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samedi 17 septembre 2022

Commentaire. La démocratie américaine peut-elle surmonter le populisme radical?

Trump n’est que la résultante d’un phénomène bien plus profond qui a toujours existé aux Etats-Unis depuis leur fondation et qui réapparait à périodes répétées, le populisme radical où se retrouvent des forces hétéroclites qui ont toutes le même objectif, détruire la démocratie libérale, honnie pour ses valeurs humanistes, au nom d’un peuple fantasmé et d’une Amérique idéalisée comme nation de pionniers de la Frontière où se mêlent relents religieux, racistes et exceptionnalistes qui se mélangent allègrement pour produire une vision étriquée du rêve américain.

Ce qui est inquiétant c’est la puissance actuelle de ce populisme radical qui s’est organisé en une coalition insurrectionnelle des haineux, des envieux et des factieux, manipulée par quelques agitateurs subversifs et organisations séditieuses, financée par de riches ultra-conservateurs dévoyés qui a gangréné petit à petit la démocratie américaine et qui instrumentalise les valeurs étasuniennes pour mieux les abattre.

Elle est le fruit de la réaction contre le libéralisme des années 1960, le mouvement des droits civiques pour les noirs, l’immigration hispanique venue d’Amérique latine et centrale et le modernisme progressiste au sens large mais aussi, paradoxalement par rapport à ceux qui le finance, le capitalisme débridé.

Ce mouvement était déjà présent dans les années 1960 avec Goldwater, a pris de l’importance sous l’ère Nixon et a connu son véritable envol avec Reagan, trois républicains dont deux présidents, ce qui n’est pas une pure coïncidence mais bien toute la résultante d’une stratégie pensée et voulue de ceux-ci pour agréger autour d’eux toute l’Amérique réactionnaire et obscurantiste, souvent ignare, sur les valeurs traditionnalistes de la droite dure.

Mais, que ce soit Nixon, Reagan et Bush, ils n’ont pas osé exciter ce mouvement de foule jusqu’à l’insoumission et la rébellion.

C’est ce qu’à fait Trump qui y a vu le seul moyen de conquérir la Maison blanche puis d’y rester quoi qu’il arrive, ce qu’il a tenté après sa défaite face à Joe Biden en 2020 en organisant un coup d’Etat le 6 janvier 2021.

Cette défaite n’a absolument pas porté un coup fatal ni même dur à cette coalition.

Sans doute que le seul moyen d’y parvenir c’est de n’avoir aucune faiblesse face aux meneurs, en premier lieu, Donald Trump.

Celui-ci doit être traduit devant la justice et condamné pour ses crimes à une peine d’enfermement.

Doivent le suivre en prison tous ceux qui l’ont aidé et qui, pour certains, sont des provocateurs de l’ultra-droite depuis des années.

Ces peines, si elles sont exemplaires et sévères éteindront certainement une grande partie de ce mouvement qui ne brille pas par le courage de ses membres comme le prouvent leurs comportements lorsqu’ils sont poursuivis pas la justice.

Restera, bien sûr, ces organisations séditieuses mais, là, comme dans d’autres démocraties, il est illusoire de penser les éliminer dans le court terme.

En revanche, les contrôler et les empêcher de nuire seront suffisant pour assurer la paix civile.

vendredi 16 septembre 2022

Editorial. Extrême-droite – aucun pays n’est à l’abri de la peste brune

Aujourd’hui c’est la Suède qui fait l’actualité avec la victoire de la Droite soutenue officiellement dans une coalition par l’extrême-droite, ce qui doit surprendre que ceux qui ne croient que les clichés des médias.

Cette fameuse «terre de la social-démocratie» où «le consensus est roi» et la «société apaisée» recèle en réalité en son sein les pires mouvements nationalises d’extrême-droite, violents et jusqu’au-boutistes qui défendent les valeurs et la race vikings!

Et cela fait longtemps qu’ils gangrènent la société suédoise tout autant que ceux de France, d’Italie, d’Allemagne, de Hongrie, de Pologne, de Grèce, de Belgique, etc.

Ils sont présents dans la plupart des pays de l’Union européenne pour ne pas dire tous…

Mais ils sont là également aux Etats-Unis, au Brésil, au Royaume-Uni, etc.

Ce qui est nouveau dans certains pays, c’est leur montée en puissance comme par exemple en Espagne où, depuis la disparition de Franco, aucun mouvement fasciste n’avait réussi à s’implanter dans le paysage politique jusqu’à l’arrivée récente de Vox.

Du coup, plus aucune démocratie n’est à l’abri de la peste brune qui, petit à petit, se répand comme une épidémie lente mais dangereuse et potentielle mortelle pour la liberté.

Souvent couplée avec la montée du populisme – qui permet aussi à des mouvements d’extrême-gauche de proliférer –, elle bénéficie du vote de personnes qui sont sensibles au discours du bouc émissaire et du catastrophisme mais qui voient aussi légitimer tous leurs penchants les plus irrespectueux et violents par les diatribes de ces partis qui excitent sans cesse leurs angoisses et leurs peurs de l’autre.

Les digues tiennent encore peu ou prou avec des accidents comme avec Trump, Bolsonaro ou Orban et, peut-être, bientôt, en Italie, avec Meloni.

Accidents parce qu’on n’en est pas encore à un processus de non-retour vers un régime autocratique comme ce fut le cas en Italie avec Mussolini, en Argentine avec Péron.

Mais ces accidents nous prédisent, si nous n’agissons pas pour renforcer les digues et éloigner les périls, des cataclysmes, d’autant que l’autocratie est la voie royale vers le totalitarisme.

mercredi 14 septembre 2022

Le Focus. En 2050, la population féminine rattrapera celle des hommes mais les problèmes demeureront

Il y a aujourd’hui plus d’hommes que de femmes dans le monde (106 hommes pour 100 femmes).

Cette différence s’explique surtout par le fait que plus de garçons naissent que de filles et, surtout, que dans certains pays, un choix en faveur des garçons est fait par les couples comme c’est le cas en Chine et en Inde, aujourd’hui surtout par des tests prénatals pourtant interdits mais également par infanticides dans les campagnes reculées.

Un garçon lorsqu’il sera adulte sera une aide pour ses parents alors que la fille ira vivre dans la famille de son mari et donc n’aura aucune utilité pour sa famille d’origine.

Cette différence – au-delà du sort réservé aux nouvelles-nées tuées ou abandonnées et aux filles qui sont considérées comme un fardeau – est problématique sachant que, dans l’Histoire, tous les pays qui avaient plus d’hommes que de femmes étaient plus belliqueux que les autres et faisaient souvent la guerre pour aller chercher les femmes qui leur manquaient dans les autres pays.

On peut aussi supposer qu’un trafic d’être humains à grande échelle permettait de résoudre en partie le problème.

Mais, selon les Nations Unies, une parité entre les hommes et les femmes pourraient se réaliser en 2050.

Néanmoins cela ne règlera aucun des problèmes évoqués ci-dessus.

D’abord parce que c’est un ratio au niveau mondial ce qui veut dire que des pays auront plus de femmes que d’hommes – c’est d’ailleurs déjà le cas dans nombre de pays comme ceux de l’Union européenne ou les Etats-Unis, surtout la Russie – pendant que d’autres continueront à avoir un surplus d’hommes.

Ensuite parce que ce rattrapage féminin se fera mécaniquement par le vieillissement de la population et que les femmes ont une espérance de vie plus longue que les hommes et non grâce à une place sûre et protectrice offerte aux filles.

On comprend bien que cela ne changera pas grand-chose pour les jeunes hommes qui seront encore plus nombreux que les jeunes femmes et qui voudront une compagne.

Donc des risques liés à cette quête.

L’égalité hommes-femmes est bien évidemment le remède à cette situation.

On peut saluer les efforts faits dans nombre de pays et se désoler que dans d’autres comme en Afghanistan ou en Arabie Saoudite, on en soit encore à des pratiques rétrogrades et irrespectueuses de la dignité de la femme.

Sans oublier un développement à la fois économique et social où il ne serait plus besoin de compter sur des bras masculins pour assurer sa vieillesse ou, tout simplement, sa survie.

mardi 13 septembre 2022

Le Focus. Et si Poutine était en train de démontrer la force de l’Occident

Vladimir Poutine n’a de cesse ces dernières années de fustiger la faiblesse de l’Occident, son effondrement moral et son manque de courage pour défendre ses valeurs et ses intérêts.

Fort de cette conviction, le maitre du Kremlin a pensé qu’il pouvait le défier sans trop de risques, l’invasion de l’Ukraine ainsi que la sale guerre qu’il y mène faisant partie de cette stratégie qui, pense-t-il, doit lui permettre de revivifier l’empire russe sur les décombres de la démocratie libérale avant de redevenir une superpuissance comme au temps de l’URSS plus que de celui des tsars.

Or, avec son enlisement en Ukraine où la contre-attaque menée par Zelenski semble mettre à mal une armée russe où l’incompétence le dispute à la vétusté ainsi qu’avec la réponse ferme et collective des Occidentaux, il est en train de démontrer tout le contraire.

Ainsi ceux qui, comme lui – n’est-ce pas monsieur Xi Jinping –, pensaient que l’Europe, les Etats-Unis et leurs alliés dans le monde comme le Japon, l’Australie, le Canada et quelques autres n’avaient plus l’envie de résister, ceux-ci montrent au contraire leur vitalité et leur mobilisation pour défendre leur civilisation et leurs valeurs.

Cette résistance est la bonne nouvelle pour la liberté et la dignité humaine.

Elle envoie un message aux régimes autocratiques et totalitaires comme aux organisations terroristes, que les Occidentaux ne plieront pas devant eux et que les peuples directement agressés, comme les Ukrainiens, se battront avec tout le courage issu de la conviction d’être du côté du bien.

Cette erreur de jugement d’un Poutine qui en a commis bien d’autres devrait lui coûter cher dans les temps qui viennent s’il ne parvient pas à éviter une débandade en Ukraine.

Aux yeux de l’Histoire, il est définitivement un criminel au même titre que Staline et un fossoyeur de la puissance russe bien plus qu’un Gorbatchev qu’il n’a pourtant cessé de stigmatiser en le rendant faussement responsable de l’effondrement de l’URSS.

 

lundi 12 septembre 2022

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Ne pas se tromper sur ce qu’est le progrès pour l’Humanité

Créer une machine n’est pas un progrès c’est une simple avancée technologique; créer une machine qui améliore, dans toutes les dimensions que signifie ce verbe, la vie des gens est un progrès au sens d’avancée sociétale.

Une nouveauté, une invention, une idée ou une pratique nouvelle, un droit nouveau, une découverte scientifique ou technologique ne sont pas en soi un progrès.

Pour qu’ils le soient, il faut qu’ils apportent du mieux.

Du mieux et avec lui, pas sans lui, éventuellement du plus.

Dans le progrès le qualitatif doit primer sur le quantitatif mais les deux associés sont évidemment souhaitables.

Si l’on réduit le progrès à toute avancée quelle qu’elle soit, on passe à côté de l’essentiel qui est l’amélioration du bien-être de l’humain, surtout, on permet à tous les conservateurs au sens littéral du terme, ceux qui veulent conserver l’ordre ancien pour de multiples raisons qu’elles soient de classe, corporatiste, idéologique, etc. de bloquer le cheminement positif de nos civilisations.

Par ce raccourci, il est ainsi facile de démontrer et parfois avec raison que, souvent, une nouvelle technique, une nouvelle organisation dans tel secteur ou dans l’entière société, voire un nouveau comportement, une nouvelle pensée dominante ou qui devient hégémonique possèdent plus d’effets négatifs que positifs.

Le progrès ne peut être négatif sinon il n’est que son contraire, la régression.

Et il ne peut être découpé en tranche, c’est-à-dire être un «progrès» scientifique, par exemple, tout en étant une régression sociale.

Réduire le progrès au nouveau est un raccourci dévastateur pour l’amélioration du bien être des individus.

Quand un scientifique chinois modifie des embryons humains, cette avancée scientifique – une nouveauté – est une totale régression pour l’Humanité, un recul humaniste.

L’utilisation d’une avancée ou d’une nouveauté dans quelque domaine que ce soit peut également mener à la régression alors que celles-ci auraient pu participer au progrès.

On le voit bien dans certaines études universitaires qui partent d’un socle sérieux et sont détournées pour de simples motifs politiciens afin de servir la propagande d’idéologies dangereuses.

Comment qualifier également la capacité de plus en plus destructrice des armes, un progrès?

Evidement non, une avancée technologique terrifiante qui nous a fait passer de conflits «artisanaux» et des guerres mondiales «industrielles».

Nous avons besoin du progrès pour améliorer voire changer radicalement en mieux notre existence.

Les nouveaux médicaments, les règles d’hygiène, les technologies agricoles qui ont permis d’éliminer la famine peuvent être considérer comme des progrès.

Mais aussi les législations qui protègent les enfants, les travailleurs ou les consommateurs.

De même que tout ce qui permettra dans les années à venir à lutter contre la pollution et les problèmes liés au changement climatique.

C’est pourquoi ceux qui fustigent le progrès, le vrai, en utilisant les artifices du mélange des genres sont la plupart du temps de simples réactionnaires à la vision archaïque du monde et de l’Humanité qui utilisent le fameux argument du retour à un âge d’or ou de sa préservation alors même qu’il n’a jamais existé.