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mardi 28 février 2012

MONDIALISATION-GEOECONOMIE. Les pays émergents font la leçon aux pays européens

Voilà qui ne va pas faire plaisir aux Européens, que ce soient les gouvernements et, peut-être plus important, les peuples, déjà échaudés par une mondialisation qu’ils rendent responsables de leurs problèmes actuels et du non-respect des règles du jeu en matière économique et commerciale des pays émergents.
Les grands pays émergents, regroupés dans le club du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), ont en effet adressé deux ultimatums à l’Union européenne et aux membres de la zone euro.
Lors d’une réunion des ministres des Finances afin de préparer le sommet économique et financier du G20 à Mexico, ils ont décidé de faire front commun face à l’appel de fonds du FMI (Fonds monétaire international) pour aider la zone euro.
Ainsi que l’a déclaré à l’attention des Européens, le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega, toujours en pointe dans les offensives contre les pays avancés, «Les pays émergents ne vont aider qu'à deux conditions: qu'ils renforcent leur pare-feu et fassent plus que ce qu'ils font actuellement avec leurs fonds de stabilité». De même, ils devront «mettre en œuvre la réforme du FMI» qui prévoit de donner plus de droits de vote aux pays émergents. Et Mantega d’ajouter: «nous ne pouvons pas accorder une augmentation de ressources sans la mise en œuvre de la réforme» qui, selon lui, est «en recul» par rapport aux promesses faites en 2010.
Louis-Jean de Hesselin
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 24 février 2012

MONDIALISATION-GEOPOLITIQUE-GEOECONOMIE. La mondialisation est un combat

La dernière livraison de La Nouvelle Revue de Géopolitique (qui s’impose, au fil des numéros, comme un nouveau lieu de réflexion de qualité sur les questions internationales), rappelle fort opportunément que la mondialisation est un combat(*).
Mais un double combat. D’abord, celui qui consiste à la réguler en mettant en place des règles qui font défaut et à inventer un embryon de gouvernance mondiale qui, malgré les G20 et autres sommets, n’a aucune réalité aujourd’hui.
Ensuite, il y a le combat dans l’arène économique et politique. Car la mondialisation est tout sauf une paisible confrontation économique où le jeu serait aujourd’hui gagnant-gagnant. Si tant est, d’ailleurs, qu’il puisse l’être un jour puisque les ressources naturelles de la terre rendent impossible, actuellement, un monde de six milliards d’individus égaux en terme de bien-être et de revenus et que, en matière de commerce international, par exemple, pour qu’il y ait des «gagnants» (qui ont une balance commerciale excédentaire), il faut qu’il y ait des «perdants» (avec une balance commerciale déficitaire).
Cependant, la dure réalité de la mondialisation – qui n’est que la dure réalité, désormais «interconnectée» et «multipolaire», du monde – ne doit pas nous exonérer de tenter d’inventer des utopies pour que celles-ci, un jour, puissent servir de modèles à cette gouvernance mondiale partagée que toute personne raisonnable souhaite si elle est respectueuse et démocratique.
A ce propos on lira l’article d’Olivier Kempf «Emergence, d’une convergence économique à une divergence politique» pour se rappeler du combat qui fait rage dans l’arène, ceux qui le nient en seront les grands perdants, et, en contrepoint, on lira celui de Steve Coulon «Le nouvel équilibre mondial et les pays émergents» pour espérer que le combat pour une mondialisation humaniste voit le jour le plus rapidement possible. De quoi être ainsi un rêveur réaliste ou un pragmatiste utopique…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

(*) La Nouvelle Revue de Géopolitique numéro 3, janvier-mars 2012, 10€ (dossier spécial: «Les émergents vont s’imposer»)

jeudi 23 février 2012

MONDIALISATION-SOCIAL. La Norvège, pays au plus fort niveau de performance et de lien social

L’ODIS (Observatoire du dialogue et de l’intelligence sociale), en utilisant les données de la Banque mondiale, vient de publier le premier rapport «Gouvernance, lien social et performance, une vision du monde» en collaboration avec l’association Odissée(*).
Ce rapport veut mesurer la performance d’une société et l’efficacité de son lien social grâce à une batterie de vingt-quatre indicateurs analysés sous quatre critères.
Cent soixante-huit pays se trouvent dans le classement 2012 qui a été obtenu par le croisement entre les deux agrégats «lien social» et «performance».
Les trois pays arrivés en tête sont la Norvège, la Suisse et Singapour. Parmi les grands pays, l’Allemagne est 19°, le Royaume Uni 23°, la France 25° et les Etats-Unis 39°.
Quant aux grands pays émergents regroupés dans le club du BRICS, la Chine est 47°, la Russie 54°, le Brésil 91°, l’Afrique du Sud 105°, l’Inde 121°.
Comme l’explique le rapport, «L’analyse quantitative d’indices statistiques pertinents sur 168 pays du monde met en évidence une étroite corrélation entre la qualité du lien social et le niveau de performance. L’analyse qualitative révèle quant à elle clairement que la gouvernance, qu’il s’agisse d’un pays, d’un territoire ou d’une organisation, est la clé d’une dynamique de renforcement conjoint des performances et du lien social».
Reste que dans toutes ces entreprises afin d’élaborer des analyses plus pertinentes des sociétés au-delà de listes sans fin de statistiques et du montant du PIB, le problème est le choix des indicateurs. Ici, comme pour les indicateurs qui veulent mesurer le «bonheur» d’une société, ceux-ci ne recouvrent qu’une partie de la réalité et auraient pu être remplacés ou complétés par d’autres tout aussi légitimes. Pour autant, ce genre d’études a le mérité d’exister et de fournir de nouveaux points de vue et des données très précieuses sur l’état et le développement des sociétés actuelles.
A noter que certains pays n’ont pas fourni l’ensemble des indicateurs. L’absence d’un ou plusieurs de ceux-ci n’a pas interféré dans le classement, ce qui est évidemment un biais.

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

(*) Gouvernance, lien social et performance: une vision du monde, rapport 2012, ODIS-La Documentation Française, 27€

mercredi 22 février 2012

RUSSIE-ENERGIE. Poutine veut développer fortement la filière charbon

Le candidat à l’élection présidentielle (et quasiment sûr d’être élu!), Vladimir Poutine, veut développer la production de charbon de la Russie en la faisant passer de 336 millions de tonne actuellement à 430 millions de tonnes en 2030. Pour cela, il propose, entre autres, que l’Etat débloque six milliards d’euros pour valoriser ce qui est aujourd’hui la deuxième plus grande réserve de charbon du monde derrières celle des Etats-Unis et devant celle de la Chine. Une somme qui doit aussi permettre de moderniser les infrastructures des mines qui sont parfois très vétustes.
Avec l’augmentation des prix du pétrole et sa raréfaction progressive dans les décennies à venir mais également avec les technologies désormais «propre» de son utilisation, le charbon possède de nombreux atouts qui rendent l’exploitation minière à nouveau rentable dans certains pays.
Jean-Louis Pommery
© 2012 LesNouveauxMondes.org

lundi 20 février 2012

MONDIALISATION-CHINE/ETATS-UNIS-CINEMA. La Chine entrouvre un peu plus son marché aux films américains

Jusqu’à présent, les cinéphiles chinois ne pouvaient voir qu’une vingtaine de films américains par an. Non pas qu’ils n’aimaient pas les productions hollywoodiennes, ni que les producteurs américains ne s’intéressaient pas au marché chinois, bien au contraire. Celui-ci est considéré comme une sorte d’Eldorado avec ses deux milliards de dollars de chiffre d’affaire en 2011… Tout simplement, la Chine avait imposé des quotas très stricts au motif de protéger son industrie cinématographique (sans oublier que la distribution devait obligatoirement passer par la compagnie publique chinoise).
Si cette raison était en partie vraie, il y avait également, de la part du pouvoir communiste, la peur de la subversion démocratique véhiculée par de nombreux films américains (mais aussi occidentaux).
Ainsi, la Chine, non seulement, violait les accords de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) mais était une terre de prédilection de copies pirates à grande échelle, d’abord pour contenter les millions de Chinois qui voulaient voir les productions «made in USA».
D’ailleurs, après une plainte en 2007, l’OMC avait condamné la Chine en 2009 pour ces pratiques discriminatoires.
Une situation qui énervait particulièrement Hollywood, dont le lobby est très puissant aux Etats-Unis, mais aussi les autorités politiques. L’administration Obama s’était montrée particulièrement irritée à de nombreuses reprises contre ces mesures totalement discriminatoires.
Du coup, la décision de Pékin d’assouplir cette règle, en marge de la visite d’une semaine de Xi Jinping, le vice-président chinois et futur chef de l’Etat, a été saluée comme il se doit par Washington et l’industrie cinématographique américaine.
Cependant l’accord n’est pas aussi exceptionnel que les réactions dithyrambiques américaines le laissent penser. S’il prévoit une plus grande pénétration des films américains sur cinq ans, ce n’est qu’une augmentation de leur nombre de 50%, ce qui est, certes, une avancée mais qui ne permet pas à ceux-ci d’être distribués très largement, ni indépendamment, en outre, puisqu’ils continueront à être essentiellement distribué par la compagnie publique. Sans oublier que la dîme prélevée par Pékin est exorbitante, même si elle est revue à la baisse. Et certaines productions au contenu trop «politiquement incorrect» pour le pouvoir communiste resteront toujours à la frontière de l’Empire du Milieu…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

samedi 18 février 2012

CHINE-ECONOMIE-SOCIAL. Le pouvoir continue à s’inquiéter de la montée de la corruption et des inégalités sociales

Ces deux dernières années, le pouvoir chinois a fait de ses luttes contre la corruption et les inégalités sociales, deux priorités afin d’éviter que la fameuse «harmonie» sociétale qu’il prône à longueur de journée ne soit qu’un mirage et provoque, en retour, des troubles qu’il redoute bien plus que les admonestations des occidentaux sur son irresponsabilité politique et économique.
Du coup, à périodes répétées, les plus hautes autorités de l’Etat et du Parti communiste font des déclarations en ce sens. C’est le cas, récemment, de Wen Jiabao, le premier ministre pour encore quelques mois.
Selon Xinhua, l’agence de presse officielle, il «a plaidé pour davantage de réformes afin de résoudre les problèmes concernant la structure économique chinoise, la distribution injuste de revenus et la corruption». Selon lui, «le gouvernement devrait mieux répondre aux questions relatives aux conditions de vie du peuple et aux préoccupations publiques concernant les prix, les logements et les revenus».
Nicolo Morfino
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 17 février 2012

CHINE-ENVIRONNEMENT. Les ressources en eau de la Chine menacées

Le gouvernement chinois s’alarme de la situation qu’il qualifie «de plus en plus difficile» des ressources en eau du pays due à la pollution «particulièrement importante» des cours d’eau, à la sécheresse endémique dans certaines régions et au manque d’eau dans les grandes villes comme Pékin.
Selon les statistiques officielles, avec une population de 1,3 milliard de personnes, la Chine consomme actuellement plus de 600 milliards de mètres cubes d'eau chaque année, soit trois quarts de ses ressources d'eau exploitables. Les ressources en eau par habitant ne sont que de 2 100 mètres cubes, soit environ 28% de la moyenne mondiale. Environ deux tiers des villes chinoises manquent d'eau, alors que 300 millions d'habitants n'ont pas accès à de l'eau potable sûre, causant une pénurie d'eau nationale de plus de 50 milliards de mètres cubes en moyenne chaque année.
Alexis Levé
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mercredi 15 février 2012

L’EDITORIAL D’ALEXANDRE VATIMBELLA. L’Europe et la Chine, partenaires ou adversaires?

Le 14 février, s’est tenu le 14° sommet Union européenne-Chine. Et même si celui-ci se déroulait le même jour que la Saint-Valentin, les relations de couple entre les Européens et les Chinois sont plus empreintes de méfiance que de confiance,  recèlent plus d’incompréhensions que de compréhensions même s’il existe une évidente volonté de trouver des terrains d’entente entre les deux principaux conjoints de la globalisation économique.
Car, qu’ils le veuillent ou non, Européens et Chinois sont dans la même barque et, comme l’a redit encore récemment le Fonds monétaire international, une forte récession en Europe pourrait avoir de graves répercussions sur la croissance chinoise, les chiffres les plus pessimistes aboutissant à une croissance divisée par deux, autour de 4%! Et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a eu raison de rappeler que les économies chinoises et européennes sont interconnectées.
Cependant, les objectifs ne sont manifestement pas les mêmes.
L’Europe voudrait tellement que la Chine lui sauve la mise sans pour autant que celle-ci la rachète et s’impose comme un acteur incontournable. Utiliser les Chinois sans s’encombrer de leur présence. Le beurre et l’argent du beurre…
La Chine aimerait tellement racheter les fleurons de l’industrie européenne tout en aidant un peu les Européens pour qu’ils continuent à lui acheter ses produits, eux qui sont leurs principaux clients. Plumer l’Europe tout en ne la rendant pas insolvable. Le beurre et l’argent du beurre…
L’Europe et la Chine jouent donc un drôle de jeu, chacun prétendant que celui-ci est gagnant-gagnant alors qu’il est plutôt une sorte de jeu de dupe où le gagnant remporte toute la mise. A moins qu’à force de postures sans décisions concrètes et fortes, ce jeu devienne perdant-perdant…
Pendant que les Européens font les yeux doux pour que la Chine achète de leur dette comme elle le fait pour celle des Etats-Unis et que la Chine répond qu’elle ne veut pas racheter l’Europe, l’Union européenne fourbit ses armes contre les pratiques déloyales et anticoncurrentielles de l’Empire du Milieu qui, lui, lorgne les bijoux de famille industriels du Vieux continent.
On aimerait un peu plus de dignité de la part des Européens et un peu plus de responsabilité de la part des Chinois.
Mais, en matière de gros sous, tous les coups, toutes les bassesses, tous les faux serments semblent permis. Ici, chacun joue son avenir au poker menteur. L’Europe veut éviter le déclin mais au lieu de s’unir pour cela, elle cherche les réserves de change immenses de la Chine ainsi que les gros contrats que celle-ci fait miroiter à chaque membre de l’Union européenne. Diviser pour mieux régner. Car la montée en puissance de la Chine doit encore s’appuyer sur l’Europe avant de la marginaliser.
Les déclarations entendues à l’issue de ce sommet ne sont guères originales, tout le monde se disant confiant dans la relation bilatérale et chacun voulant la renforcer.
Cependant, ces discours lénifiants recèlent parfois des propos qui montrent où se trouve l’important. Et, là, force est de constater que quand la Chine répète qu’elle est bienveillante pour l’Europe, qu’elle continuera à acheter de la dette européenne, cette dernière commence à faire des concessions.
Ainsi, dans le discours du président du Conseil européen, Herman Von Rompuy, on a pu entendre que le statut d’économie de marché de la Chine allait être étudié par l’Europe alors que l’on a rien entendu sur la sous-évaluation du yuan.
Voilà deux changements particulièrement importants puisque, jusqu’à présent et tout comme les Etats-Unis, l’Europe se refusait à étudier ce statut au motif que la Chine est bien encore une économie dirigée qui subventionne et favorise outrageusement ses entreprises au détriment de celles des pays étrangers. De même, comme pour les Etats-Unis, l’Union européenne rappelle, à chaque fois, que la monnaie chinoise n’est pas à sa bonne valeur.
On verra dans les semaines et les mois à venir si cela se concrétise par des décisions concrètes en la matière et si, en retour, l’UE, et notamment la zone euro, recevra quelques subsides de la Chine. Alors, la boucle sera bouclée et l’Europe confirmera qu’elle se voit vraiment en déclin…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mardi 14 février 2012

MONDIALISATION-CHINE/ETATS-UNIS. Obama: la collaboration Etats-Unis-Chine «doit permettre de rendre le monde plus sûr»

En recevant Xi Jinping, le vice-président chinois et futur numéro un du pays, au premier jour de sa visite d’une semaine aux Etats-Unis, Barack Obama a déclaré, à l’issue de leur entretien à la Maison Blanche, qu’il souhaitait qu’il y un «commerce équilibré entre les Etats-Unis et la Chine ainsi qu’avec l’ensemble des pays du monde».
Le président américain a également déclaré que les Etats-Unis étaient un pays de paix et qu’il désirait développer les relations avec la Chine dans ce cadre. Il a ajouté que «la collaboration des Etats-Unis et de la Chine dans le G20 doit permettre de rendre le monde plus sûr».
Alexis Levé
© 2012 LesNouveauxMondes.org

lundi 13 février 2012

MONDIALISATION-CHINE-ETATS-UNIS-EUROPE. Xi Jinping aux Etats-Unis / sommet UE-Chine: la politique occidentale Chinoise va être scrutée

Demain, mardi 14 février, sera une journée bien remplie pour la politique extérieure de la Chine. Xi Jinping, le successeur probable d’Hu Jintao à la tête de la Chine cette année et actuel vice-président, sera reçu par Barack Obama à la Maison blanche. Et, dans le même temps, Hu Jintao et son premier ministre, Wen Jiabao, recevront, dans le cadre du 14° sommet Union européenne-Chine, Herman Von Rompuy et José Manuel Barroso à Pékin.
Deux événements qui vont préciser, sous l’œil attentifs des analystes, la politique de la Chine envers l’Occident. Car les choses évoluent même si Pékin semble faire du surplace. Les Occidentaux ont, en effet, décidé d’accentuer leurs pressions vis-à-vis des dirigeants chinois pour que ceux-ci adoptent des positions plus souples et plus responsables dans de multiples domaines.
Evidemment, ces derniers détestent cette façon de procéder et feront tout pour montrer que rien ne change et que si quelques chose doit changer, cela se fera au rythme qu’ils auront eux-mêmes choisi.
Cependant, ce serait être dupe de croire que la Chine peut demeurer immobile face à la montée des griefs que les Etats-Unis et l’Europe ont à son encontre. Que ce soit son double-jeu en matière économique où elle n’applique pas les accords internationaux qu’elle a signés (notamment celui de l’Organisation mondiale du commerce) en refusant d’ouvrir réellement son marché intérieur tout en continuant à subventionner largement ses entreprises ou que ce soit son irresponsabilité assumée en matière de politique étrangère où elle montre de l’agressivité vis-à-vis de ses voisins tout en refusant de s’impliquer dans les affaires du monde, pire en bloquant les processus démocratiques en cours, en particulier dans le monde arabe, et en continuant à supporter l’Iran.
Pour autant, à part des déclarations lénifiantes et quelques signatures de contrat, les résultats à court terme ne seront guères spectaculaires. En revanche, les nouvelles fermetés occidentales pourraient, si elles ne sont pas un feu de paille, obliger Pékin à lâcher du lest dans les mois à venir. Reste une inconnue, la capacité des Occidentaux à demeurer inflexibles alors qu’ils ont besoin des capitaux des chinois (et ceux-ci leur font miroiter beaucoup dans ce domaine sans qu’il y ait eu jusqu’à présent grand-chose à se mettre sous la dent) pour sortir de la crise et/ou pour retrouver de la croissance… Mais il serait temps aussi à ces mêmes Occidentaux de s’apercevoir que la Chine a autant besoin d’eux, qu’eux de la Chine. Pour cela, il leur faut la jouer grouper. C’est sans doute cela le plus difficile!

Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

MONDIALISATION-EUROPE. European foreign policy scorecard 2012: L’UE en déclin ou en reconquête?

La deuxième édition de l’European foreign policy scorecard (Tableau de bord de la politique étrangère européenne*) publié par le think tank European council on foreign relations (Conseil européen des relations étrangères) pose d’emblée un constat abrupt pour l’Europe dans le monde en 2011: «dans l’introduction de notre tableau de bord de l’année dernière nous écrivions que l’Europe était déstabilisée par la crise. Cette année l’Europe a été diminuée par celle-ci».
Pour autant, les deux auteurs principaux du rapport, Justin Vaïsse et Hans Kundnani ne se veulent pas aussi pessimistes que d’autres observateurs en posant la question: «reste à savoir si 2011 se révélera être un moment décisif dans le déclin à long-terme de l’Europe ou si elle sera le début d’une reconquête».
Néanmoins, le constat n’est pas vraiment réjouissant puisque, selon le rapport, «pour faire court, l’idée d’Europe est moins puissante qu’il y a douze mois».
Mais ce n’est pas tout: «comme résultat de l’inversion de son rôle de solution à celui de problème, les relations de l’Europe avec les grandes puissances du monde ont changé. En termes économiques, d’un sujet, elle est devenue un objet».
Et même le «soft power» de l’UE à laquelle les Européens tiennent tant a été largement écorné: «il y a peu de doutes qu’à la fin 20011, (l’Europe) est devenue nettement moins attractive comme un modèle de gouvernance pour le reste du monde qu’elle l’était seulement un an auparavant».
Pour autant, l’Europe n’a pas été qu’un problème. Elle a été capable, rappellent les auteurs, d’intervenir en Lybie (même si c’était sous le parrainage américain) et en Côte d’Ivoire. De même, elle a été en pointe à Durban à la conférence sur le changement climatique.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

(*) Ce rapport analyse et note les performances de l’Europe (Union européenne et Etats membres) dans sa capacité à faire avancer ses intérêts et à promouvoir ses valeurs dans le monde. il est consultable sur le site ecfr.eu.

dimanche 12 février 2012

INDE-TELECOMMUNICATIONS-TRANSPARENCE. La corruption endémique des autorités indiennes sanctionnée par la Cour suprême

La Cour suprême indienne ne pouvait pas faire moins en annulant les 122 licences de téléphonie mobile que le gouvernement avait attribuées de manière illégale en 2008, suite à des pots de vin touchés par le ministre alors en charge du secteur. Un scandale qui avait été révélé en 2010 et conduit ledit ministre à la case prison.
Pour autant, elle a provoqué un véritable séisme dans le secteur des télécommunications et rappelé que l’Inde est un des principaux pays corrompus de la planète, notamment en matière de marchés publics (ce qui, peut-être, n’augure rien de bon pour les négociations en vue de finaliser la vente de l’avion français Rafale à l’armée indienne!).
Du coup, une nouvelle vente aux enchères va devoir être organisée dans les trois mois. Elles devront, évidemment, prendre en compte le prix réel de ces licences, alors que lors de la première attribution, ces dernières avaient été bradées avec des estimations datant de 2001, bien avant l’explosion du téléphone portable dans le pays…
Encore une fois, l’image de l’Inde ne sort pas grandi de cette affaire de corruption. Même si le premier ministre n’est pas responsable de ce scandale (le ministre en question faisait partie d’une petite formation indispensable au Parti du Congrès de Manmohan Singh pour avoir une majorité au Parlement), il en sort affaibli. De même, cela jette une ombre sur les pratiques de l’Inde au moment où celle-ci a absolument besoin des investissements et des capitaux étrangers pour se développer.
Louis-Jean de Hesselin
© 2012 LesNouveauxMondes.org

MONDIALISATION-EUROPE-INDE. La relation économique Union européenne-Inde patine

La victoire de l’avion français Rafale contre l’Eurofighter britannique fait couler plus d’encre que la douzième édition du sommet Union européenne-Inde qui s’est tenu le 10 février à New Dehli et dont personne n’attendait rien de spécial. Et, en ce sens, il a tenu toutes ses promesses!
Adversaires pour conquérir des marchés, notamment en Inde, les Européens se sont néanmoins retrouvés grouper afin de demander aux Indiens une plus grande ouverture économique et commerciale dans pratiquement tous les domaines.
Car le gouvernement indien, qui négocie avec l’Union européenne un traité de libre-échange depuis cinq ans, traîne des pieds. L’inde ne souhaite pas voir les entreprises et les professionnels européens débarquer sur ses marchés.
Le communiqué conjoint à l’issu de ce sommet ne montre aucune avancée dans ce domaine rappelant seulement l’importance de parvenir à un traité, indiquant que les «négociations sur un paquet ambitieux et équilibré de mesures sont proches d’un accord».
Quant aux questions de mondialisation, l’Europe et l’Inde ont rappelé l’importance du développement mondial et la priorité de la lutte contre la pauvreté.
De belles paroles qui n’ont pas avancé d’un pas les questions en suspens! Même sur la question géostratégique et géopolitique iranienne,         aucun rapprochement n’a eu lieu entre des Européens qui viennent de durcir leurs sanctions et les Indiens qui viennent d’annoncer de nouveaux accords en matière de fourniture pétrole iranien.

Louis-Jean de Hesselin
© 2012 LesNouveauxMondes.org

samedi 11 février 2012

CHINE-INFLATION. Retour de l’inflation, au plus haut depuis trois mois

En janvier 2012, le taux d’inflation de la Chine a été de 4,5% contre 4,1% en décembre. Au-delà de cette différence de 0,3%, c’est la première fois en trois mois que la courbe de la hausse des prix remonte après une année 2011 très difficile en la matière.
Selon les chiffres officiels du Bureau national des statistiques, ce sont les prix à la consommation qui sont responsables de cette inversion de tendance.
Alexis Levé
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 10 février 2012

INDE-ECONOMIE-CROISSANCE. 2011-2012: le gouvernement indien prévoit pour la première fois une croissance inférieure à 7%

Alors que la plupart des experts estiment que la croissance de l’Inde se situera, pour l’année fiscale 2011-2012 qui se termine en mars, en-dessous de 7%, plus près de 6,5%, le gouvernement de New Dehli était resté, jusqu’à présent sur des prévisions au-dessus de 7%.
Mais, pour la première fois, il vient d’annoncer que le taux de croissance du pays pourrait n’être que de 6,9% au cours de cet exercice fiscal. Rappelons que la hausse du PIB en 2010-2011 avait été de 8,4% et que le premier ministre Manmohan Singh prévoyait que celle-ci allait progresser d’années en années et se rapprocher des fameux 10%, chiffre magique pour les Indiens (comme le 8% pour les Chinois) permettant à l’ensemble du pays, et non à quelques uns, de sortir du sous-développement.
C’est donc une douche froide qui vient évidemment de la crise mondiale mais aussi des déséquilibres de l’économie indienne qui ne parvient toujours pas à juguler son inflation, dont les finances publiques sont délabrées et qui a un fort besoin des IDE (Investissements directs étrangers) et des capitaux étrangers pour se développer, à la différence de la Chine jusqu’à présent.
Certains experts ne prévoient guère d’embellie pour l’année fiscale à venir. Ainsi, en 2012-2013, le taux de croissance pourrait demeurer en-dessous des 7%, ce qui est une mauvaise nouvelle pour l’Inde.
Louis-Jean de Hesselin
© 2012 LesNouveauxMondes.org

jeudi 9 février 2012

MONDIALISATION-CHINE-ENERGIE. La Chine toujours numéro un en matière d’énergie éolienne

Selon l’Association mondiale de l’énergie éolienne, la Chine est toujours le numéro un du secteur en 2011 avec une capacité de 62,7 gigawatts (gw), soit pas moins de 40% de plus que l’année précédente.
Elle devance, dans l’ordre, les Etats-Unis (49,7 gw, +17%), l’Allemagne (29 gw, +7%), l’Espagne (21,7 gw, +5%) et l’Inde (15,8 gw, +21%). La France se classe septième avec 6,6 gw (+17%).
Globalement, le nombre d’installations éoliennes dans le monde a augmenté de 21% représentent 238 gigawatts, soit 42 de plus qu’en 2010.
Nicolo Morfino
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mercredi 8 février 2012

CHINE-ECONOMIE. Le gouvernement chinois va enfin se préoccuper des PME

Cela fait longtemps que les économistes mettent en garde le gouvernement chinois. A force d’aider prioritairement les grandes entreprises publiques, dont beaucoup n’ont aucune viabilité si elles ne sont pas perfusées constamment avec des fonds venus de Pékin ou des autorités régionales (il faut dire qu’elles sont pourvoyeuses de nombreux emplois), le tissu indispensable pour pérenniser la croissance du pays, fait de petites et moyennes entreprises, voire de micro-entreprises, va dangereusement se désertifier.
Car beaucoup de ces structures ne reçoivent aucune aide et sont souvent confrontées à des tracasseries administratives et, plus grave, à une impossibilité de trouver les fonds nécessaires pour vivre et se développer. Là encore, les banques et autres institutions financières reçoivent des instructions afin d’ouvrir la vanne du crédit avant tout aux entreprises d’Etat.
Mais les choses vont peut-être (un peu) changer. En tout cas, un fonds de près de 2,4 milliards de dollars, destiné à «soutenir les petites entreprises confrontées à des difficultés de prêts bancaires et de coûts croissants» selon les dires du pouvoir politique, devrait voir le jour dans les mois qui viennent.
Cela devrait leur permettre, toujours selon Pékin, de régler les «problèmes croissants de hausse des coûts des matières premières et de la main-d'œuvre depuis le quatrième trimestre de 2010» mais aussi d’aider des entreprises exportatrices qui connaissent des difficultés liées au ralentissement de la croissance mondiale.
Alexis Levé
© 2012 LesNouveauxMondes.org

lundi 6 février 2012

BRESIL-TRANSPARENCE. Nouvelle démission d’un ministre corrompu

La corruption est un mal endémique au Brésil. Elle touche plus particulièrement le monde politique et celui des affaires. Pour de nombreux observateurs, il s’agit dorénavant du principal défi du pays, menaçant le climat économique.
Depuis un an, le gouvernement de Dilma Rousseff a perdu sept ministres pour faits de corruption, le dernier en date étant celui du travail. De façon étonnante, la popularité de la présidente n’en souffre pas.
Selon des calculs toujours approximatifs, la corruption coûterait près de 150 milliards de dollars à l’économie brésilienne, soit une part non-négligeable de son PIB.
Jean-Louis Pommery
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 3 février 2012

ETATS-UNIS-ECONOMIE. Le chômage une nouvelle fois en baisse en janvier 2012

Alors que les différents indicateurs ne permettaient pas de savoir si la bonne fin d’année 2011 pour l’activité économique américaine allait se poursuivre en ce début 2012, les chiffres du chômage aux Etats-Unis ont été une bonne surprise.
Selon les statistiques du département du Travail, ce ne sont pas moins de 243.000 nouveaux emplois qui ont été créés en janvier. Cet afflux permet au taux de chômage de baisser à 8,3% de la population active.
Alexis Levé
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mercredi 1 février 2012

MONDIALISATON-SOCIAL. 200 millions de chômeurs et 900 millions de travailleurs pauvres dans le monde

Selon les statistiques publiées par l’OIT (Organisation internationale du travail), il y aurait dans le monde deux cents millions de chômeurs (contre 197 millions début 2011) et neuf cents millions de travailleurs pauvres (sous la barre des 1,25 dollar de revenu par jour) fin 2011-début 2012. Sans oublier une estimation de vingt-neuf millions de personnes sans emploi mais qui n’ont plus la force ou la volonté de se déclarer chômeurs.
Et ces chiffres risquent d’augmenter avec la crise économique qui touche plus particulièrement les pays avancés d’Europe. Ainsi, si les difficultés économiques continuent, ce nombre pourrait être de 206 millions à la fin 2012.
Comme c’est le cas dans tous les secteurs, on note un décrochage entre les pays avancés où le chômage augmente et les pays émergents où la situation des travailleurs s’améliore selon un des auteurs du rapport de l’OIT, Ekkehard Ernst.
Nicolo Morfino
© 2012 LesNouveauxMondes.org