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mardi 25 septembre 2012

L’EDITORIAL D’ALEXANDRE VATIMBELLA. La menace chinoise et les Etats-Unis


En cette période électorale aux Etats-Unis mais également de changement de direction en Chine, les tensions sont fortes entre les deux pays.
Des tensions qui sont exacerbées par l’agressivité, depuis deux ans, des autorités chinoises vis-à-vis de beaucoup d’autres pays dans le monde et plus particulièrement sur leurs voisins proches sur tout et n’importe quoi mais, essentiellement sur des différends territoriaux qui ont l’avantage de pouvoir servir d’exutoire à une population privée de son droit à la liberté d’expression, majoritairement nationaliste ainsi que traditionnellement hostile aux étrangers.
Les actuels événements entre la Chine et le Japon (mais aussi entre la Chine et le Vietnam, les Philippines, l’Inde, etc.) à propos de quelques îlots revendiqués par les deux pays sont, à ce propos, emblématiques (voir notre article sur le sujet).
Cette menace guerrière de la Chine n’est qu’une des facettes de la menace globale que la puissance asiatique fait peser sur le monde.
Il y a également la menace économique mais aussi la menace environnementale.
Quand on parle de la menace économique, cela recouvre à la fois le commerce international, les conséquences des pratiques économico-financières, les problèmes des matières premières et le type de développement suivi par la Chine.
On comprend que celle-ci veuille se développer d’autant qu’une grande partie de sa population est encore pauvre, voire très pauvre.
Néanmoins la communauté mondiale ne peut accepter que cela se fasse à son détriment.
Le contournement des règles commerciales et financières ou la volonté de ne pas se préoccuper des conséquences écologiques pour booster le plus possible sa croissance afin d’éviter au pouvoir communiste en place de perdre sa légitimité face au peuple, tout autant, que l’agressivité diplomatique et militaire, ne peuvent laisser les autres pays sans réaction et au premier rang desquels, les Etats-Unis
Face à cette menace, les Américains ont décidé après une opération main tendue sans grand résultat de signifier aux Chinois qu’ils ne se laisseraient pas faire.
Relatant un dialogue tendu entre Barack Obama, le président américain, et Hu Jintao, le président chinois, en novembre 2010, le New York Times (*) estime qu’il fut «un tournant dans la relation complexe du président (américain) avec la Chine, un voyage qui avait commercé avec espoir et accommodement mais qui est tombé dans la désillusion après que Pékin commença à montrer ses muscles sur les questions commerciales et militaires, prouvant être un partenaire agressif sur nombre de problèmes mondiaux».
Renforcement militaire en Mer de Chine, plaintes devant l’OMC (Organisation mondiale du commerce), politique diplomatique volontariste vis-à-vis des alliés traditionnels (Japon, Thaïlande, Corée du Sud, par exemple) mais aussi des nouveaux (Inde, Vietnam) et des possibles (Birmanie), critiques de la politique monétaire chinoise, sont autant de signes parmi d’autres que Washington a réagi à l’impérialisme chinois qui se dessine ici ou là sous couvert d’un softpower prônant une harmonie confucianiste promu par le Parti communiste chinois ces dernières années et auquel plus personne ne croit désormais.
Bien entendu, les Etats-Unis avancent en terrain quelque peu miné.
D’une part, parce que la Chine est son plus gros créancier (même si celle-ci n’a aucun intérêt à jouer là-dessus car elle pourrait perdre une grande partie de ses réserves de change).
D’autre part, parce qu’une grave crise entre les deux pays pourraient avoir des conséquences désastreuses sur la mondialisation au moment où les Américains et les Européens traversent des turbulences économiques (mais qui impacterait grandement la Chine également).
Malgré tout, il semble que nous soyons loin, dorénavant, d’un partenariat entre la Chine et les Etats-Unis, ce fameux G2 qui aurait gouverné le monde entre deux puissances responsables et sachant que leur entente était bonne pour elles et le monde entier.
Néanmoins, on ne peut pas dire, non plus, que nous sommes entrés dans une ère d’affrontement paroxystique entre Pékin et Washington.
D’abord parce qu’aucun des deux pays ne peut se le permettre, ni n’a les moyens de cet affrontement et n’en retira pas forcément un avantage.
Ensuite parce que la puissance militaire chinoise est toute virtuelle pour l’instant. Les experts en la matière, malgré le nombre de soldats, malgré la modernisation des matériels et le récent lancement du premier porte-avions «made in China», estiment pour la plupart que ses capacités sont loin d’être démontrées.
Reste que la concurrence ne va certainement pas s’amenuiser car les deux pays ont une position à défendre: les Etats-Unis, celle de première puissance mondiale, la Chine, celle du retour à son «rang légitime», de sa puissance et de sa capacité de plus en plus grande à influencer le monde.
La seule inconnue, cependant, et elle est de taille, consiste à apprécier la sagesse d’un pouvoir autoritaire quand il se sent, sans pour autant que cela reflète la réalité, à la fois, assez fort vis-à-vis de l’extérieur et, en même temps, menacé de l’intérieur. Ici, l’histoire ne donne guère de motifs d’optimisme…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

lundi 24 septembre 2012

MONDIALISATION-EUROPE-ECONOMIE. Réindustrialiser l’Europe, oui mais comment?


Le CAS, Conseil d’analyse stratégique du Premier ministre français, organisait, le 24 septembre, un colloque sur la croissance en Europe, en étudiant, notamment, la possibilité pour l’Europe de se réindustrialiser, un thème à la mode dans la plupart des pays de l’Union européenne sauf en l’Allemagne où l’industrie se porte bien et dans quelques pays de l’Est du continent.
Mais, que veut dire exactement de terme de «réindustrialisation» ont demandé les participants? On peut, par exemple, a expliqué le chef d’entreprise Gildas Sorin (Novaled) le prendre comme produire sur place ou, alors, comme mettre au point des produits qui sont confectionnés partiellement ou totalement ailleurs.
D’autant que le processus de faire revenir des usines dans certains pays ne signifie pas forcément que cela va créer plus d’emplois.
Ainsi, certaines chaines automatisées ne requièrent que quelques salariés pour les faire fonctionner.
Par ailleurs, la réindustrialisation passe pour l’économiste Patrick Artus (Natixis), en particulier en France à l’opposé de ce qui se passe pour l’Allemagne ou l’Italie, par des gains de compétitivité et une montée en gamme qui sont des obligations qui ont été oubliées depuis que l’euro a été mis en place.
Reste que l’ensemble des participants est tombé d’accord pour dire qu’un tissu industriel conséquent est une arme anticrise économique importante mais également efficace, selon l’expert suisse Reinhart Wettmann, contre les partis extrémistes puisque l’Allemagne qui possède une industrie forte n’a pas vue naître de telles formations politiques qui ont fleuri un peu partout ailleurs en Europe.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

jeudi 20 septembre 2012

INDE-ECONOMIE. L’Inde obligée de libéraliser son économie


Sur fond de ralentissement économique et d’inflation toujours forte, le gouvernement tente à nouveau l’ouverture libérale.
Celle-ci est indispensable depuis longtemps mais la forte croissance enregistrée par le pays ces dernières années avait permis aux hommes politiques, notamment ceux du parti du Congrès au pouvoir, de la repousser à chaque fois avec peu de conséquences visibles.
Or, structurellement, ce refus de réformer le tissu économique du pays a abouti à la situation actuelle où les fondamentaux de la machine productive indienne sont atteints et pourraient empêcher l’Inde à sortir de ses énormes problèmes de développement.
Dès lors, il ne restait plus qu’au gouvernement du Premier ministre, Manmohan Singh d’intervenir.
C’est dans ce sens que ce dernier a annoncé la libéralisation du commerce de détail avec la possibilité pour des groupes étrangers de la grande distribution d’être majoritaires dans des sociétés possédant des grandes surfaces ou la libéralisation du transport aérien avec ouverture aux compagnies étrangères.
Pour éviter un blocage comme cela s’était produit auparavant, Manmohan Singh a indiqué que ce seraient aux Etats de décider de mettre en place ou non ces réformes.
Déjà, plusieurs d’entre eux ont indiqué qu’ils s’y attèleraient quand d’autres ont, eux, déclaré qu’ils s’y refusaient.
Une des raisons de ces ouvertures est de faire en sorte de rassurer les investisseurs étrangers qui se sont détournés de plus en plus du marché indien ces derniers mois alors que le pays ne peut se passer de leurs capitaux.
Louis-Jean de Hesselin
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mercredi 19 septembre 2012

MONDIALISATION-CHINE-COMMERCE. Menaces sérieuses sur les relations économiques entre la Chine et le Japon


Le différend territorial qui oppose le Japon et la Chine à propos de quatre îlots déserts mais regorgeant sans doute de gaz et de pétrole et dont les eaux sont très poissonneuses est en train, une nouvelle fois de tendre les relations toujours compliquées entre les deux puissances asiatiques.
Mais l’affaire Senkaku/Diayou (noms de l’archipel en japonais et chinois) semble plus sérieuse tant les deux pays ne sont pas prêts à un compromis.
De même, la Chine est en train de tester la résistance du Japon par une pression constante militaire (envoi de bateaux de guerre au large des îlots) après avoir débuté les provocations en y envoyant des «pêcheurs» et par des manifestations de rue dans tout le pays, notamment devant l’ambassade du Japon à Pékin.
En outre, les médias chinois brandissent l’arme des rétorsions économiques, en particulier la privation des terres rares dont la Chine est le quasi-unique producteur et exportateur et dont l’industrie japonaise, surtout celle des produits technologiques grand public mais aussi spécialisés a un besoin vital.
Le Japon aurait sans doute plus à perdre dans une confrontation économique d’autant que de nombreuses usines appartenant à des groupes nippons, par exemple aux constructeurs automobiles ou aux fabricants de produits électroniques, se trouvent sur le sol chinois.
Nicolo Morfino
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mardi 18 septembre 2012

MONDIALISATION-CHINE/ETATS-UNIS-COMMERCE. Les Etats-Unis attaquent la Chine à l’OMC


Le gouvernement américain a décidé d’attaquer la Chine devant l’OMC (Organisation mondiale du commerce) pour concurrence déloyale dans le secteur de l’automobile.
C’est ce qu’a annoncé le président Barack Obama lors d’un meeting électoral dans l’Ohio.
Cette plainte vise les pratiques de Pékin consistant, selon les Etats-Unis mais les pays européens, à subvention les exportations de voitures chinoises tout en ayant mis en place des droits de douane prohibitifs pour l’entrée de voitures étrangères, notamment américaines.
Cette action devant l’OMC intervient alors que la campagne présidentielle américaine bat son plein et que les deux candidats, Barack Obama et Mitt Romney, critiquent de plus en plus la Chine et, notamment, ses pratiques commerciales qui sont accusées de causer du tort à l’économie américaine.
Mais elle se déroule aussi sur fond de ralentissement de la croissance mondiale et de nouvelles difficultés pour l’ensemble des constructeurs mondiaux avec une baisse des ventes, notamment sur deux des marchés les plus en expansion ces dernières années, le chinois et l’indien.
L’industrie automobile américaine, sauvée de la faillite et de disparition par Obama au début de son mandat, est grosse pourvoyeuse d’emplois directs et indirects, notamment dans les Etats clés comme l’Ohio qui décideront de qui occupera la Maison blanche pour les quatre prochaines années.
Pour autant, le leader sur le marché chinois est General Motors, le premier constructeur américain et mondial…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

samedi 15 septembre 2012

ETATS-UNIS-FINANCE. La FED décide de soutenir encore l’économie américaine


Ben Bernanke, le président de la FED (Federal reserve, la banque centrale américaine) a annoncé que cette dernière allait à nouveau prendre des mesures pour soutenir l’économie américaine afin de tenter de booster la croissance trop faible et de faire baisser le taux de chômage trop élevé (le soutien à l’emploi étant une mission de la banque).
Cette action sera de long terme ou, en tout cas, «tant que les perspectives sur le marché du travail ne s’amélioreront pas substantiellement» selon la FED.
Ces mesures s’ajoutent à celles déjà prises auparavant, portant ainsi à 85 milliards le montant de ses rachats d’obligations du Trésor à long terme jusqu’à la fin de l’année.
En outre, les taux directeurs de la FED devraient demeurer pratiquement nuls jusqu’au milieu de l’année 2015.
Nicolo Morfino
© 2012 LesNouveauxMondes.org

vendredi 14 septembre 2012

ETATS-UNIS-ECONOMIE. Les six défis du prochain président


Quel que soit le prochain président des Etats-Unis, Barack Obama ou Mitt Romney, celui-ci devra faire face à d’impressionnants défis en matière économique et sociale.
Christophe Destais, directeur adjoint du CEPII (Centre d’études prospectives et d’information internationales) en a listé six au cours d’une conférence qui accompagne la sortie du nouvel ouvrage du centre(*): la croissance molle (la tendance de long terme étant de 2% par an), des créations d’emplois pas assez nombreuses, une politique budgétaire trop laxiste, une politique de liquidités de la FED (banque centrale américaine) dangereuse et pas assez efficace, un secteur financier réparé mais pas réformé et des inégalités inefficaces.
A propos de ces dernières, il estime d’ailleurs que le projet de budget du candidat républicain à la présidence, Mitt Romney, n’est pas réalisable en l’état, c’est-à-dire de baisser les impôts notamment des plus riches tout en gardant des dépenses élevées.
Concernant le haut taux de chômage, il note qu’un des problèmes majeurs des Etats-Unis est le découplage constaté depuis longtemps entre la courbe de la croissance et celle de l’emploi.
En outre, il demeure très réservé sur la réalité présente et à venir de la réindustrialisation du pays, une volonté de Barack Obama, les chiffres actuels ne montrant pas réellement de retournement de situation dans ce domaine et les relocalisations étant, de son point de vue, peu nombreuses et dans peu de secteurs.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

(*) L’économie mondiale en 2013, ouvrage collectif, CEPII, Editions La Découverte (en vente à partir du 20 septembre

jeudi 13 septembre 2012

MONDIALISATION-CHINE-ECONOMIE. La Chine va aider ses exportations


Le gouvernement chinois a donc choisi de relancer son économie par les mêmes techniques éprouvées dans le passé mais dangereuses pour le futur.
Après avoir approuvé un plan d’investissement dans les infrastructures, le voilà qui intervient, dans la foulée, pour aider les entreprises exportatrices qui souffrent du ralentissement économique de la zone euro et d’une croissance pas assez forte aux Etats-Unis.
Ainsi, les banques vont accorder plus facilement des crédits aux PME, les compagnies d’assurance vont proposer des services à l’export et les pouvoirs publics vont accélérer les remboursements de taxes à l’exportation tout en baissant les tarifs de certaines procédures administratives.
Alexis Levé
© 2012 LesNouveauxMondes.org

mardi 11 septembre 2012

L’EDITORIAL D’ALEXANDRE VATIMBELLA. De la profondeur des fissures du Bric


Les difficultés actuelles de l’Inde, de la Chine, de la Russie et du Brésil, les pays du Bric, obligent à se demander si celles-ci vont perdurer à moyen et long terme et si, surtout, elles n’annoncent pas les limites du miracle du développement, notamment économique, de ces quatre grands émergents.
Si les situations de la Russie et du Brésil sont difficiles, leurs croissances respectives n’étaient déjà pas aussi dynamiques que celles de la Chine et de l’Inde jusqu’à présent.
De même, les deux géants d’Asie semblaient, malgré toutes leurs faiblesses, être sur une expansion sans fin.
Le retour de bâton sera peut-être d’une extrême dureté.
Ainsi, en Chine, alors que l’on attend la nomination de la nouvelle direction du Parti communiste (et donc de l’Etat), dans le courant du mois d’octobre, les mauvais indicateurs se multiplient, que ce soit, par exemple, le moral des ménages et des dirigeants d’entreprise ou les invendus qui s’amoncèlent faute de clients sur le marché intérieur ou à l’exportation.
La croissance est en baisse, sans que les analystes aient une idée très précise sur le moment où le rebond aura lieu et l’inflation fait une réapparition, néanmoins encore légère.
Mais les défis de la Chine sont énormes.
Si le gouvernement vient d’annoncer de nouvelles mesures de relance par le biais, encore une fois (une fois de trop?) des investissements publics dans les infrastructures, les déséquilibres sont impressionnants.
Ainsi, afin de lutter contre la spéculation immobilière très dangereuse pour l’équilibre financier du pays, Pékin a décidé de ne pas autoriser l’achat d’un deuxième appartement par un même couple. Résultat, un effondrement du secteur avec de nombreux licenciements.
De même, afin de lutter contre la pollution et l’engorgement, certaines villes ont réglementé l’achat de voitures. Résultat, un effondrement des ventes pour les constructeurs automobiles avec, également de nombreux licenciements.
Sans parler de l’endettement des provinces, la pollution des cours d’eau, les difficultés du secteur agricole, la délocalisation de nombreuses usines du fait de l’augmentation des salaires, le retard technologique malgré l’explosion des dépôts de brevets, la situation démographique déséquilibrée alors que la population est trop nombreuse, etc.
D’autant que le développement actuel de la Chine n’est pas soutenable sur le long terme, simplement parce qu’elle ne pourra pas se fournir en matière premières suffisantes.
Ce qui pose un autre problème: comment sortir alors de la pauvreté des centaines de millions de personnes qui s’y trouvent encore? Personne n’a la réponse.
Quant à l’Inde, certains se demandent s’ils n’ont pas pris leurs désirs de voir le pays sortir de ses difficultés endémiques pour une réalité.
La grande panne d’électricité qui a frappé le pays cet été était tout sauf une surprise pour ceux qui savent depuis longtemps que les infrastructures en la matière sont vétustes et loin de produire le courant nécessaire pour faire tourner normalement les usines dont certaines doivent même fermer plusieurs jours par mois à cause de cette incapacité.
D’autant qu’elle s’est produite alors que la croissance de l’Inde est de plus en plus faible et que les déficits publics, du fait notamment de subventions dans tous les domaines – des emplois à l’alimentation en passant par l’énergie – se creusent.
Se surajoute à cela, un gouvernement paralysé dans sa volonté de mettre en place des réformes indispensables car pris en otage qu’il est par sa base et ses alliances électorales avec des petits partis uniquement préoccupés par leur système clientéliste. …
Bien entendu, la Chine et l’Inde, ainsi que la Russie et le Brésil, ont encore des ressources et des capacités immenses.
Cependant, comme c’est souvent le cas, celles-ci ont été surévaluées ou, en tout cas, les problèmes structurels de leurs économies n’ont pas été assez pris en compte.
Ainsi, tout comme l’effondrement de l’Europe serait une catastrophe mondial, le décrochage de la Chine et de l’Inde, ensemble, aurait des conséquences désastreuses au niveau de la planète.
Personne ne le souhaite, évidemment. Encore faut-il que les actes suivent.
Les dirigeants de Pékin et de New Dehli sont conscients des défis qui se présentent à eux.
Seront-ils y faire face est une autre histoire…
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

lundi 10 septembre 2012

MONDIALISATION-EUROPE-ECONOMIE. L’existence de l’euro et de l’Europe liées?


En présentant le nouveau rapport RAMSES (*), trente-et-unième du nom, Thierry de Montbrial, directeur général du think tank IFRI (Institut français des relations internationales) s’est dit convaincu qu’une disparition de l’euro entraînerait une désintégration de l’Union européenne.
Même s’il ne pense pas que les membres de l’Union, notamment l’Allemagne, jouent la carte du pire, il estime que ce dernier n’est pas à écarter d’autant que les gouvernements européens doivent prendre des décisions difficiles et les appliquer face à des opinions publiques devenues très eurosceptiques, ce qui n’est pas encore le cas dans la plupart des pays.
Comme il explique dans l’introduction du rapport, l’Union européenne doit faire face aujourd’hui à «une énorme crise de gouvernance, derrière laquelle se profile une autre crise, celle-là existentielle» sur sa signification.
Bien sûr, et les Européens ont la mémoire courte, l’intégration européenne a permis aux pays du Vieux continent depuis soixante ans la croissance et la paix, deux acquis essentiels, à défaut d’avoir pu créer une réalité politique sous la forme d’une fédération.
Mais, comme l’Histoire nous l’apprend, rien n’est donné et les atermoiements des dirigeants européens face à la crise montrent une absence de responsabilité (et/ou de capacité!) qui rend possible les scénarios les plus noirs.
D’autant que si l’Europe s’effondre, le monde entier en subira les conséquences.
Pourtant le directeur de l’IFRI ne se veut pas trop pessimiste: «la bonne nouvelle (…) est que les principaux protagonistes de la partie qui se joue ont clairement conscience des enjeux».
Mais, comme celui-ci l’explique très bien «les Européens ont perdu la foi en l’Union européenne. Or, le salut ne peut que procéder d’un renforcement considérable de cette Union».
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org
(*) Ramses 2013 / Gouverner aujourd’hui?, ouvrage collectif sous la direction de Thierry de Montbrial et Philippe Moreau Defarges, IFRI, Editions Dunod, 32 €

vendredi 7 septembre 2012

MONDIALISATION-ECONOMIE. L’économie mondiale à la recherche d’un moteur


Le CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales) publie son traditionnel et annuel livre sur l’économie mondiale (*) au moment où celle-ci est dans l’incertitude et ses responsables dans l’inquiétude.
Comme l’explique deux des auteurs de cet ouvrage collectif, Agnès, Bénassy-Quéré – directrice du CEPII – et Agnès Chevalier, «la faiblesse de la croissance américaine et le ralentissement des pays émergents laissent l’économie sans moteur».
Et celui-ci ne risque pas d’être l’Europe où la croissance est proche de zéro (et celle de la zone euro en récession).
D’autant que les dernières prévisions de l’OCDE pour 2013 ne sont pas bonnes avec une récession en vue en France mais aussi en Allemagne.
Dès lors, les auteurs ne sont guère optimistes à l’image d’Agnès Chevalier: «cinq ans après le début de la crise financière, l’incertitude sur la politique budgétaire américaine et le ralentissement dans les pays émergents s’ajoutent à la spirale infernale qui emporte la zone euro pour assombrir les perspectives de l’économie mondiale».
Concernant plus spécifiquement les deux grandes puissances mondiales, les Etats-Unis et la Chine, les visions de leur avenir par les économistes du centre d’études sont assez différentes comme on peut aisément le comprendre.
Pour l’Amérique, Christophe Destais estime que la future administration, issue des élections présidentielles et législatives du 6 novembre prochain), devra gérer des «grands défis économiques qui l’attendent: mise en œuvre d’une politique budgétaire de long terme qui rassure les créanciers sans que l’ajustement ne pèse trop sur une conjoncture fragile, rendre l’économie américaine plus riche en emplois mais aussi – certainement – mettre en place les filets de sécurité qui lui permettent de vivre avec un volet plus important de chômeurs, contribuer à la stabilisation, voire au redressement des comptes extérieurs et à la réindustrialisation du pays, enfin, assainir vraiment les pratiques du secteur financier».
Le tout dans un environnement politique polarisé que l’échéance électorale ne règlera pas selon les sondages, avec des démocrates et des républicains qui ne semblent pas capables de trouver les compromis nécessaires par la faute d’une radicalisation parfois extrême des élus du Parti républicain.
En revanche, Michel Aglietta, même s’il pointe les déséquilibres et les faiblesses de la Chine, n’en fait pas moins un descriptif de son développement en 2030 très largement positif alors que de sombres nuages pèsent actuellement sur l’économie du pays, sur la capacité de Pékin à créer un véritable marché intérieure et à se désintoxiquer de ses exportations et, surtout, sur sa capacité gérer un système financier plombé par des dépenses d’infrastructures par l’Etat central pour soutenir la croissance et par un endettement énorme des gouvernement locaux (pour soutenir l’emploi mais aussi dû à la corruption) par le biais de structures incapables de faire face à leurs engagements.
Mais il est vrai, et c’est le pari de l’économiste du CEPII, que les Chinois ont encore la possibilité d’infléchir leur avenir grâce à de très nombreux atouts et retrouver leur rang perdu au cours du XIX° siècle de première puissance économique mondiale.
Quoiqu’il en soit, les défis pour tous les pays de la planète sont immenses comme nous le rappelle fort justement et à propos cet ouvrage toujours aussi intéressant.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

- L’Economie mondiale 2013, CEPII, Editions La Découverte

mercredi 5 septembre 2012

MONDIALISATION-ETATS-UNIS. «Obama’s America», un festival culturel pour découvrir les Etats-Unis métissés


Qui mieux que les Etats-Unis pouvaient être en pointe dans le métissage culturel?
Ce dernier est en effet la résultante de l’approfondissement démocratique de nos sociétés et de l’ouverture aux autres, notamment par le biais de la mondialisation, phénomène pas seulement économique (globalisation) mais également culturel, social, sociétal et migratoire.
New York est ainsi la capitale incontestable de ce nouveau monde appelé à lentement s’imposé au cours du XXI° siècle.
N’y trouve-t-on pas la plus grande diversité de populations venues de la terre entière mais aussi des dialectes des quatre continents dont elle est souvent le dernier refuge?!
C’est la raison pour laquelle la mégalopole fascine autant mais aussi attire les haines comme le prouvent les attentats du 11 septembre qui ne pouvaient avoir pour principale cible que le cœur de la cité de la côte Est pour tous ceux qui refusent ce melting-pot mondial dans un repli identitaire fanatique et dangereux.
C’est pour faire découvrir et permettre de comprendre ce métissage et cette diversité que l’American centrer of arts de Paris organise à la Dorothy’s Gallery (*) du 14 septembre au 10 novembre, un «festival culturel» intitulé «Obama’s America, les milles visages de l’Amérique».
Celui-ci prendra la forme d’une série d’événements artistiques, culturels et politiques allant des expositions aux concerts en passant par des débats, des conférences et des rencontres, voire des rendez-vous culturo-culinaires.
Un programme très riche (à consulter sur les sites www.dorothysgallery.com et www.americancenter-arts.com) concocté par Dorothy Polley.
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

(*) Dorothy’s Gallery - 27 rue Keller, 75011 Paris / Métro Bastille / tél.: 01 43 57 08 51

mardi 4 septembre 2012

INDE-ECONOMIE. Ralentissement moins fort que prévu de la croissance indienne


Selon les statistiques officielles, la croissance de l’Inde a été de 5,5% au premier trimestre de l’année budgétaire 2012-2013, c’est-à-dire d’avril à juin.
Les analystes tablaient sur un taux de 5,3%.
Reste que ce chiffre demeure préoccupant même si le gouvernement estime que le rythme de croissance du PIB devrait être plus élevé dans les mois qui viennent.
Pour autant, il ne pourra sans doute pas dépasser de beaucoup les 6% qui est le chiffre retenu pour la croissance 2012-2013, loin des 8%-9% des dernières années et encore plus éloigné des 10% qui était l’objectif à moyen terme du Premier ministre Manmohan Singh, le seul à même de sortir l’énorme majorité de la population indienne encore pauvre selon lui.
Alexis Levé
© 2012 LesNouveauxMondes.org

dimanche 2 septembre 2012

MONDIALISATION-GEOPOLITIQUE-ECONOMIE. La géopolitique et l’entreprise


Dans son dernier numéro, la Nouvelle revue de Géopolitique publie un article de son responsable éditorial et spécialiste de prospective, Jeremy Ghez, sur l’intérêt de l’entreprise à développer et posséder une vision géopolitique (*).
L’auteur reconnaît tout de suite que cette analyse à long terme est le plus souvent vue comme un «luxe», voire une «hérésie» dans un monde où tout devient instantanéité et où le chef d’entreprise est accaparé par le court-terme.
Pourtant, il estime que «la politique influence largement l’environnement stratégique dans lequel l’entreprise évolue et dans lequel le dirigeant prend ses décisions. Comprendre les dynamiques politiques et géopolitiques peut conférer un avantage stratégique décisif au chef d’entreprise suffisamment curieux et adoptant une vision suffisamment large».
Ainsi, continue-t-il, «une bonne appréhension des dynamiques politiques et géopolitiques permet de tester la pertinence d’une décision et d’une stratégie développée hier, sous des cieux bien différents».
Il est sûr que certaines erreurs aux très lourdes conséquences auraient pu être évitées si certaines entreprises avaient analysé correctement leur environnement géopolitique et avaient pu avoir la flexibilité nécessaire pour s’adapter à des nouvelles donnes.
Jeremy Ghez explique, cependant, que les outils font encore défaut dans ce domaine avant de donner quelques pistes.
«Il est possible d’identifier un certain nombre de principes qui pourraient constituer une telle approche: compréhension des rapports de force et des avantages stratégiques, capacité à manier et à mettre à jour les probabilités de scénarios prospectifs, maîtrise de la notion d’inconnu et des événements rares, et prise en compte du risque humain et des différences culturelles.»
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org

(*) «La géopolitique: un outil stratégique pour l’entreprise?», Jeremy Ghez, la Nouvelle revue de Géopolitique, n°5, juillet-septembre 2012, 10 €

samedi 1 septembre 2012

MONDIALISATION-CHINE/ETATS-UNIS-COMMERCE. Les pratiques commerciales chinoises déloyales auraient détruits 2,7 millions d’emplois américains


L’Economic Policy Institute, un think tank américain de gauche, estime que les pratiques déloyales de la Chine en matière commerciale auraient coûté à l’économie des Etats-Unis 2,7 millions d’emplois (dont 2,1 millions d’emplois dans le seul secteur manufacturier).
Selon l’enquête de l’institut réalisée par Robert Scott, les raisons sont multiples mais la première et principale serait la manipulation du taux de change entre le dollar et le yuan.
L’économiste estime ainsi que la monnaie chinoise est sous-évaluée à hauteur de 33% face à la devise américaine.
Mais l’Economic Policy Institute accuse également le gouvernement chinois de bafouer les droits des travailleurs et de les sous-payer.
De même Pékin subventionnerait illégalement les exportations du pays afin que les produits chinois soient beaucoup plus concurrentiels.
Tout aussi illégaux seraient ses tarifs douaniers très élevés dans certains secteurs pour empêcher les importations.
L’étude pointe également du doigt l’entrée de la Chine dans l’OMC (Organisation mondiale du commerce) en notant que celle-ci lui a permis d’inonder les marchés internationaux tout en se protégeant et permettant aux multinationales du monde entier de produire à des coûts nettement plus bas et à faire des profits nettement plus élevés en faisant produire par des usines chinoises, tuant ainsi de nombreux emplois, en particulier aux Etats-Unis.
Tous les Etats de l’Union ont été touchés par ce phénomène qui concernerait, entre 2001 et 2011, 1,94% des emplois aux Etats-Unis.
Ceux qui ont été le plus touchés sont le New Hampshire (qui a perdu 2,94% de ses emplois), la Californie (2,87%), le Massachussetts (2,86%) et l’Oregon (2,85%).
Néanmoins, pour l’Economic Policy Institute, il ne s’agit pas d’un jeu où il n’y aurait qu’un perdant (les Etats-Unis) et qu’un gagnant (la Chine).
Ainsi, la Chine est devenue très dépendante des Etats-Unis pour son développement économique et possède une grande partie de la dette américaine.
Elle n’a donc pas les moyens de se passer de ce «partenaire» et cela représente aussi un grave danger alors que son économie est en difficulté et qu’elle ne parvient toujours pas à réorienter massivement celle-ci vers son marché intérieur.
Enfin, Robert Scott conclut en expliquant que «la relation commerciale entre les Etats-Unis et la Chine a besoin d’un changement fondamental. S’attaquer aux politiques de taux de change et aux problèmes des règles du travail de l’économie chinoise est un premier pas important. Il est temps pour le gouvernement (américain) de répondre aux appels grandissants d’économistes, de travailleurs, d’hommes d’affaires et du Congrès et d’agir pour arrêter la manipulation illégale des devises par la Chine et d’autres pays».
Alexandre Vatimbella
© 2012 LesNouveauxMondes.org