Les Actualités sur Mondiaglobalisation
dimanche 3 mai 2026
Le Focus. Entre dictateurs et islamistes, la condition funeste des populations africaines
mercredi 23 octobre 2024
Le Focus. Quand les Brics n’ont plus rien à voir avec les Brics!
Des pays qui avaient saisi cette dénomination venue d’un financier pour créer un groupe assez informel et sans trop de solidarité entre ses membres pour se réunir de temps à autres et faire croire à leur importance.
Rappelons que le groupe s’appelait au départ Bric et que l’Afrique du Sud y fut rajoutée, non pour ses résultats économiques remarquables, ce qui n’a jamais été le cas, mais parce que c’était un des pays le plus représentatifs du continent africain qui n’avait alors aucune place dans ce club.
Aujourd’hui, alors que les Brics se réunissent et ont augmenté le nombre de leurs membres, ce club n’a absolument plus rien à voir avec ce qu’il était.
Il est essentiellement une réunion de pays qui veulent en découdre avec l’Occident et la démocratie républicaine libérale.
Ainsi on y retrouve des régimes totalitaires comme la Russie, la Chine, l’Iran et des autocraties dures comme l’Egypte et les Emirats Arabes Unis.
Et parmi ceux qui font acte de candidatures on trouve les régimes totalitaires cubain et azerbaïdjanais ainsi que celui autocratique turc.
On peut être étonné d’y trouver le Brésil et l’Inde qui se réclament de la démocratie.
Mais la présence de Modi au pouvoir en Inde et le duo Lula-Bolsonaro au Brésil montre que celle-ci n’y est pas aussi implanté qu’on le croit.
Toujours est-il que ces Brics nouvelle manière sont complètement instrumentalisés par le duo Chine-Russie, par le duo de dictateur Xi-Poutine.
Leur objectif et de créer une alliance anti-occidentale dont ils seraient les chefs et qui bannirait, à terme, le régime démocratique de la planète.
Mais tous les membres du Brics ni ceux qui veulent y adhérer sont sur cette ligne ultra-dure et beaucoup entretiennent de bonnes relations avec l’Occident comme l’Egypte ou les Emirats Arabes Unis.
De plus, aucun traité, aucun intérêt commun, aucun lien économique essentiel ne lient les membres entre eux (sauf pour la Chine qui assure la survie économique de la Russie depuis son bannissement de la communauté internationale pour son invasion de l’Ukraine).
Et même si beaucoup de pays, essentiellement non-démocratiques, veulent y adhérer, ce club est toujours la même coquille vide qu’il est depuis sa création en 2008, soit il y a seize ans, ce qui montre son incapacité à peser sur quoi que ce soit dans le monde.
jeudi 4 janvier 2024
Le Focus. Les Brics, un club de bric et de broc, s’élargit!
Attention, nous dit-on, les Brics (lire ici les définitions) se renforcent et vont devenir un véritable concurrent voire adversaire et même ennemi à l’Occident et aux démocraties.
Rappelons que les Brics furent d’abord le Bric, une association créée en 2008 (l’acronyme existait avant, créée par les financiers de… Goldman Sachs!) où l’on retrouvait le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, soit trois grands pays que l’on appelait à l’époque «émergents» plus la Russie qui était plutôt en décadence et qui espérait trouver dans ce club une influence perdue, voire une capacité à développer son économie.
Voyant qu’il y manquait le continent africain, on a intégré, sans aucun critère rationnel, l’Afrique du Sud qui n’avait encore moins en commun avec les quatre fondateurs que ceux-ci entre eux.
Ce Brics (S pour South Africa, Afrique du Sud, pays intégré en 2011), devenu aujourd’hui ces Brics, se sont donc vus pendant des années, ont discuté, ont même pris des décisions mais aucune n’a eu un impact mondial voire même dans chacun des pays membres...
Il fut même question de créer une monnaie commune pour concurrence le dollar mais la Chine qui veut que son yuan devienne, à terme, la devise internationale de référence, a enterré le projet.
La raison du peu de poids des Brics: il n’y a aucune réelle solidarité entre ses membres.
L’inde déteste la Chine qui déteste l’Inde qui, elle -même, lutte de toute son énergie pour ne pas être le dindon de la farce de l’économie chinoise sans parler des multiples conflits latents ou ouverts qui ont déjà conduit à des guerres jusqu’à présent limitées dans le temps et l’espace.
Le Brésil n’est qu’un vendeur de matières premières pour la Chine et éventuellement un soutien à ces initiatives diplomatiques au grand dam de Brasilia qui voudrait exister mais n’a même pas une prééminence régionale que lui dispute l’Argentine (qui in fine a refusé d’inclure le nouveau Brics).
La Russie est terrorisée par l’idée que la Chine pourrait la marginalisée et en faire un simple pays satellite voire un pays d’émigration pour les Chinois notamment dans les régions frontalières entre les deux pays (ce qui est déjà en cours depuis plusieurs années).
Et ce que recherchait vraiment la Chine dans le Bric?
Non pas une solidarité et un avenir commun mais qu’il soit le marchepied pour sa volonté de puissance et de domination du monde.
En matière d’intérêts communs, on fait mieux!
Avec l’arrivée dans ce club de l’Arabie Saoudite et de l’Iran – deux ennemis pour la prééminence régionale, l’un chef de file des sunnites, l’autre chef de file des shiites –, des Emirats Arabes Unis, de l’Ethiopie et de l’Egypte, cette absence d’intérêts communs va se multiplier à presque l’infini.
Ajoutons à cela que celle qui devait être le onzième membre, l’Argentine, a annoncé ne pas rejoindre les Brics depuis l’élection de Javier Milei.
Un premier camouflet pour la Chine et la Russie qui sont évidemment à la manœuvre pour élargir ce club et en faire un outil de leur souhait de devenir les puissances dominantes de la planète et qui passe d’abord par l’affaiblissement puis la destruction de tous les régimes démocratiques de la planète.
Ce qui pose déjà un problème majeur puisque l’Inde et le Brésil sont deux démocraties…
Sur ce que l’on a vu du fonctionnement des Brics et avec l’arrivée de pays aux préoccupations et aux intérêts souvent très divergents, on a peu de raison d’avoir des craintes quant à sa capacité à changer le monde.
Reste que ce club existe et que rien ne dit que ses membres pourront s’unir dans certaines circonstances qui pourraient impacter les relations internationales.
Cependant, pour l’instant, ce n’est pas le cas même si le ressentiment à l’égard de l’organisation des relations internationales où chacun des membres du club estime ne pas avoir le rôle et le statut qu’on devrait lui reconnaître peut les pousser à des actes qui seront d’abord symbolique mais qui pourraient, à terme, mettre du chaos dans ce qui est déjà bien désorganisé…
[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]
samedi 9 septembre 2023
Commentaire. Mais pourquoi donc les putschistes africains disant agir au nom du peuple ne se sont pas présentés aux élections?!
Les généraux et autres gradés du Mali, du Burkina-Faso, du Niger et maintenant du Gabon affirment qu’ils ont renversé les gouvernements légaux et légitimes de ces pays parce qu’ils étaient corrompus et qu’en l’espèce, ils agissaient au nom du peuple, pour le peuple.
Cette thèse est reprise par nombre de commentateurs et pas seulement les propagandistes de ces putschistes ou les autorités des pays autocratiques et totalitaires.
Mais une question se pose alors: pourquoi ces sauveurs autoproclamés qui affirment avoir le soutien de peuple ne se sont pas présentés aux élections puisque dans les pays cités, tous avaient de gouvernement élus démocratiquement.
On objectera, avec raison, que certaines élections n’étaient peut-être pas si transparentes et honnêtes comme au Gabon.
C’est sans doute vrai mais les militaires auraient pu tout de même se présenter puis contester les résultats et éventuellement faire ensuite leur coup d’Etat et arguant qu’ils avaient au moins essayé de respecter au départ le processus légal mais que cela n’avait servi à rien.
On comprend bien que leurs raisons de prendre le pouvoir sont loin de l’intérêt général et d’une démarche altruiste.
De même que l’on sait nombre de personnes – manipulées voire rémunérées pour une partie d’entre elles – vont soutenir ces régimes militaires qui n’offriront malheureusement pas d’alternatives aux dirigeants déchus souvent vénaux, véreux et incompétents.
Pire, ces putschs nous rappellent l’instabilité chronique d’une Afrique mais aussi que la démocratie que les élites de ces pays avaient dû le plus souvent adopté sous la contrainte de la communauté internationale, n’est plus le modèle prégnant.
L’Afrique nous montre ainsi la régression inquiétante de l’ordre démocratique aungrand plaisir de la Chine et de la Russie.



