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vendredi 15 juin 2018

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Le nouveau désordre américain

Quand le centriste Macron veut être «disruptif», le populiste extrémiste Trump veut détruire ce qu’il appelle dans ses fantasmes le «deep state» mais aussi tout l’ordre intérieur et international pour des visées idéologiques précises et un narcissisme maladif.
En faisant cela, en particulier, dans les relations internationales, il introduit un désordre qui ne peut que réjouir les ennemis de son pays et désespérer ses alliés.
Ses deux dernières frasques le prouvent dramatiquement ainsi que son incompétence à gouverner la première puissance mondiale.
Ses attaques contre ses alliés qui seront les principales victimes de ses gesticulations en matière de commerce international puis les insultes envers deux des principaux amis des Etats-Unis, la France et le Canada, montrent à l’évidence sa méconnaissance totale de la gestion des alliances et des rapports avec le camp occidental qui est, rappelons-lui, indispensable aux Américains.
Sa rencontre avec le dictateur Nord-coréen Kim, principal gagnant de leur poignée de main, ami du russe Poutine (qu’il veut réintégrer dans le G8) et du chinois Xi (parrain de Kim qui est l’autre gagnant de cette rencontre), qui fut aidé dans sa course à l’atome militaire par les Iraniens et les Syriens, démontrent, au-delà d’un affichage indécent et d’un accord qui se révélera vide de tout contenu réel, qu’il joue contre son camp et, surtout, contre son propre pays.
Mais même s’il obtenait un résultat, celui serait quasiment équivalent à l’accord qu’Obama avait réussi à réaliser avec les Iraniens et que Trump a déchiré alors même que s’entendre avec ces derniers est beaucoup plus important géo-stratégiquement pour les Etats-Unis, aujourd’hui, demain et après-demain qu’avec le boucher de Pyongyang…
On pourrait ajouter dans ce nouveau désordre qui se retournera contre ses concitoyens, la sortie de l’accord de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique.
Face à cette situation, il est urgent que les pays démocratiques, sans les Etats-Unis de Trump qui se sont mis eux-mêmes hors-jeu, adoptent une stratégie et une position communes au niveau international.
Si le populiste démagogue américain (re)trouve une certaine lucidité, il sera bien sûr accueilli avec joie par les autres démocraties.
Sinon, il faudra attendre son successeur.
Mais il semble évident que le monde ne peut vivre longtemps dans ce nouveau désordre étasunien sans risquer de s’y perdre et de s’y détruire.
Les Américains adorent le mot «hubris» qui désigne le comportement de celui qui se croit tout puissant et au-dessus de tous les autres dans la justesse de ses idées et de sa politique ce qui l’amène à agir de manière inconséquente et irresponsable, provoquant son échec, sa chute et des dommages importants pour lui et ses relations s’il n’est pas stoppé à temps.
Aujourd’hui, Trump est l’exemple-type de l’hubris et de l’abîme dans lequel il pourrait plonger la planète.
Il ne suffit plus de tirer le signal d’alarme et de montrer le précipice, comme nous le faisons depuis sa prise de pouvoir en janvier 2017.
Le laisser faire serait de la non-assistance à monde en danger dont nous serions tous responsables parce que nous ne pourrions pas dire, «nous ne savions pas».


mardi 12 juin 2018

Mondialisation - Trump est un malade mental ou, s’il le fait exprès, c’est encore pire!

Faisons le bilan de la politique étrangère américaine (la politique intérieure est du même acabit…).
Les Etats-Unis ont seulement deux voisins avec lesquels ils partagent des frontières: le Mexique et le Canada dont le dernier est un de ses plus grands alliés.
Donald Trump a réussi à se fâcher avec les deux en insultant les deux nations et leurs dirigeants.
Les alliés historiques des Etats-Unis sont la France, le Royaume Uni et, plus récemment, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et tous les pays qui sont dans l’Union européenne.
Donald Trump a réussi à se fâcher avec tous ces pays à l’exception de la Pologne et de la Hongrie qui ont deux gouvernements extrémistes de droite, populistes et démagogues.
Les ennemis contemporains des Etats-Unis sont la Russie, la Corée du Nord, la Chine et l’Iran.
Donald Trump courtise sans cesse le leader russe Poutine (il vient même de demander la réintégration de la Russie dans le G7 pour qu’il redevienne le G8 alors que le pays en a été exclu depuis qu’il a annexé illégalement la Crimée), offre au dictateur coréen Kim ce qu’il a toujours voulu, une reconnaissance internationale et un dialogue bilatéral avec les Etats-Unis tout en restant une des dictatures les plus violentes de la planète et sans avoir vraiment fait de concession réelle (il peut reprendre son programme nucléaire quand il le voudra), offrant de surcroît une victoire diplomatique à la Chine communiste (et qui est le principal danger pour l’économie et le commerce étatsunien) qui a toujours milité pour que les Américains traitent directement avec la Corée du Nord.
Quant à l’Iran, il a réussi à casser un accord qui prévoyait un contrôle des activités nucléaires du pays afin que ses dirigeants ne puissent se doter de la bombe atomique, créant une instabilité des plus dramatiques.
Mais pourquoi?
Il y a bien sûr l’explication que monsieur Trump est un sombre crétin, ne connaissant rien au monde qui l’entoure et qui, en tant que fils-à-papa égocentrique narcissique et d’une suffisance sans borne, ne sait pas ce qu’il fait ou, en tout cas, est en train de créer sans s’en rendre compte, un monde qui pourrait imploser.
Mais il y a une autre explication, tout aussi valable et qui fait encore plus froid dans le dos: monsieur Trump serait un adepte de la stratégie du chaos et tout cela serait fait exprès.
Cette théorie du chaos, soutenue par nombre des personnages sulfureux et peu démocrates qui l’entourent ou l’ont entouré, veut sciemment «foutre le bordel» partout et tout le temps, afin, d’une part, de détruire l’Etat (et ce fameux fantasme trumpien d’un «deep state», un Etat profond qui, dans l’ombre, gouvernerait les Etats-Unis et le monde et dont on attend toujours qu’il nous fournisse le début du début d’une preuve de son existence) et tout ce qui empêche les plus forts (individuellement et collectivement) d’imposer leur propre loi, c’est-à-dire celle du chacun pour soi où, dans un darwinisme social des plus épouvantables, l’intérêt des plus riches seraient, non seulement, préservé mais développé.
C’est comme cela qu’il faudrait comprendre son action.
Que ce soit chez lui avec les dérégulations à tout va, les nominations d’incompétents ou de personnes chargées de détruire toute l’œuvre accomplie par ses prédécesseurs (et pas seulement Obama) et la volonté de bloquer sciemment toute action publique par l’enrayement de la machine administrative ou que ce soit à l’étranger avec les bonnes relations avec les autoritaires et les dictateurs (Kim, Poutine, Duterte, Xi), les fâcheries avec tous les alliés des Etats-Unis (sauf Israël), le renoncement à tous les accords internationaux signés, il est en train de détruire le régime de la démocratie républicaine dans son pays et de provoquer des tensions incroyablement dangereuses sur la scène internationale.
Cependant, que ce soit la première ou la deuxième explication voire un mix des deux (ce qui est sans doute là où l’on est le plus proche de la réalité de son agir), son comportement nous mène tout droit vers une redoutable catastrophe.
Face à cela, le monde civilisé, le monde démocratique, le monde de la loi, le monde de la coopération, tous ces mondes qui n’en font qu’un, celui de la démocratie républicaine, doit mener la bataille, sans faiblir, sans fléchir, sans compromission.
Et au premier rang doivent se trouver les centristes comme nous l’ont montré Emmanuel Macron et Justin Trudeau ces derniers jours.

samedi 2 juin 2018

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Le monde bascule lentement mais sûrement de l’autre côté du miroir


Cela fait longtemps maintenant que, comme centriste, mondialiste, européen, démocrate, républicain, pacifiste et humaniste, je vois avec effroi et que je dis sans relâche que le monde va de plus en plus mal, qu’il retourne lentement vers ses démons d’un passé pas si lointain pour ses derniers soubresauts qui semblent être des crises qui se déroulent trop souvent ou, pire, qui sont la «normalité», ce qui serait «extra ordinaire» (avec un espace entre les deux termes) serait la période que nous avons vécu, en Europe de l’Ouest et plus généralement en Occident de la fin de la Deuxième guerre mondiale au début du deuxième millénaire, la démocratie républicaine dans la paix et la prospérité.
Emmanuel Macron a fort justement parlé d’une histoire de l’Humanité tragique (parlant d’un «retour» de ce tragique dont l’absence n’avait sans doute pas était remarqué par quelques milliards d’habitants de la planète…).
Il a également dit son inquiétude devant les similitudes de plus en plus nombreuses (mais qui ne datent malheureusement pas d’hier) entre ce qui se passe aujourd’hui et les années 1930 (il aurait pu aussi inclure les années 1920), celles qui virent le monde basculer vers l’horreur et l’ignominie de la guerre et du génocide.
On peut, bien sûr, se boucher les oreilles et fermer les yeux mais resteront les odeurs sulfureuses et nauséabondes qui commencent à imprégner nos sociétés avec l’explosion populiste et la présence de plus en plus nombreuse de l’extrême-droite dans les gouvernements de l’Union européenne (Hongrie, Pologne, Autriche et maintenant Italie) alors qu’elle frappe avec de plus en plus d’insistance dans d’autres comme la France et en attendant que l’extrême-gauche se fasse aussi sa place.
Pendant ce temps, un démagogue extrémiste irresponsable menteur et escroc gouverne la première puissance mondiale, pays jusqu’ici leader de la démocratie républicaine sans, qu’au bout de près d’un an et demi de pouvoir, cela suscite autre chose que  des réactions d’indignation.
Et sa guerre commerciale désormais ouvertement déclarée (contre ses propres alliés!) ainsi que ses incohérences dans toutes ses décisions risquent de plonger le monde dans un chaos particulièrement redoutable.
Beaucoup de personnages malfaisants de l’Histoire doivent avoir le sourire aux lèvres dans leurs tombes.
Un des problèmes les plus inquiétants est que, dans la plupart des pays, ces régimes ou ces partis et leurs dirigeants ont été élus et choisis par les peuples.
Aux Etats-Unis (même si le système électoral complètement archaïque et dépassé porte une grande responsabilité), bien sûr, en Italie, désormais, après la Hongrie, les Philippines et la Turquie mais aussi en Russie voire en Chine, même si dans ce dernier pays, il est plus difficile de connaitre l’état de l’opinion publique, comme dans toutes les dictatures qui ont essaimé aux quatre coins de la planète et dont il serait fastidieux de faire la liste.
Oui, la démocratie républicaine, attaquée de l’extérieur par le plus exécrable terrorisme, celui qui ne s’en prend qu’aux innocents et qui tuent tout ce qui lui tombe sous la main au nom d’idéologies de la mort et de la destruction, est aussi de plus en plus minée de l’intérieur, ses ennemis se servant de ses principes, de ses valeurs et de son organisation politique pour la détruire.
Rappelons nous Hitler qui est venu au pouvoir grâce aux urnes et que Mussolini a été appelé légalement à former un gouvernement et tout ceci dans ces années 1920-1930 qui inquiètent tant le Président de la république française et qui virent, dans le même temps, la montée du pouvoir (et des crimes) de Staline en Union soviétique ainsi que la prise de pouvoir par Franco en Espagne (grâce à Hitler) ainsi que l’établissement de nombre de régimes autoritaires et dictatoriaux un peu partout comme en Hongrie, par exemple.
Plus près de nous, le fameux «Printemps arabe» qui s’est terminé en eau de boudin dans le chaos, la confusion et la violence, avait voulu apporter la démocratie.
Mais là où les peuples purent voter, ils choisirent pratiquement toujours des formations politiques dont le seul but était de supprimer les bourgeons pas encore en fleur de la liberté.
La populace a toujours été dangereuse pour la démocratie lorsqu’elle s’étend et se confond de plus en plus avec le peuple.
Mais je rappellerai que cette populace, même quand elle devient le peuple, n’a pas droit de toucher à la démocratie républicaine.
Car si celle-ci est, comme le disait Abraham Lincoln, le gouvernement du peuple, par le peuple pour le peuple, c’est aussi le régime politique qui garantit, non seulement, la liberté à chacun mais aussi les droits des minorités politiques.
Concrètement, nous pourrions être unanimes sauf un pour supprimer la démocratie, c’est ce «un» qui doit l’emporter parce que nous devons lui garantir sa liberté, son égalité et son individualité ontologique.
Et même si nous étions tous unanimes, ce sont les droits de ceux à naître que nous devrions respecter.
Oui, la démocratie républicaine n’est pas un choix, c’est un devoir.
Tout cela est une question de respect, de respect de l’autre, de tous les autres, vertu dont je ne cesse de parler et que l’on ne cesse de bafouer partout et tout le temps.
Le respect qui est à la base d’une société humaniste.
Alors oui, il faut, non pas se préparer, mais continuer le combat de cette liberté (qui doit être menée avec celui de l’égalité mais aussi de la fraternité, c'est-à-dire pour une société plus juste et plus solidaire) qui est attaquée, bafouée et en danger un peu partout, tant par les menaces venues de l’extérieur que celles qui naissent à l’intérieur même de nos sociétés.
Et se dire que ce combat est sans fin parce que nous devons garantir des valeurs et des principes qui, s’ils sont les plus beaux sont aussi les plus fragiles.
Mais c’est l’honneur de l’humain de se battre pour des causes comme celle-ci qui le dépasse, son honneur mais aussi sa responsabilité, un terme qui, au regard de tout ce que je viens de dire sur l’état du monde, semble de plus en plus absent.
Cette bataille, elle ne doit pas se faire dans la faiblesse et le renoncement, seulement dans le cadre des valeurs de la démocratie républicaine.
Et elle doit être menée avant qu’il ne soit trop tard.

mercredi 30 mai 2018

Les propositions de Macron pour une mondialisation humaniste

Lors d’un discours prononcé à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) au siège de l’institution à Paris à l’occasion d’un colloque dont le thème est «Ce qui nous rapproche», Emmanuel Macron a plaidé pour une mondialisation humaniste.
Selon le Président de la république, trois constats sont à faire sur la mondialisation actuelle.
D’abord, il faut «la comprendre», sans la diaboliser ou l’enjoliver, pour pouvoir «la réguler» car il ne peut y avoir de bonne mondialisation si celle-ci est sauvage et n’obéit à aucune règle.
Ensuite, il faut lutter contre une mondialisation qui se «financiarise» et se «numérise» à outrance et plus que de raison car cette tendance produit des inégalités qui, selon lui, «vont augmenter dans le monde et dans nos sociétés» si l’on n’agit pas.
Des «inégalités multiformes», dont les «inégalités de condition et de destin» qui «sont plus graves que les inégalités de revenus» et qui «fragilisent l’adhésion à nos sociétés» et donc au régime de la démocratie républicaine.
Il a également précisé que la «lutte contre les inégalités» serait «la philosophie des textes économiques à venir en France» afin de répondre aux critiques qui le présente comme le «président des riches».
Enfin, il faut lutter contre une mondialisation «de plus en plus violente» avec notamment «le terrorisme et les régimes autoritaires».
La réponse «face à cette mondialisation qui crée des richesses et des inégalités»: développer un «multilatéralisme fort».
Et d’expliquer que les politiques n’ont pas «tout bien fait au niveau de la mondialisation» mais que «le repli national n’est pas la bonne solution» en rappelant que c’est ce qui s’est passé dans les années 1930 avec, au bout, la Deuxième guerre mondiale.
Des «années 1930 qui tendent leur miroir»…
Il a évoqué les «trois écueils à combattre».
Le premier est «le confort de la prospérité isolée» d’un pays qui se croit à l’abri des soubresauts internationaux alors que ce n’est qu’une illusion (faisant allusion à la politique de Donald Trump aux Etats-Unis, sans la citer).
Le deuxième est «le protectionnisme qui enferme et monte les pays les uns contre les autres».
Le troisième est la tentation du «pouvoir fort» (faisant allusion à la Russie et à la Chine sans les citer).
Par ailleurs, il a affirmé que la mondialisation ne pouvait fonctionner qu’avec un «monde ouvert» et que si celui-ci était «explicable aux peuples» mais également se mouvait dans une «concurrence loyale».
En outre, pour lui, «l’écologie n’est pas un luxe, c’est un devoir».
Enfin, il a rappelé que son engagement européen n’était pas que pour la galerie en citant un des fondateurs de l’Union européenne, le centriste Robert Schuman qui avait expliqué que c’est parce que l’on avait été incapable de construire l’Europe que l’on avait eu la Deuxième guerre mondiale et que, lui, voulait construire l’Europe pour ne pas avoir la guerre.



dimanche 29 avril 2018

Que peut gagner Macron à être «ami» avec Trump?

Donald Trump a trois têtes de turc: l’ancien président Barack Obama (il ne peut supporter qu’un noir ait été président des Etats-Unis), l’ancienne candidate démocrate à l’élection présidentielle de 2016 Hillary Clinton (il ne peut supporter qu’une femme puisse être présidente) et l’ancien maire de New York Michael Bloomberg (il ne peut supporter qu’un milliardaire newyorkais soit plus riche que lui).
Mais, au-delà de cette haine pathétique, raciste, misogyne et narcissique, les trois personnalités que l’on vient de citer sont des centristes progressistes et les autres «amis» d’Emmanuel Macron, en tout cas, ses alter-ego politiques.
On n’oubliera pas de citer ici deux figures historiques.
Abraham Lincoln, tout d’abord, cet homme droit, vertueux et qui lutta contre tous les extrémismes et les démagogies – un contre-exemple de Trump – et dont le mémorial à Washington fut l’objet de la première halte de Macron, hier, à son arrivée aux Etats-Unis pour sa visite d’Etat.
Ajoutons-y Theodore Roosevelt, dont le magazine The Economist fit une comparaison tout à fait pertinente récemment avec Macron, ce président centriste et progressiste qui se mit en travers de tous les nouveaux riches de son époque, les ancêtres de Trump.
On a parlé des «autres amis» parce que le président français estime que Trump est aussi un «ami».
On voit bien que le terme ami doit être manié ici avec quelques précautions et que le jeu que joue ou tente de jouer Macron (et sans doute Trump) ne trompe que ceux qui veulent l’être.
Car si le président français espère gagner dans la relation avec le président américain une stature internationale qui pourrait lui servir afin de faire aboutir nombre de ses projets en la matière (réforme de l’Union européenne, accord sur le climat, abandon des mesures protectionnistes américaines, sauvegarde de l’accord avec l’Iran, etc.), le président américain peut, lui, montrer qu’il n’est pas autant victime d’ostracisme de la part des dirigeants des grandes démocraties occidentales et que ses «amis» ne se réduisent pas au russe Poutine, au chinois Xi, au hongrois Orban, au philippin Duterte, voire au nord-coréen Kim!
Dès lors, le gagnant de cette relation pourrait ne pas être celui qu’on pense et le dindon de la farce, non plus…
Néanmoins, devant un égocentrique narcissique compulsif comme Trump, Macron peut simplement faire semblant d’être son ami (même si les images de leur relation semblent montrer une réelle proximité) car le populiste démagogue américain n’en demande pas plus.
Oui, il veut qu’on lui dise qu’on l’aime, qu’on l’admire  et qu’on soit fidèle avec lui, même s’il sait que la plupart de ceux qui lui font allégeance n’en pensent pas un mot!
D’où la difficulté de savoir quelles sont les vrais rapports entre eux.
Reste que, de ce point de vue, en «récompense» de son attitude, Macron pourrait recevoir quelques petits cadeaux.
Cependant, ils ne seront sans doute pas aussi importants que le président français l’espère et surtout ils seront constamment sujets à être repris, Trump ne connaissant manifestement pas l’adage «donner c’est donner, reprendre c’est voler»...
Bien sûr, Emmanuel Macron peut se targuer d’avoir obligé Donald Trump à tenir sa promesse de bombarder la Syrie après las attaques chimiques d’Assad sur son propre peuple, mais rien ne dit que le président américain ne l’aurait pas fait (même s’il a semblé faire du rétropédalage à un certain moment).
Plus profondément, même si Macron obtient bien quelques résultats auprès de Trump, son image risque réellement d’être brouillée, si ce n’est, écornée.
Evidemment, le succès est toujours vu avec bienveillance mais la distance entre les valeurs affichées des deux hommes semblent tellement lointaines que leur relation privilégiée demeurera anachronique quelque soit les justifications apportées par Macron pour légitimer leur proximité.
Ayant dit cela, il est non moins important que la France et les Etats-Unis dans le monde actuel et par rapport à leurs relations historiques soient des alliés très proches.
Ce n’est pas du luxe que toutes les démocraties républicaines soit alliées en ces temps troublés où les populistes, les démagogues, les autocrates et les dictateurs semblent avoir le vent en poupe.
Et une relation privilégiée entre les deux démocraties républicaines les plus emblématiques, la France et les Etats-Unis, fait sens de ce point de vue.
Reste que le New York Times, à l’instar de beaucoup de médias américains, a raison de parler de «risque» à propos de la relation que Macron a instauré avec Trump.
Pas seulement au niveau international mais aussi en France où, déjà, les critiques qui sont récurrentes sur le président de la république parlent d’un homme à l’hubris trop prononcé et à une confiance quelque peu démesurée en lui-même.
Ce serait dommage tant la politique centriste d’Emmanuel Macron a un sens et semble donner des résultats grâce aux réformes et à l’impulsion progressiste qu’il donne à son action et à celle du gouvernement.
Mais il est légitime d’être préoccupé et interrogatif sur le comportement d’Emmanuel Macron que révèle cette «amitié» avec Donal Trump.
D’autant, qu’in fine, on peut se demander si la relation actuelle entre les Etats-Unis et la France serait aussi forte si Macron avait en face de lui Obama, Clinton ou Bloomberg!
A méditer.

Alexandre Vatimbella

mercredi 21 mars 2018

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Mars, triste mois du sacre de deux empereurs

En Chine, Xi est devenu président et premier secrétaire du parti communiste pour cinq ans avant de le devenir à vie à la fin de son second mandat grâce à la réforme de la Constitution qu’il a fait voter et qui lui permet de se représenter indéfiniment, ce que personne n’en doute.
En Russie, Poutine, grâce à la manipulation de la Constitution est au pouvoir depuis dix-huit ans et pourra le demeurer à vie après une nouvelle présidentielle pipeautée et clownesque dans ce que ces termes ont de plus tragiques.
Il a rempilé pour six ans avec plus de 76% des voix, des fraudes pour doper la participation, des opposants interdis de se présenter, une communication devenue propagande, etc. et personne ne doute qu’il trouvera un nouveau subterfuge pour demeurer au pouvoir jusqu’à la fin de ses jours (le premier fut de laisser élire son premier ministre, Medvedev, à sa place en 2008, lui-même devenant alors premier ministre, parce qu’il ne pouvait accomplir plus de deux termes consécutifs…).
Certains verront ici les réminiscences des deux empires communistes de Lénine (et Staline) et de Mao eux-mêmes héritiers de deux empires, le tsariste et celui du Fils du ciel (nom donné à l’empereur chinois).
Ils n’auront pas tort et, de ce point de vue, la continuité est, non seulement, criante mais surtout désespérante et problématique.
Ainsi, après la chute du mur de Berlin après la Perestroïka et la Glasnost, après l’occupation réprimée dans le sang de la place Tienanmen mais le développement économique de la Chine, les deux dictatures les plus sanglantes du XX° siècle (donc de toute l’Histoire…) avec l’Allemagne nazie, le sont redevenues dans les faits.
Certains pointeront la faillite ou, en tout cas, les failles terribles de la démocratie républicaine.
Ils n’auront pas tort sur le diagnostic mais l’analyse de cette faillite et cette faille est souvent fausse.
Ce n’est pas le régime lui-même de la démocratie républicaine qui montre ses limites, ce sont les peuples qui se montrent incapables de s’élever au niveau d’exigence et de responsabilité qu’un régime de liberté et d’émancipation leur demande.
Ce qui pose, on le comprend bien, des questions essentielles.
Et si les deux événements russe et chinois sont autant inquiétants, c’est qu’il est nullement exclu qu’ils puissent un jour prochain se produire dans d’autres pays et même dans certaines démocraties républicaines.
Ce serait un sacré coup de massue et un retour en arrière cataclysmique s’il s’avérait, in fine, que la démocratie ne peut pas s’implanter durablement (en temps historique) dans le monde.
N’oublions pas que la plus vieille démocratie républicaine du monde, les Etats-Unis, n’a pas encore 250 ans, une goutte d’eau dans l’Histoire de l’Humanité.
On connait les solutions pour éviter le pire.
Elles passent avant tout par un peuple plus instruit et capable de prendre des décisions en toute connaissance de cause, un individu mieux formé et informé capable de prendre sa vie en main grâce à une vraie égalité des opportunités, par une société plus juste, par un investissement citoyen plus grand dans le fonctionnement démocratique, dans des alliances et des fédérations mondiales qui empêcheraient les dérives populiste, autocratiques et extrémistes de certains.
Nous n’y sommes pas encore et peut-être encore loin.
Dès lors, tous les défenseurs de la démocratie républicaine doivent se mobiliser dans un combat qui sera rude et qui est loin d’être gagné d’avance.
Mais tous les amoureux de la liberté et de la justice savent bien que pour avoir celles-ci, il faut, sans cesse, les protéger de leurs prédateurs fort nombreux et de leurs complices encore plus nombreux sans même parler de ceux qui affirment n’être pas concernés, soit par ignorance, soit par bêtise et qui sont malheureusement légions dans le monde.
Reste qu’il est grand temps de déclarer l’état d’urgence démocratique pour défendre, garder et développer le plus précieux des legs des révolutions américaine et française.