On parle beaucoup en ce moment de la gauche du Parti
démocrate, voire de sa gauche radicale ainsi qu’un certain nombre
d’organisations qui se situent à l’extrême-gauche aux Etats-Unis.
Et c’est vrai que la gauche américaine dans son
ensemble est sortie de son relatif anonymat et de sa marginalisation qui datait
de la catastrophique présidentielle de 1972 où le candidat démocrate très à
gauche, George McGovern, fut laminé par Richard Nixon.
Ce renouveau ne date pas d’hier mais a commencé voici
une quinzaine d’années et s’est surtout accéléré ces dix dernières années après
la première élection de Donald Trump en 2016.
Déjà, à cette époque, la gauche dans son ensemble
avait plus ou moins refusé de choisir entre la centriste Hillary Clinton et le
populiste corrompu au motif que c’était bonnet blanc et blanc bonnet.
Une gauche qui porte d’ailleurs une grande
responsabilité dans la défaite de Clinton avec les conséquences que l’on sait
et que l’on voit tous les jours malgré l’intermède Biden.
Ce que l’on sait moins ou que l’on a oublié est que si
la gauche et l’extrême-gauche ont une telle visibilité aujourd’hui, elles le
doivent… au Parti républicain!
Une stratégie a été imaginée dans les années 1970 mais
surtout appliquée à parti des années 1990 qui consistait à prétendre que le
Parti démocrate s’était gauchisé en déplaçant de manière totalement
superficielle et mensongère le Centre vers la droite ce qui permettait de faire
accroire que les républicains étaient les vrais centristes alors même que, dans
le même temps, ils s’étaient radicalisés à droite et, déjà, pour certains, à
l’extrême-droite.
Ils bénéficièrent dans cette propagande éhontée
dénoncée par la plupart des politistes, d’une bienveillance des médias qui,
même sans prendre à leur compte celle-ci, organisèrent moult débats sur la
fausse dérive gauchiste des démocrates la mettant sur le même pied que la
réelle dérive droitière des républicains, voire même n’évoquant en majorité que
la première.
Les républicains espéraient, dans le même temps, que
le Parti démocrate, face à leur virage à droite, ferait le sien à gauche.
Ce ne fut pas le cas au départ et il demeura au
centre/centre-gauche.
Pour autant la propagande ne cessa pas et la politique
menée par les républicains, notamment sous Bill Clinton quand ils furent
majoritaires au Congrès et surtout lors des deux mandats de George W Bush, qui
était de plus en plus droitière, suscita une réaction chez les démocrates avec
une prise de parole de plus en plus régulière de leur aile gauche.
La stratégie commençait à donner des résultats et,
lors de la présidence de Barack Obama, elle se fit de plus en plus agressive et
violente.
Et la popularité du socialiste du Vermont auprès d’une
partie des sympathisants démocrates, Bernie Sanders en fut une preuve.
Cependant, elle devint gagnante avec Donald Trump où la
gauche mène un combat frontal contre l’extrémiste populiste et a acquis grâce à
cela une visibilité mais aussi une notoriété qui se manifeste depuis dans les
urnes.
Pour autant, les socialistes étasuniens, même s’ils
ont remporté des élections, notamment celle de la mairie de New York, sont
encore minoritaires au sein du Parti démocrate et n’ont pas réussi à entraîner
l’ensemble de ses électeurs ainsi que les independents (sans affiliation à un
parti) centristes sans lesquels celui-ci ne peut gagner les élections.
Reste que la montée en puissance de cette gauche est
évidemment récupérée et exagérée par le Parti républicain qui espère qu’elle
fera peur aux électeurs modérés comme ce qui était prévu depuis les années
1970…
Pour s’en convaincre, il suffisait de voir son
candidat au poste de sénateur du Michigan après la victoire aux primaires
démocrates de l’Etat d’un socialiste, déclarer qu’il était le candidat des
modérés…