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dimanche 20 novembre 2022

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Pour un monde aux milliards de cultures

J’ai ma propre culture, tu as la tienne comme tous les autres habitants de la planète.

Chacun de nous à sa propre culture qui n’est pas réductible à une autre et plus encore à une culture d’un groupe plus ou moins large.

Nous avons beau être Français, Américains, Russes, Ivoiriens, Chinois, Saoudiens, Fidjiens, nous avons beau habiter en Europe, en Asie, en Amérique, en Afrique, en Australie, nos visions, nos références, nos préférences individuelles peuvent se rapprocher d’autres mais ne seront jamais être totalement identiques.

Surtout, elles ne sont absolument pas solubles dans des catégories prédéterminées et closes que l’on appelle «culture nationale» ou «culture ethnique» ou «culture religieuse» ou quoi que soit d’autres appellations voulant globaliser et englober de manière restrictive et rabougrie la formidable diversité et richesse que nos cultures individuelles représentent.

Au moment où l’Humanité atteint 8 milliards de membres, le nombre de cultures vivantes et existantes sur notre planète est bien de 8 milliards!

Cette représentation d’une culture, à la fois, individualiste et universaliste recèle la possibilité de vivre en commun et en paix beaucoup plus que celles de «grandes cultures» qui s’opposent constamment et provoquent des conflits sans fin.

Le nationalisme a beaucoup plus tué que l’individualisme, ne l’oublions pas.

Et le racisme ou l ethnocentrisme ont provoqué nombre de génocides, l’individualisme aucun.

La volonté de dominer le monde ne vient pas d’une culture individuelle mais bien collective.

C’est d’ailleurs le mot d’ordre de tous les dictateurs que de faire prédominer la culture de leurs pays, de leurs «races» ou de leurs ethnies respectives.

Un des aspects le plus important de ces cultures individuelles, c’est qu’elles permettent de trouver nombre de points communs entre les individus et de respecter les différences qui ne sont en aucune manière des menaces pour sa propre culture mais un moyen de l’enrichir si on le souhaite sans aucune pression.

C’est pourquoi la culture individuelle est la base même de la culture universelle, celle du partage et non de l’affrontement.

La culture individuelle pour être ce vecteur de rapprochement et de destin commun nécessite évidemment le respect de l’autre, la reconnaissance de sa dignité et de son individualité.

De même, les cultures individuelles dans leurs expressions publiques ne peuvent prospérer que dans un régime de liberté et d’égalité mais également de fraternité, dans un monde où la dignité de chacun et de tous est placée au-dessus de tout.

Ajoutons que le mélange de toutes ces cultures individuelles produit cette exceptionnelle culture mondiale qui donne une tout autre dimension à la capacité et à la créativité des humains.

Bien entendu, avec notre culture individuelle, nous pouvons nous identifier avec d’autres cultures individuelles avec lesquelles nous avons une plus grande proximité.

Elle ne nous empêche pas, non plus, de trouver des points communs et des affinités qui nous permettent de ressentir un lien privilégié avec d’autres, ce qui permet de partager des références communes, de se sentir appartenir à une communauté plutôt qu’à une autre.

Mais il n’en demeure pas moins que ce sentiment d’affiliation à des référents culturels communs provient d’une appréciation personnelle libre où nous estimons sans contraintes que ce partage n’annihile pas notre individualité, ni ne la dilue dans un ensemble où nous devrions accepter ce qui n’est pas nous et nos visions.

Aujourd’hui, de multiples freins empêchent que les milliards de cultures individuelles rapprochent les humains entre eux, que ceux-ci viennent d’une éducation où l’autre différent est plutôt vu comme un étranger que comme un même, d’une culture dominante qui réprime toute tentative de mélange, de régimes autocratiques et totalitaires qui prospèrent sur la confrontation et la guerre des cultures.

Le chemin demeure donc à tracer très largement pour détruire les murs entre humains que représentent les systèmes culturels fermés et exclusifs voire intolérants afin d’établir une culture mondiale qui sera le socle d’une vraie paix parce que seule à même de réunir toutes nos ipséités non-réductibles à des grands ensembles qui secrètent de la violence et de la confrontation qui seules peuvent leur garantir leur existence.

Alexandre Vatimbella

 

 




samedi 19 novembre 2022

Le Focus. Etats-Unis - Trump, candidat en 2024: le retour du clown pathétique devenu un dangereux séditieux

Au moment où le Parti républicain enregistre une bonne nouvelle avec le gain de la majorité à la Chambre des représentants, une autre nouvelle pourrait être, à l’inverse, dévastatrice pour son camp.

Il s’agit, bien sûr, de l’annonce par Donald Trump de sa candidature pour la présidentielle de 2024 lors d’un discours où l’on retrouvait, sans surprise tous les ingrédients de son populisme radical, de sa hargne et ses mensonges habituels sans oublier son narcissisme mégalomaniaque jusqu’à son délire de persécution.

Celui qui n’était qu’un clown pathétique en 2016 est devenu un dangereux séditieux qui menace directement l’existence de la démocratie américaine.

Son passage catastrophique à la Maison blanche puis sa tentative de coup d’Etat en janvier 2021 sont là pour nous rappeler le péril qu’il continue de représenter pour le monde libre.

Rien ne dit évidemment qu’il a une chance de l’emporter mais rien ne dit malheureusement le contraire.

Ce n’est pas parce qu’une majorité d’Américain ne veut plus entendre parler de lui et le remiserait bien dans les poubelles de l’Histoire en scellant définitivement le couvercle, qu’il ne peut pas réussir son come-back à la mode Grover Cleveland, le seul président américain à avoir fait un mandat puis avoir été battu lors de sa réélection pour se représenter une troisième fois et être élu pour un second terme.

Car, rappelons cette réalité difficilement compréhensible dans une démocratie du troisième millénaire, Trump n’a jamais remporté une élection avec la majorité des suffrages.

En 2016, lors de sa victoire contre Hillary Clinton, il avait un retard de trois millions de voix par rapport à la centriste démocrate et seul le système archaïque et anti-démocratique des grands électeurs, désignés Etat par Etat, lui a permis d’accéder à la Maison blanche.

Quant à sa défaite de 2020 face à Joe Biden, elle a été lourde et sans conteste avec plus de sept millions de voix d’avance pour l’ancien vice-président de Barack Obama.

Il semble qu’une majorité de républicains ne souhaitent pas qu’il puisse se représenter et encore moins qu’il gagne.

Cependant, ce n’est aucunement rassurant pour ceux qui n’ont pas la mémoire courte et qui n’ont pas oublié qu’en 2016, la situation était exactement la même avec un tir de barrage de la quasi-totalité des leaders et des élus du Parti républicain contre sa candidature ce qui ne l’a pas empêché d’être désigné par les militants puis d’être soutenu par pratiquement la quasi-totalité du parti lors de la campagne pour l’élection générale.

Deux ans nous sépare de la prochaine présidentielle américaine et il peut se passer énormément de choses jusque là.

Comme, par exemple, la condamnation de Trump par la justice, notamment pour sa tentative de coup d’Etat mais également plusieurs autres affaires, qui l’empêcherait de pouvoir se représenter.

Parce que si la logique était respectée, celui qui veut enfermer tous ses opposants derrière les barreaux, devrait s’y trouver depuis longtemps…

Reste que Trump est un phénomène qui n’est pas né soudainement mais bien le résultat d’une dérive droitière de plus en plus radicale puis extrémiste du Parti républicain depuis une soixantaine d’années.

Il rappelle également que les Etats-Unis n’en ont pas fini avec leurs vieux démons comme celui du racisme d’une partie de la population, de la violence inhérente de la société et d’une tradition populaire qui valorise jusqu’à l’absurde les personnages douteux qui se dressent contre l’Etat de droit et tiennent des discours ou des comportements populistes.

De ce point de vue, Trump ou pas Trump, c’est bien à un exorcisme de ces errements que le pays doit se livrer pour qu’enfin son réelle soit en adéquation avec la promesse qu’il est censé représenter.

vendredi 18 novembre 2022

Commentaire. Commenter des résultats d’une élection que l’on n’a pas est un danger pour la démocratie

Lors de la désormais célèbre élection présidentielle américaine de 1948, des journaux titrèrent sur la défaite d’Harry Truman alors qu’in fine celui-ci la remporta.

Ce camouflet de la presse qui est devenu un cas d’école n’a pourtant jamais empêché la manie médiatique de commenter des résultats que l’on na pas de conitinuer!

A chaque élection, avec l’aide de sondages plus ou moins approximatifs selon le type de scrutin et en meublant l’antenne avec des experts médiatiques, les télévisions et les radios analysent et expliquent systématiquement ce qui s’est passé alors que l’on ne sait pas quel sera exactement le verdict des urnes.

Une manie qui s’est évidemment amplifiée avec l’apparition des chaînes d’information en continu et internet.

Les élections de mi-mandat qui viennent de se dérouler aux Etats-Unis n’échappent pas à la règle.

Dès  la fermeture des bureaux de vote, le résultat final n’était pas encore connu mais nous avons eu droit à un nombre incalculable d’heures d’antenne ainsi que d’écrits qui nous ont expliqué ce qu’il fallait penser de ce que l’on ne sait pas et avec des titres parfois affirmatifs!

Ce serait comique et consternant si cette manie n’avait pas des conséquences néfastes pour la démocratie.

Cela permet en effet des analyses à l’emporte-pièce qui ne renforcent guère la crédibilité des médias, donc de l’information qu’ils diffusent auprès de la population mais, surtout, cela permet à certains d’instrumentaliser l’élection dans le sens de leurs intérêts.

On le voit bien avec les populistes radicaux qui, avant même la fin du scrutin, clament qu’ils ont gagné ou que les élections ont été truquées en bénéficiant d’une couverture médiatique importante pour diffuser fake news et théories complotistes.

Ainsi de Donald Trump qui a agi de la sorte lors de toutes les élections auxquelles il a participé avec en point d’orgue la présidentielle de 2020 qu’il a perdu mais dont il a revendiqué la victoire le soir de l’élection puis n’a jamais reconnu celle de Joe Biden.

Il a récidivé lors de ces «midterms» en annonçant juste après la fermeture des bureaux de vote une victoire écrasante du Parti républicains et surtout des candidats qu’il avait adoubés, ce qui n’est pas la réalité de ce qui s’est passé…

Tout cela instille le doute sur la bonne tenue des élections et les possibles fraudes surtout quand une victoire annoncée tourne à la défaite ou quand l’évolution des scores inverse la tendance petit à petit.

Cette contestation des élections est concomitante avec ce bruit médiatique assourdissant et c’est tout sauf une coïncidence fortuite...

 

jeudi 17 novembre 2022

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Affronter les temps obscurs et le tragique de l’Histoire est le devoir du citoyen engagé

Par temps obscurs, je ne fais pas référence à une époque précise comme ce Haut-moyen-âge qui fut vilipendé pendant longtemps à tort mais à toutes ces périodes où, à cause de l’action humaine, déferlèrent la haine, la violence et le chaos avec son lot de destructions et de morts comme ce fut le cas lors de la Première et la Deuxième guerre mondiale, par exemple.

Quant au tragique de l’Histoire ce sont tous ces événements qui impactent sans cesse les populations mondiales depuis la nuit des temps comme c’est fut cas de manière paroxystique avec l’Holocauste ainsi que les génocides cambodgiens et rwandais ou, actuellement avec l’agression de la Russie contre l’Ukraine et le génocide des Ouïghours en Chine, pour prendre les exemples les plus paroxystiques.

Définis ainsi, on peut dire que les temps obscurs et le tragique de l’Histoire sont la condition de l’Humanité prise en tant que communauté qui fait partie de la tragédie qui accompagne la condition humaine.

Car on peut y associer les ravages causés par la nature et qui deviennent par leur ampleur des faits historiques comme la peste noire du 14e siècle en Europe, le tremblement de terre du Shaanxi en Chine au 16e siècle ou l’éruption du Tambora en Indonésie en 1815 et plus près de nous le tsunami de 2004 dans l’Océan indien.

Une nature qui est la principale cause de mortalité du vivant qu’elle a créé, ne l’oublions pas quand certains veulent la diviniser et lui donner une personnalité juridique alors que nous devons la protéger au nom d’une devoir de protection de l’Humanité…

Néanmoins, ce qui nous intéresse ici, c’est l’action humaine et ses conséquences.

En effet, reconnaître cet état de fait implique que les humains doivent être conscients de cette réalité pour ne pas se la cacher sous des appellations de malédiction, de sort, surtout de destinée ou de fatalité.

Ce qui permet alors d’être dans le découragement, la démission et le renoncement et donc l’inaction et, in fine, dans une lente disparition.

Le challenge du réchauffement climatique est un bon exemple.

«Puisqu’il en est ainsi» disons-nous trop souvent en nous résignant.

Parce qu’ici, rien d’inexorable.

Bien sûr, l’Histoire semble prouver le contraire et aussi loin qu’elle remonte, elle nous parle de ces temps obscurs et du tragique qui accompagne le cours de l’existence humaine sans cesse et sans relâche.

Mais elle nous dit aussi que rien n’était écrit et que nous avons trop souvent choisi le pire.

On pourrait néanmoins en conclure que cela prouve que l’espèce humaine est intrinsèquement violente et qu’elle le sera toujours.

Cependant, nous sommes capables de nous extraire de ce qui semble être un cercle vicieux dans nos agirs quotidiens mais également sur des actions de moyen et long terme.

Par exemple avec la construction européenne ou, avant la Deuxième guerre mondiale, la création de la Société des nations qui devint en 1945 l’ONU.

Nous sommes aussi capables, notamment dans les sociétés démocratiques, de mettre hors-la-loi tous les actes barbares et de les sanctionner durement avec un consensus de la population.

Bien sûr, cela ne fait pas le poids face à l’ignominie et l’innommable que nous sommes capables de produire mais cela signifie que nous ne sommes pas pris pour l’éternité dans une spirale infernale dont nous ne serions pas capables de sortir.

Et c’est là l’important qui nous oblige sans échappatoire malhonnête à ne jamais renoncer, à ne jamais invoquer la fatalité, à ne jamais dire «puisqu’il en est ainsi»…

Cela nous oblige à être des citoyens engagés et éveillés parce qu’il y a, au bout du chemin, un espoir de changer le monde.

Oui, il est possible de faire front aux temps obscurs et au tragique de l’Histoire parce que nous sommes capables d’imaginer un monde meilleur ?

Et nous devons sans faiblir nous appuyer sur cette capacité, non pas pour fantasmer sans rien faire d’un paradis sur Terre qui n’existera jamais mais pour agir sans renoncement pour construire la meilleure société possible.

Le découragement et la démission nous guettent évidemment à chaque instant car, ici, rien n’est facile, ni donné.

Mais, si nous avons perdu tant de batailles, nous n’avons pas encore perdu la guerre.

Alexandre Vatimbella


mercredi 16 novembre 2022

Commentaire. Poutine a raté tous es objectifs

Il voulait être un nouveau tsar à la poigne stalinienne, réinstaller la Russie comme puissance mondiale majeure aux côtés des Etats-Unis et de la Chine, précariser l’Union européenne, devenir le leader d’un nouveau paradigme mêlant pouvoir fort, absence de liberté et nationalisme étriqué, se servir sur le dos de l’Ukraine pour augmenter sa richesse indécente (certains le considère comme l’homme le plus riche de la planète).

Il voulait être un héros de l’histoire russe et un des personnages les plus importants de l’Histoire.

In fine, il sera un perdant, un criminel et un traître à sa patrie.

Un perdant parce que, quoi qu’il arrive, il sera associé au fiasco qui pourrait devenir un désastre de son invasion de l’Ukraine qu’il croyait pouvoir conclure en une semaine puis annexer le pays de fait en nommant des marionnettes à sa tête et le piller.

Le nombre de soldats russes morts, blessés et faits prisonniers sans parler de ceux qui ont déserté ou ne veulent plus de battre est une tâche indélébile pour celui qui se considérait comme un chef de guerre à l’égal d’Yvan le Terrible ou Pierre le Grand.

Un criminel parce que sa soldatesque a semé la mort partout où elle est passée en Ukraine (et avant dans d’autres pays comme la Syrie) avec des exactions dont beaucoup sont des crimes de guerre et sans doute des crimes contre l’Humanité.

Ajoutons à cela la répression de son propre peuple pour dresser le portrait d’un vulgaire assassin.

Un traître parce qu’aujourd’hui, incapable de gagner la guerre, il est sous la menace d’un leadership des Occidentaux qu’il prétendait vouloir affaiblir et, surtout, sous la coupe de son «allié», Xi Jinping, le maître de la Chine, l’ennemie héréditaire de la Russie, son plus grand cauchemar à travers les siècles.

Oui, Poutine restera dans l’Histoire comme un minable scélérat dont les crimes serviront à montrer que le mal existe bien comme ses emblématiques prédécesseurs tels Hitler, Staline, Mao et quelques autres crapules du même acabit.