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samedi 23 octobre 2021

Le focus. Taïwan, le défi majeur des démocraties

Lors d’un «townhall meeting» audiovisuel à Baltimore, c’est-à-dire une réunion publique retransmise par la télévision, en l’occurrence la chaîne CNN, Joe Biden a réitéré ses propos sur la défense de Taïwan, si l’île disposant d’un régime démocratique était attaquée par la Chine qui veut s’assoir sur son indépendance et la volonté de ses citoyens au motif qu’elle serait «historiquement» un territoire lui appartenant, une affirmation contestable au-delà de ce recours à la force armée contre un peuple libre brandi constamment par les communistes de Pékin et qui a retrouvé de la vigueur avec le régime dictatorial de Xi Jinping.

En passant, cela rappelle toute l’inanité de soi-disant «experts» de la Chine et de politistes qui nous expliquent depuis des années que les Chinois ne sont pas fait pour la démocratie et que leur culture la rejette au profit d’une société communautariste et hiérarchisée où l’on utilise de manière frauduleuse la pensée de Confucius comme base théorique.

Non seulement Taïwan en est l’exemple contraire mais Hongkong l’était aussi jusqu’à sa reprise en main par Xi sans oublier évidemment la contestation de 1989 qui conduisirent au massacre de la place Tienanmen en 1989.

Ayant dit cela, Taïwan est en train de devenir le défi majeur des démocraties, c’est-à-dire le point critique où leur volonté de défendre la liberté, l’Etats de droit, les valeurs humanistes et le respect de la dignité de l’individu est mise à l’épreuve et le sera de plus en plus ces prochaines années par un régime totalitaire en place en Chine.

Bien entendu, d’autres points chauds qui sont autant de défis pour les démocraties existent et se multiplient.

Et force est de dire que leur réponse lorsqu’il a fallu pour certains d’entre eux réagir et agir a été souvent complètement en-deçà du challenge à relever et ridiculement inepte.

Ce fut le cas pour l’Ukraine envahie par les Russes de Poutine, ce dernier grignotant également petit à petit les dernières libertés dans son pays, pour Hongkong dont on vient de parler, pour la répression du mouvement démocratique en Syrie, pour le récent coup d’Etat au Mali, pour l’établissement d’une véritable dictature en Biélorussie et la pour reprise en main de l’Afghanistan par les talibans.

Sans oublier la violation de l’Etat de droit de l’Union européenne par des pays comme la Pologne ou la Hongrie.

Et la liste n’est pas limitative…

Dès lors, il est à espérer que les Etats-Unis tiendront leur promesse mais que les autres pays démocratiques, dont ceux de l’Union européenne, feront les mêmes engagements parce que derrière la liberté des Taïwanais, il y a, à terme, la nôtre.

mardi 12 octobre 2021

Le focus. Les menaces chinoises s’accentuent et la réponse des démocraties n’est pas la hauteur

Les démocraties sont le plus souvent dans la réaction plutôt que dans l’action face aux menaces dont elles sont l’objet et qui mettent danger leur existence même.

Le nazisme, le communisme et le terrorisme en ont largement profité et en sont malheureusement la preuve.

Aujourd’hui, elles ont à faire face à nombre de périls dont l’un des plus importants, si ce n’est le plus important, est la Chine dont le totalitarisme, la volonté hégémonique, la pensée impérialiste mâtinée de revanche envers l’Occident et l’agressivité, sans oublier les multiples provocations et, surtout, les violences à Hongkong, au Tibet, au Xinjiang et les intimidations constantes vis-à-vis de Taïwan ainsi que de tous ses voisins, montrent qu’il est temps d’abandonner toute faiblesse et toute mansuétude.

Parce que le pouvoir communiste de Pékin a lui-même décidé d’être en guerre larvée avec tous ceux qui ne sont pas d’accord avec lui sous la houlette du psychorigide Xi Jinping dont les mains se couvrent chaque jour d’un peu plus de sang.

Et cette guerre est globale parce qu’elle touche tous les domaines, du politique à l’économique en passant par la culture et, bien plus inquiétant, le militaire.

Les Etats-Unis ont décidé, à juste titre, de faire de la Chine le principal risque pour la liberté et la paix dans le monde.

L’Union européenne, elle, commence à se réveiller mais n’est toujours pas à la hauteur du défi que pose les communistes nationalistes chinois.

D’autant que certains de ses membres ont même introduit le ver dans le fruit en ayant des accords avec la Chine qui les rendent très vulnérables et qui font que souvent ils freinent les initiatives européennes pour se protéger de l’hubris de celle-ci.

De plus, dans une naïveté réelle ou feinte, cette dernière étant encore plus coupable, nous faisons crédit des déclarations du dictateur Xi alors même que les Chinois ne font quasiment rien contre la pollution (leur programme de développement de centrales au charbon en est la preuve la plus évidente) et que tout en affirmant leur volonté pacifique de réunification avec Taïwan, envoient une trentaine de chasseurs survoler l’espace aérien de l’île…

Pendant des années, ils ont fait semblant d’ouvrir leur marché intérieur pour mieux bénéficier des nôtres, ce qui leur a permis de s’enrichir et de se rendre indispensable à nos économies sans réelle réciprocité.

Et, nec plus ultra, nous avons cru à cette propagande qui nous affirmait que la Chine était un pays qui ne recherchait jamais le conflit et n’avait aucune ambition territoriale.

Une supercherie éhontée lorsque l’on sait toutes les guerres qui ont ensanglanté le monde chinois, faisant des millions et des millions de morts, qui, au départ, rappelons-le, n’est pas plus uni que le monde européen.

Et l’annexion du Xinjiang et du Tibet ainsi que de plusieurs îles de la mer de Chine qui appartiennent à d’autres montrent que le pays n’a jamais rechigné à envoyer ses soldats pour s’approprier des territoires, l’Inde en sait quelque chose.

Que faudra-t-il pour que nous prenions enfin conscience de ce qu’est réellement cette Chine du début du 21e siècle?

Espérons que ce ne sera pas une guerre…