Les Actualités sur Mondiaglobalisation

lundi 29 juin 2026

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Entre ceux qui n’en veulent pas pour eux et ceux qui la veulent que pour eux, la liberté sera toujours en danger


Nous l’oublions un peu vite mais ni la démocratie et ses valeurs, ni la liberté d’individus égaux qui en est la plus importante, ne sont assurés pour toujours.

La menace vient tout à la fois de ceux qui ont peur de la liberté parce qu’elle implique la responsabilité et ceux qui veulent la confisquer que pour eux-mêmes pour en profiter sur le dos des autres.

Les premiers, dans une démocratie, sont les électeurs des seconds.

Ainsi se forme cette coalition des ennemis de la liberté basée d’un côté sur l’irresponsabilité et de l’autre sur la domination.

C’est ce qui définit l’extrémisme populiste, celui qui a toujours existé et existera toujours, celui qui est en pleine floraison dans l’ensemble des démocraties de la planète en ce début de troisième millénaire.

Ajoutons que ceux qui ne veulent pas de leur liberté, ne veulent pas que les autres puissent jouir de la leur tout comme ceux qui veulent que de leur liberté.

C’est évidemment désespérant mais ne pas se l’avouer, ce n’est rien faire pour combattre cette réalité.

Car, si cette coalition ne disparaitra pas, l’Histoire montre qu’elle n’a pas été toujours majoritaire, qu’elle n’a pas vocation à l’être depuis l’établissement de la démocratie moderne à la fin du 18e siècle et qu’elle peut être battue mais pas éradiquée.

Actuellement, les extrémistes populistes bien aidés en cela par des relais dont certains médias mais aussi par une certaine fatalité qui s’est installée chez les défenseurs de la liberté, nous expliquent que la marche de l’Histoire va dans le sens de leur société totalitaire.

Ce n’est pas nouveau.

Hitler parlait de son Reich de mille ans mais il ne dura que 13 années.

Le nazisme, le fascisme et le communisme se sont effondrés au 20e siècle alors que dans les années 1930, on prédisait leur victoire finale.

Néanmoins, ils n’ont pas disparu et ne disparaîtront jamais.

Leurs idéologies et leurs haines de l’autre et de la liberté seront toujours présentes dans une partie de la population et parfois seront même majoritaires.

Il faut donc ne jamais baisser la garde comme nous avons eu tendance à le faire après la chute de l’URSS en 1989 où nous avons cru ou, tout au moins, espéré que nous en avions fini avec les totalitarismes alors même que la même année les communistes chinois massacraient les jeunes qui réclamaient leur liberté place Tienanmen.

Et nos chimères d’alors furent une bénédiction pour des Poutine ou des Xi, des Kim ou des Khamenei.

Pour autant, la démocratie a réussi à résister face aux tensions autocratiques et populistes de l’intérieur et les menaces de l’extérieur.

Certains se demandent jusqu’à quand, jusqu’à quand la résistance sera possible avant qu’une chape de plomb recouvre la liberté.

Le danger est là mais l’inéluctable pas encore.

Le combat, parce que c’en est un, doit être livré sans répit au nom de la dignité humaine.

 


dimanche 28 juin 2026

Le Focus. Trump ne cherche pas des partenaires en Europe mais des larbins


Le changement des relations entre Donald Trump et Giorgia Meloni montre exactement quel est l’objectif de Trump en Europe et les illusions chimériques de tous ceux qui ont cru ou croient encore qu’ils peuvent être ses partenaires sur un pied d’égalité avec l’extrémiste populiste.

Il n’y a pas si longtemps, Trump faisait de Meloni son égérie européenne et les serments d’amour entre les deux étaient quotidiens.

Sauf que l’Américain avait de la considération pour l’Italienne, uniquement parce qu’elle était d’accord avec lui sur tout.

Il a suffi qu’elle émette quelques réserves sur ses décisions et qu’elle n’obéisse pas à ses désidératas pour qu’il l’agresse verbalement et qu’elle soit obligée de réagir avec indignation, rappelant que l’Italie était un pays souverain.

Oui, Trump ne cherche pas des partenaires en Europe mais uniquement des larbins qui vont être au garde-à-vous et applaudir tous ses faits et gestes.

Or, si être proche de Trump pouvait être positif pour les politiciens européens, ce n’est plus le cas aujourd’hui avec tous ses échecs mais aussi son comportement vis-à-vis d’eux et de leurs pays respectifs.

Et voilà que là où il avait des admirateurs plus ou moins inconditionnels qui affirmaient qu’une fois au pouvoir, ils seraient des Trump locaux, on assiste à une distanciation voire à des critiques parfois virulentes.

Même au Royaume-Uni, Nigel Farage qui est un fanatique trumpien, l’a désapprouvé.

En France, Marine Le Pen qui avait fait le voyage des New York en 2016 pour se faire adouber et Jordan Bardella, tentent de faire oublier tous les compliments et les propos comme quoi ils le copieraient une fois au pouvoir.

Pour se faire élire aujourd’hui, il vaut mieux taire sa proximité avec Trump d’autant que lorsqu’il soutien un candidat, comme Orban en Hongrie, celui-ci est battu.

Bien évidemment, il ne faut pas être dupe.

Les extrémistes et radicaux de droite n’ont pas changé et leurs programmes ressemblent fort à celui de Trump.

Il s’agit seulement de ne plus s’afficher avec lui parce que c’est devenu contre-productif.

Ainsi Meloni tout comme Le Pen ou Bardella demeurent des extrémistes de droite aux idées aussi malsaines que celles de Trump.

 

 


vendredi 26 juin 2026

Point de vue. Canicule, nous sommes tous responsables


Face à l’épisode caniculaire extrême nous cherchons des responsables.

Dans les pays démocratiques où l’on vote pour choisir nos dirigeants qui ont proposé un programme de gouvernement lors d’élections, on peut faire plusieurs remarques.

Si la population et plus précisément les électeurs avaient comme priorité la lutte contre le changement climatique dont cet épisode est un des phénomènes, ils auraient imposé aux partis qui se présentent pour gouverner de, tous, mettre en avant des mesures pour s’y attaquer réellement.

Or ce n’est nullement le cas.

Par ailleurs, dans aucun pays démocratique, les formations écologiques – quelles que soient le sérieux de leurs propositions et la qualité de leurs leaders – ne sont au pouvoir, seulement quelques-unes font partie de coalitions.

En France, les Ecologistes sont même en perte de vitesse.

Non, par leurs votes mais aussi dans les sondages – à part quand survient un événement violent – les peuples démocratiques ne font pas du changement climatique une préoccupation majeure, une obsession de tous les instants.

Et les partis qui le nient ou sont plus que sceptiques sur celui-ci comme les extrêmes, notamment ceux d’extrême-droite, ont la faveur d’une majorité de la population dans notre pays.

Quant à nos comportements quotidiens, il est évident que nous ne faisons pas grand-chose à part une petite minorité pour les adapter afin de prendre part à cette lutte contre le changement climatique et le bouleversement si nous ne faisons pas ce qu’il faut.

Si l’on voit des manifestants, nombreux, défiler pour les retraites ou pour le pouvoir d’achat, si l’on constate des réactions fortes contre les violences faites aux enfants ou aux femmes, tel n’est pas le cas pour le changement climatique.

Evidemment, nous, Français ou, nous, peuples démocratiques, n’avons pas seuls l’avenir de la planète entre nos mains.

Et le pays le plus pollueur donc qui participe le plus au changement climatique est doté d’un régime totalitaire et s’appelle la Chine.

Néanmoins, celui qui vient tout de suite après sont les Etats-Unis d’autant que Trump, non seulement nie sa réalité mais a supprimé la plupart des programmes pour lutter contre celui-ci.

Quant à l’Inde – que l’on peut encore considérée comme une démocratie –, elle est également un des principaux responsables de ce changement.

On peut donc affirmer que si tous les pays démocratiques prenaient des mesures à la hauteur du problème et avaient des politiques fortes et cohérentes, les choses évolueraient positivement d’autant qu’ils obligeraient les autres nations à agir de concert si, par exemple, elles voulaient avoir accès à leurs marchés.

Et puis, même là où gouvernent des régimes totalitaires, le poids de l’opinion publique n’est pas négligeable et obligent leurs dirigeants à agir pour lui donner plus ou moins satisfaction quand il sent que la population est particulièrement sensible et mobilisée pour une cause.

Alors, oui, nous sommes tous responsables de cette canicule parce que nous refusons d’agir à la hauteur de la menace.

Et tant que nous désignerons l’autre comme coupable pour nous dédouaner de nos manquements et pour justifier notre refus d’agir nous continuerons, tous, à être responsables du changement climatique en cours.

 

 


jeudi 25 juin 2026

Editorial. Se mobiliser contre l’utilisation des enfants par le crime organisé


Partout dans le monde, les enfants sont recrutés par le crime organisé et utilisés pour les aider dans leurs activités et leurs basses œuvres qui peuvent aller jusqu’à les faire devenir des tueurs à gages.

Ici aussi les enfants sont des victimes le plus souvent issues de groupes sociaux défavorisés.

Dans tous les pays ce phénomène reprend de l’importance notamment en France et dans nombre de pays européens comme les Pays-Bas ou la Suède.

A cet effet, le Parlement européen, pour susciter une prise de conscience et une mobilisation vient d’adopter une résolution demandant à la Commission d’agir.

Ce texte veut d’abord assurer la protection des enfants comme l’explique la député centriste belge de Renew Europe, Hilde Vautmans: «La priorité de l'Europe doit être très claire : traquer les recruteurs, démanteler les réseaux criminels et aider les enfants exploités au lieu de les traiter comme les cerveaux du crime organisé.»

Le Parlement européen demande que plusieurs mesures soient prises afin d’empêcher les enfants de tomber dans la nasse des gangs et autres mafias ainsi que pour faire de la lutte contre le recrutement une urgence et pour renforcer les peines encourues pour leur exploitation:
- Inclure le recrutement d’enfants comme une priorité dans le prochain plan d’action de l’UE pour la protection des enfants contre la criminalité qui doit être réalisé d’ici à 2027;
- Ajouter des circonstances aggravantes pour le recrutement d’enfants dans la prochaine révision des règles sur la criminalité organisée ;
- Intensifier la coopération entre Europol et Eurojust dans les lieux où les enfants sont systématiquement exploités par des réseaux criminels ;
- Réviser la directive concernant les feux d'artifice qui sont désormais utilisés comme armes par des bandes criminelles recrutant des enfants ;
- Financer et renforcer le réseau d’assistance téléphonique pour les enfants disparus afin d’identifier les enfants à risque et les mettre en contact avec les services de protection.

 

 


mardi 23 juin 2026

Le Focus. Il y a 10 ans le Brexit mais faut-il souhaiter le retour des Britanniques dans l’UE?

 

Ils sont entre 52% et 55% selon les derniers sondages à vouloir que leur pays revienne dans l’UE après avoir été 51,89% à voter pour le Brexit (aujourd’hui, ils sont 57% à regretter ce départ et autour de 30% à estimer que c’était une bonne décision) le 23 juin 2016 après une campagne dominée de bout en bout par les fake-news et les théories du complot largement diffusés par Boris Johnson et, surtout, Nigel Farage, un admirateur inconditionnel de Donal
d Trump et dont le parti d’extrême-droite, Reform, est en tête de tous les sondages en vue des prochaines élections législatives.

On pourrait dire que ce «Begret» (regret du Brexit) est une bonne nouvelle pour le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Encore que…

D’abord, on peut être étonné qu’ils ne soient seulement qu’un peu plus de 50% à vouloir revenir alors que la sortie de l’UE a été une catastrophe pour le pays et sa population.

Ensuite, reste à savoir si le retour des Britanniques dans l’union serait une bonne nouvelle pour celle-ci.

Voilà un pays dont quasiment tous les gouvernements ont été des ennemis de l’intérieur de l’UE, la bloquant très souvent, l’empêchant d’évoluer tout en en profitant.

Une stratégie qui en a inspiré d’autres comme l’autocrate hongrois Orban ou l’extrémiste polonais Jarosław Kaczyński et leurs partis.

Et ils ne sont que 35% de Britanniques à souhaiter un réadhésion si l’on ne leur donne pas les mêmes passe-droits exorbitants qu’ils avaient avant leur départ.

Si le Royaume-Uni revenait avec ceux-ci, ce serait une totale régression de l’UE qui serait inacceptable et dangereuse.

Dès lors, si l’on peut regretter que le pays ne fasse pas partie de l’Union européenne, ce serait une erreur, en l’état, de lui permettre de la réintégrer.

En revanche, sans lui accorder des avantages quasiment-identiques à ceux des pays-membres, il est souhaitable de renforcer les liens dans plusieurs domaines comme le militaire et la diplomatie ainsi que dans la libre-circulation des citoyens.

Face au monde actuel, l’Union européenne a besoin de plus de cohésion et d’intégration pas de s’étendre en incorporant des pays qui ne veulent pas d’une Europe puissance.

 


dimanche 21 juin 2026

Point de vue. La canicule frappe une Europe irresponsable dans tous les sens du terme


Les épisodes caniculaires qui frappent l’Europe dont la France sont sans nul doute la conséquence du changement climatique dont les humains et leurs activités sont la principale voire l’unique cause.

Dans le même temps, face aux événements météorologiques extrêmes dont ces chaleurs intenses et de moins en moins exceptionnelles, ces mêmes humains les subissent avec peu de capacités de réaction.

C’est pourquoi ils sont irresponsables dans tous les sens du terme.

Irresponsables et donc coupables de ne pas avoir su s’attaquer au problème climatique quand il en était encore temps.

Irresponsables et donc victimes de ces phénomènes aigus qui mettent en danger leur santé.

Si l’Europe est aujourd’hui le continent qui prend le plus au sérieux ce changement climatique, elle a également été celle qui a longtemps participé activement à sa survenance avec un pays comme les Etats-Unis.

Ce qui lui donne une responsabilité d’agir.

Pour que cela soit réellement le cas, il faut évidemment que les politiques prennent leurs responsabilités.

Mais que les populations aussi.

Parce que l’on sait bien que les politiques agissent souvent sous la pression des citoyens.

Or, force est de constater comme l’indiquent les sondages que l’écologie n’est plus du tout une priorité pour les Français et que le changement climatique, s’il les inquiète, ne les mobilisent pas outre mesure pour que des mesures puissantes soient prises dans l’urgence.

Alors, oui, l’Europe n’en fait pas assez, tout comme le reste de la planète.

Cependant, ce n’est pas que de la faute de ses dirigeants mais de tous les citoyens qui, quand ils se plaignent d’un épisode extrême comme celui que nous vivons deux fois à la suite, ne peuvent, in fine, que s’en prendre à eux-mêmes.

Responsables de leurs irresponsabilités.

 


samedi 20 juin 2026

Le Focus. Barack Obama: «ne pas trahir nos idéaux fondateurs»


Comme tous les présidents des Etats-Unis, Barack Obama a, désormais, sa bibliothèque-musée.

C’est hier que le «Obama presidential center» a été inauguré dans le quartier de Southside à Chicago, sa ville d’adoption depuis 40 ans, en présence de nombreuses personnalités de la politique, de Bill et Hillary Clinton à George W Bush en passant par Joe Biden, Justin Trdueau ou Angela Merkel, de la culture, de Bruce Springsteen à Tom Hanks en passant par Stevie Wonder, Christina Aguilera ou Bono, de l’entertainement, de Stpehen Colbert à Oprah Winfrey, de George Lucas à Steven Spielberg, et de sportifs de Billie Jean Kling à Dwyane Wade, ainsi de nombre de ceux qui l’ont accompagné pendant les huit années de ses deux mandats à la Maison blanche sans oublier sa famille, Michelle Obama et leurs deux filles.

A cette occasion, il a prononcé un discours inspirant de soutien et de défense à la démocratie américaine particulièrement en danger en ce moment par les comportements et les décisions de Donald Trump, sans jamais citer l’extrémiste populiste qui lui a succédé à la Maison blanche en 2026.

Il s’est surtout attaché à rendre hommage à tous ceux qui ont fait et font vivre la démocratie aux Etats-Unis.

Il a, en outre, estimé que les Américains aspirent à la justice, au bon sens et au respect mutuel.»

Et d’ajouter: «Au fond de nous, nous voulons trouver un moyen de nous rapprocher les uns des autres, et non de nous éloigner davantage.»

 

► Voici le discours prononcé par Barack Obama:
«Bonjour Chicago. Douce Chicago.
Merci, Punihei Lipe, pour cette introduction remarquable.
Monsieur le Président et Madame Bush, Monsieur le Président et Madame la Secrétaire [Hillary] Clinton, merci d'être parmi nous aujourd'hui et pour votre dévouement à notre pays.
Et Monsieur le Président et Madame Biden, merci pour ce partenariat indéfectible durant ces huit années.
Joe, nous avons commencé comme colistiers et nous avons fini comme une famille. Et nous ne serions pas là sans toi, et nous t'en sommes reconnaissants.
À notre incroyable personnel de fondation et à notre incroyable conseil d'administration, au gouverneur Pritzker, au maire Johnson, merci d'avoir rendu le centre possible.
Aux dirigeants du Congrès et aux dignitaires étrangers qui ont fait le déplacement, je tiens à exprimer ma profonde gratitude pour notre partenariat et pour tout ce que nous avons accompli ensemble. Merci.
Michelle m'a fait du mal. Elle ne m'a pas laissé voir son discours. Elle savait qu'elle allait me déstabiliser, et elle l'a fait quand même. Mais elle m'a toujours aidée à progresser.
Je suis infiniment reconnaissante envers Sasha et Malia. Que dire de plus ? Vous comptez énormément pour moi.
Il y a plus de quarante ans, par une fin d'après-midi d'été de 1985, j'arrivais à Chicago, entrant dans la ville par l'endroit même où se trouve aujourd'hui ce centre. Je me revois encore descendant ce qui était alors Cornell Drive, au volant d'une vieille bagnole déglinguée achetée à New York, avec tous mes biens entassés dans le coffre et sur la banquette arrière, si bien que je ne voyais rien dans le rétroviseur et que je représentais un danger pour la circulation.
J'avais 23 ans. Je venais d'être embauchée par un groupe d'églises du South Side pour aider à organiser un quartier de la ville durement touché par la fermeture des aciéries et un abandon chronique. Je n'avais que peu d'expérience en matière d'organisation, je ne connaissais personne à Chicago, mais j'avais été inspirée par le mouvement des droits civiques et je savais que je voulais faire bouger les choses.
Et même si je ne savais pas exactement comment j'allais m'y prendre, j'étais animé par cette conviction inébranlable que si nous pouvions donner aux gens davantage leur mot à dire sur les forces qui régissent leur vie, si nous pouvions combler certaines des différences qui nous divisent, alors nous pourrions construire une Amérique où chacun compte, où chacun a une chance équitable et où chacun a sa place, même un enfant métis avec une histoire étrange et un nom que personne ne pouvait prononcer.
Et c’est ici, dans cette ville aux larges épaules, que j’ai trouvé ce que je cherchais.
Jour après jour, rue après rue, j'ai appris à connaître les gens qui vivaient ici, leurs espoirs, leurs rêves, leurs tragédies et leurs réussites. J'ai été témoin de leur résilience face à l'adversité. Dans l'héroïsme discret d'une mère célibataire élevant ses enfants et finançant leurs études avec un salaire de secrétaire, ou dans celui du prêtre choisissant de rester en ville et d'ouvrir ses portes aux jeunes en difficulté, alors même que la plupart de ses fidèles avaient fui vers la banlieue.
J'ai appris que le leadership a moins à voir avec les titres, le grade ou la recherche de l'attention qu'avec le fait d'aider les autres à trouver leur voie, à réaliser leur potentiel. Assis autour de tables de cuisine ou sur des vérandas, passant du temps dans des sous-sols d'églises, dans des salons de coiffure, je me suis souvenu que chacun a une histoire à raconter si l'on prend la peine de l'écouter, des histoires précieuses, pleines de courage, d'humour et de grâce, et que chacune de ces histoires était, d'une manière ou d'une autre, liée à la mienne.
Autrement dit, j'ai trouvé ma raison d'être ici, et j'ai fortifié ma foi ici. J'y ai trouvé ma communauté, des amitiés qui dureront toute une vie. Et j'y ai rencontré une fille du South Side qui a été ma plus grande bénédiction.
Michelle et moi, notre réception de mariage a eu lieu au South Shore Cultural Center. On pouvait y aller à pied. Nos filles sont nées tout près. C'est ici que nous avons acheté notre première maison. C'est ici que nos enfants ont fait leurs premiers pas. C'est ici que j'ai lancé ma candidature au Sénat de l'État de l'Illinois, au Ramada Inn sur Lake Shore Drive, en servant des bretzels et des sodas, m'engageant sur le chemin qui, finalement et de façon improbable, m'a mené jusqu'à aujourd'hui.
Pour moi, ce centre ne pourrait être nulle part ailleurs. C'est une façon de remercier, de reconnaître que je dois une grande partie de ce qui m'est le plus cher aux habitants de cette ville et des quartiers environnants.
C’est pourquoi nous avons conçu ce centre non pas comme un mausolée impersonnel – je suis trop jeune pour ça –, mais comme un simple lieu d’exposition des robes de Michelle, même si je comprends que ce sera l’attraction principale. Nous souhaitions un lieu vivant et vibrant, une célébration de la communauté, où nous puissions apprendre ensemble et partager les joies de l’art, de la musique, du sport et du jeu. Car c’est dans ces moments-là que nous leur rappellerons notre humanité commune et que nous renforcerons les liens de confiance qui non seulement enrichissent nos vies, mais aussi notre démocratie.
Nous souhaitions également que ce centre soit un hommage aux fonctionnaires exceptionnels, dont beaucoup sont présents aujourd'hui, qui ont rendu ce parcours possible. Certains d'entre vous ont contribué à mon élection. J'ai dû convaincre certains d'entre vous de rejoindre mon administration. Certains sont des vétérans chevronnés qui ont guidé un président novice dans ses premiers pas, mais beaucoup d'entre vous étaient plus jeunes que moi lorsque je suis arrivé dans cette ville pour la première fois.
Et nous avons tous un peu vieilli, beaucoup d'entre vous ont des enfants, voire des petits-enfants, mais le temps n'a fait qu'accroître mon admiration pour votre talent, votre dévouement et votre savoir-faire. Il n'a fait qu'accroître ma gratitude pour tous les sacrifices que vous et vos familles avez consentis pour améliorer ce pays.
Alors, lorsque vous visiterez ce centre aujourd'hui, ou dans les jours à venir, j'espère que vous y verrez le reflet de votre travail et de vos efforts. Et j'espère que vous serez fiers de ce que nous avons accompli ensemble. C'est grâce à vous.
Bien sûr, nous n'avons pas accompli tout ce que nous avions prévu. Aucune administration n'y parvient.
Certaines pièces exposées reflètent des affaires inachevées, et dans certains cas, mes propres lacunes et erreurs, car, comme un signe que je gardais sur mon bureau résolu, on pouvait lire : « Les choses difficiles sont difficiles. » Et c'est particulièrement vrai dans une grande démocratie bruyante, diverse et conflictuelle comme les États-Unis d'Amérique.
Chacun a son opinion, et cela signifie que pour faire avancer les choses, il faut concilier les exigences de plusieurs centaines de millions de personnes. La démocratie peut être frustrante, lente et inefficace. Mais plus que tout, j'espère que ce centre témoignera de la valeur inestimable de notre démocratie et nous rappellera ce que nous pouvons accomplir lorsque nous assumons nos responsabilités citoyennes.
Et comme nous sommes à quelques semaines du 250e anniversaire de l'Amérique, il est bon de se rappeler à quel point l'idée même d'autonomie gouvernementale était radicale en 1776. Jusqu'alors, l'histoire de l'humanité était un récit de conquêtes, de castes et de hiérarchies rigides, un monde où les forts dominaient les faibles, où le pouvoir, la richesse et le statut se transmettaient par lignée et où le plus grand nombre était gouverné par une minorité.
Mais de l'ardeur révolutionnaire naquit une autre histoire sur ce continent : la proclamation que nous sommes tous créés égaux, dotés par notre Créateur de droits inaliénables, et que dans les États-Unis nouvellement indépendants, il n'y aurait ni rois ni seigneurs, ni serfs ni sujets, mais seulement des citoyens, libres chacun de poursuivre son propre bonheur et capables de définir notre foi collective par le biais d'un gouvernement représentatif élu. Une telle chose était inédite. Et parce qu'elle était inédite, le succès de cette expérience n'était jamais acquis. En formant notre union, les Pères fondateurs furent loin de tenir la promesse de la Déclaration, maintenant l'esclavage et autorisant les États à restreindre le droit de vote aux hommes blancs propriétaires. Mais en rédigeant une Constitution et une Déclaration des droits, ils firent preuve de clairvoyance et d'ingéniosité, nous offrant un cadre permettant à chaque génération de perfectionner notre union.
Et pendant plus de deux siècles, à travers des pétitions et des manifestations, des marches et des grèves, des appels moraux lancés en chaire et des conversations lors des repas de famille, des hommes et des femmes de tous horizons, de toutes couleurs, de toutes confessions, de toutes régions, ont embrassé la cause de la démocratie et se l'ont appropriée, jusqu'à ce que « Nous, le peuple » finisse par inclure non seulement certains d'entre nous, mais nous tous.
C’est pourquoi l’histoire que nous racontons dans ce bâtiment ne commence pas par les origines de Michelle ni par les miennes, mais par celles de notre nation, avec l’imprimé de la Déclaration d’indépendance datant de l’époque fondatrice, un porte-plume et un encrier utilisés par Frederick Douglass, la Bible de Lincoln, une brochure d’Ida B. Wells, des boutons de suffragettes et un casque de chantier porté par la secrétaire au Travail de [l’ancien président Franklin Delano Roosevelt], Frances Perkins.
C’est pourquoi les expositions présentées ici ne se concentrent pas uniquement sur les politiques, mais aussi sur les valeurs partagées qui rendent la démocratie possible : la croyance en la dignité et la valeur intrinsèques de chaque personne, et que nul n’est au-dessus des lois ni en dessous de leur protection ; la croyance dans l’équilibre des pouvoirs au sein de notre gouvernement et dans la responsabilité qui découle d’un pouvoir judiciaire indépendant et d’une presse libre et forte ; la conviction que nos forces armées et nos forces de l’ordre doivent allégeance non pas à un président ou à un parti politique, mais au peuple et à notre Constitution.
La conviction que le pouvoir peut être transféré pacifiquement après que le peuple se soit exprimé lors d'élections libres et équitables, tout en reconnaissant que dans une société vaste et complexe comme la nôtre, aucun groupe ni aucune faction n'obtient gain de cause à 100 %.
Et la conviction que les qualités de caractère, l'honnêteté, l'intégrité, la bonté, la compassion, le sens du devoir et de l'honneur, ces choses-là comptent dans nos relations publiques, tout comme dans notre vie privée.
Ce sont là les valeurs et les traditions auxquelles je crois, et ce ne sont ni des valeurs républicaines ni des valeurs démocrates. Ce sont des valeurs américaines que nous pouvons tous partager, indépendamment de notre appartenance politique, des valeurs que chaque président présent aujourd'hui, aussi différents soient-ils, s'est efforcé de défendre, des valeurs auxquelles John McCain et Mitt Romney croyaient, tout comme moi. C'est notre plus grand héritage, l'histoire de l'Amérique à son apogée, car elle reflète une foi fondamentale en la bonté de nos concitoyens et la possibilité que, malgré toutes nos différences, nous puissions nous voir, nous comprendre et œuvrer ensemble pour un même but.
Voilà ce que j'espère que chaque visiteur retiendra de sa visite dans ce centre. C'est pourquoi, si vous ne venez que pour une journée et que vous n'avez pas le temps de tout voir, je vous encourage vivement à passer les extraits de mes discours – vous les avez déjà tous entendus – et à privilégier les témoignages de ces citoyens ordinaires qui ont contribué à ce changement.
Cette survivante du cancer, qui craignait que la hausse des primes d'assurance ne la force à quitter son domicile et qui a eu le courage de dénoncer publiquement la situation, est la raison pour laquelle nous avons tant milité pour une réforme du système de santé.
Le petit commerçant qui lutte pour joindre les deux bouts. L'adolescente qui m'a confié craindre que son père ne perde son emploi à cause de la crise automobile. Voilà pourquoi nous nous efforçons sans relâche de relancer notre économie après la Grande Récession.
Le soldat blessé surmontant des blessures invalidantes, la major homosexuelle de l'armée de l'air servant son pays, même contrainte de cacher son identité, ce sont eux qui nous ont incités à mettre fin à la politique « Ne demandez pas, n'en parlez pas », à prendre soin de ceux qui ont porté l'uniforme de notre pays et à agir correctement envers nos familles militaires.
Ce sont leurs voix… qui ont mené à nos succès.
Et pendant votre visite, je vous invite également à écouter les témoignages de personnes du monde entier inspirées par les idées américaines.
Oui, l'Amérique a commis sa part d'erreurs en matière de politique étrangère. Nos actes n'ont pas toujours été à la hauteur de nos paroles. Nous avons appris que nous ne pouvons pas résoudre tous les conflits ni empêcher toutes les atrocités commises dans le monde, mais, à leur meilleur, les États-Unis ont incontestablement été une force positive dans le monde.
Et ce que j'ai entendu sur tous les continents en tant que président, c'est que lorsque la politique étrangère américaine est à la hauteur de nos plus hauts idéaux, lorsque nous défendons les droits de l'homme, la démocratie et la saine gestion de notre planète, ou lorsque nous prenons l'initiative d'éradiquer les maladies, de nourrir les affamés et d'éduquer les enfants, lorsque nous encourageons la coopération entre les nations, au lieu d'essayer de dominer, d'intimider et d'exploiter chaque avantage simplement parce que nous le pouvons, et surtout, lorsque nous montrons par notre exemple ici même que même un pays aussi grand et diversifié que le nôtre peut faire fonctionner la démocratie, il s'avère que toutes les nations, y compris la nôtre, deviennent plus prospères et plus sûres, et le monde devient un peu plus lumineux.
Je reconnais que cela fait près de dix ans que j'ai quitté mes fonctions. Durant cette période, nous avons traversé de nouvelles guerres et une terrible pandémie, des crises économiques, des manifestations de masse, des réactions hostiles à ces manifestations, des conflits politiques qui ont ébranlé les fondements mêmes de notre démocratie.
Nous avons assisté à une révolution technologique qui promet des découvertes remarquables, pourrait révolutionner la médecine, mais qui accélère aussi les inégalités, mettant toute l'information mondiale au creux de nos mains, mais nous rendant paradoxalement plus difficile de distinguer le vrai du faux, nous connectant instantanément comme jamais auparavant, tout en nous rendant plus méfiants, plus repliés sur nous-mêmes, plus craintifs et plus isolés les uns des autres.
C'est énorme. Pour des millions de personnes dans ce pays et à travers le monde, l'avenir est incertain, le sol se dérobe sous nos pieds. Et tandis que les algorithmes nous abreuvent sans cesse de distractions et d'indignation, que seules les voix les plus fortes et les plus extrêmes captent l'attention, attisant nos préjugés et faisant appel à nos instincts les plus primaires et tribaux, la tentation est grande de céder au cynisme, voire au désespoir, d'abandonner tout espoir.
On commence à penser que les appels à la démocratie et à la participation civique sont ringards, démodés, ennuyeux et naïfs, que l'idée même de travailler pour le bien commun est un pari perdant, et que pour que nous gagnions, il faut que quelqu'un d'autre perde.
Je comprends. Je ne suis pas à l'abri de la colère ou du doute, mais je sais une chose : lorsque nous perdons confiance les uns dans les autres, lorsque nous cessons de croire que voter compte, que la citoyenneté compte, que nos voix collectives comptent, que la façon dont nous nous traitons les uns les autres n'a plus d'importance, et que nous abandonnons alors notre pouvoir de décider de notre avenir, nous ouvrons la porte aux plus impitoyables, aux plus insouciants ou aux plus craintifs d'entre nous, qui considèrent certains groupes et certains individus comme plus égaux que d'autres, et qui voient dans le gouvernement un simple moyen de se partager le butin, de punir les ennemis et de maintenir ceux qui sont différents à leur place.
Je ne crois pas que ce soit cette histoire de l'Amérique qui prévale à la fin.
Je n'y crois pas, car abandonner, céder maintenant, après tout ce que ce pays a traversé, au cynisme et à la division, serait une trahison de nos idéaux fondateurs, une trahison de nos convictions. Et je reste convaincu que l'immense majorité des Américains partagent ce sentiment : malgré notre inquiétude, les gens ne recherchent pas la colère et la division perpétuelles. Ils aspirent à la justice, au bon sens et au respect mutuel. Au fond de nous, nous voulons trouver un moyen de nous rapprocher les uns des autres, et non de nous éloigner davantage.
J'en suis convaincu car je l'ai constaté partout dans notre pays : des villes qui se sont unies pour reconquérir leurs rues, des communautés rurales qui ont relancé leur économie, des entreprises qui rivalisent d'ingéniosité pour rendre le logement abordable, et ces gens ordinaires, dans les villes jumelles, qui bravent le froid glacial, risquent leur propre sécurité, se serrent les coudes pour veiller sur leurs voisins, et parfois même sur des inconnus, car ils savaient que c'était la chose à faire. Je l'ai vu. Je l'ai vu chez une nouvelle génération de dirigeants, ici et dans le monde entier, de Punihei à Addison, des dirigeants déterminés à ce que nos gouvernements, nos économies et nos sociétés œuvrent pour le bien de tous. Des responsables de la Fondation Obama comme Hannah, membre du Food Corps originaire de l'Ohio rural, qui contribue à garantir à chaque enfant l'accès à au moins un repas nutritif.
Ou encore George, un entrepreneur dont l'association permet d'obtenir des médicaments non utilisés et non périmés, souvent gratuitement, pour les personnes qui en ont besoin ; ou Zuzana, une avocate polonaise spécialisée dans les droits humains, qui a remporté plus de 30 procès marquants. Des dizaines, voire des centaines de milliers de jeunes comme lui agissent concrètement pour changer les choses. Ce centre a pour vocation de soutenir leurs initiatives, de leur fournir les outils et l'aide nécessaires pour amplifier leur impact. Bien que notre action soit apolitique, nous ne sommes pas pour autant neutres. Nous avons un point de vue.
Les expositions du centre ne visent pas à susciter la nostalgie d'une époque révolue et vaporeuse, d'un passé inaccessible sur lequel on pourrait rêver en disant : « Oh, Barack, tu nous manques. » Elles sont là pour nous rappeler qui nous pouvons devenir, pour nous rappeler ce qui est possible, afin que nous puissions aller de l'avant, lucides et confiants, et accomplir le travail qui reste à faire.
Nous pouvons tirer des leçons du passé, mais l'histoire de l'Amérique n'est pas figée. Des chapitres restent à écrire, non pas par une seule personne ou quelques-unes, non pas par Barack et Michelle, ni par quiconque occupant une fonction prestigieuse, mais par nous tous.
Vous savez, l'une des choses que beaucoup de bibliothèques présidentielles ont en commun aujourd'hui, c'est une réplique du Bureau ovale. Et si vous jetez un coup d'œil à celle qui se trouve dans ce bâtiment, vous verrez des objets qui avaient une signification particulière pour moi pendant mon mandat.
Un ami du Southside m'a donné un programme qu'il avait retrouvé de la Marche sur Washington de 1963. Il y était. On y voit une peinture de Norman Rockwell représentant la Statue de la Liberté avec des ouvriers suspendus à des cordes, en train de polir la torche qu'elle brandit.
Et en chemin, vous lirez des citations de certains des plus grands dirigeants américains, notamment celle qui a inspiré l'arche que vous voyez là, à l'extrémité sud de la place, œuvre de Martin Puryear.
« L’arc de l’univers moral est long, mais il se courbe vers la justice. »
Cette citation, souvent reprise par Martin Luther King Jr., provient d'un sermon prononcé il y a plus de 170 ans par un pasteur de Boston. À l'époque, la cause abolitionniste semblait perdue : le compromis de 1850 avait fait du fait d'héberger des esclaves fugitifs un crime au regard de la loi fédérale, même dans les États ayant aboli l'esclavage.
Dans une affaire qui a attiré l'attention nationale, un jeune fugitif de Boston avait été arrêté, jugé et conduit au quai par des centaines d'officiers armés, où il avait été sommairement embarqué sur un navire à destination du Sud, où il resterait enchaîné.
Ce fut un moment de profonde incertitude et de désespoir. Un moment qualifié par le pasteur de plus sombre que tout ce que la Nouvelle-Angleterre avait connu jusqu'alors.
« Nous ne le voyons pas », a observé le révérend Theodore Parker, « la justice est toujours rendue sur terre. »
« Bien des fripons sont riches, élégants et honorés, tandis que les justes sont pauvres, haïs et tourmentés. »
« Je ne prétends pas », dit le prédicateur, « comprendre l’univers moral. Le chemin est long. »
«Mon regard ne porte guère. Je ne peux calculer la courbe et compléter la figure par la seule expérience de la vue ; je peux la deviner par la conscience, mais d'après ce que je vois, je suis sûr qu'elle se courbe vers la justice.»
Le révérend ne se faisait aucune illusion sur les périls et les obstacles auxquels était confrontée la cause abolitionniste. Ses paroles n'offraient aucune solution facile, aucune assurance réconfortante que lui ou sa congrégation vivraient assez longtemps pour voir les progrès qu'ils recherchaient avec tant d'ardeur.
Il s'agissait plutôt d'une déclaration de foi, d'un appel vibrant à ne pas abandonner l'espoir ni à céder à la peur, mais à rester fidèles à ce qu'il y a de meilleur en nous, et les uns aux autres, et à continuer le combat, à tenir la promesse de cette nation, même face à la cruauté et à l'amère déception, même face à l'impossible. C'est dans cet esprit que nous inaugurons le centre aujourd'hui, le même esprit que tant d'entre vous ont manifesté il y a tant d'années, le même esprit qui a inspiré des générations d'Américains à relever les défis de leur époque, le même esprit qui est bien vivant ici, dans le Southside de Chicago, le même esprit qui nous permettra de voir l'Amérique et le monde traverser les épreuves actuelles.
Une nouvelle génération est prête à écrire le prochain chapitre de notre histoire. Nous souhaitons l'aider à y parvenir et nous vous invitons à vous joindre à nous.
Merci. Que Dieu vous bénisse. Que Dieu bénisse les États-Unis d'Amérique.