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lundi 30 juin 2008

BRIC-ENTREPRISES. Les pays du Bric en force dans les 500 premières entreprises mondiales


Publié chaque année par le Financial Times, le classement des cinq cents plus importantes entreprises par leur capitalisation boursière montre à nouveau le dynamisme des pays du Bric.


Dix entreprises dans les cinquante premières mondiales (sept chinoises, deux brésiliennes et une russe), quatre dans les dix premières et, surtout, trois dans les cinq premières (PetroChina, 2° ; Gazprom, 4° ; China Mobile, cotée à Hong Kong, 5°), les pays du Bric se font à nouveau remarquer dans le classement mondial des cinq cents premières entreprises par leur capitalisation boursière que publie chaque année le Financial Times.

Evidemment, ce classement prend en compte l’année boursière 2007 et l’année 2008 sera peut-être plus difficile avec les importantes corrections que connaissent actuellement les Bourses notamment en Chine et en Inde. Déjà, PetroChina qui était devenue la plus grosse société mondiale lors de son introduction à la bourse de Shanghai, l’année dernière, a perdu, avant la fin de l’année 2007, sa première place au profit de l’inévitable Exxon Mobil qui truste le leadership depuis des années. Néanmoins, la performance de PetroChina est exceptionnelle puisqu’elle prend quand même la deuxième place à une autre icône de Wall Street, General Electric !

Dans ce classement, les trois pays qui ont la plus forte progression sont la Chine, l’Inde et la Russie qui possèdent maintenant cinquante entreprises dans ce classement, soit 10% du total alors qu’ils en étaient pratiquement totalement absent voici dix ans… En ajoutant le Brésil, le total passe à soixante-et-une entreprises. Et si l’on compte les entreprises de Hong Kong (dont certaines sont des entreprises chinoises « de l’intérieur » cotées dans le territoire autonome), le total monte à soixante-douze entreprises soit 14,4% du total.

Sont dans les cent premières : PetroChina (2°, Chine), Gazprom (4°, Russie), China Mobile (5°, Chine-Hong Kong), IC Bank of China (6°, Chine), Petrobras (12°, Brésil), China Construction Bank (20°, Chine), Vale do Rio Doce (25°, Brésil), Bank of China (26°, Chine), Sinopec (37°, Chine), China Life Insurance (50°, Chine), China Shenhua Energy (52°, Chine), Rosneft (65°, Russie), Reliance Industries (80°, Inde), Lukoil (89°, Russie), Sberbank of Russie (91°, Russie).


Alexandre Vatimbella
© 2008 LesNouveauxMondes.org

CHINE-ECONOMIE. La croissance chinoise devrait demeurer soutenue selon la Banque mondiale


Dans le rapport trimestriel sur la Chine que vient de publier la Banque Mondiale, celle-ci affirme que la croissance du pays devrait demeurer soutenue malgré un environnement économique mondial morose.


Voici les principaux points du rapport trimestriel de la Chine que vient de publier la Banque mondiale. Selon l’organisme international, « face à la faiblesse et l'incertitude des perspectives mondiales, la croissance chinoise sera soutenue par sa forte compétitivité sur le plan international et par la robustesse de son économie nationale. D'après les prévisions actuelles en matière de croissance, il n'est pas nécessaire de relâcher l'orientation macroéconomique globale, bien que l'incertitude mondiale demande de faire preuve de vigilance et de flexibilité. » Par ailleurs, l'économie chinoise enregistre actuellement une croissance modérée mais néanmoins à un rythme plus viable. Quant à l'inflation affichée, elle commence à reculer, alors même que surgissent des tensions sur les prix non alimentaires. Reste un défi politique majeur pour le pays, la réduction de ses énormes excédents extérieurs.

Voici les développements économiques récents pointés par la Banque mondiale :

-Parallèlement au ralentissement de la croissance observé ailleurs, la croissance du PIB chinois en 2008 a été modérée jusqu'à maintenant.

-La modération de la croissance en 2008 reflète en partie le manque de vigueur des investissements.

-Les volumes du commerce extérieur ont ralenti, mais la forte hausse des prix des importations gonfle la valeur des produits importés.

-La forte baisse des termes de l'échange a permis de réduire l'excédent commercial de la Chine par rapport à l'an dernier, au cours des cinq premiers mois.

-Les données plus détaillées sur le commerce extérieur semblent indiquer un ralentissement de l'économie mondiale et une économie nationale encore robuste.

-La hausse des prix alimentaires a dopé l'inflation des prix à la consommation, mais le pire semble passé en ce qui concerne les flambées des prix alimentaires.

-Les augmentations subites du prix des autres denrées de base n'avaient, jusqu'à récemment, que peu d'impact sur les prix à la consommation.

-La hausse des prix pour l'alimentation, le pétrole et les matières brutes industrielles commence à se faire sentir dans d'autres prix, bien que l'effet « boule de neige » sur les prix à la consommation reste encore limité.

-L'accumulation des réserves en devises étrangères bat de nouveaux records.

-Les excédents de la balance des paiements compliquent la politique monétaire, mais la croissance des réserves de devises demeure sous contrôle.

-Motivée par le besoin de rééquilibrer l'économie et de réduire les tensions sur les prix, la Chine continue à laisser sa monnaie, le RMB, apprécier graduellement son taux de change.

Quant aux perspectives économiques, la Banque mondiale estime que :

-La croissance dans les pays à revenus élevés affiche un ralentissement, mais les prévisions pour 2008 ont passé le creux de la vague pour le moment.

-Alors que les pays en développement et les marchés émergents enregistreront probablement un ralentissement, ils devraient continuer à dépasser les pays à revenus élevés.

-L'inflation causée par la hausse des prix des produits de base est devenue un facteur qui complique la situation dans le monde entier.

-Ces développements accroissent considérablement l'incertitude et les risques sur le plan international.

-Néanmoins, les exportations chinoises continueront à bénéficier d'une solide compétitivité à l'échelle mondiale.

-Sur le plan intérieur, malgré les proportions inimaginables de la tragédie humaine causée par le tremblement de terre, l'impact macroéconomique devrait être modeste.

-La croissance chinoise continuera probablement à être modérée, tout en restant solide.

-L'inflation affichée devrait reculer, mais l'inflation de base continuera sans doute à monter pendant un certain temps.

-Si l'inflation reste au taux actuel pendant une période de temps prolongée, elle pourrait se répercuter sur la demande intérieure.


Louis-Jean de Hesselin
© 2008 LesNouveauxMondes.org

BRESIL-SPORT. Le Brésil s’estime le meilleur choix pour les Jeux Olympiques de 2016


Le ministre brésilien des sports l’affirme, la ville de Rio de Janeiro est le meilleur choix pour les Jeux de 2016 mais l’organisation, deux ans plus tôt, du Mondial de football risque d’être un lourd handicap.


Avec la ville de Rio de Janeiro, le Brésil espère décrocher les premiers Jeux Olympiques de son histoire en 2016. La cité méridionale est en compétition avec Prague, Doha, Baku, Tokyo, Madrid et Chicago.

Selon le Président de la république, Luiz Ignacio Lula da Silva, "La candidature du Brésil pour les JO de 2016 ne manque pas d’atouts ». Pour le ministre des sports brésilien, Orlando Silva, "Les Jeux panaméricains ont été un grand succès et ont donné de la crédibilité à Rio. Les installations étaient de calibre olympique. Les transports, les services de santé et de sécurité, les services alimentaires, tout a été très bien géré, et cela nous a valu de nombreuses éloges." Le ministre a ajouté : "Les Olympiques sont un rêve pour nous. Les Jeux donneraient aux sports en général une grande importance dans l'agenda national, il n'y aurait pas que le football." Il a, par ailleurs, ajouté que l'économie brésilienne en plein essor était aussi un avantage. Quant au désavantage venant du fait que le Brésil va organiser la Coupe du Monde de football en 2014, soit deux avant les olympiades, le ministre estime qu’il y a des précédents heureux avec l’Allemagne en 1972 et 1974, les Etats-Unis en 1994 et 1996 ainsi que le Mexique en 1968 et 1970.

Le gouvernement brésilien, en tout cas, va consacrer un budget de 85 millions de reals (53 millions de dollars) pour aider Rio de Janeiro à remporter cette compétition.


Jean-Louis Pommery
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dimanche 29 juin 2008

BRESIL-ENERGIE. Le Brésil veut créer une compagnie pétrolière publique


Les champs de pétrole en eau profonde récemment découverts au large du Brésil devraient être exploités par une entreprise publique selon le ministre de l’Energie


Selon le ministre brésilien de l'Energie, Edson Lobao, le Brésil devrait créer une compagnie publique pour exploiter les gisements pétroliers en eaux profondes que le pays a découvert récemment au large de ses côtes : "Je vais suggérer la création d'une entreprise totalement publique, une entreprise qui appartiendrait à 100% à l'Etat et au peuple brésilien", a-t-il déclaré dans une interview. "Cette nouvelle société serait la propriétaire des réserves et engagerait d'autres entreprises pour les explorer, en tant que prestataires de services. Petrobras travaille comme prestataire de services dans des pays comme le Mexique ou l'Iran." Rappelons que les très importants gisements pétrolifères en eaux très profondes découverts dans les eaux territoriales du Brésil renfermeraient, selon les premières estimations, quelques 40 milliards de barils, faisant alors du pays l'une des principales puissances pétrolières du monde si ces calculs s’avéraient exacts. Par ailleurs, l’actuelle compagnie brésilienne, Petrobras, est une société d’économie mixte avec des capitaux publics et des capitaux privés.


Alexis Levé

© 2008 LesNouveauxMondes.org

samedi 28 juin 2008

BRIC-ARGENT. Le nombre des millionnaires explosent dans les pays du Bric


Le monde compterait 10,1 millions de millionnaires selon l’étude annuelle World health report publiée depuis vingt ans par Merrill Lynch et Capgemini. Et ce sont les pays du Bric qui connaissent la croissance la plus importante.


La Chine, l’Inde et le Brésil sont les trois pays qui ont connu la plus forte progression mondiale du nombre de leurs millionnaires en dollars au cours de l’année 2007 selon l’étude annuelle World health report que vient de publier la banque américaine Merrill Lynch et la société de services informatiques française Capgemini. C’est l’Inde qui a connu la plus forte progression du nombre de ses millionnaires, +22,7% (contre +20,6% en 2006) avec 123.000 millionnaires, suivi par la Chine, +20,3% avec 415.000 millionnaires, et le Brésil, +19,1% avec 143.000 millionnaires. Quant à la Russie, le nombre de ses millionnaires a cru de 15,5% avec 136.000 millionnaires et se classe dixième nation dans ce domaine en 2007.

Les pays du Bric connaissant ainsi une progression particulièrement importante de leurs millionnaires, +19,1%, ce qui est dû à la fois à leur croissance économique mais aussi à la montée des cours de leurs Bourses locales (+291% en Chine, +93% au Brésil, +50% en Inde, +37,6% en Russie) et à l’augmentation du prix des matières premières en ce qui concerne plus spécifiquement le Brésil et la Russie. Le fait que les Bourses du monde entier chutent actuellement, notamment en Chine et en Inde, pourrait remettre en cause cette progression spectaculaire pour le classement 2008.


Alexandre Vatimbella & Louis-Jean de Hesselin
© LesNouveauxMondes.org

vendredi 27 juin 2008

CHINE-INDE-BOURSE. Fortes chutes des bourses chinoises et indiennes


Les Bourses de la région Asie-Pacifique ont lourdement chuté vendredi dans le sillage de Wall Street et des places européennes la veille. Les investisseurs réagisse vivement à la nouvelle flambée du prix du pétrole qui a dépassé jeudi pour la première fois les 140 dollars le baril, puis 141 dollars vendredi, délaissant du coup les actions pour le marché de l’or noir.


Plus de 5% de baisse à Shanghai, plus de 4% à Bombay et à New Dehli, plus de 3% à Taipeh, près de 2% à Hong Kong, les Bourses de Chine et d’Inde sont en fortes baises après les légers rebonds ces deux derniers jours confirmant leur dépréciation constante depuis le début de l’année, mouvement qui s’est amplifié ces dernières semaines avec l’envolée du prix du pétrole, la hausse des prix des denrées alimentaires, la spirale inflationniste et le ralentissement de la croissance.

L’indice Composite de Shanghai est revenu aux alentours de 2.700 points, niveau inimaginable il y a peu et qu’aucun investisseur chinois n’envisageait, espérant que le gouvernement serait capable de le maintenir autour de 3.000 points. Quant au Sensex de New Dehli, le record de 20.000 points de l’année dernière est très loin avec un passage aujourd’hui sous la barre des 13.000 points !

Les Bourses chinoises et indiennes ne sont pas les seules à connaître ces chutes puisque l’ensemble des bourses de la région Asie-Pacifique sont dans le rouge, l’indice Nikkei, par exemple, cédant plus de 2% pour terminer à son plus bas niveau depuis le 12 mai. "Les ventes ont été très intenses dès l'ouverture. Les investisseurs se sont bousculés pour réduire leurs positions après avoir assisté au plongeon de Wall Street", a raconté à l’AFP Steven Huang, analyste chez President Securities à Taïpei. "Les investisseurs sont inquiets de la hausse des prix des matières premières et du pétrole. Cela réveille leurs craintes inflationnistes. Les gérants de fonds redoutent l'impact de l'inflation en Asie", a indiqué à l’agence de presse Jose Vistan, de chez AB Capital Securities à Manille. "Il n'y a que des nouvelles négatives. Outre les prix élevés du pétrole, les incertitudes politiques et les possibles resserrements monétaires pèsent sur le marché", s'est lamenté de son côté Bhaskar Kapadia, courtier chez Pyramid Securities en Inde.


Jean-Louis Pommery

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INDE-INFLATION. Nouveau record de l’inflation à 11,42%


Le nouvel indice hebdomadaire de l’inflation confirme ce que l’on savait déjà : l’Inde est dans une forte spirale inflationniste. Et rien ne l’arrête pour l’instant au grand dam du gouvernement de New Dehli et de la banque centrale.


De records en records, le taux d’inflation en Ide n’en finit pas d’en battre. Mais ce genres de records ne font évidemment pas la fierté du gouvernement qui se retrouve avec une inflation beaucoup plus forte que prévu à moins d’un an des élections législatives. Ainsi, pour la semaine du 8 au 14 juin, celle-ci s’est élevée à 11,42%, en hausse par rapport à la semaine précédente, 11,05%, qui pourtant avait déjà établi un record depuis treize ans, record qui n’a tenu qu’une semaine… Et les prévisions ne sont pas bonnes pour les semaines à venir avec les prix du pétrole et des denrées alimentaires toujours pas stabilisées.

Rappelons qu’au début de l’année, les prévisions officielles faisaient état d’une inflation à 5,5% pour l’année 2008 et que les différentes corrections qui ont été apportées au cours des derniers mois faisaient état de prévisions n’excédant pas les 8%... Le gouvernement indien a mis du temps à intervenir mais ses actions se sont révélées sans grand effet comme les injonctions à certains producteurs de matières premières de ne pas augmenter leurs tarifs. Pire, le Premier ministre, Manmohan Singh n’a pu empêcher le relèvement des prix pétroliers et alimentaires largement subventionnés au vu des déficits publics que cela créait. Et les actions de Reserve Bank of India, la Banque centrale, connaissent les mêmes échecs. Reste qu’elle vient de relever son taux directeur, dit repo, à 8,5% et qu’elle a annoncé un relèvement en deux temps de son ratio de réserves obligatoires, c'est-à-dire le montant des liquidités que les banques doivent garder en réserve afin de limiter les liquidités dans le circuit économique.


Louis-Jean de Hesselin
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CHINE-INTERNATIONAL. La diplomatie économique à l’honneur en Chine


Que ce soit avec les Etats-Unis, Taiwan ou le Japon, la Chine vient d’utiliser la diplomatie économique pour résoudre ses différents. Avec quelques succès.


Après l’opposition politique frontale, l’accord économique bilatéral de compromis. Après avoir montré les dents, le gouvernement chinois s’est fait patte de velours dans les différents qui l’opposent à Taiwan, au Japon et aux Etats-Unis. Certains y verront la nécessité pour la Chine de redorer son blason international après les événements du Tibet, d’autres une tactique éprouvée de la diplomatie, d’autant que rien n’a été lâché sur le fond. Toujours est-il que Pékin a trouvé en quelques jours un accord avec les frères ennemis de Taipeh pour ouvrir des liaisons aériennes directes entre le continent et l’île dans une atmosphère plutôt chaleureuse depuis que le nouveau président de Taiwan se soit montré beaucoup plus ouvert aux négociations avec la Chine sans toutefois remettre en question l’indépendance de fait actuelle de l’île.

Entre le Japon et la Chine s’est peut-être ouverte une nouvelle ère de relations apaisées. Deux événements ont en tout cas été très symboliques : l’envoi de secouristes lors du tremblement de terre au Sichuan et le mouillage de navires de guerre japonais dans les ports chinois. Mais c’est au niveau économique que l’on a noté une forte détente avec un accord sur les gisements de gaz naturels sous-marins que revendiquent les deux pays depuis des années. La Chine en reste pour l’instant l’exploitant virtuel mais les capitaux japonais vont pouvoir massivement s’investir dans les projets. Bien entendu, la querelle de la propriété réelle de ces gisements n’a pas été tranchée, tout comme ne l’a pas été l’appartenance ou non de Taiwan à la Chine, mais la collaboration des deux puissances asiatiques sur un dossier hautement sensible est certainement un heureux événement qui suit, en tout cas, la visite officielle très positive que Hu Jintao, le président chinois, a faite voici plusieurs semaines au Japon.

Quant aux relations avec les Etats-Unis, de bonnes résolutions et un accord en vue sont sortis de la réunion biannuelle du « dialogue stratégique économique » entre les deux puissances notamment sur les possibilités d’investissements directs de la Chine aux Etats-Unis et des Etats-Unis en Chine alors que l’on sait que des tensions existaient de part et d’autre sous fond d’accusations de protectionnisme. Bien sûr, là aussi, les problèmes de fond n’ont pas trouvé de solution à l’occasion de cette rencontre gouvernementale à haut niveau mais le souffle qui est passé était particulièrement positif. Il faudra voir, dans les mois à venir, si cette diplomatie économique de l’apaisement aboutit à d’autres avancées et trouve une traduction politique.


Alexandre Vatimbella
© 2088 LesNouveauxMondes.org

RUSSIE-COMMERCE. La Russie espère achever les négociations de son adhésion à l’OMC cet automne


Selon la délégation russe qui mène les négociations de son pays à l’OMC (Organisation mondiale du commerce), celles-ci pourraient être bouclées à l’automne prochain ce qui pourrait amener la Russie à être membre de l’organisation avant la fin de l’année ou au début de 2009.


"La situation générale aux négociations permet d'escompter l'achèvement des travaux sur le rapport du Groupe de travail (chargé de l'adhésion russe) à l'automne 2008", a indiqué à l’agence de presse Novosti un membre de la délégation russe qui discute à Genève de l’adhésion de son pays à l’OMC à l’issue des nouvelles réunions qui viennent de se tenir. Cette déclaration reporte donc à l’automne ce qui aurait du être fait dès cet été. "Le nombre des questions posées n'est pas important et elles sont techniques, ce qui veut dire que les principaux problèmes ont déjà été réglés", a ajouté cette même personne. Néanmoins, selon l’agence de presse russe, « des difficultés marquent l'examen des mesures phytosanitaires et vétérinaires et des mesures - en vigueur et annoncés - réglementant les importations russes de viande. » Pour les régler, le ministre russe de l'Agriculture, Alexeï Gordeev, a rencontré à Genève les ambassadeurs des pays du Groupe de Cairns (principaux exportateurs de produits agroalimentaires) afin d’examiner les mesures de soutien public à l'agriculture russe.


Alexis Levé
© LesNouveauxMondes.org

jeudi 26 juin 2008

INDE-ECONOMIE. L’économie, ciment politique de l’Inde ?


Lors d’une conférence de l’Ifri sur les castes et le régionalisme aujourd’hui, le chercheur Jean-Luc Racine a affirmé que le ciment de l’unité indienne était l’économie.


Forces centripètes et forces centrifuges, l’Inde moderne est traversée de différents courants qui mettent à mal son système politique mais qui confirment, malgré tous les troubles ethniques, religieux et de castes, que le fédéralisme était la meilleure voie pour assurer l’unité du pays, celle prise par Nehru après qu’il ait compris que le centralisme était voué à l’échec. Telles peuvent êtres les conclusions d’un colloque tenu à l’Ifri (Institut français des relations internationales), ce jeudi 26 juin.

En effet, dans ce pays de plus d’un milliards d’habitants, le régionalisme s’est développé ces dernières années, limitant la force des deux grands partis nationaux, le Parti du Congrès et le BJP (parti nationaliste) qui ne peuvent gouverner que par alliances avec des partis dont l’implantation se fait dans une voire deux ou trois Etats (l’Inde compte 28 Etats et 7 territoires). D’autant que l’unité du pays, au contraire de la Chine, ne se fait pas par la langue ou l’écriture commune (en Chine il y a une seule écriture pour plusieurs langues), ni par une culture unique. Dès lors, comme l’a expliqué, Jean-Luc Racine, directeur de recherche au CNRS, c’est par l’économie que le discours unitaire passe, discours où un consensus se réalise, notamment au niveau de l’emploi, principale préoccupation d’une soixantaine de partis nationaux ou régionaux et d’une myriade de centaines de partis locaux.


Alexandre Vatimbella
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mercredi 25 juin 2008

CHINE-ECONOMIE. Les fragilités de la croissance chinoise menacent le développement du pays


Selon Françoise Nicolas, économiste à l’IFRI, la croissance chinoise souffre de fragilités qui ne lui permettent pas de postuler à un leadership mondial et qui, même, menacent son développement.


Lors d’une conférence à l’IFRI (Institut français des relations internationales), l’économiste François Nicolas a pointé les fragilités de la croissance chinoise qui peuvent, selon elle, remettre en cause le développement du pays. En tout état de cause, par ailleurs, ces fragilités ne permettent pas aujourd’hui à l’économie chinoise de prendre le relais de celle des Etats-Unis comme moteur de la croissance mondiale et d’insuffler un dynamisme équivalent à cette dernière sur la globalisation.

Les fragilités sont au nombre de quatre selon Françoise Nicolas : trop d’exportations, pas assez de consommation intérieure, une croissance encore trop dépendante des entreprises étrangères installées sur son sol (on estime que leur activité compte pour un tiers de la croissance totale de la Chine) et une incapacité de l’industrie chinoise de se substituer à ces entreprises pour fabriquer certains produits à forte valeur ajoutée (même si l’on note une augmentation de la part de la valeur ajoutée des produits fabriqués ou assemblés en Chine).


Alexandre Vatimbella
© 2008 LesNouveauxMondes.org

mardi 24 juin 2008

CHINE-INTERNATIONAL. La Chine revient au « centre du monde »


Selon le chercheur Antoine Sautenet, la Chine n’émerge pas mais revient au « centre du monde », un retour à son histoire. Dès lors, il vaut mieux parler de réémergence.


Lors d’une conférence à l’IFRI (Institut français des relations internationales), le chercheur Antoine Sautenet a fait un tour d’horizon des relations entre la Chine et l’Union européenne tout en déclarant, en préambule que, pour bien comprendre la Chine, il fallait parler de réémergence et non d’émergence car le pays revenait au « centre du monde », là où il se place depuis des millénaires.

En ce qui concerne les relations bilatérales, le chercheur estime que « le cadre juridique, économique et commercial de leurs relations est largement inadapté à la situation d’aujourd’hui. L’Union européenne considère encore la Chine comme un pays en développement d’où la nécessité de rénover l’accord de 1985 ». Antoine Sautenet pense également que le « partenariat stratégique » initié en 2003 n’est pas très productif. Ce document politique de « soft law » (sans aucune contrainte juridique) donne quelques résultats dans les relations économiques mais à l’avantage quasi-exclusif de la Chine. D’où la nécessité, selon lui, de réaliser un nouvel accord bilatéral afin de prendre en compte la montée en puissance de l’Empire du Milieu, d’autant que les négociations à l’OMC (Organisation mondiale du commerce) sont dans l’impasse).


Alexandre Vatimbella
© 2008 LesNouveauxMondes.org

INDE-ENERGIE. L’accord nucléaire avec les Etats-Unis devient un chaudron de politique intérieure


Sensé apporter une opportunité dans le développement énergétique de l’Inde, l’accord nucléaire avec les Etats-Unis déchaînent les passions et met en péril, non seulement, le gouvernement en place mais la croissance indienne.


L’accord nucléaire entre les Etats-Unis et l’Inde conclu en 2005 va-t-il faire tomber le gouvernement et va-t-il empêcher le Parti du Congrès de remporter les prochaines élections législatives ? A l’inverse, et plus grave, sa non-ratification par le Parlement de New Delhi aura-t-elle de graves conséquences sur le développement économique de l’Inde ? C’est en tout cas la crainte des analystes politiques mais aussi des économistes. Car, il faut le rappeler, l’accord nucléaire est une chance pour l’Inde qui connaît d’énormes problèmes dans sa production d’électricité totalement insuffisante pour soutenir sa croissance. En effet, en donnant la possibilité de contrôler une partie de son activité nucléaire sans toucher à son nucléaire militaire et alors que le pays a refusé de ratifier l’accord de non-prolifération des armes atomiques, l’Inde devait obtenir des Etats-Unis et de ses alliés la levée de l’embargo sur la fourniture de centrales nucléaires indispensables au développement économique du pays mais aussi du « carburant » (l’uranium) nécessaire pour faire fonctionner les centrales déjà existantes ainsi que l’accès aux technologies de l’occident. Seules quelques unes peuvent actuellement être ravitaillées par de l’uranium venu de Russie au terme d’un accord séparé.

La situation existante est très préoccupante pour l’Inde qui a réduit de façon drastique sa production d’électricité d’origine nucléaire en 2007 faute d’uranium (un contrat avec l’Australie a été annulé suite à la non-ratification de l’accord avec les Etats-Unis) et la situation ne devrait pas s’améliorer puisque les contrats en vue pour la fourniture de centrales venant d’EDF, Areva, Westinghouse et autres constructeurs sont en stand-by jusqu’à la ratification de l’accord.

Celui-ci voulu par le Premier ministre Manmohan Singh, conscient de l’énorme hiatus entre la demande électrique et la capacité actuelle du pays, est combattu farouchement par les alliés du Parti du Congrès au Parlement, la gauche et plus particulièrement le Parti communiste qui a menacé à plusieurs reprises de faire tomber le gouvernement au motif que cela ferait du pays l’allié des Etats-Unis ce qui leur est inacceptable (comme pour l’opposition nationaliste). Ce dernier a donc décidé de reporter l’adoption de cet accord jusqu’au dernier moment, c’est-à-dire juste avant les élections législatives. Mais la manœuvre a été dénoncée par la gauche de la coalition au pouvoir et s’est surajoutée, dernièrement, la menace d’un boycott du Parti du Congrès par les électeurs musulmans.

Il est très difficile de dire si cet accord verra le jour d’autant que les Etats-Unis avaient fixé une limite de temps pour cette ramification et que celle-ci a été dépassée d’autant que le processus sera long. Beaucoup d’analystes américains estiment même que cet accord n’existe plus, comme le confirment à demi-mots des officiels proche de George W. Bush. Cependant, l’Inde s’accroche, espérant toujours pouvoir lui redonner une existence avant le 4 novembre prochain, date des élections présidentielles américaines puisqu’il semble que les Démocrates qui ont de grandes chances de revenir aux affaires et de renforcer leur majorité au Congrès, lui sont assez opposés.


Alexandre Vatimbella
© 2008 LesNouveauxMondes.org

BRIC-COMMERCE. Les pays du Bric peu ouverts au commerce mondial…


Selon le nouveau classement du World economic forum sur le commerce mondial, le Brésil, la Chine, l’Inde et la Russie ne sont pas des pays ouverts au commerce mondial qualitativement parlant même s’ils sont, quantitativement, des gros exportateurs et importateurs.


Comme il en a pris l’habitude chaque année le World economic forum vient de publier la nouvelle édition de son « Global enabling trade report » (Rapport sur les opportunités du commerce mondial) qui pointe les évolutions positives et négatives du commerce mondial. L'organisation qui organise le Forum économique de Davos étudie ainsi 118 pays et les classe selon leur aptitude à commercer en fonction quatre grands critères : l'accessibilité de leur marché domestique pour les entreprises étrangères, les barrières douanières (tarifs et qualité de l'administration douanière), la qualité des infrastructures de transport et de communication ainsi que l'environnement des affaires. Ce classement n’est pas quantitatif mais qualitatif. A ce petit jeu, les pays du Bric font pâle figure dans le classement 2008 alors que Hong Kong et Singapour se classent aux deux premières places avec une moyenne indicielle respective de 6,04 et 5,71. La Chine est le pays du Bric le mieux classé et décroche péniblement la…48° place avec une moyenne indicielle de 4,25 ! L’inde vient loin derrière avec une peu reluisante 71° place talonnée de près par le Brésil à la 80° place. Ferme la marche, la Russie avec une catastrophique 103° place sur, rappelons-le, 118 pays…

Classement général

Accès au marché

Administration douanière

Infrastructures transport & com

Environnement des affaires

Rang

Indice

Rang

Indice

Rang

Indice

Rang

Indice

Rang

Indice

Chine

48

4,25

71

4,07

43

4,51

36

4,15

77

4,28

Inde

71

3,74

105

2,82

55

4,08

52

3,54

58

4,53

Brésil

80

3,63

92

3,42

66

3,87

62

3,31

96

3,91

Russie

103

3,25

99

3,11

92

3,20

60

3,35

114

3,35

The Global Enabling Trade Report 2008 © 2008 World Economic Forum

Alexandre Vatimbella & Alexis Levé
© 2008 LesNouveauxMondes.org

lundi 23 juin 2008

CHINE-INDE-ECONOMIE. Le coulage touche les pays émergents quel que soit leur régime politique


Pour l’économiste Gilbert Etienne, chiffres à l’appui, le coulage est un fléau qui touche tous les pays émergents quel que soit leur régime politique, autoritaire ou démocratique.


Depuis leur (re)décollage économique, la Chine et l’Inde ont vu, parallèlement, un développement important du coulage. Ce n’est pas là le moindre des paradoxes du boom des économies émergentes. Littéralement « perte de marchandises due au vol et au gaspillage », il recouvre, au niveau gouvernemental, trois phénomènes selon l’économiste Gilbert Etienne : la mauvaise allocation des fonds publics, le non-recouvrement des recettes de l’Etat et la corruption auxquels il faut évidemment ajouter une très mauvaise gestion qui favorise les comportements délictuels. Ainsi, comme il l’a expliqué lors d’une conférence au Ceri (Centre d’études et de recherches internationales) de Sciences Po Paris, « 40% de la production d’électricité de l’Inde est détournée sans que l’Etat ne fasse grand-chose. De même, le problème de manque d’électricité est connu depuis 1980 sans que rien n’ait été fait pour le résoudre ».

Evidemment, un des fléaux majeurs est la corruption qui, selon les propos de Gilbert Etienne « est caméléon ». Pour lui, le régime démocratique d’un pays influe peu sur le degré de corruption lorsque celui-ci connaît un décollage économique. Ainsi, démocraties et régimes autoritaires sont touchés de la même manière par ce fléau qui représente des sommes très importantes.

Cet accompagnement du développement économique de la Chine et de l’Inde par le coulage est un phénomène bien connu. Les pays européens et, surtout, les Etats-Unis au XIX° siècle connurent le même phénomène lors de leurs révolutions industrielles respectives. Selon les chiffres donnés par Gilbert Etienne, l’évasion fiscale représente trente milliards de dollars en Chine et en Inde, les connexions illégales d’électricité 804 milliards en Chine et l’évasion fiscale 30 milliards en Inde. Des sommes qui auraient pu bénéficier au développement des deux pays.


Alexandre Vatimbella
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dimanche 22 juin 2008

RUSSIE-INTERNATIONAL. Accord de partenariat en vue entre la Russie et l’Union européenne


Après l’expiration du précédent accord en décembre dernier, les négociations étaient au point mort suite à des différents entre Moscou et Varsovie ainsi que Vilnius. Mais des arrangements ont été trouvés pour que débute la phase finale de discussion.


La Russie et l'Union européenne viennent d’entamer des négociations finales en vue de conclure un nouvel Accord de partenariat et de coopération (APC) entre elles. Le précédent accord a en effet expiré en décembre 2007 et, depuis, les négociations en vue de son renouvellement était au point mort. Le blocage de ces négociations était du principalement aux désaccords entre la Russie et la Pologne sur les exportations de viande polonaise. Après leur règlement en décembre dernier, le gouvernement polonais s'était déclaré prêt à lever son veto. Mais restait alors à convaincre la Lituanie, unique Etat imposant des conditions préalables à l'adoption du projet d'APC. Vilnius exigeait notamment que soient incluses au mandat de négociations les déclarations enjoignant la Russie de reprendre les livraisons de pétrole par l'oléoduc Droujba, fermé en 2006 après des fuites de brut, et de dédommager les déportés des pays baltes. Après la promesse de l'Union européenne de prendre en compte ces revendications lors des négociations, la Lituanie a donné son feu vert à leur lancement


Alexis Levé
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samedi 21 juin 2008

Editorial

Et si les pays émergents explosaient ?


La grande crainte des analystes, spécialistes et autres experts en tout genre est la prochaine explosion que pourraient connaître les pays émergents sous la pression d’une inflation record, due à la hausse du prix du pétrole et celui des denrées alimentaires, couplée avec un ralentissement de la croissance, c’est-à-dire à une sorte de stagflation, encore que les chiffres de la croissance de ces pays demeurent encore élevés pour qu’on puisse parler de stagflation (inflation élevée et croissance atone qui sont « économiquement » antinomiques mais qui, parfois, vont de pair…).

Et les leaders des pays développés commencent à craindre ce scénario du pire qui verrait, dans un premier temps, les populations des pays émergents et en voie de développement se révolter contre leurs gouvernements – les pays démocratiques, les plus « faibles », étant touchés les premiers – avant que ces gouvernements se retournent contre les pays développés mais aussi contre les autres pays tout autant responsables de leurs malheurs ou supposés responsables, les pays producteurs de pétrole. C’est d’ailleurs dans ce sens qu’il faut analyser la décision de l’Arabie Saoudite d’augmenter de 200.000 barils par jour la production de son pétrole (c’est le seul pays producteur capable d’augmenter sa production actuellement). Déjà, le Pakistan mais aussi le Maroc, deux pays musulmans, ne peuvent plus payer leur facture pétrolière et il serait de mauvais goût pour un pays qui se veut leader du monde musulman de les enfoncer dans une récession et des explosions de violence. Sans oublier que l’Arabie Saoudite ne peut, non plus, mécontenter les Etats-Unis sur le long terme. A noter que le Koweït, les Emirats Arabes Unis et Abu Dhabi ont décidé, eux aussi, de réagir.

Cette crise énergétique et alimentaire va-t-elle produire de l’instabilité ingérable (rappelons que des émeutes de la faim mais aussi contre le pétrole cher ont déjà eu lieu dans de nombreux pays depuis le début de l’année) ? C’est possible encore que ce scénario catastrophe ne s’est pas encore produit et que la situation difficile que l’on connaît actuellement pourrait évoluer positivement dans les semaines à venir avec une baisse de la consommation de pétrole couplée avec une augmentation de la production qui stabiliserait les prix à défaut de les faire baisser pour l’instant, accordant un certain répit, avec, dans le même temps, de bonnes nouvelles venant des prochaines récoltes puisque la Chine et l’Inde ont parlé dans ce domaine de « records ». Mais, évidemment, les mauvaises nouvelles pourraient aussi venir d’un pétrole de nouveau à la hausse, notamment par la faute de spéculateurs et de soif inextinguible d’économies développées et émergentes, et de récoltes difficiles dues aux inondations que subissent actuellement, entre autres, la Chine et les Etats-Unis. D’autant que résoudre la crise pétrolière et la crise alimentaire ne résoudrait pas forcément la crise financière mondiale même si le FMI vient d’annoncer que l’économie américaine ne connaîtrait sans doute pas de récession cette année et que son redémarrage pourrait se produite dès le début 2009.

Reste que la crainte des gouvernements de la planète se nomme, pour dire les choses comme elles sont, la guerre. Car l’instabilité intérieure de nombreux pays pourrait se muer en ressentiments vis-à-vis de l’extérieur et conduire à des conflits régionaux puis… Mais tout ceci est encore de la politique fiction. Pour combien de temps ?


Alexandre Vatimbella
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BRESIL-ENTREPRISES. Les entreprises françaises ont augmenté leurs investissements de 63% en 2007


Selon la Chambre de commerce franco-brésilienne de Sao Paulo, les investissements des entreprises françaises au Brésil ont fortement augmenté l’année dernière.


Les investissements des entreprises françaises au Brésil ont atteint 1,1 milliard de dollars en 2007 contre 675 millions en 2006 augmentant de 63% en un an selon les chiffres publiés récemment par la Chambre de commerce franco-brésilienne basée à Sao Paulo. Ils représentent désormais 3,6% des investissements étrangers directs au Brésil, faisant passer la France du dixième au huitième rang dans ce domaine.

Et cet intérêt pour le Brésil de la part des entreprises françaises devraient continuer selon le responsable de cette organisation, Michel Durand Mura. Ainsi, dans l'hôtellerie, le groupe Accor a annoncé un nouvel investissement de 70 millions d'euros. Il avait déjà investi 200 millions d’euros en 2007 alors que la société de restauration Sodexho en investissait dans le même temps le double. Dans la distribution, Carrefour a investi 1.180 millions d'euros depuis deux ans et annoncé une nouvelle enveloppe de 400 millions d’euros en 2008. Son concurrent Casino n’est pas en reste avec un investissement de 589 millions d’euros ces trois dernières années auquel s’ajoute 385 millions d’euros en 2008. Dans le secteur énergétique, Suez a conclu une série de projets portant sur 228 millions d'euros fin 2007, tandis que Tractebel doit investir 300 millions d'ici 2010 et confirmé un apport supplémentaire de 850 millions d’euros afin de construire une centrale électrique. Dans l’automobile, Renault vient d’ouvrir un centre de design à Sao Paulo qui fait partie d’un plan d’investissement de plus de 360 millions d'euros entre 2006 et 2009. De son côté, Peugeot-Citroën compte investir 40 millions d’euros cette année alors que Michelin a prévu des investissements à hauteur de 20 millions d’euros entre 2005 et 2007.


Jean-Louis Pommery
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vendredi 20 juin 2008

INDE-INFLATION. Inflation record depuis 1995 à plus de 11%


L’Inde tombe dans une spirale inflationniste de plus en plus inquiétante avec l’indice publié aujourd’hui au plus haut depuis treize ans.


Les experts prévoyaient un indice hebdomadaire à 9,5% pour cette première semaine de juin (terminée le 7) après les hausses décidées par le gouvernement sur les produits pétroliers ce qui aurait déjà été un record après la hausse de 8,75% la semaine précédente (qui était aussi, un record !). Mais les experts étaient… trop optimistes ! L’annonce du nouvel indice a été une douche froide pour le gouvernement : 11,05% soit la hausse la plus forte depuis treize ans et un doublement de l’inflation depuis le début de l’année. A moins d’un an des législatives (dont certains prévoient même la tenue au mois de novembre), le Parti du Congrès est dans une position très délicate d’autant que ses alliés de gauche dans la coalition parlementaire se désolidarisent de lui de plus en plus. Le gouvernement s’attendait à un mauvais indice et avait prévu, qu’à la fin du mois, il serait au-dessus de 10%. Mais les tensions inflationnistes de l’Inde en ont décidé autrement. Outre le prix du pétrole, cette nouvelle hausse est due en grande partie aux prix alimentaires et des produits manufacturés. Et l’on s’attend à ce que la Banque centrale, la Reserve bank of India, resserre encore plus sa politique du crédit.


Louis-Jean de Hesselin
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CHINE-ENERGIE. La Chine se décide enfin à augmenter le prix de l’essence


Après l’Inde, la Chine relève dès aujourd’hui les prix de ses produits pétroliers. Les deux économies énergivores qui subventionnent ces prix n’ont pu éviter cette augmentation même au risque d’aggraver leur inflation.


La Chine a donc enfin décidé d’augmenter les prix des produits pétroliers raffinés de 18% ainsi que celui de l’électricité de 5%, comme l’espérait la communauté internationale qui demandait un arrêt des subventions chinoises aux prix de l’énergie et alors que les analystes estimaient que Pékin ne procéderait à cette hausse qu’après les Jeux Olympiques d’août prochain. Cette annonce faite hier soir à la fermeture des marchés boursiers prend effet dès aujourd’hui. C’est la première hausse de ce genre depuis novembre dernier où les prix de ces produits avaient augmenté de 11% et la plus forte depuis dix ans. Mais, depuis huit mois, alors que sévit un choc pétrolier de grand ampleur notamment à cause de la demande chinoise, les autorités chinoises n’avaient pas voulu procéder à une telle augmentation de peur de mécontenter la population, de freiner une croissance déjà en difficulté et d’alimenter l’inflation. Néanmoins devant la spirale haussière mais aussi devant la pénurie à la pompe due aux difficultés des compagnies pétrolières et des raffineurs à alimenter le marché, la Chine n’a pu faire autrement alors que le prix de l’essence est 40% moins cher qu’aux Etats-Unis. Dès cette annonce, les prix du brut léger à New York et du Brent à Londres ont immédiatement baissé comme ce fut le cas lors de l’annonce de stocks importants aux Etats-Unis la veille et de la hausse de la production en Arabie Saoudite.

La Commission du développement national et de la réforme a indiqué que les prix de l'essence et du diesel augmentent d'un millier de yuans (93,6 euros) par tonnes. Quant au kérosène pour les avions, il augmente de 1.500 yuans (140,6 euros) par tonne. Pour la plupart des entreprises, l'électricité augmente de 0,0025 yuan par kilowatt (0,25 cents), mais les habitations et l'industrie agricole et des engrais sont exemptées.


Alexis Levé & Alexandre Vatimbella

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jeudi 19 juin 2008

INDE-CINEMA. Reliance Big Entertainement pourrait s’allier avec DreamWorks


Le nouveau studio indien d’Anil Ambani est en pourparlers avec DreamWorks, la maison de production de Steven Spielberg pour créer ensemble une joint-venture et produire des films à Hollywood.


Anil Ambani, le milliardaire indien et propriétaire du tout nouveau studio de cinéma, Reliance Big Entertainement - dont l’annonce de la création a été faite lors du dernier festival de Cannes -, aime bien faire parler de lui. Fils cadet du créateur de l’empire Reliance, il ne parle plus à son frère aîné depuis des années et le groupe industriel a été partagé en deux à la mort de leur père en 2005. Résolument investi dans les nouvelles technologies et la communication, il est actuellement en pourparlers avec l’opérateur de téléphonie mobile sud-africain MTN afin de créer un géant des télécommunications avec sa société Reliance Telecommunications. Mais, son frère, Mukesh, au nom d’une préférence industrielle, s’oppose actuellement à cette fusion-acquisition.

Alors que cette histoire défraie la chronique en Inde, Anil Ambani vient de réaliser un joli coup de publicité en annonçant que Reliance Big Entertainement était en discussion avec le célèbre studio hollywoodien DreamWorks créé par Steven Spielberg et David Geffen afin de monter une joint-venture. Celle-ci serait chargée, sous la direction du célèbre metteur en scène américain, de produire des films hollywoodiens. Reliance Big Entertainement dispose d’un budget d’un milliard et demi de dollars pour mettre en route des productions et a déjà signé des contrats avec plusieurs maisons de production appartenant des stars de Hollywood comme Brad Pitt, George Clooney, Tom Hanks ou encore Jim Carrey.

Ces discussions interviennent au moment où Steven Spielberg a déclaré qu’il allait se séparer de son partenaire actuel, le groupe Viacom, qui possède DreamWorks depuis 2006 et retrouver ainsi sa liberté. Cette joint-venture apporterait au cinéaste américain de l’argent frais pour réaliser ses films. Ce serait aussi la première grande alliance entre Hollywood et Bollywood, l’industrie du cinéma indienne (qui est la première mondiale pour la production de films, plus de 1.000 par an, et pour le nombre de spectateurs), même si Disney, Sony Columbia et Viacom ont déjà des accords avec des producteurs indiens.


Alexandre Vatimbella
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