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lundi 24 janvier 2022

Commentaire. Ce que veux réellement Poutine

«Alors que Poutine s'apprêtait à reprendre la présidence à Moscou, il a publié un essai à l'automne 2011 dans un journal russe annonçant des plans pour regagner l'influence perdue parmi les anciennes républiques soviétiques et créer ‘une puissante union supranationale capable de devenir un pôle dans le monde moderne’. Poutine a déclaré que la nouvelle union eurasienne ‘changerait la configuration géopolitique et géoéconomique de tout le continent’. Certains ont qualifié ces mots de fanfaronnade de campagne, mais je pensais qu'ils révélaient le véritable programme de Poutine, qui consistait en fait à ‘re-soviétiser’ la périphérie de la Russie.»

Il aurait été bon d’écouter Hillary Clinton quand elle lança cet avertissement puis l’écrivit dans son livre «Choix difficiles» en 2014 et de s’en rappeler pour contrer dès l’origine les menées de Poutine.

Parce qu’aujourd’hui, les Occidentaux se retrouvent face à une menace à laquelle ils se sont mal préparés estimant que l’autocrate de Moscou ne prendrait pas le risque de déclencher une crise dont on ne sait jusqu’où elle pourrait aller.

Ils ont en fait mésestimé l’hubris et la mégalomanie de l’ancien agent du KGB ainsi que sa volonté d’effacer la soi-disant «humiliation» subie par les Russes lors de l’effondrement de l’Union soviétique, un peu sur le même modèle que Xi Jinping qui veut faire payer les mêmes Occidentaux lors de l’effondrement de l’Empire chinois, ces deux événements étant d’abord de la responsabilité de ces deux pays.

Poutine croit en sa bonne étoile et dans sa capacité à effrayer des Américains et des Européens qui n’auraient pas le courage de se battre pour leurs idéaux.

Toutes ses attaques de ces dernières années, notamment en s’immisçant dans les processus électoraux des pays démocratiques qui ont semé la zizanie comme aux Etats-Unis mais également dans la production à grande échelle de fake news, montrent que son entreprise est d’une particulière agressivité et que chaque opportunité de redorer le blason russe et d’abaisser celui des occidentaux sera relevée.

Il faut bien comprendre que le cas de l’Ukraine n’est qu’un hors d’œuvre, une sorte de test qui, s’il réussit lui permettra de faire une pression encore plus forte et réclamer des avantages encore plus abusifs.

Au lieu de jouer sur le développement économique et culturel du pays pour en faire une puissance qui compte au 21e siècle en utilisant pour cela la manne financière des matières premières dont celle du pétrole et du gaz, Poutine a choisi la voie militaire avec tout ce que cela comporte de risques tout en remplissant ses poches et celles de ses courtisans.

Mais il faut être conscient qu’un personnage de son acabit est prêt comme ses sinistres devanciers du siècle dernier à sacrifier beaucoup de vies pour ses rêves de grandeur et de gloire personnelles.

Car, in fine, c’est cela que veut Poutine.

dimanche 23 janvier 2022

Commentaire. Le très regrettable «lapsus» du leader des républicains au sénat étasunien

Pour justifier le refus de son parti de voter la loi sur les garanties du droit de vote et le blocage organisé par ses troupes pour empêcher son adoption grâce à la technique du «filibuster», Mitch McConnell, le leader ultraconservateur du Parti républicain au Sénat a déclaré qu’il était mensonger d’accuser sa formation de faire, en l’espèce, une discrimination contre les Africains-américains car ceux-ci «votent comme les Américains»!

Pas «comme les autres Américains» mais bien «comme les Américains» pour ceux qui n’auraient pas compris…

Ce «lapsus» raciste n’en est pas un quand on sait que le Parti républicain, en votant dans chaque Etat des lois restrictives sur le droit de vote, cible avant tout les électeurs noirs qui votent très majoritairement pour le Parti démocrate et que la loi présentée par Joe Biden veut mettre fin à cette discrimination et à celle qui touche tous les Américains empêchés de remplir leur devoir civique par simple manœuvre politicienne afin de permettre aux républicains de pouvoir gagner des scrutins et, en premier lieu, la présidentielle.

Depuis l’abolition des lois Jim Crow et le vote des lois sur les droits civiques de Lyndon Johnson dans les années 1960, il ne devrait plus y avoir d’entraves pour la communauté afro-américaine de voter.

Mais la réalité n’a jamais été celle-là et la seule période pendant laquelle celle-ci put voter sans difficulté fut celle des années qui suivirent la guerre de Sécession et la victoire des armées du Nord.

Petit à petit, se mit en place le régime de ségrégation un peu partout dans le Sud et des freins furent institués pour exclure les noirs des bureaux de vote ou rendre particulièrement difficile leur participation au processus électoral.

Résultat, leur «abstention» record qui était plutôt subie que voulue.

Comme il était impossible pour les conservateurs de dire que les mesures prises étaient racistes, ils expliquèrent, comme le font aujourd’hui leurs dignes successeurs, qu’il fallait garantir l’honnêteté des scrutins afin de bannir toute fraude.

Il faut bien comprendre que ce ne sont pas les représentants de la droite radicale et extrémiste qui instituèrent une telle discrimination qui touche avant tout les noirs, mais une droite tout simplement conservatrice qui avait trouvé le moyen de fidéliser ainsi toute une partie de l’électorat blanc, en particulièrement dans les Etats sudistes mais pas seulement.

Aujourd’hui ce sont bien les extrémistes avec, bien sûr, Trump et ses troupes qui ont repris le flambeau avec d’ailleurs comme justification cette assertion que si on laisse voter les Africains-américains, une élection est toujours «corrompue» comme le clame le populiste démagogue raciste depuis sa défaite face à Joe Biden en 2020.

In fine, la question raciale n’a pas fini d’empoisonner les Etats-Unis parce qu’une minorité agissante, utilisant toutes les armes légales et illégales à sa disposition, tente d’exclure de fait de la communauté nationale toute une frange de la population uniquement à cause de la couleur de sa peau.

 

samedi 22 janvier 2022

Le Focus. Augmentation du prix du pétrole, bonne ou mauvaise nouvelle?

Le prix du pétrole augmente, voilà une mauvaise nouvelle pour l’économie mais une bonne pour l’environnement.

Dans la hausse du prix de l’essence à la pompe –comme on dit – se trouve résumé pour la population toute la contradiction devant laquelle se retrouvent tous les gouvernements de la planète.

L’Humanité a lié, depuis la fin du 19e siècle, une grande partie de sa croissance économique à une énergie peu coûteuse qui a longtemps été le pétrole.

Une croissance qui a accéléré les problèmes environnementaux dont, bien sûr la pollution de l’air et le réchauffement climatique.

Ce dernier nous met dans l’obligation de prendre des décisions douloureuses si nous voulons faire en sorte que la planète soit encore un lieu de vie acceptable pour cette même Humanité.

Dès lors, l’augmentation du prix du pétrole devrait une bonne nouvelle, nous obligeant à à repenser notre modèle de développement, notamment en utilisant des énergies alternatives.

Sauf que celles-ci n’existent pas encore à la dimension nécessaire, voire au stade de grande production, pour prendre efficacement le relais et que d’autres ne sont pas assez fiables ou bon marché pour permettre à l’économie de fonctionner sans trop de dommages afin d’assurer une croissance qui, quoi qu’on en dise, est toujours utile.

Dès lors, actuellement, il n’y a pas de bonne solution, la faute en revenant à nous tous qui n’avons pas voulu décider et qui avons choisi la fuite en avant lorsque la question globale du pétrole s’est posé avec acuité dans la deuxième partie du 20e siècle.

Lors des premières crises pétrolières dans les années 1970, il aurait pu y avoir une vaste réflexion sur la manière de développer la planète et comment assurer de la meilleure façon possible une croissance sans recours à une énergie fossile qui polluait et mettait à la merci les pays quand les prix s’envolaient.

En France, le développement de l’énergie nucléaire fut décidé, ce qui lui permet, par rapport à certains pays sans pétrole comme elle, d’être moins impactés mais, malgré tout, cela la met dans une situation délicate.

Sans parler des éventuels dangers que représente l’atome civil.

En revanche, l’investissement massif dans une croissance qui aurait pu se passer du pétrole n’a été fait nulle part même si des rapports qui tapissent les étagères des décideurs se sont multipliés pour mettre en garde ceux-ci et la population et chercher des solutions efficaces et acceptables.

Bien sûr, on pourrait choisir la décroissance prônée par certains, ce qui permettrait, à la fois, de payer une facture énergétique beaucoup moins élevée et de limiter le réchauffement climatique.

Une situation que nous avons d’ailleurs vécue malgré nous au début de la crise sanitaire où nous respirions un air plus pur et que les prix du pétrole étaient au plus bas.

Mais, avec la reprise d’activité, tout est revenu comme avant et surtout pas comme ce fameux «monde d’après» que les experts en tout genre et les politiques nous promettaient et qu’il n’avait, bien sûr, aucune chance de voir le jour puisque les chemins pour y parvenir n’existaient tout simplement pas et/ou que nous n’avions pas préparé la voie pour y parvenir.

D’autant que la chimère de la décroissance est dangereuse en l’état de l’organisation de l’économie mondiale et peu acceptable par des populations majoritairement pauvres qui se trouvent, pour certaines, dans les pays les plus pollueurs de la planète comme la Chine ou l’Inde.

C’est donc à une croissance respectueuse que nous devons élaborer et mettre en place.

Même si elle ne se fait pas en un jour, nous sommes, tous, collectivement coupables de son absence et de ce paradoxe où l’augmentation du prix du pétrole est, à la fois, une très mauvaise et très bonne nouvelle!

vendredi 21 janvier 2022

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Trop de mots, pas assez d’idées dans le discours politique

Dans le discours politique, on entend trop souvent une litanie de mots qui forment peu d’idées.

Ces mots sont souvent des opinions à l’emporte-pièce voire des attaques et des polémiques face à ce que l’on combat et non des plaidoyers pour ce pourquoi on combat.

Cette perversion n’est pas inhérente à l’essence de la politique même si elle en fait partie et si elle était utilisée avec réserve, parcimonie, responsabilité et respect, elle ne serait plus condamnable, au contraire, serait une caractéristique acceptable de l’engagement idéologique ou partisan qui peut s’exprimer avec panache, pugnacité et ardeur.

On dit souvent que l’agressivité et l’insulte sont les armes de ceux qui manquent d’arguments raisonnables voire d’arguments tout court.

Si l’on peut évidemment exprimer ses sentiments de manière forte voire ostentatoire lorsque des événements nous touchent particulièrement ou en regard de déclarations que l’on estime inappropriées voire scélérates, le discours uniquement passionnel révèle trop souvent l’inaptitude à gouverner celui ou celle qui se fait dominer par ses affects étant entendu que ceux-ci ne sauraient être absents de son engagement politique.

Cependant, exprimer ses sentiments n’est pas du tout antinomique d’un corpus où domine les idées, les projets et les programmes qui privilégient le fond à la forme, dont la substance est avant tout politique et ne ressort pas d’un spectacle grand-guignolesque, qui privilégie l’agir et non le réagir.

La maturité de la sphère politique n’a jamais vraiment été atteinte et ne le sera peut-être jamais avec ce retour constant des passions négatives et noires où l’irrationnel domine le rationnel, où l’imagination prend le pas sur le réel, où le populisme et la démagogie l’emportent sur les valeurs humanistes.

Pour que cela survienne, il faudrait, à la fois, un personnel politique compétent et responsable et une population bien formé et informée ainsi que responsable et respectueuse.

Or, nous n’avons majoritairement ni l’un, ni l‘autre en ce début de troisième millénaire malgré l’âge conséquence de la démocratie moderne, presque 250 ans.

Dès lors les mots débités sans sens, sans profondeur, sans attachement au réel envahissent l’espace public et la sphère politique et noient littéralement les idées et leurs applications concrètes.

Y a-t-il un moyen de sortir de cette ornière?

A court-terme, cela semble bien peu possible et engendre une possible conséquence dramatique avec la chute de la démocratie face aux coups de boutoir extrémistes et populistes qui n’est plus du domaine de la fantasmagorie.

En revanche, à moyen et long-terme, on peut être plus optimiste car à moins de considérer l’espèce humaine comme un agrégat d’imbéciles et de crétins notoires par essence, la formation d’un citoyen responsable, respectueux de la dignité de l’autre et bien informé est possible si l’on s’en donne la capacité réelle, ce qui n’a jamais été le cas jusqu’à présent.

C’est d’ailleurs l’ambition de toujours de la démocratie républicaine qui ne peut exister sans ce citoyen.

Pourquoi ne l’a-t-on pas atteint encore?

Parce que si des moyens conséquents ont été accordés à cette tâche dans nombre de pays du monde, ils n’ont jamais été à la hauteur du défi qui est posée à ce régime de liberté, d’égalité, de fraternité et de respect.

Tant que l’on n’aura pas engagé une mobilisation de tous les instants, rien ne changera et peu évoluera.

Si les régimes autoritaires et totalitaires n’ont besoin que d’individus à qui l’on sert un discours propagandiste où les mots claquent pour mieux les endoctriner, les tenir en laisse et les museler avec, à la rescousse, un appareil répressif d’une violence extrême en leur rappelant qu’ils n’ont que des devoirs et pas de droits, le projet démocratique est exactement le contraire, permettre à toutes les personnes de devenir des citoyens à part entière avec l’égalité dans la liberté, donc des droits qui leur permettent d’être responsables de leurs projets de vie avec, en retour, dans une sorte de donnant-donnant et de gagnant-gagnant, des devoirs envers la communauté et l’autre.

Un projet bien plus puissant mais qui nécessite l’adhésion effective de ceux qu’il veut émanciper

C’est pourquoi, le jour où le fond aura enfin pris le dessus de la forme dans le discours politique – avec toutes les réactions en chaîne que cela produira –, alors nous seront proches de l’idéal démocratique.

 

Alexandre Vatimbella

 

dimanche 16 janvier 2022

Commentaire. Droit de vote aux Etats-Unis: ce n’est pas Biden qui risque de perdre mais la démocratie

Une nouvelle loi sur le droit de vote qui permet de garantir à tous les Américains de pouvoir remplir leur devoir électoral a été votée par la Chambre des représentants.

Elle vient pour contrer toutes les lois adoptées par les législatures d’Etat aux mains du Parti républicain et qui ont pour but d’empêcher nombre d’électeurs d’aller voter. Evidemment, cela concerne quasi-exclusivement toutes les personnes qui choisissent un candidat démocrate…

La mobilisation pour que cette liberté fondamentale soit sauvegardée et même restaurée dans certains endroits du pays ne vient pas de Joe Biden mais est un mouvement de fond qui, depuis des années, lutte contre les menées des radicaux et des extrémistes de droite qui n’ont trouvé que ce moyen pour avoir une chance de gouverner le pays!

Nombre de personnalités, notamment centristes, dont l’ancien président Barack Obama ou l’ancienne secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, font partie d’un mouvement pour les droits civiques qui ressemblent fort à celui mené dans les années cinquante et soixante pour donner une réelle égalité à la communauté noire du pays.

Un de ses promoteurs, mort il y a peu, était John Lewis, ancien compagnon de route de Martin Luther King – c’est dire si la question n’a jamais vraiment été réglée – et dont une loi votée porte son nom a déjà été adoptée en août dernier par la Chambre de représentants mais est bloquée par les sénateurs républicains.

«Freedom to vote» (liberté de voter), la nouvelle loi adoptée par les représentants en ce mois de janvier reprend celle de Lewis et y ajoute d’autres dispositions mais risque bien de se heurter au même mur républicain, d’où la volonté de Biden de changer la règle du «filibuster» qui permet à une minorité de sénateurs d’empêcher le vote de certains textes.

Il faut prendre conscience de la régression qui est en cours aux Etats-Unis qui, lentement, par coups de boutoir, ne sont plus tout à fait une démocratie et aurait pu ne plus l’être du tout si le coup d’Etat de Trump avait réussi le 6 janvier.

A ce propos, d’ailleurs, la justice américaine vient d’arrêter des membres de groupes d’extrême-droite proches du populiste démagogue sous l’accusation d’avoir voulu empêcher sciemment le fonctionnement de l’Etat de droit ce qui les expose à vingt ans de prison.

Et c’est bien la démocratie qui sera la perdante et non le président démocrate ou son parti si cette loi sur la liberté de vote n’est pas adoptée.

Et il ne s’agit pas d’une lutte partisane mais bien d’un combat vital.

vendredi 14 janvier 2022

Commentaire. Boris Johnson, l’homme qui fait honte aux britanniques

 

La participation répétée à des fêtes secrètes alors que son gouvernement obligeait la population à un confinement strict est certes une faute politique conséquente mais n’est aucunement le plus blâmable et critiquable comportement de Boris Johnson depuis qu’il est premier ministre du Royaume-Uni n’en déplaise à certains élus de son parti qui lui demandent instamment de démissionner de son poste à ce sujet alors que les sondages montrent que les Travaillistes caracolent en tête des intentions de vote et que les centristes du Parti Libéral démocrate ont remporté des élections dans des fiefs séculaires du Parti conservateur.

Avoir menti sciemment à ses compatriotes lors de la campagne en faveur du Brexit afin de pouvoir devenir premier ministre, n’avoir absolument aucune politique afin de gérer la sortie de l’UE pour laquelle il s’est battu puis de faire face aux conséquences de celle-ci qui impactent durement l’économie du pays ainsi que sa gestion erratique et chaotique de l’épidémie de la covid19 sont des raisons beaucoup plus solides pour mettre à la porte du 10 Downing street un personnage qui n’aurait jamais du pouvoir s’y installer.

Boris Johnson est un des pires représentants de ces populistes démagogues et sans vergogne qui ont fleuri ces dernières années un peu partout dans le monde parce que, lui, ne se bat pour aucun autre idéal que son ambition personnelle dans une démarche narcissique des plus détestable.

Homme sans idée, sans éthique, sans parole – voir son irrespect de l’accord du Brexit signé avec l’Union européenne qu’il trahit tous les jours –, il n’a aucun sens du bien commun et de l’Etat et sera considéré sans doute et à juste titre comme un des plus incompétents des premiers ministres du Royaume-Uni.

Et il faudra du temps à son pays pour solder sa gouvernance catastrophique.