Les Actualités sur www.ecoinfosmonde.com

lundi 31 octobre 2022

Le Focus. Etats-Unis – Les enjeux des élections de mi-mandat et la santé de la société américaine

Les élections de mi-mandat aux Etats-Unis – qui mélangent des élections nationales avec le renouvèlement complet de la Chambre des représentants, d’un tiers du Sénat et des élections locales (gouverneurs d’Etat, procureurs, etc.) ainsi que des référendums dont six d’entre eux concernent le droit à l’avortement – qui se dérouleront le mardi 8 novembre donneront des indices importants de la santé de la société américaine après les quatre années de la présidence du populiste radical Trump, l’élection du centriste Biden et la tentative de coup d’Etat du même Trump pour rester à la Maison blanche juste avant l’investiture du vainqueur de la présidentielle.

On va pouvoir ainsi mesurer l’influence que garde Trump sur le Parti républicain qui sera sans doute significative mais peut-être pas aussi prégnante que l’on pense d’autant que nombre de candidats potentiels à l’investiture pour la présidentielle de 2024 sont déjà dans les starting-blocks et qu’il leur faut se débarrasser du bonhomme et de son image embarrassante pour être élu par les Américains – rappelons qu’il n’a jamais obtenu une majorité aux élections auxquelles il s’est présenté et qu’il a été battu de près de plus de 7 millions de voix par Biden en 2020 – tout en lui rendant hommage pour ne pas braquer une partie importante de l’électorat le plus à droite dont tout républicain aura besoin, notamment lors des primaires, pour espérer l’emporter.

De ce point de vue, les scores de plusieurs candidats au Congrès et pour un poste de gouverneur, que l’on peut qualifier de «trumpistes basiques» et dont on peut mettre plus qu’en doute leur honnêteté mais aussi leur santé mentale ainsi que leurs capacités intellectuelles, sera à observer de près…

En face, c’est l’existence ou non d’une dynamique démocrate mais aussi l’avenir de Biden qui seront analysés au vu du résultat du scrutin.

Les deux ans de sa présidence avec de bons résultats économiques (la création d’emplois n’a jamais été aussi importante) ainsi que ses plans ambitieux en matière sociale, écologique et de santé, sans oublier l’annulation des dettes étudiantes, suffiront-elles face à l’inflation élevée et, surtout, à une société divisée où le plus important pour les électeurs est de voter contre plutôt que pour…

Pour tenter de gagner les deux chambres du Congrès, les républicains ont aussi mis dans le débat la question de l’immigration et le port d’arme, évidemment, ainsi que la personne et l’âge de Joe Biden.

Les démocrates, eux, ont mobilisé surtout autour du droit à l’avortement qui n’est plus garanti au niveau national depuis que la Cour suprême à majorité réactionnaire a rendu une décision en ce sens.

De même, ils jouent sur l’angoisse du retour de Trump pour inciter les électeurs de gauche, du centre et ceux de droite légalistes, effrayaient par la personne de l’ancien président, à aller dans les bureaux de vote.

Reste que le problème que rencontre toute Administration en place lors des élections de mi-mandat est celui d’un possible vote sanction avec une difficulté supplémentaire pour les démocrates dont l’électorat est peu mobilisé pour ce scrutin ce qui donne un avantage certain aux républicains qui néanmoins n’est pas toujours suffisant pour leur assurer la victoire.

On mentionnera également le «gerrymandering», c’est-à-dire le charcutage électoral que les républicains ont systématisé à grande échelle dans les Etats qu’ils gouvernent et qui leur a permis de créer des circonscriptions «sûres» qu’ils ne peuvent pas perdre, ce qui rend la tâche des démocrates d’autant plus ardue.

Sans parler de lois que ces mêmes républicains adoptent pour empêcher que les électeurs démocrates puissent exercer leur droit de vote en rendant ce dernier particulièrement difficile à obtenir (cela touche en priorité la communauté noire).

Les sondages sont fluctuants avec nombre d’entre eux qui donnent une majorité de voix aux démocrates au niveau national et d’autres qui annoncent un résultat opposé en faveur des républicains…

Mais chacun des 36 duels pour le Sénat et des 435 pour la Chambre des représentants est une élection locale avec ses spécificités propres et il est difficile de donner un pronostic fiable sur le parti qui sortira vainqueur le 8 novembre au soir.

vendredi 14 octobre 2022

Editorial. Le danger n°1 n’est pas l’ersatz de Staline mais le copycat de Mao!

Poutine est un danger conjoncturel et somme toute secondaire pour le monde et les démocraties, Xi en est un capital.

Bien sûr, le despote de Moscou possède l’arme atomique et peut déclencher une guerre d’anéantissement de la planète.

Mais c’est sa seule arme et son utilisation entrainerait de facto sa disparition.

Ce n’est pas du tout le cas du dictateur de Pékin qui s’apprête à faire un troisième mandat à la tête du Parti communiste chinois – une première depuis Mao – qui réunit son 20e congrès à partir du 16 octobre.

Xi Jinping est en effet devenu le maître unique et tout puissant d’un parti et d’un pays alors même que les règles avaient été faites pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise après les années terribles du «Grand timonier».

Il est parvenu à concentrer entre ses mains tout le pouvoir en éliminant ses adversaires grâce à des campagnes «anti-corruption» et à placer ses sbires à la plupart des postes stratégiques tout en instaurant la crainte chez ceux qui seraient enncore tentés de s’opposer à lui.

Même ses échecs criants comme la crise sanitaire de la covid19 ainsi que le ralentissement économique n’ont pu le fragiliser alors que nombre d’experts estimaient que ces événements pourraient le faire chuter.

Xi a également construit une vraie société totalitaire où la surveillance de la population est à un degré jamais atteint notamment avec un réseau particulièrement efficace avec des millions de caméras et des logiciels de reconnaissance faciale.

La reprise en main de Hongkong ainsi que les camps de concentration dans le Xinjiang où sont ou ont été détenus des millions d’Ouïghours sans oublier la chape de plomb qui prévaut au Tibet démontrent sa dureté implacable comme le sort réservé aux opposants même les plus pacifistes.

On se rappelle ainsi, qu’en 2017 il a laissé mourir en prison le prix Nobel de la paix Liu Xiaobo et qu’il mène une féroce répression contre tous ceux qui lutte pour la liberté d’expression.

Mais le «nouveau Mao» – même s’il se considère supérieur à l’icône des communistes chinois – est un danger pour le monde parce qu’il veut faire de l’Empire du milieu la première puissance mondiale, non seulement économique mais militaire.

Il a ainsi réorganisé l’«armée populaire» et l’a dotée de crédits énormes afin qu’elle puisse se moderniser et rivaliser avec l’armé américaine.

Il mène une politique étrangère agressive contre les démocraties et les pays voisins dont il n’hésite pas à contrôler des parties de territoire et leurs domaines maritimes.

Sa volonté de «récupérer» Taïwan par tous les moyens est une menace constante sur la paix mondiale.

Il tente avec plus ou moins de succès de constituer un groupe de pays satellites qui lui sont dévoués, soit par peur, soit par des largesses financières (qui souvent ne sont que des prêts irremboursables qui permettent de créer une dépendance encore plus forte tout en corrompant les élites locales comme c’est le cas dans de nombreux pays africains).

C’est donc la Chine en expansion qui est, in fine, le véritable danger pour la liberté dans le monde, pas une Russie moribonde.

Cette dernière, d’ailleurs, a vocation à n’être, à terme, qu’un nouveau satellite d’autant plus que Poutine aux aboies, pour garder son pouvoir, est obligé de faire de plus en plus allégeance à Xi dans une sorte de relation inversée de celle qui eu cours entre Staline et Mao.

 

jeudi 13 octobre 2022

Point de vue. Nobel de la paix – les défenseurs de la démocratie récompensés

Si l’on est parfois plus que perplexes sur le choix des lauréats du prix Nobel de la paix – en 2009, Barack Obama avait été lui-même extrêmement étonné de le recevoir! –, cette année, pas de mauvaise surprise (comme celle de 1973 avec Henri Kissinger et Lê Duc Tho…) mais une récompense amplement justifiée pour des personnes et des organismes qui luttent en faveur des droits de l’humain dans la sphère d’influence de Vladimir Poutine et dans le pays qu’il est en train d’agresser.

C’est en effet l’ONG russe Memorial fondée en 1987 par Andreï Sakharov et interdite par le Kremlin, le journaliste biélorusse Alès Bialiatski, dirigeant du Centre des droits de l’homme Viasna et emprisonné arbitrairement par le vassal de Poutine aux mains couvertes de sang, Alexandre Loukachenko, et le Center for civil liberties ukrainien avec à sa tête Oleksandra Matviichuk, qui sont distingués.

Rappelons qu’en 2021, le prix avait été décerné à un autre opposant du criminel russe, Dmitri Mouratov, le rédacteur en chef de Novaïa Gazeta.

Selon le comité du prix Nobel, les lauréats ont été honorés pour «un effort exceptionnel pour documenter les crimes de guerre, les violations des droits de l’homme et les abus de pouvoir » et pour avoir«promu pendant de nombreuses années le droit de critiquer le pouvoir et de protéger les droits fondamentaux des citoyens».

Au moment où un autre récipiendaire du prix, Amnesty international (en 1977) se fourvoie malheureusement de plus en plus par des prises de positions politiques partisanes radicales, il est réjouissant de voir que des personnes et des organisations impliquées dans la liberté et la défense de la dignité humaine souvent au prix de leur existence soient distinguées.

Et de nous rappeler que la défense de la démocratie et de ses valeurs humanistes sont un combat de tous les jours que certains mènent dans des pays où elles sont attaquées ou niées avec un courage exceptionnel en risquant constamment leurs vies pendant que les populations qui vivent dans des régimes démocratiques sont de plus en plus séduites par les discours extrémistes et populistes de personnages dangereux et violents, manifestant un fourvoiement coupable et honteux que regardent ébahis et consternés tous ceux qui sont privés de liberté.

Le Focus. Etats-Unis - Le cas Hershel Walker

Pour les élections américaines des midterms (renouvèlement des membres de la Chambre des représentants et d’un tiers des sénateurs ainsi que nombre de gouverneurs et autres élus qui ont lieu à mi-mandat d’un président) début novembre, le Parti républicain présente, comme c’est devenu une habitude, des candidats incompétents, ignares, déversant des fake news en-veux-tu-en-voilà, adeptes des théories élucubrationistes (complotistes) dont le seul mérite est d’être des fanatiques inconditionnels de Donald Trump, prêts à l’accompagner dans sa croisade contre le régime démocratique.

Dans ce marigot de personnages inquiétants, voire dangereux, Hershel Walker est un cas emblématique.

Se présentant au poste de sénateur de Géorgie, cet ancien joueur de football américain, cumule toutes les «qualités» recherchées par les républicains: menteur, incompétent, réactionnaire et peut-être même complètement idiot!

Se présentant comme un homme religieux, défenseur intransigeant des valeurs «traditionnelles» – traduction: réactionnaires –, menant une lutte radicale contre l’avortement qu’il refuse même en cas d’inceste ou de viol, il a été rattrapé par la patrouille puisqu’il a obligé une de ses anciennes compagnes – il a multiplié les aventures sexuelles – à avorter!

Non content de se contredire comme à chacune des affaires qui lui sont reprochées, il a évidemment nié alors même qu’il a signé le chèque de paiement à la clinique qui a réalisé l’avortement et qu’il a envoyé une carte d’encouragement à sa compagne.

Poussant l’indécence jusqu’au bout, il a également nié connaître cette femme alors même qu’il a eu un enfant avec elle!

On a d’ailleurs appris ensuite qu’il avait tenté de la faire avorter une deuxième fois…

De même, les médias ont expliqué qu’il ne s’était jamais occupé de ses multiples enfants qu’il a eus avec plusieurs femmes différentes.

Pour expliquer leur soutien à cet énergumène qui a une vision assez distante avec la morale et la vérité, les responsables républicains vantent sa foi religieuse (sic!) qui serait un plus, selon eux, au Sénat alors que son opposant démocrate est un… pasteur!

Cette candidature est malheureusement dans la norme de ce qu’est devenu le parti de droite américain et les électeurs républicains devraient voter en masse en sa faveur comme ils le font avec d’autres personnages aussi désastreux…

Si l’on en n’est pas encore arrivé à cet extrême en France, rappelons tout de même l’incompétence et la bêtise d’un certains nombres de candidats présentés lors des dernières législatives par le RN et LFI dont certains ont été élus.

Ce qui est le plus grave c’est que tous ces candidats sont un autre moyen de dévaloriser la démocratie.

 

dimanche 9 octobre 2022

Point de vue. «Sobriété», «fin de l’abondance» et «monde d’après»

En présentant son plan de sobriété, le gouvernement met en place des mesures qui répondent à la situation présente due à la crise de l’énergie, conséquence directe de la crise internationale qu’a créée la guerre de Vladimir Poutine contre l’Ukraine.

Il acte également la fin de l’abondance dont a parlé récemment Emmanuel Macron.

Même si l’on ne peut pas parler d’une révolution, terme que ce dernier aime utiliser pour caractériser son action et son horizon politique, on entre malgré tout le cadre de ce monde d’après évoqué lors de la crise du covid19 où il s’agit de s’adapter aux nouvelles réalités.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit, la reconnaissance par les actes de ce que l’on sait depuis longtemps qu’il faut apprendre à vivre sur une Terre où le mirage de la prodigalité a conduit l’Humanité vers l’impasse.

D’ailleurs, c’est plus de frugalité qu’il faudrait parler tout en l’associant à l’objectif que chacun de nous devrait pouvoir réaliser, être par ce que nous sommes et non par ce que nous possédons.

La société de consommation inventée au milieu du 19e siècle par les techniques du marketing et la foi que nous pourrions produire de manière illimitée des biens, a pris le pas sur une société de la réalisation de soi, de l’accomplissement personnel.

Tenter de (re)trouver l’essence même de l’existence où, tout en bénéficiant de la capacité de parvenir à contenter nos besoins matériels qui permettent une vie sereine, devrait être l’ambition de cette nouvelle société où, avec responsabilité, nous gérerons les ressources de la planète.