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samedi 23 mai 2020

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Le rêve chinois en passe de détrôner le rêve américain?


Au moment où l’épidémie de la covid19, comme un symbole, vient de Chine et frappe en intensité d’abord les Etats-Unis, on parle souvent de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, de la guerre économique ou financière, voire de la guerre tout court que les deux pays pourraient se livrer dans un avenir plus ou moins proche.
Mais on parle peu de la guerre des «rêves».
Or, ce combat pourrait s’avérer, si ce n’est plus important que les autres, en tout cas aussi crucial pour l’avenir des deux pays mais aussi pour l’Humanité entière.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, une remarque: il ne s’agit pas ici d’opposer deux hommes mégalomanes qui sont en train de détruire la liberté, Xi Jinping et Donald Trump.
Si le premier est le principal promoteur du rêve chinois, il n’en est pas le seul créateur, ni même, in fine, le dépositaire.
Quant au second, s’il est sans doute un bénéficiaire d’une des interprétations du rêve américain, ses faits et gestes ne traduisent en rien ce que ce concept représente ou devrait représenter.
L’opposition n’est pas, non plus, entre deux cultures, l’une qui serait «holistique», la chinoise, et l’autre qui serait «individualiste», l’américaine car, non seulement, cette distinction est largement fausse mais elle n’est pas le fondement entre les deux «rêves» comme ne l’est pas ce fantasme répétitif et lassant qui voudrait que les Chinois ne seraient pas fait pour la démocratie – les Hongkongais et les Taïwanais ont fait un sort définitif à cette stupidité – ou, cet autre, qui affirme que les Américains seraient les défenseurs intransigeants et absolus de la liberté.
Rappelons succinctement ce que sont ces deux rêves.
A tout seigneur, tout honneur, le fameux «rêve américain», terme inventé en 1931 par l’historien James Adams Truslow, dans son livre «L’épopée de l’Amérique» («The Epic of America»).
Ce rêve demeure le concept le plus emblématique de ce que recouvrent les Etats-Unis à la fois comme pays, comme nation et comme idéal.
Des premiers pèlerins qui accostèrent sur les côtes du Massachussetts au XVII° siècle aux illégaux sud-américains qui traversent quotidiennement la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis en passant par tous les Européens qui débarquèrent à Ellis Island, tous ceux qui ont décidé un jour de partir vers cette terre promise moderne le recherchaient.
Comme cela reste le cas de tous les Américains d’aujourd’hui, descendants des uns et des autres.
On peut le qualifier lapidairement par la formule «avoir une vie meilleure».
C’est à la fois concis et précis mais ne donne aucunement la dimension multiple qu’il a toujours eue.
On peut même affirmer que chacun des Américains, plus, chacun de nous, habitants de la planète, a son propre «rêve américain».
Ce qui fait qu’il est «américain» depuis plus de deux siècles, vient de cette croyance qu’il est possible de le réaliser aux Etats-Unis et pas ailleurs, ce pays où même la Constitution reconnaît à tout citoyen le droit à «la poursuite du bonheur».
Passons au rêve chinois créé à l’orée du XXI° siècle et qui, selon une définition donnée par l’agence de presse officielle du Parti communiste chinois Xinhua, est de faire de la Chine «une nation socialiste moderne, prospère, puissante, démocratique, culturellement avancée et harmonieuse».
Et Xinhua, pour expliquer tout l’intérêt stratégique de ce «rêve» cite Kim Jin Ho, un universitaire Sud-coréen, qui déclare qu’«une nation sans rêve ne pourra pas survivre dans la compétition entre toutes les nations de la Terre. Si la Chine veut faire la différence (...), elle se doit d'avoir un rêve et de le poursuivre sans relâche».
Ce qui est intéressant dans la définition de ce rêve, c’est qu’il est avant tout celui d’une entité, la «nation» qui retentira alors sur chaque Chinois ce qui s’oppose diamétralement au «rêve américain» qui est avant tout individuel et qui, collectivement, n’est que la somme des rêves de chaque individu, c’est-à-dire la réussite de sa vie, à la fois, spirituellement, intellectuellement et matériellement.
Un rêve vient donc d’en haut (le chinois) et l’autre d’en bas (l’américain) si l’on veut schématiser.
Plus profondément, c’est bien l’Etat chinois qui est le pourvoyeur du rêve alors que l’Etat américain n’en est que le facilitateur.
D’un côté, une vision holistique du rêve, de l’autre une recherche personnelle.
Bien entendu, pour que le «rêve américain» puisse se réaliser, il faut comme condition préalable, l’existence d’une démocratie libérale qui garantit la liberté à chacun.
En revanche, le «rêve chinois» n’a guère besoin de cette liberté, sa caractéristique première étant de créer une société «harmonieuse» par le socialisme scientifique, c’est-à-dire par une voie unique à laquelle chacun doit se plier.
Au-delà de cette différence fondamentale de l’essence même de ces deux rêves, il faut aussi savoir quel est celui qui est le plus capable de rendre heureux chaque individu ainsi que le peuple.
Même si la notion de «bonheur» est difficile à apprécier (chacun en a une définition propre et l’état de bonheur est très difficile à établir sur la durée), force est de reconnaître que les deux rêves ne le produisent pas forcément.
Aux Etats-Unis, il est de plus en plus difficile de s’élever socialement et beaucoup n’ont pas la possibilité de se réaliser grâce à leurs capacités.
L’ascenseur social est largement en panne depuis des décennies comme le montrent toutes les études sur le sujet.
En Chine, si une classe moyenne a émergé ces vingt dernières années, il y a eu aussi l’avènement d’une caste de super-riches qui, pour la plupart, ont réussi, non pas avant tout grâce à leurs talents, mais essentiellement par les prébendes et la corruption alors que la majorité de la population continue à vivre dans la pauvreté avec peu de chances de s’élever socialement.
Dans les deux pays, le rêve demeure donc plus une chimère qu’un but atteignable pour la majorité de la population.
Néanmoins, certains y parviennent aux Etats-Unis et en Chine grâce à leurs capacités et leurs talents.
Pour autant, les Américains qui réalisent leurs rêves le font libres et sans l’angoisse qu’un système coercitif remettent en cause leur réussite.
En revanche, en Chine, beaucoup de ceux qui s’en sortent le font en évitant de s’occuper de tâches qui fâchent et leurs réussites restent à la merci d’une décision arbitraire de l’administration et/ou du pouvoir politique.
C’est d’ailleurs pourquoi ceux qui réussissent le mieux – mais plus seulement – sont ceux qui, aujourd’hui, s’expatrient de plus en plus à l’étranger, en Europe, en Australie et ailleurs.
Et les plus riches d’entre eux ne rêvent que de s’installer aux Etats-Unis.
La réciproque, elle, n’est pas d’actualité: peu de milliardaires américains pensent s’établir en Chine.
Là, peut-être, est ce qui caractérise le mieux la différence entre les deux rêves…
Pourquoi donc le rêve chinois pourrait, dans un avenir proche, supplanter le rêve américain?
Tout simplement parce qu’il est issu d’un pays qui est en passe de devenir la première puissance économique et qui pourrait également devenir la plus grande puissance militaire.
Cette réussite qui ne devrait fondamentalement pas être remise en question avec la crise de la covid19 (il se peut même qu’elle le booste) est, pour beaucoup de pays ou d’individus, un modèle à copier.
Mais, dans sa volonté de dominer le monde, la Chine peut tenter de l’imposer, ou par la force (dans sa zone d’influence rapprochée), ou par le biais d’une emprise économique (avec une pression sur les Etats pour qu’ils s’inspirent du régime communiste de Pékin ou, tout simplement, qu’ils ne soient pas regardant sur son fonctionnement totalitaire).
En outre, dans un monde où les extrémismes et les populismes sont des alliés objectifs de la Chine contre la démocratie républicaine, il existe un terreau pour que le «modèle chinois» supplante le «modèle étasunien» dans les pays en développement mais aussi dans les pays avancés.
Dès lors, le rêve chinois qui est un véhicule à ce modèle deviendrait la référence du bonheur à atteindre face à un rêve américain ringardisé et de moins en moins séduisant.
Il suffit de constater l’admiration de certains pour l’«efficacité» du régime chinois et de sa prétendue capacité à instaurer l’«harmonie» – un des termes préférés de la propagande chinoise –  dans la société.
Deux mensonges qui sont pourtant largement répandus dans les populations en dehors de la Chine.
En réalité, le modèle chinois est un ennemi qu’il faut combattre sans relâche et le rêve chinois représente un danger mortel pour les démocraties.
On le voit actuellement avec la volonté des communistes de Pékin de vouloir profiter de la crise de la covid19 pour étendre leur sphère d’influence sans aucune dignité – ils sont bien responsables d’une gestion catastrophique qui a transformé une épidémie locale en pandémie mondiale – mais également pour éteindre les dernières lumières de la démocratie dans le pays, notamment à Hongkong où une reprise en main violente est en cours.
Sans même parler des velléités de faire enfin plier Taïwan.
Cependant, on se tromperait en n’y voyant qu’une simple opportunité.
Il ne s’agit que d’une accélération d’un agenda maintes fois répété, publié et poursuivi.
Comme le dit Xinhua ce «renouveau de la nation chinoise sera certainement réalisé lorsque la nouvelle Chine célèbrera son centenaire», c’est-à-dire le 1er octobre 2049.
La covid19 est sans doute en train de permettre d’écourter ce délai pendant que de l’autre côté du Pacifique s’éteint le phare de la liberté avec comme principal démolisseur, le vandale Donald Trump.
Les défenseurs du monde libre seraient bien inspirés d’entrer en résistance le plus vite possible avant qu’un régime totalitaire leur impose leurs songes, ce à quoi ils doivent rêver et non plus ce à quoi ils désiraient rêver.
C’est toute la différence entre un cauchemar et un rêve.

Alexandre Vatimbella

jeudi 7 mai 2020

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Un plan contre la dictature chinoise est plus que nécessaire


Ce n’est pas depuis l’épidémie de covid19 que je mets en garde contre les ambitions de la dictature chinoise et de son nouveau Mao – statut qu’il revendique ouvertement –, Xi Jinping.
Alors même que la Chine nous a transmis le virus meurtrier, celle-ci tente de capitaliser sur la crise sanitaire en rappelant que l’agenda du Parti communiste chinois (PCC) qui n’a rien de secret, est de faire du pays la première puissance mondiale en 2049 lors du centième anniversaire de la prise du pouvoir par… Mao!
L’impudeur avec laquelle Pékin agit actuellement ne peut se comprendre que par la volonté de profiter de cette crise qui touche particulièrement les Européens et les Américains pour accélérer cette transition historique qui ferait retrouver à la Chine cette première place, celle qu’elle n’aurait jamais du quitter depuis la fin du XIX° siècle et dont les principaux coupables sont… les Européens et les Américains!
Européens et Américains qui, ne l’oublions jamais, ont fait entrer consciemment le loup dans la bergerie en permettant à la Chine du début des années 1980, celle de l’autocrate Deng Xiaoping, de devenir d’abord l’usine du monde, puis le financier du monde et demain la première puissance économique et militaire.
Tout cela pour sauvegarder nos modèles économiques bancals…
Mais ce n’est pas parce que nous sommes coresponsables de la montée en puissance d’une Chine hostile à l’Occident (il suffit de lire la prose du  PCC pour voir avec quelle hargne mais aussi condescendance ses idéologues attaquent les valeurs humanistes et démocratiques qui lui sont rattachées) que nous devons baisser les bras et nous laisser marginaliser et dépouiller sans réagir.
Non seulement parce ce qu’il s’agit de notre développement économique, social et culturel mais également de ce que nous sommes en tant que civilisation et surtout en tant que phare, certes palissant mais toujours vivant, de la liberté dans le monde.
Au-delà de la grossièreté de la propagande chinoise qui ne convainc que ceux qui veulent l’être ou qui sont destinataires des chèques de la «coopération» et de l’«entraide amicale» de l’Empire du milieu qui est, entre autres, en train d’étrangler financièrement les pays africains tout en pillant leurs ressources et leurs terres arables, le PCC profite de la crise pour conquérir des marchés, contrôler des instances internationales et s’attaquer à la démocratie à Hongkong où se produit actuellement une reprise en main et des arrestations d’opposants.
C’est la raison pour laquelle nous devons nous unir, nous Européens, mais aussi, nous occidentaux, mais aussi, nous défenseurs de la liberté et des droits de l’humain, pour contrer les velléités hégémoniques du régime communiste chinois avant qu’il ne soit trop tard.
Il nous faut mettre en œuvre un plan qui nous redonne la capacité d’être maîtres de notre présent et de notre futur, notamment dans le domaine économique mais aussi géopolitique sans oublier la défense intransigeante de nos valeurs si nous ne voulons pas, dans un proche avenir, nous retrouver dans un monde Huxlo-Orwellien que j’ai décrit récemment.
Oui, nous, les Européens nous devons réagir en espérant être rejoints bientôt par les Américains quand ils se seront débarrassés de Donald Trump, voire des Russes quand ils auront été capables de tourner le dos au régime scélérat de Vladimir Poutine.
Parce que l’arrivée au pouvoir de ces deux populistes que je viens de citer ont été du  pain béni pour le régime communiste chinois.
Deux pantins – dont l’un saborde la puissance de son pays pendant que l’autre se gargarise d’une puissance que son pays ne possède plus depuis longtemps et n’a pas les moyens de récupérer – qui ont permis à l’agenda chinois de s’accélérer.
Parce qu’à Pékin, un mix entre la sagesse traditionnelle chinoise et la réalité d’un pouvoir dictatorial sans partage fait que le temps, loin d’être un ennemi, est le meilleur allié pour parvenir à ses fins comme l’ont rappelé à maintes reprises les autorités communistes.
Nous, occidentaux, nous croyions que nous avions aussi le temps de notre côté et que la menace n’était pas encore trop prégnante, que nous avions encore la possibilité de réagir.
La crise que nous vivons nous dit que c’était une grossière erreur.
A nous de ne pas la transformer en catastrophe sans retour.