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lundi 10 juin 2024

Editorial d’Alexandre Vatimbella. Je m’en fiche que mon voisin de palier mange du cassoulet, du couscous ou du canard laquais, je veux juste qu’il soit un démocrate


Je m’en fiche que mon voisin de palier mange du cassoulet, du couscous ou du canard laquais, je veux juste qu’il respecte ce que j’aime manger.

Je m’en fiche que mon voisin de palier croit en un dieu ou plusieurs, en la nature ou en rien du tout, je veux juste qu’il respecte ce que je crois.

Je m’en fiche des choix de mon voisin de palier s’il respecte les miens, c’est-à-dire qu’il respecte ma dignité et mon individualité comme je respecte les siens, qu’il ne m’impose donc pas ses choix comme je ne lui impose pas les miens.

Ce que je veux de mon voisin de palier, c’est qu’il soit juste un démocrate c’est-à-dire que ses choix de vie n’impliquent que lui-même et personne d’autre.

Et même si mon voisin de palier est représentatif de toute la population et que je suis seul dans mes choix, tant que mes choix respectent ceux des autres et leurs dignités, je lui interdit de me dénier ma liberté de choisir ma vie et de vivre libre et égal à lui.

La différence entre un démocrate et un adepte des régimes autoritaires et totalitaires, c’est que le premier vit sa vie sans vouloir l’imposer aux autres alors que le deuxième estime que ses choix de vie doivent être la norme et que tout déviant de celle-ci doit être puni au nom de normes et de morales dont il a décidé qu’elles étaient obligatoires.

La différence entre un démocrate et un adepte des régimes autoritaires et totalitaires, c’est que le premier pose le respect de la dignité et de l’individualité de toute personne au-dessus de tout autre principe car de ce respect découle une société de liberté et d’égalité.

Tous ceux qui estiment qu’ils sont des victimes de la société démocratique parce qu’ils ne peuvent imposer leur manière de vivre comme norme unique sont en réalité des prédateurs de la liberté qu’ils ne conçoivent que comme étant une déviance qu’il faut éliminer.

La seul cadre légitime est l’universalisme car il nous traite, mon voisin de palier et moi, comme deux égaux dont aucun, ni lui, ni moi, n’a un quelconque droit supérieur.

Je ne lui dénie pas de vivre ses choix, ni de vivre avec des personnes qui partagent ses choix si il ne les leur a pas imposés mais aucune communauté, qu’elle soit culturelle, cultuelle, ethnique ou autre, ne possède des droits particuliers qui lui permettrait de s’organiser et d’adopter ses propres règles qu’elle imposerait à ceux qui en font partie mais aussi à tous les autres au nom d’un quelconque respect qui serait un irrespect à leurs choix de vie.

Je ne dénie pas à mon voisin de critiquer mes choix de vie tant qu’il ne me dénie pas de critiquer les siens et tant qu’il n’agit pas pour m’empêcher de vivre la vie que j’ai choisie et que je n’impose à personne d’autre que moi.

Oui, je m’en fiche des choix personnels de mon voisin de palier tant qu’ils ne m’interdisent pas de vivre les miens dans la liberté et l’égalité avec lui.

Alexandre Vatimbella

 

dimanche 9 juin 2024

Editorial. Oui, la commémoration est totalement légitime pour toujours aller de l’avant sans jamais oublier


Les reproches en France contre Emmanuel Macron sur sa soi-disant frénésie mémorielle qui serait autant de manière d’occuper l’espace médiatique que de l’utiliser à des fins politiciennes et électoralistes sont inappropriées.

Car se rappeler c’est honorer ou se recueillir mais c’est aussi et surtout empêcher le retour de ce qui s’est passé ou de mettre en avant des personnes ou des faits qui ont  fait progresser l’Humanité et les valeurs humanistes.

Le mémoriel permet de ne pas oublier mais aussi de construire l’avenir et de fonder le présent.

C’est vrai que le récit mémoriel n’est pas toujours en totale adéquation avec le récit historique, ce qui est parfois un euphémisme.

Néanmoins, la commémoration permet une union autour de faits marquants qui permettent de construire un récit pour une communauté, la souder et provoquer de la fraternité.

Ainsi, les «journées internationales» qui se succèdent dans l’année et qui ont connu une inflation conséquente ces dernières années, permettent au moins de se rappeler et d’honorer des individus, des groupes ou des idéaux ainsi que de rappeler les combats à mener en regard des valeurs humanistes.

La commémoration mémorielle peut être aussi utilisée avec une totale légitimité lorsqu’il s’agit de l’opposer aux dérives du présent.

De ce point de vue, avoir fait du 80e anniversaire du débarquement allié sur les plages de Normandie, un événement d’une grande ampleur face au retour des extrémismes qui ont été la cause de cette Deuxième guerre mondiale et de ses dizaines de millions de morts dont on ne saura sans doute jamais s’ils étaient au-dessous ou au-dessus des 60 millions, est totalement justifié.

 

 

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samedi 8 juin 2024

Point de vue. Trump, modèle de Marine Le Pen


En janvier 2017, Marine Le Pen fit spécialement le voyage de New York pour aller rencontrer un de ses modèles en politique et qui venait de remporter l’élection présidentielle étasunienne, Donald Trump.

Elle souhaitait se faire prendre en photo et se faire adouber par ce dernier à quelques semaines de la présidentielle française.

Et si elle fit le pied de grue pour rien dans la Trump tower, Donald ne daignant pas la rencontrer, l’héritière de la petite entreprise familiale créée par son misérable père n’a jamais renié la proximité avec le fils indigne d’un promoteur affairiste et raciste.

Rappelons que madame Le Pen avait souhaité l’élection de monsieur Trump en déclarant:

«Donald Trump, c'est le retour des nations, c'est l'arrêt de la mondialisation sauvage, de cette dérégulation, de cette disparition des frontières qui, je crois, a fait beaucoup de mal aux nations. Je pense qu'un dirigeant qui plaide pour le retour de la nation, pour le retour du patriotisme, pour le retour des frontières et pour le retour de la souveraineté, cela va à mon avis dans le sens de l'histoire.»

Puis, elle s’était réjouie de ce qu’il l’avait remportée en déclarant, «clairement, la victoire de Donald Trump est une pierre supplémentaire dans l’émergence d’un nouveau monde, qui a pour vocation à remplacer un ordre ancien».

Et si madame Le Pen fut bien obligée de reconnaître en janvier 2021 la victoire de Joe Biden sur Donald Trump lors de la certification des résultats par le Congrès qui donna lieu à la tentative de coup d’Etat des trumpistes plus qu’encouragés par leur idole, elle affirmait le lendemain du scrutin en novembre 2020 qu’elle ne reconnaissait «absolument pas» la victoire du démocrate, estimant qu’il existait «des recours» et qu’il fallait que «la justice puisse trancher avant de décider de ce qui sort des urnes», ajoutant, «je fais partie de ceux qui ne félicitent pas le futur président des États-Unis, parce que je ne considère pas que le match est joué tant qu'on n'a pas terminé les prolongations» et ce alors même que Biden avait obtenu plus de sept millions de voix de plus que Trump!

Voilà qui prend une nouvelle dimension au moment où le Rassemblement national est en tête dans les sondages pour les élections européennes et où l’extrémiste populiste vient d’être condamné pénalement par un jury populaire.

D’autant que madame Le Pen partage bien des points communs avec monsieur Trump.

Comme lui, elle est un adversaire de la démocratie républicaine libérale.

Comme lui, elle est un soutien depuis longtemps du despote criminel Vladimir Poutine.

Comme lui, elle souhaite l’arrêt de l’aide occidentale à l’Ukraine.

Comme lui, elle est une adversaire de l’Union européenne.

Comme lui, elle est amie avec l’autocrate hongrois, Viktor Orban.

Comme lui, elle a chaleureusement félicité l’apprenti dictateur Bolsonaro lors de son élection à la tête du Brésil.

Comme lui, elle propage sans cesse des fake news et est une menteuse compulsive.

Comme lui, elle stigmatise sans cesse les immigrés.

Comme lui, elle veut que son pays vive en autarcie.

Comme lui, elle a soutenu des thèses complotistes notamment à propos de la pandémie de la covid19.

Comme lui, elle et son parti ont maille à partir avec la justice.

Et cette liste n’est pas limitative.

Alors, il serait bon que les électeurs français n’oublient pas cette proximité quand ils mettront leur bulletin dans l’urne le 9 juin prochain.

Aris de Hesselin