à prendre la dimension du défi que pose le réchauffement climatique.

Je parle évidemment de la pandémie de la covid19 qui a obligé l’Humanité – qui est peut-être responsable de sa survenance – à agir dans l’urgence.

Bien entendu tout n’a pas été parfait, loin de là, dans les réponses apportées, dans les coordinations entre les Etats, dans les réactions d’une partie de la population.

Néanmoins, nonobstant les «anti-tout», les «je sais mieux que tout le monde» et les «suivez moi je vais vous montrer la lumière», ces intrigants qui espèrent tirer profit du désarroi de la population, la mobilisation a permis de prendre des mesures de prévention et de trouver des réponses dans un laps de temps très court avec les vaccins (et une recherche médicale toujours en cours pour trouver des médicaments efficaces et des vaccins encore plus efficients).

Evidemment, les ravages de la covid19 sont bien visibles et peuvent être comptabilisés sans aucune controverse, ce qui n’est pas le cas de ces statistiques sur les millions de morts de la pollution qui demeurent virtuels d’autant plus que l’augmentation continue de la population et de son espérance de vie semblent les contredire.

D’où cette prise de conscience qu’il fallait agir au plus vite pour éviter un cataclysme (rappelons que les mutations possibles du virus ne nous mettent pas encore à l’abri de celui-ci, n’en déplaise à tous les manifestants contre la «dictature sanitaire»…).

Nous ne sommes pas dans la même configuration pour le réchauffement climatique et l’on peut le regretter parce que, lorsque l’urgence absolue sera là, c’est-à-dire lorsque des quantités de gens mourront devant nos yeux de ses effets, comme pour cette pandémie, il sera trop tard.

Dès lors, pour qu’une fois l’Humanité ne passe à côté de ses responsabilités pour sa propre survie – rappelons que ce n’est pas l’existence de la Terre qui est en jeu mais celle des êtres vivants – l’exemple de la réponse à la covid19 peut et doit nous fournir deux enseignements forts.

Le premier est qu’une mobilisation mondiale contre une catastrophe est donc possible malgré tout même si elle est imparfaite.

Le deuxième est qu’agir en commun donne des résultats et permet de s’attaquer à conjoncture particulièrement critique.

Reste que pour ce qui est du réchauffement climatique nous ne pouvons attendre la phase paroxystique pour agir.

Parce qu’en ce qui concerne la covid19, personne ne pouvait prévoir l’apparition du virus et aucune mise en garde particulière face à une réalité existante – à part le fait que de funestes apprentis-sorciers travaillant pour des laboratoires étatiques manipulent des substances hautement létales –, ne pouvait être lancée avant son apparition en Chine.

Tout autre est le réchauffement climatique dont on parle depuis bien longtemps et dont le premier rapport du GIEC à son sujet date de 1990, ce qui ne nous pas empêché depuis de rejeter encore plus de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

Nous n’avons donc plus aucune excuse pour refuser de prendre les décisions – parfois très difficiles et très douloureuses – parce que nous sommes capables de nous mobiliser et qu’en plus, comme le montre la crise de la covid19, nous savons.

Ceux qui vouent un culte à des personnages comme Donald Trump qui niait ce réchauffement ou qui se sont faits un plaisir de relayer et soutenir les Gilets jaunes qui ne sont descendus dans la rue, au départ, que pour être contre des mesures environnementales contre ce même réchauffement, fassent leur examen de conscience et, à défaut de rejoindre ceux qui veulent agir pour sauver l’Humanité, aient au moins la décence se taisent une bonne fois pour toute.

Il en va de la survie de l’Humanité, celle d’aujourd’hui, de demain et des après-demain.

 

 

mardi 15 juin 2021

Etats-Unis – Obama inquiet pour l’avenir de la démocratie

Barack Obama a déclaré dans une interview à CNN qu’il était préoccupé par l’avenir de la démocratie expliquant que celle-ci «exige que chacun d'entre nous comprenne que celle-ci n'est pas automatique» mais demande qu’on la protège.

Il a ajouté qu’il espérait «que le vent va tourner».

L’ancien président des Etats-Unis a par ailleurs affirmé que les Américains doivent «s’inquiéter lorsque l'un de nos principaux partis politiques [Parti républicain] en vient à adopter une façon de penser notre démocratie qui est méconnaissable avec ce qu’il disait il y a cinq ans ou dix ans et qui aurait été alors considéré comme inacceptable».

Selon le centriste des «esprits sombres» ont pris le contrôle du Parti républicain.

En cela, l’insurrection du 6 janvier dernier lorsque des émeutiers ont tenté de prendre le contrôle du Capitole, siège du pouvoir législatif, est emblématique pour l’ancien président des Etats-Unis.

Mais si cette foule a accompli cet acte intolérable «la raison en est que la base des républicains y croyait et la base y croyait parce que cela leur avait été dit non seulement par le président, mais par les médias qu'ils regardaient»

Pour lui, les causes des profondes divisions des Américains viennent de ce «nous vivons dans des mondes différents et qu’il devient de plus en plus difficile pour nous de nous entendre, de nous voir».

«Nous avons plus de stratification et de ségrégation économiques, analyse-t-il. Vous combinez cela avec la stratification raciale et le cloisonnement des médias, donc vous n'avez pas seulement un Walter Cronkite [légende des journaux télévisés des années 1960-1970] qui livre les nouvelles à toute l’Amérique, mais vous avez 1000 lieux différents qui le font dorénavant. Tout cela a contribué à ce sentiment que nous n'avons rien en commun.»

Il faut donc recréer du lien et la solution d’Obama, consiste à multiplier les réunions en face à face où les gens entendent les luttes et les histoires des autres.

Le problème est «de savoir comment créer ces lieux, ces lieux de rencontre pour que les gens puissent le faire parce qu'en ce moment, nous ne les avons pas et nous en voyons les conséquences».

Celui qui a été le premier président noir estime que le problème du racisme n’est, non seulement, pas toujours réglé mais «qu'il existe certains médias de droite, par exemple, qui monétisent et capitalisent pour attiser la peur et le ressentiment d'une population blanche qui assiste à un changement en Amérique» qui devient un pays métissé où les blancs sont de moins en moins majoritaires.

Et de préciser qu'il reste « difficile pour la majorité des Américains blancs de reconnaître que vous pouvez être fiers de ce pays et de ses traditions et de son histoire et de nos ancêtres et que, pourtant, il est également vrai qu’il s'est passé des choses et que les vestiges de cela persistent et continuent».