Les Actualités sur Mondiaglobalisation

dimanche 7 décembre 2025

Le Focus. L’Amérique de Trump est officiellement l’ennemie de la démocratie européenne


Pour ceux qui étaient encore sceptiques sur les intentions de Trump à propos de l’Europe, le document rendu public hier par son gouvernement devrait définitivement lever leurs doutes.

Quant aux pro-Trump, ils seront ravis de son soutien.

Ainsi, la mise à jour annuelle de la stratégie de sécurité nationale des États-Unis à travers le monde qui vient d’être publiée indique que «notre politique générale pour l'Europe devrait donner la priorité» entre autres «à cultiver la résistance à la trajectoire actuelle de l’Europe au sein des nations européennes».

L’aide à cette «résistance» serait de soutenir encore plus les partis d’extrême-droite.

Ainsi, l’administration Trump se réjouit de «l’influence croissante des partis patriotiques européens» qui «est en effet source d’un grand optimisme».

Dans ce document, on assiste à une attaque directe contre les valeurs de la démocratie européenne:
«Les grands défis auxquels l'Europe est confrontée incluent les activités de l'Union européenne et d'autres instances transnationales qui sapent la liberté politique et la souveraineté, les politiques migratoires qui transforment le continent et engendrent des conflits, la censure de la liberté d'expression et la répression de l'opposition politique, l'effondrement des taux de natalité et la perte des identités nationales et de la confiance en soi.
Si les tendances actuelles se poursuivent, le continent sera méconnaissable d'ici 20 ans, voire moins.
Dès lors, il est loin d'être évident que certains pays européens disposeront d'économies et de forces armées suffisamment robustes pour demeurer des alliés fiables. Nombre de ces nations persistent actuellement dans cette voie. Nous souhaitons que l'Europe demeure européenne, qu'elle retrouve sa confiance civilisationnelle et qu'elle abandonne son approche inefficace d'étouffement réglementaire.»

Au-delà d’une phraséologie emphatique et marquée idéologiquement par un populisme et un extrémisme évident, ce document validé par Trump qui en signe l’éditorial est évidemment une ingérence inacceptable dans les affaires des pays européens et plus particulièrement ceux de l’Union européenne.

Il n’est guère une surprise sachant que les principaux alliés européens de Trump sont l’autocrate hongrois Orban et le nationaliste d’extrême-droite britannique Farage sans oublier la droitière radicale italienne Meloni et qu’il a déjà soutenu l’extrémiste populiste de droite Le Pen et son compère néerlandais Wilders.

Et bien sûr les dirigeants du parti néo-nazi allemand, AfD.

Trump avec ce document, officialise donc son combat contre la démocratie européenne.

Et il a suscité de nombreuses réactions comme celle de la présidente de Renew Europe, Valérie Hayer:
«La Maison Blanche vient de publier un document sur sa nouvelle Stratégie de sécurité nationale. La section consacrée à l’Europe est d'une rare hostilité, parlant entre autres "d'effacement civilisationnel", "remise en cause de la liberté d’expression", "perte des identités nationales". Ce document est inacceptable et dangereux. L'administration Trump n'a pas à se mêler de nos politiques intérieures. Elle n’a pas à remettre en cause ce qui fait l’Union européenne, ses valeurs, ses choix démocratiques. Elle n’a pas à tenter d’importer sur notre territoire la vision xénophobe et ultra-conservatrice des réseaux MAGA. Non, nous ne renoncerons pas à notre modèle de liberté d’expression. Nous ne renoncerons pas à la protection de nos enfants sur les réseaux sociaux. Nous ne renoncerons pas à notre souveraineté réglementaire. Les relations transatlantiques demeurent cruciales, mais avec tous ceux qui respectent l'UE. Car cette nouvelle Stratégie est une confirmation : cette administration Trump est un ennemi de l’Europe. Nous devons cesser de nous comporter en ami avec elle. Alors, avançons dans l'autonomie stratégique de l'Union européenne ! Accélérons sur la compétitivité et la défense européenne, mettons fin à toutes nos dépendances ! Nous sommes les seuls maîtres de notre destin.»

Quant au président du parti centriste italien Azione, Carlo Calenda, il estime:
«Le contenu du document de directives stratégiques américaines, la ‘Stratégie de sécurité nationale’, indique clairement que les Américains considèrent l'Europe comme un adversaire politique, susceptible d'être influencé par des partis souverainistes, étranglé économiquement et contraint de se soumettre à Moscou.
Le retrait de l'OTAN est désormais officiel. Trump a mis l'Europe en grand danger, ce qui permet à la Russie de mener des attaques de plus en plus ouvertes contre les pays européens.
Il est nécessaire de répondre aux Américains par un sommet des principaux pays européens qui rejette leurs accusations d'ingérence, élabore un plan pour reprendre le contrôle des structures de commandement et de contrôle de l'OTAN et réagisse fermement à toute action économique hostile.»

Au-delà de ces indignations qui se sont succédées depuis la publication du document, il serait bon que cette démocratie s’apprête à livrer bataille et pas simplement pat les mots.

 


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Fonction Sound est limitée à 200 caractères

samedi 6 décembre 2025

Commentaire. La FIFA décerne un prix… «pour la paix»… à Trump!


Mais qu’est-ce qui a pris à une association sportive comme la FIFA (Fédération internationale de football) de décerner un «prix pour la paix»?!

En quoi cela fait-il partie de ses attributions?!

Si, encore, elle avait décidé de remettre ce prix à un footballeur, un club de football, une fédération nationale voire un club de supporters.

Mais, non, elle l’a attribué à un politique?!

Et pas n’importe lequel.
A un personnage aussi controversé que non-méritant en l’espèce… Donald Trump! Un politicien qui non seulement menace tous les pays et même ses compatriotes de leur envoyer l’armée américaine mais qui a failli dans ses multiples tentatives d’instaurer une vraie paix, même à Gaza et même entre le Rwanda et la République démocratique du Congo.

La réponse vient de ce que la président de la FIFA, l’Italien Gianni Infantino est un fan et un soutien du président américain.

C’est la seule raison de la création de ce prix.

Ce qui est totalement inacceptable dans le cadre de sa fonction.

Surtout lorsque l’on sait que ce prix qu’il vient de créer, l’a été spécialement pour le donner à Trump alors même que celui-ci n’avait pas, fort justement, reçu le prix Nobel.

A ce propos, d’ailleurs, L’ONG américains de défense des droits humains Human Rights Watch a publié un communiqué dans lequel elle pointe l’absence de «transparence» autour du choix du lauérat de ce prix de la paix, ayant vainement demandé à la FIFA « une liste des candidats, des juges, des critères»…

Le président américain est venu le recevoir à l’occasion du tirage au sort de la Coupe du monde qui se déroulera l’été prochain dans son pays mais aussi au Canada et au Mexique.

Il en a profité pour affirmer qu’il le méritait et qu’il était le meilleur président de tous les temps, ce qu’il répète en boucle à chacune de ses interventions.

Ici, nous n’avons jamais prétendu que la compétition sportive (à la différence de l’exercice physique), n’était pas politique.

Bien au contraire, elle l’a toujours été depuis sa création avec les Jeux olympiques en Grèce où s’affrontaient les hérauts des cités où leurs victoires étaient célébrées comme les victoires armées (et les perdants étaient parfois exécutés en revenant dans leur patrie…).
Mais, là, on passe à un niveau autre puisque ce prix n’a rien à voir avec le sport.

Si l’on veut vraiment comprendre le surréalisme d’un tel prix, c’est comme si le KGB décernait le prix du meilleur sportif de l’année…

 

 


vendredi 5 décembre 2025

Le Focus. Le double-jeu de l’autocrate Modi face au dictateur Poutine


Comme son compère Lula, le président du Brésil, Narendra Modi, le premier ministre indien, joue un double-jeu face au dictateur Poutine qu’il est en train de recevoir.

L’Inde est ainsi un des principaux clients de la Russie et permet à celle-ci de pouvoir financer son agression contre l’Ukraine et de se bâtir une force armée qui menace le monde.

Mais Modi est dans un dilemme depuis que Trump a sanctionné l’Inde pour ses achats de pétrole à la Russie, sachant que les Etats-Unis sont le premier partenaire commercial du pays.

Comment contenter deux demandes qui sont totalement opposées?

Modi, pour l’instant, a préféré Poutine à Trump même si les milieux économiques indiens sont inquiets de ce choix.

N’oublions pas que le soi-disant «non-alignement» qui est le fondement de la politique indienne depuis l’accession de New Dehli à l’indépendance a, en fait, toujours été pro-soviétique et maintenant pro-russe.

Cela pouvait s’expliquer par la menace de la Chine qui est la principale menace de l’Inde – et dont elle occupe une partie du territoire – tout comme elle était devenue une adversaire pour les soviétiques après la mort de Staline.

Une Chine qui est, en outre, un des principaux alliés du Pakistan, l’ennemi mortel de l’Inde.

Les mauvais rapports entre Moscou et Pékin à l’époque de l’URSS permettaient ainsi à l’Inde de s’assurer une sécurité face aux velléités guerrières du pouvoir maoïste.

Aujourd’hui, pourtant, russes et chinois sont main dans la main et l’Inde a trouvé d’autres alliés dans le monde qui aurait pu lui permettre de s’émanciper de cette relation particulière.

La rencontre entre l’autocrate indien et le dictateur russe, la première en Inde depuis 2021, montre que Modi tient à ses liens avec Poutine qui va lui proposer d’étendre leurs relations commerciales ainsi que leur proximité avec un accord qui permettra aux travailleurs indiens d’aller dans les usines russes afin de palier les vides dus à la guerre mais aussi à une démographie en berne.

Cela n’empêchera pas Modi de faire des sourires aux Occidentaux, aux premiers rangs desquels on trouve Emmanuel Macron.

Le président français entretient une relation très amicale avec le leader nationaliste indien qui peut interpeller, à la fois, par l’autocratisme de celui-ci et de son soutien financier à l’agression de Poutine alors même que la France se veut le principal allié de l’Ukraine...

Rappelons tout de même que les bonnes relations entre l’Inde et la France datent du temps du Général de Gaulle et de sa politique étrangère qui voulait restaurer la grandeur du pays et nouer des liens particuliers avec tous les pays qui n’étaient pas dans la sphère étasunienne.

De même, l’Inde est un important acheteur des produits français notamment dans le domaine militaire.

Et que les règles des relations internationales sont loin d’être guidées par des considérations morales.

 


jeudi 4 décembre 2025

Le Focus. La Chine, premier perturbateur de l’ordre mondial et principal ennemi de la démocratie


Emmanuel vient de commencer une visite de trois jours en Chine et il a posté ce message:
«Durant ces trois jours à Pékin et Chendgu, nous aurons avec le Président XI Jinping des échanges sur la paix et sur le rééquilibrage économique dont le monde a tant besoin. J’ai à cœur d’œuvrer avec la Chine et tous nos partenaires sur ces grands défis, avec d’autant plus de détermination que la France s’apprête à assurer la présidence du G7 en 2026. J’en suis convaincu : ensemble nous pouvons changer les choses.»

Voilà des termes bien diplomatiques pour une réalité qui est tout sauf une réunion si ce n’est d’amis mais même pas d’alliés et, surtout, de dirigeants qui sont d’accord sur peu de choses, voire rien.

Il faut dire que la Chine, leader de l'internationale totalitaire, est le premier perturbateur de l’ordre mondial que la France tente désespérément de sauver du naufrage du aux attaques des régimes totalitaires et Xi est un ennemi résolu de la démocratie que promeut Emmanuel Macron à chaque fois qu’il en a l’occasion.

Soutien sans faille du criminel Poutine – après avoir fait semblant pendant quelques temps de vouloir être un médiateur entre la Russie et l’Ukraine tout en se présentant comme un pacifiste –, le président chinois prépare son invasion de Taïwan tout en imposant une chape de plomb à sa population.

Dernier exemple en date, le terrifiant incendie de Hongkong qui a suscité un vaste mouvement d’indignation dans le pays dont Pékin vient d’interdire tout mention dans les médias.

Sans oublier le scandale Shein qui révèle que la Chine est prête à tout pour faire de l’argent sur le dos des Occidentaux et, en premier lieu, des Européens en n’hésitant pas à leur vendre des produits abjects (qui sont, bien entendu, interdits sur son territoire).

Quant à son implication dans la lutte contre le changement climatique, le gouvernement chinois fait de belles déclarations qui ne sont jamais mises en œuvre et freine des quatre fers la baisse de production des énergies fossiles.

Que peut donc attendre le président français de ce voyage?

Sans doute pas grand-chose d’autre qu’une mise en scène d’une soi-disant amitié franco-chinoise.

Voilà un geste que le dictateur Xi peut faire, c’est gratuit.

 

 


mercredi 3 décembre 2025

Le Focus. La soi-disant croisade de Trump contre les narcotrafiquants


Or donc Trump accuse Nicolas Maduro, le dictateur vénézuélien d’être le plus grand narcotrafiquant communiste et donne des ordres pour l’assassinat de passeurs sur par l’armée américaine avec peut-être des crimes de guerre à la clé.

Et de proclamer sa croisade contre le trafic de drogue et tous ceux qui trempent dans ce fléau qui touche les Etats-Unis.

Mais, dans le même temps, il vient de gracier un des pires trafiquants, l’ex-président du Honduras, Juan Orlando Hernández, qui avait été extradé et condamné par la justice américaine à 45 ans de prison.

Celui-ci vient de sortir d’une prison fédérale de Virginie occidentale aujourd’hui…

On voit bien que Trump, comme pour tout ce qu’il fait, instrumentalise la lutte contre la drogue, et que le seul but qu’il poursuit systématiquement est son intérêt en s’attaquant à ses ennemis et protégeant ses amis.

Tout est permis pour y parvenir comme bafouer les lois, les traités internationaux et faire un pied de nez aux Américains en protégeant des délinquants et des criminels.

Pas de combat pour le bien-être et la sécurité de ses concitoyens dont il n’a jamais eu cure en réalité.

Dans le cas du narcotrafic comme dans celui des soins de santé, de l’inflation ou encore de la paix dans le monde, l’extrémiste populiste de la Maison blanche joue un jeu pervers et abject tout en continuant à transformer la démocratie étasunienne en autocratie et à rendre le monde plus dangereux.

Et dire qu’il réclame encore le prix Nobel de la paix.

 


mardi 2 décembre 2025

Editorial. Les démocraties corrompues


Or donc Benjamin Netanyahu, homme politique corrompu avéré, a demandé sa grâce au président d’Israël sans faire la moindre repentance, ni en avouant ses fautes.

Il est soutenu en cela par le corrompu Donald Trump, ami du corrompu Orban.

Ce seul exemple montre à quel point la corruption atteint aujourd’hui les démocraties sachant que ces trois dirigeants ont été élu démocratiquement à la tête de leurs pays respectifs.

Et l’on pourrait continuer la liste des politiques anciennement au pouvoir comme Sarkozy en France, en poste, comme Sanchez en Espagne, ou candidats au pouvoir, comme Le Pen en France, à être soupçonnés d’être corrompus ou à avoir été condamnés pour corruption.

Bien sûr, la démocratie n’a jamais été une barrière à la corruption mais l’on pouvait espérer qu’au 21e siècle, les politiciens véreux seraient moins nombreux et auraient tendance à disparaître.

Or, il n’en est rien.

Le plus grave est que la plupart d’entre eux ne se cachent pratiquement pas comme Trump ou gardent la confiance de leurs électeurs comme Le Pen.

Dès lors, c’est bien du côté des peuples qui semblent de plus en plus dans l’acceptation de cette vénalité qu’il faut se tourner pour s’interroger sur le pourquoi de cette permissivité alors même que l’intolérance monte dans la société un peu partout dans le monde, surtout chez ceux qui soutiennent les corrompus.

Comme si la polarisation montante dans les démocraties avait fait passer l’honnêteté comme une vertu secondaire pour ses hérauts qui seraient au-dessus des lois, souvent même bénéficiant d’un statut que même les rois n’avaient pas.