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lundi 8 octobre 2018

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La démocratie peut-elle gagner son pari sur l’humain?

Des Allemands en transe lors des apparitions en public d’Hitler, des Russes effondrés par la mort de Staline, des Chinois brandissant jusqu’à l’épuisement le petit livre rouge de Mao, nous avons tous ces images historiques perturbantes en tête et qui font froid dans le dos.
Mais aujourd’hui quand on voit des Nord-Coréens faire les louanges de Kim Jon-Un, des Russes faire de même pour Vladimir Poutine et des Chinois extatiques à propos de Xi Jinping, un étrange malaise me prend.
Et quand on entend des Américains nombreux affirmer que Donald Trump est proche du peuple, qu’ils le recevraient chez eux pour passer une bonne soirée autour d’une bière et d’un petit plat préparé maison, on se dit que ce ne sont pas seulement les peuples des dictatures et des autocraties, parfois contraints par la force ou la menace, voire la peur, à l’extase de leur dirigeant suprême qui posent problème et que, même dans les démocraties rôde l’infâme.
Et ce ne sont que quelques exemples que l’on pourrait multiplier presque à l’infini.
Dans ces conditions, il n’est pas inutile de rappeler que les promoteurs de la démocratie faisaient, tous, un pari sur l’humain qui n’était nullement gagné d’avance mais reposait sur cet espoir que les peuples seraient exaltés à vivre dans la liberté et le progrès avec la possibilité de construire eux-mêmes leur avenir individuellement et collectivement.
Certains, enthousiastes, pensaient que la liberté susciterait un engouement sans limite qui montrerait aux peuples tout ce qu’ils n’avaient pas eu jusque là et tout ce qu’ils ne voudraient jamais revivre.
D’autres, plus mesurés, voulaient voir dans la démocratie un processus plus ou moins lent où, in fine, par l’élévation culturelle de ces peuples, ces derniers comprendraient que leur intérêt bien compris passait par un régime de liberté et de responsabilité.
Or l’Histoire ne semble pas aussi linéaire et déterminée, non seulement, que les enthousiastes le pensaient mais aussi que les mesurés le prédisaient.
Aujourd’hui, dans ce début du XXI° siècle qui aurait du être la victoire finale de la démocratie dans le monde et son approfondissement dans les pays qui l’avaient déjà mise en place, on ne peut être qu’inquiets et désabusés.
Ce pari est-il donc perdu et qu’est-ce que cela signifie?
A la première partie de cette question, on peut répondre «pas encore» même si cela paraitra trop optimiste à nombre d’observateurs qui voient les bêtes immonde de l’autocratie et de la dictature progresser sur la planète souvent avec la bénédiction des peuples alors que l’on espérait voir ces deux ordures pourrir définitivement dans les poubelles de l’Histoire avec, je l’avoue, un évident excès d’optimisme.
Souvent, elles avancent masquées comme dans cet odieux et fâcheux oxymore de la «démocratie illibérale» (sorte de pouvoir du peuple sans les droits de l’homme), que certains, plus lucides, appellent «démocrature» (de démocratie et dictature, dans cet ordre) et que je préfère nommer «dictacratie» (de dictature et démocratie, dans cet ordre, parce que si démocratie signifie «pouvoir du peuple» étymologiquement parlant, le terme est employé communément aujourd’hui pour définir un système qui garantit les droits de l’humain – terme préférable à celui des droits de l’homme – à chacun).
A la deuxième partie, la réponse est très compliquée, ce qui va réjouir les ennemis de la démocratie.
D’abord, il faut le constater, le pari n’a jamais été réellement gagné nulle part.
Dans aucun pays du monde nous ne vivons dans une démocratie républicaine libérale parfaite où seraient garantis la liberté, l’égalité et la fraternité ainsi que le respect et où chacun prendrait réellement ses responsabilités de citoyen et pourrait se réaliser dans ses capacités et ses compétences afin de construire une existence la plus heureuse possible.
Cependant, la foi dans le progrès des promoteurs de cette démocratie républicaine estimait que le temps ferait son œuvre positivement en ancrant les institutions démocratiques dans une république tout en élevant le niveau de conscience des peuples (par l’enseignement et l’information) qui seraient donc capables de comprendre leur intérêt de vivre dans une telle organisation de la société.
Or, on en est encore loin et, surtout, les sursauts de l’extrémisme, du populisme (alors que le nazisme et le fascisme n’ont été vaincu il y a moins de 80 ans et le communisme il y a moins de 30 ans…), du rejet de l’autre et une montée de l’autonomisation égocentrique, assistée, irresponsable, insatisfaite et irrespectueuse d’un individu adepte d’un libertario-hédonisme tend à être plutôt pessimiste sur l’avenir de la démocratie républicaine.
Sans oublier, évidemment, la structuration d’un communautarisme exclusif et excluant que pratiquent de plus en plus de groupes sociaux et culturels.
Comprenons-nous bien: tout cela ne remet pas en cause la légitimité de la démocratie républicaine libérale à être le meilleur système politique que l’on peut mettre en place dans les sociétés actuelles (et sans doute futures).
Non, cela remet en question la capacité des peuples à comprendre que leur intérêt (de chaque individu et de la collectivité tout entière) est de vivre dans ce système.
Et quand on parle d’intérêt, on parle d’intérêt sur le long terme et non de gains systématiquement immédiats qui permettent à tous les ennemis de la démocratie de séduire les peuples dès lors qu’une difficulté conjoncturelle apparait de retourner les peuples contre la démocratie avec des artifices indignes.
Pouvoir convaincre les peuples de cette réalité n’est guère chose facile et il semble que le défi est trop immense pour être gagné actuellement (rappelons à toutes fins utiles que lors du premier tour de l’élection présidentielle française de 2017, les candidats populistes et extrémistes charriant un discours anti-démocratique étaient majoritaires en voix).
De ce point de vue, Donald Trump n’est pas un accident de l’Histoire mais la résultante de cette incompréhension des peuples à comprendre leur intérêt sur le long terme.
En tant que pessimiste optimiste, je conclurai en disant que la fragilité inhérente à la démocratie et à ses valeurs, liberté, égalité, fraternité (ce qui en fait leur beauté), nécessité qu’elles soient constamment défendues mais aussi expliquées sans oublier d’être réellement pratiquées…
C’est à cette seule condition que l’on pourra espérer la sauver.
Je n’ai pas dit la sauver mais espérer la sauver et que, dans un millénaire, on ne parlera pas de la démocratie républicaine occidentale comme on parle de la démocratie athénienne, une parenthèse de l’Histoire.



mardi 7 août 2018

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Sans vraie concurrence par de vraie économie libérale

Les guerres commerciales qui se profilent à l’horizon et initiées par Donald Trump, nous rappellent que, nulle part, n’existe réellement une économie libérale (sauf dans la tête des ennemis du libéralisme qui s’évertuent à répandre leurs mensonges à ce propos).
Car une économie libérale, soutenue et promue par les centristes, suppose une réelle concurrence entre les acteurs économiques et l’interdiction pour l’un d’entre eux, dans quelque secteur que ce soit, d’avoir un monopole ou d’être dominant (quasi-monopole) ce qui lui permet de contrôler un marché et de dicter ses conditions et, in fine, au détriment du consommateur.
Aucun pays au monde n’a jamais été dans une économie libérale car, depuis toujours, les règles du marché juste et équitable ne sont appliquées ni aux Etats-Unis, ni en France, ni en Chine, ni ailleurs.
Seule l’Union européenne, avec le grand marché unique, tente de mettre sur pied une vraie économie libérale avec de nombreuses réticences de ses membres et une menace d’être le dindon de la farce face au protectionnisme de ses «partenaires» ainsi que leurs pratiques de dumping (faire en sorte que ses produits soient moins chers que ceux des concurrents étrangers grâce à de multiples techniques comme les subventions, les droits de douane, les réglementations pénalisantes, etc.).
Même si, au temps de sa splendeur et d’une mondialisation triomphante, l’OMC (Organisation mondiale du commerce) a réussi à libéraliser l’économie de la planète, ce fut petitement et pas toujours intelligemment.
Bien entendu, il y a des secteurs qui sont stratégiques et où un certain protectionnisme et/ou des réglementations strictes risquent d’être toujours nécessaire (agriculture, défense nationale, santé, etc.).
Quoi qu’il en soit, les guerres commerciales que nous risquons de (re)vivre ont deux causes.
D’abord ce nationalisme étriqué porté par les populistes démagogues et les extrémistes qui voient dans le commerce et l’échange des ennemis à combattre, croyant, à tort, que l’on peut s’en sortir seul (c’est vrai, l’Allemagne nazie l’a fait mais c’est parce qu’elle réarmait et ne pouvait continuer sa croissance que par la guerre et la Chine le fait mais en bafouant constamment les règles du commerce international et son type de développement ne peut que conduire à des conflits dans les années à venir).
Mais aussi, et il faut le dire alors même que l’on défend cette indispensable mondialisation (et son bras économique, la globalisation) parce que nombre d’acteurs internationaux ont refusé de jouer le jeu d’une saine et juste concurrence ces quarante dernières années (même si, auparavant, les mêmes comportements existaient déjà).
Ce fut d’abord le cas des grandes entreprises occidentales et japonaises (dont les multinationales mais pas seulement elles) qui, pour s’ouvrir de nouveaux marchés, faire baisser les coûts de production et proposer des prix plus bas (que demandaient sans cesse les consommateurs des pays riches), ont décidé de délocaliser leurs productions et ont demandé que les barrières douanières soient abolies en leur faveur.
Retour du bâton, elles ont permis à des pays de sortir de leur sous-développement et à leurs entreprises de les concurrencer et de gagner des marchés qui étaient jusque-là leur chasse gardée.
Car si l’Inde, le Vietnam, l’Indonésie, Taïwan et bien d’autres sont devenus des pays émergents, c’est grâce à l’avidité de ces grandes entreprises.
Et bien sûr, c’est le cas principalement de la Chine.
«Nous» avons donc fait la puissance actuelle de la Chine (qui serait peut-être redevenue une grande puissance mais beaucoup plus tard) et «nous» ne devons que nous en prendre à nous-mêmes.
Cependant, si, comme toute puissance émergente (ce fut le cas des Etats-Unis dans la deuxième moitié du XIX° siècle et au début du XX° siècle), la Chine s’est affranchie des règles du commerce mondial de toutes les façons possibles, il n’est évidemment plus possible depuis longtemps de tolérer ses agissements.
Or, nous avons vu qu’aucun pays, aucun groupe de pays (comme l’Union européenne), n’ont osé s’en prendre à la Chine de front.
Il y a bien sûr les déclarations incendiaires, les menaces, les réunions «au plus haut niveau» mais tout cela accouche de rien du tout car la Chine est devenue trop puissante et possède ce qu’il faut pour «punir» ceux qui voudraient la sanctionner pour ses pratiques inacceptables.
Rappelons-nous que le centriste Obama avait voulu rééquilibrer le commerce mondial et obliger la Chine à respecter les règles des échanges internationaux, sans grand succès.
Et voilà que Donald Trump fait ce que tous les dirigeants occidentaux rêvaient de faire depuis des années, punir la Chine avec des mesures contre ses pratiques commerciales.
Un comble!
Bien sûr, rien ne garantit le succès du président américain, certains prédisant même une forte récession américaine s’il persiste dans sa volonté de sanctionner les Chinois (encore qu’une récession pourrait malgré tout survenir sans cette guerre économique).
Surtout, ce que l’on peut reprocher au populiste démagogue étasunien, c’est d’avoir menacé tout le monde et d’avoir pris des mesures protectionnistes vis-à-vis de tous, dont ses partenaires européens, au risque de créer des tensions partout sans aucune capacité à les gérer.
Il aurait été beaucoup plus efficace que l’ensemble des pays occidentaux ainsi que d’autres puissances comme l’Inde, le Japon et même la Russie (qui est une des principales victimes des pratiques commerciales chinoises) s’unissent dans un front commun pour poser des règles d’un commerce mondiale plus équilibré et que celles-ci soient imposées à une Chine, c’est-à-dire, en réalité, au Parti communiste chinois, qui se croit intouchable mais qui a surtout peur que si la croissance fout le camp, le pacte social qu’elle a imposé à son peuple (dictature contre développement économique) implose, produisant une grogne, voire une révolte, qui détruise son pouvoir sans partage.
Ceux qui critiquent aujourd’hui les agissements de Trump en matière de protectionnisme ont raison quand ils parlent d’un nationalisme économique d’un autre âge lorsque des mesures iniques sont imposées à des partenaires qui jouent le jeu (que même les Etats-Unis ne jouent pas!).
En revanche, ils ont tort de faire un amalgame de tout car, tout autant que le pouvoir de Trump aux Etats-Unis, est une menace pour la démocratie républicaine, les agissements des Chinois en matière de commerce international sont inacceptables.




Les guerres commerciales qui se profilent à l’horizon et initiées par Donald Trump, nous rappellent que, nulle part, n’existe réellement une économie libérale (sauf dans la tête des ennemis du libéralisme qui s’évertuent à répandre leurs mensonges à ce propos).
Car une économie libérale, soutenue et promue par les centristes, suppose une réelle concurrence entre les acteurs économiques et l’interdiction pour l’un d’entre eux, dans quelque secteur que ce soit, d’avoir un monopole ou d’être dominant (quasi-monopole) ce qui lui permet de contrôler un marché et de dicter ses conditions et, in fine, au détriment du consommateur.
Aucun pays au monde n’a jamais été dans une économie libérale car, depuis toujours, les règles du marché juste et équitable ne sont appliquées ni aux Etats-Unis, ni en France, ni en Chine, ni ailleurs.
Seule l’Union européenne, avec le grand marché unique, tente de mettre sur pied une vraie économie libérale avec de nombreuses réticences de ses membres et une menace d’être le dindon de la farce face au protectionnisme de ses «partenaires» ainsi que leurs pratiques de dumping (faire en sorte que ses produits soient moins chers que ceux des concurrents étrangers grâce à de multiples techniques comme les subventions, les droits de douane, les réglementations pénalisantes, etc.).
Même si, au temps de sa splendeur et d’une mondialisation triomphante, l’OMC (Organisation mondiale du commerce) a réussi à libéraliser l’économie de la planète, ce fut petitement et pas toujours intelligemment.
Bien entendu, il y a des secteurs qui sont stratégiques et où un certain protectionnisme et/ou des réglementations strictes risquent d’être toujours nécessaire (agriculture, défense nationale, santé, etc.).
Quoi qu’il en soit, les guerres commerciales que nous risquons de (re)vivre ont deux causes.
D’abord ce nationalisme étriqué porté par les populistes démagogues et les extrémistes qui voient dans le commerce et l’échange des ennemis à combattre, croyant, à tort, que l’on peut s’en sortir seul (c’est vrai, l’Allemagne nazie l’a fait mais c’est parce qu’elle réarmait et ne pouvait continuer sa croissance que par la guerre et la Chine le fait mais en bafouant constamment les règles du commerce international et son type de développement ne peut que conduire à des conflits dans les années à venir).
Mais aussi, et il faut le dire alors même que l’on défend cette indispensable mondialisation (et son bras économique, la globalisation) parce que nombre d’acteurs internationaux ont refusé de jouer le jeu d’une saine et juste concurrence ces quarante dernières années (même si, auparavant, les mêmes comportements existaient déjà).
Ce fut d’abord le cas des grandes entreprises occidentales et japonaises (dont les multinationales mais pas seulement elles) qui, pour s’ouvrir de nouveaux marchés, faire baisser les coûts de production et proposer des prix plus bas (que demandaient sans cesse les consommateurs des pays riches), ont décidé de délocaliser leurs productions et ont demandé que les barrières douanières soient abolies en leur faveur.
Retour du bâton, elles ont permis à des pays de sortir de leur sous-développement et à leurs entreprises de les concurrencer et de gagner des marchés qui étaient jusque-là leur chasse gardée.
Car si l’Inde, le Vietnam, l’Indonésie, Taïwan et bien d’autres sont devenus des pays émergents, c’est grâce à l’avidité de ces grandes entreprises.
Et bien sûr, c’est le cas principalement de la Chine.
«Nous» avons donc fait la puissance actuelle de la Chine (qui serait peut-être redevenue une grande puissance mais beaucoup plus tard) et «nous» ne devons que nous en prendre à nous-mêmes.
Cependant, si, comme toute puissance émergente (ce fut le cas des Etats-Unis dans la deuxième moitié du XIX° siècle et au début du XX° siècle), la Chine s’est affranchie des règles du commerce mondial de toutes les façons possibles, il n’est évidemment plus possible depuis longtemps de tolérer ses agissements.
Or, nous avons vu qu’aucun pays, aucun groupe de pays (comme l’Union européenne), n’ont osé s’en prendre à la Chine de front.
Il y a bien sûr les déclarations incendiaires, les menaces, les réunions «au plus haut niveau» mais tout cela accouche de rien du tout car la Chine est devenue trop puissante et possède ce qu’il faut pour «punir» ceux qui voudraient la sanctionner pour ses pratiques inacceptables.
Rappelons-nous que le centriste Obama avait voulu rééquilibrer le commerce mondial et obliger la Chine à respecter les règles des échanges internationaux, sans grand succès.
Et voilà que Donald Trump fait ce que tous les dirigeants occidentaux rêvaient de faire depuis des années, punir la Chine avec des mesures contre ses pratiques commerciales.
Un comble!
Bien sûr, rien ne garantit le succès du président américain, certains prédisant même une forte récession américaine s’il persiste dans sa volonté de sanctionner les Chinois (encore qu’une récession pourrait malgré tout survenir sans cette guerre économique).
Surtout, ce que l’on peut reprocher au populiste démagogue étasunien, c’est d’avoir menacé tout le monde et d’avoir pris des mesures protectionnistes vis-à-vis de tous, dont ses partenaires européens, au risque de créer des tensions partout sans aucune capacité à les gérer.
Il aurait été beaucoup plus efficace que l’ensemble des pays occidentaux ainsi que d’autres puissances comme l’Inde, le Japon et même la Russie (qui est une des principales victimes des pratiques commerciales chinoises) s’unissent dans un front commun pour poser des règles d’un commerce mondiale plus équilibré et que celles-ci soient imposées à une Chine, c’est-à-dire, en réalité, au Parti communiste chinois, qui se croit intouchable mais qui a surtout peur que si la croissance fout le camp, le pacte social qu’elle a imposé à son peuple (dictature contre développement économique) implose, produisant une grogne, voire une révolte, qui détruise son pouvoir sans partage.
Ceux qui critiquent aujourd’hui les agissements de Trump en matière de protectionnisme ont raison quand ils parlent d’un nationalisme économique d’un autre âge lorsque des mesures iniques sont imposées à des partenaires qui jouent le jeu (que même les Etats-Unis ne jouent pas!).
En revanche, ils ont tort de faire un amalgame de tout car, tout autant que le pouvoir de Trump aux Etats-Unis, est une menace pour la démocratie républicaine, les agissements des Chinois en matière de commerce international sont inacceptables.




lundi 16 juillet 2018

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Trump-Poutine, la rencontre des deux ennemis de l’Europe

Il fut un temps où les Etats-Unis furent, non seulement, un allié sans réserve de l’Union européenne mais, surtout, un de leur plus fort soutiens et, encore plus, le pays qui milita le plus pour sa création, certains de ses adversaires affirmant même que l’union est une créature des Américains.
Si l’on ne peut préjuger de la politique future étasunienne et du réel sentiment du peuple américain, force est de constater qu’à la tête de la première puissance du monde et du premier allié – jusqu’à présent – de l’Union européenne, se trouve un personnage qui hait celle-ci mais aussi les Européens avec constance et application.
Ses diatribes contre l’Allemagne, ses insultes vis-à-vis de sa dirigeante Angela Merkel et contre la première ministre britannique, Theresa May, son soutien à tous les populistes de l’UE qui veulent remettre en cause son existence, son «conseil» à Emmanuel Macron de la quitter (en lui faisant miroiter un accord commercial entre la France et les Etats-Unis), sans oublier la guerre commerciale qu’il vient de lancer avant tout contre les produits européens font patrie d’une longue liste d’attaques contre l’Europe unie que l’on ne saurait épuiser en un éditorial.
Un comportement qui est une aubaine pour le deuxième ennemi de l’UE: Vladimir Poutine.
L’autocrate, en l’espèce, ne fait que suivre la traditionnelle politique étrangère de la Russie depuis des siècles et qui n’a jamais accepté que les Européens récemment s’unissent, elle qui a des visées hégémoniques sur le continent qu’elle considère, depuis la guerre froide, à l’instar du continent américain pour les Etats-Unis, depuis la doctrine Monroe, comme sa zone d’influence «naturelle» et, surtout, un territoire à contrôler pour sa sécurité.
On pourrait faire une liste encore plus longue des agressions de Poutine contre l’Union européenne (et ses alliés) avec, entre autres, l’envahissement de l’Ukraine et l’annexion de la Crimée sans oublier toutes les cyber-attaques contre ses institutions et ses élections démocratiques.
La nouveauté, c’est bien entendu, que la détestation de l’Union européenne réalise désormais une alliance objective entre les Etats-Unis et la Russie (soi-disant les deux grands ennemis de la planète…), une nouvelle donne pour les Européens.
Ecrire cela est bizarre, voire surréaliste, mais bien réel.
Même si la présidence de Trump, il faut l’espérer, ne sera qu’un épiphénomène à jeter dans les poubelles de l’Histoire, cette alliance objective est un sérieux avertissement pour ces Européens.
Ainsi, du jour au lendemain, ils peuvent être confrontés à l’hostilité de deux grandes puissances militaires qui s’unissent pour les diviser et détruire leur union, ce qui montre, par ailleurs,, que cette dernière, loin d’être un mirage de puissance, est bien une entité internationale qui compte malgré toutes les lézardes qui menacent sont existence.
Cela devrait, au moment où Trump et Poutine se rencontrent aujourd’hui à Helsinki (pays membre de l’Union européenne…), provoquer une réaction des Européens et une relance forte de l’Union avec tous ceux qui veulent avancer vers une plus grande intégration qui, ne l’oublions jamais, n’est pas une lubie de quelques rêveurs, mais une obligation si l’Europe veut encore avoir son mot à dire sur le monde et, surtout, sur son propre avenir qui ne peut se décider à Washington, Beijing ou Moscou.
Les Européens sont au pied du mur.
Certes, il est haut, mais pas infranchissable comme l’ont répété tous les leaders centristes qui ont participé à la construction d’une des plus grandes aventures de rapprochement de peuples qui, hier, s’entretuaient.



vendredi 29 juin 2018

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Oui, le nationalisme et le populisme sont des lèpres politiques

Pour ceux qui me font l’honneur de me lire et savent que je porte la parole d’un humaniste et responsable, basé sur des valeurs et des principes forts ainsi que la défense intransigeante de la démocratie républicaine, ceux-là savent également que j’ai souvent parlé des défis de cette même démocratie républicaine face aux dangers des extrémismes, des populismes, des régimes autoritaires et dictatoriaux, des terrorismes.
Et ils savent que j’ai souvent rappelé l’Histoire et les événements dramatiques d’un passé pas si lointain et criminels, événements qui peuvent toujours revenir.
Et ils n’oublient pas que j’ai, à chaque fois, demandé que l’on se dresse contre ces menaces et ceux qui les portent.
Ceux-là ne seront donc aucunement étonnés que je souscrive aux soi-disant propos polémiques d’Emmanuel Macron lors de son discours de Quimper le 21 juin alors même que je tenais les mêmes avant qu’il ne soit en politique.
Non plus que je salue une nouvelle fois cette volonté pro-européenne tant l’union entre tous les peuples d’Europe dans une fédération est la seule voie d’un vrai salut dans ce XXI° siècle de toutes les espérances, de tous les défis mais aussi de tous les dangers.
Et oui, Emmanuel Macron a raison de dénoncer le nationalisme et l’extrémisme comme de «lèpres», comme l’avait si justement fait François Mitterrand en son temps, lui qui épousa la cause de l’Europe pour éviter ce qu’il avait vécu directement dans les années 1930 et 1940.
Et oui, il a raison de fustiger les «provocateurs», comme le ministre de l’Intérieur italien et fasciste assumé, monsieur Salvini, et leur «bêtise».
Et oui, il a raison de dire qu’il ne faut pas oublier le «quotidien» face aux grands sentiments, qu’il faut garder les bras ouverts tout en n’oubliant surtout pas qu’il faut avant tout s’occuper de ceux qui sont là, les habitants de la France, qui attendent que l’on construise un meilleur vivre ensemble face à leurs difficultés quotidiennes.
Ces propos dits avec force et avec «indignation» sont non seulement justes mais indispensables quand on voit les Kaczynski, les Orban, les Salvini, les Zeman, les Strache, les Trump, non pas exister mais, tous, gouverner nos démocraties républicaines, ouvrant la possibilité de l’abîme vertigineux que nous avions cru, à tort, boucher le puits sans fond définitivement.
Sans oublier que d’autres comme les Le Pen, les Meuthen et quelques autres frappent à la porte du pouvoir.
Et comment ne pas souscrire à la conclusion de son discours de Quimper (dont je reproduis ci-dessous les passages qui ont fait débat et que je ne peux que soutenir):
«Nous aurons des indignations et elles seront justes, nous aurons des combats et nous les porterons. Et nous aurons à résister, parfois à l’émotion, d’autres fois aux discours de haine parce qu’il fut tenir un cap.»
Oui, nous devons être en première ligne, nous les humanistes, afin d’empêcher, en ces «temps troublés» le retour de l’inacceptable et l’insupportable en portant cette révolte si chère à Albert Camus.
Au nom de mon grand-père blessé dans les tranchées de la Marne, au nom de mon père combattant à El Alamein et au nom de mon oncle tué aux commandes de son Spitfire.


vendredi 15 juin 2018

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Le nouveau désordre américain

Quand le centriste Macron veut être «disruptif», le populiste extrémiste Trump veut détruire ce qu’il appelle dans ses fantasmes le «deep state» mais aussi tout l’ordre intérieur et international pour des visées idéologiques précises et un narcissisme maladif.
En faisant cela, en particulier, dans les relations internationales, il introduit un désordre qui ne peut que réjouir les ennemis de son pays et désespérer ses alliés.
Ses deux dernières frasques le prouvent dramatiquement ainsi que son incompétence à gouverner la première puissance mondiale.
Ses attaques contre ses alliés qui seront les principales victimes de ses gesticulations en matière de commerce international puis les insultes envers deux des principaux amis des Etats-Unis, la France et le Canada, montrent à l’évidence sa méconnaissance totale de la gestion des alliances et des rapports avec le camp occidental qui est, rappelons-lui, indispensable aux Américains.
Sa rencontre avec le dictateur Nord-coréen Kim, principal gagnant de leur poignée de main, ami du russe Poutine (qu’il veut réintégrer dans le G8) et du chinois Xi (parrain de Kim qui est l’autre gagnant de cette rencontre), qui fut aidé dans sa course à l’atome militaire par les Iraniens et les Syriens, démontrent, au-delà d’un affichage indécent et d’un accord qui se révélera vide de tout contenu réel, qu’il joue contre son camp et, surtout, contre son propre pays.
Mais même s’il obtenait un résultat, celui serait quasiment équivalent à l’accord qu’Obama avait réussi à réaliser avec les Iraniens et que Trump a déchiré alors même que s’entendre avec ces derniers est beaucoup plus important géo-stratégiquement pour les Etats-Unis, aujourd’hui, demain et après-demain qu’avec le boucher de Pyongyang…
On pourrait ajouter dans ce nouveau désordre qui se retournera contre ses concitoyens, la sortie de l’accord de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique.
Face à cette situation, il est urgent que les pays démocratiques, sans les Etats-Unis de Trump qui se sont mis eux-mêmes hors-jeu, adoptent une stratégie et une position communes au niveau international.
Si le populiste démagogue américain (re)trouve une certaine lucidité, il sera bien sûr accueilli avec joie par les autres démocraties.
Sinon, il faudra attendre son successeur.
Mais il semble évident que le monde ne peut vivre longtemps dans ce nouveau désordre étasunien sans risquer de s’y perdre et de s’y détruire.
Les Américains adorent le mot «hubris» qui désigne le comportement de celui qui se croit tout puissant et au-dessus de tous les autres dans la justesse de ses idées et de sa politique ce qui l’amène à agir de manière inconséquente et irresponsable, provoquant son échec, sa chute et des dommages importants pour lui et ses relations s’il n’est pas stoppé à temps.
Aujourd’hui, Trump est l’exemple-type de l’hubris et de l’abîme dans lequel il pourrait plonger la planète.
Il ne suffit plus de tirer le signal d’alarme et de montrer le précipice, comme nous le faisons depuis sa prise de pouvoir en janvier 2017.
Le laisser faire serait de la non-assistance à monde en danger dont nous serions tous responsables parce que nous ne pourrions pas dire, «nous ne savions pas».


mardi 12 juin 2018

Mondialisation - Trump est un malade mental ou, s’il le fait exprès, c’est encore pire!

Faisons le bilan de la politique étrangère américaine (la politique intérieure est du même acabit…).
Les Etats-Unis ont seulement deux voisins avec lesquels ils partagent des frontières: le Mexique et le Canada dont le dernier est un de ses plus grands alliés.
Donald Trump a réussi à se fâcher avec les deux en insultant les deux nations et leurs dirigeants.
Les alliés historiques des Etats-Unis sont la France, le Royaume Uni et, plus récemment, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et tous les pays qui sont dans l’Union européenne.
Donald Trump a réussi à se fâcher avec tous ces pays à l’exception de la Pologne et de la Hongrie qui ont deux gouvernements extrémistes de droite, populistes et démagogues.
Les ennemis contemporains des Etats-Unis sont la Russie, la Corée du Nord, la Chine et l’Iran.
Donald Trump courtise sans cesse le leader russe Poutine (il vient même de demander la réintégration de la Russie dans le G7 pour qu’il redevienne le G8 alors que le pays en a été exclu depuis qu’il a annexé illégalement la Crimée), offre au dictateur coréen Kim ce qu’il a toujours voulu, une reconnaissance internationale et un dialogue bilatéral avec les Etats-Unis tout en restant une des dictatures les plus violentes de la planète et sans avoir vraiment fait de concession réelle (il peut reprendre son programme nucléaire quand il le voudra), offrant de surcroît une victoire diplomatique à la Chine communiste (et qui est le principal danger pour l’économie et le commerce étatsunien) qui a toujours milité pour que les Américains traitent directement avec la Corée du Nord.
Quant à l’Iran, il a réussi à casser un accord qui prévoyait un contrôle des activités nucléaires du pays afin que ses dirigeants ne puissent se doter de la bombe atomique, créant une instabilité des plus dramatiques.
Mais pourquoi?
Il y a bien sûr l’explication que monsieur Trump est un sombre crétin, ne connaissant rien au monde qui l’entoure et qui, en tant que fils-à-papa égocentrique narcissique et d’une suffisance sans borne, ne sait pas ce qu’il fait ou, en tout cas, est en train de créer sans s’en rendre compte, un monde qui pourrait imploser.
Mais il y a une autre explication, tout aussi valable et qui fait encore plus froid dans le dos: monsieur Trump serait un adepte de la stratégie du chaos et tout cela serait fait exprès.
Cette théorie du chaos, soutenue par nombre des personnages sulfureux et peu démocrates qui l’entourent ou l’ont entouré, veut sciemment «foutre le bordel» partout et tout le temps, afin, d’une part, de détruire l’Etat (et ce fameux fantasme trumpien d’un «deep state», un Etat profond qui, dans l’ombre, gouvernerait les Etats-Unis et le monde et dont on attend toujours qu’il nous fournisse le début du début d’une preuve de son existence) et tout ce qui empêche les plus forts (individuellement et collectivement) d’imposer leur propre loi, c’est-à-dire celle du chacun pour soi où, dans un darwinisme social des plus épouvantables, l’intérêt des plus riches seraient, non seulement, préservé mais développé.
C’est comme cela qu’il faudrait comprendre son action.
Que ce soit chez lui avec les dérégulations à tout va, les nominations d’incompétents ou de personnes chargées de détruire toute l’œuvre accomplie par ses prédécesseurs (et pas seulement Obama) et la volonté de bloquer sciemment toute action publique par l’enrayement de la machine administrative ou que ce soit à l’étranger avec les bonnes relations avec les autoritaires et les dictateurs (Kim, Poutine, Duterte, Xi), les fâcheries avec tous les alliés des Etats-Unis (sauf Israël), le renoncement à tous les accords internationaux signés, il est en train de détruire le régime de la démocratie républicaine dans son pays et de provoquer des tensions incroyablement dangereuses sur la scène internationale.
Cependant, que ce soit la première ou la deuxième explication voire un mix des deux (ce qui est sans doute là où l’on est le plus proche de la réalité de son agir), son comportement nous mène tout droit vers une redoutable catastrophe.
Face à cela, le monde civilisé, le monde démocratique, le monde de la loi, le monde de la coopération, tous ces mondes qui n’en font qu’un, celui de la démocratie républicaine, doit mener la bataille, sans faiblir, sans fléchir, sans compromission.
Et au premier rang doivent se trouver les centristes comme nous l’ont montré Emmanuel Macron et Justin Trudeau ces derniers jours.

samedi 2 juin 2018

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Le monde bascule lentement mais sûrement de l’autre côté du miroir


Cela fait longtemps maintenant que, comme centriste, mondialiste, européen, démocrate, républicain, pacifiste et humaniste, je vois avec effroi et que je dis sans relâche que le monde va de plus en plus mal, qu’il retourne lentement vers ses démons d’un passé pas si lointain pour ses derniers soubresauts qui semblent être des crises qui se déroulent trop souvent ou, pire, qui sont la «normalité», ce qui serait «extra ordinaire» (avec un espace entre les deux termes) serait la période que nous avons vécu, en Europe de l’Ouest et plus généralement en Occident de la fin de la Deuxième guerre mondiale au début du deuxième millénaire, la démocratie républicaine dans la paix et la prospérité.
Emmanuel Macron a fort justement parlé d’une histoire de l’Humanité tragique (parlant d’un «retour» de ce tragique dont l’absence n’avait sans doute pas était remarqué par quelques milliards d’habitants de la planète…).
Il a également dit son inquiétude devant les similitudes de plus en plus nombreuses (mais qui ne datent malheureusement pas d’hier) entre ce qui se passe aujourd’hui et les années 1930 (il aurait pu aussi inclure les années 1920), celles qui virent le monde basculer vers l’horreur et l’ignominie de la guerre et du génocide.
On peut, bien sûr, se boucher les oreilles et fermer les yeux mais resteront les odeurs sulfureuses et nauséabondes qui commencent à imprégner nos sociétés avec l’explosion populiste et la présence de plus en plus nombreuse de l’extrême-droite dans les gouvernements de l’Union européenne (Hongrie, Pologne, Autriche et maintenant Italie) alors qu’elle frappe avec de plus en plus d’insistance dans d’autres comme la France et en attendant que l’extrême-gauche se fasse aussi sa place.
Pendant ce temps, un démagogue extrémiste irresponsable menteur et escroc gouverne la première puissance mondiale, pays jusqu’ici leader de la démocratie républicaine sans, qu’au bout de près d’un an et demi de pouvoir, cela suscite autre chose que  des réactions d’indignation.
Et sa guerre commerciale désormais ouvertement déclarée (contre ses propres alliés!) ainsi que ses incohérences dans toutes ses décisions risquent de plonger le monde dans un chaos particulièrement redoutable.
Beaucoup de personnages malfaisants de l’Histoire doivent avoir le sourire aux lèvres dans leurs tombes.
Un des problèmes les plus inquiétants est que, dans la plupart des pays, ces régimes ou ces partis et leurs dirigeants ont été élus et choisis par les peuples.
Aux Etats-Unis (même si le système électoral complètement archaïque et dépassé porte une grande responsabilité), bien sûr, en Italie, désormais, après la Hongrie, les Philippines et la Turquie mais aussi en Russie voire en Chine, même si dans ce dernier pays, il est plus difficile de connaitre l’état de l’opinion publique, comme dans toutes les dictatures qui ont essaimé aux quatre coins de la planète et dont il serait fastidieux de faire la liste.
Oui, la démocratie républicaine, attaquée de l’extérieur par le plus exécrable terrorisme, celui qui ne s’en prend qu’aux innocents et qui tuent tout ce qui lui tombe sous la main au nom d’idéologies de la mort et de la destruction, est aussi de plus en plus minée de l’intérieur, ses ennemis se servant de ses principes, de ses valeurs et de son organisation politique pour la détruire.
Rappelons nous Hitler qui est venu au pouvoir grâce aux urnes et que Mussolini a été appelé légalement à former un gouvernement et tout ceci dans ces années 1920-1930 qui inquiètent tant le Président de la république française et qui virent, dans le même temps, la montée du pouvoir (et des crimes) de Staline en Union soviétique ainsi que la prise de pouvoir par Franco en Espagne (grâce à Hitler) ainsi que l’établissement de nombre de régimes autoritaires et dictatoriaux un peu partout comme en Hongrie, par exemple.
Plus près de nous, le fameux «Printemps arabe» qui s’est terminé en eau de boudin dans le chaos, la confusion et la violence, avait voulu apporter la démocratie.
Mais là où les peuples purent voter, ils choisirent pratiquement toujours des formations politiques dont le seul but était de supprimer les bourgeons pas encore en fleur de la liberté.
La populace a toujours été dangereuse pour la démocratie lorsqu’elle s’étend et se confond de plus en plus avec le peuple.
Mais je rappellerai que cette populace, même quand elle devient le peuple, n’a pas droit de toucher à la démocratie républicaine.
Car si celle-ci est, comme le disait Abraham Lincoln, le gouvernement du peuple, par le peuple pour le peuple, c’est aussi le régime politique qui garantit, non seulement, la liberté à chacun mais aussi les droits des minorités politiques.
Concrètement, nous pourrions être unanimes sauf un pour supprimer la démocratie, c’est ce «un» qui doit l’emporter parce que nous devons lui garantir sa liberté, son égalité et son individualité ontologique.
Et même si nous étions tous unanimes, ce sont les droits de ceux à naître que nous devrions respecter.
Oui, la démocratie républicaine n’est pas un choix, c’est un devoir.
Tout cela est une question de respect, de respect de l’autre, de tous les autres, vertu dont je ne cesse de parler et que l’on ne cesse de bafouer partout et tout le temps.
Le respect qui est à la base d’une société humaniste.
Alors oui, il faut, non pas se préparer, mais continuer le combat de cette liberté (qui doit être menée avec celui de l’égalité mais aussi de la fraternité, c'est-à-dire pour une société plus juste et plus solidaire) qui est attaquée, bafouée et en danger un peu partout, tant par les menaces venues de l’extérieur que celles qui naissent à l’intérieur même de nos sociétés.
Et se dire que ce combat est sans fin parce que nous devons garantir des valeurs et des principes qui, s’ils sont les plus beaux sont aussi les plus fragiles.
Mais c’est l’honneur de l’humain de se battre pour des causes comme celle-ci qui le dépasse, son honneur mais aussi sa responsabilité, un terme qui, au regard de tout ce que je viens de dire sur l’état du monde, semble de plus en plus absent.
Cette bataille, elle ne doit pas se faire dans la faiblesse et le renoncement, seulement dans le cadre des valeurs de la démocratie républicaine.
Et elle doit être menée avant qu’il ne soit trop tard.