Les Actualités sur Mondiaglobalisation

dimanche 5 janvier 2014

ANNEE DE LA MONDIALISATION. Léthargique en 2013, la mondialisation sera-t-elle à la relance en 2014?

Si la mondialisation économique et commerciale, ce que l’on appelle la globalisation, a été, cahin-caha, fidèle à elle-même, la mondialisation politique a été à la peine, tout comme la mondialisation sociale. La mondialisation sociétale a eu plus ou moins de succès tandis que la mondialisation culturelle se porte plutôt bien.
- La globalisation (mondialisation économique et commerciale) en petite forme
Il y a bien sûr la crise mondiale qui n’en finit pas de s’estomper puis de rebondir. Elle touche désormais principalement l’Europe (notamment la zone euro de l’Union européenne) alors que les Etats-Unis s’en sont sortis – pour l’instant – et que la Chine n’y est pas encore alors que l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud y sont plus ou moins.
Cette crise économique a évidemment des répercussions sur l’état de la mondialisation économique et commerciale avec une activité moindre mais aussi un repli sur soi de certaines régions et de certains pays, mettant à mal les échanges internationaux et la coopération entre les divers Etats.
Ainsi, au niveau des accords commerciaux, l’OMC devient, année après année, une coquille de plus en plus vide, les pays privilégiant désormais les accords bilatéraux de libre-échange comme celui, emblématique, qui devrait se conclure dans les années qui viennent entre les Etats-Unis et l’Union européenne et dont les négociations ont débuté courant 2013 et ont continué malgré l’affaire de la NSA (les écoutes de l’agence de surveillance américaine en Europe) dont certains à droite et à gauche sur le Vieux continent aurait voulu en faire un casus belli.
Sans oublier que le dumping économique (subventions déguisées et mesures de protectionnismes cachées) continue de progresser malgré les condamnations de certains Etats.
A noter, en outre, que le phénomène de «relocalisation» d’entreprises occidentales dans leurs pays d’origine continue à progresser, notamment aux Etats-Unis où le coût de la main d’œuvre est bien plus bas que celui de l’Union européenne, même s’il demeure encore d’une importance relative.
Quant à la coopération économique (représentée par des organisations comme l’OCDE et surtout le FMI et la banque mondiale), elle n’a pas été très productive en 2013 même si le Fonds monétaire international est intervenu pour éviter que certains pays ne s’enfoncent dans la crise et menacent la stabilité mondiale.
- La gouvernance mondiale (mondialisation politique) en panne avec des pays tentés de plus en plus par le nationalisme comme la Chine et des instances internationales de moins en moins utiles (G20, Nations Unies).
Ainsi, le G20 semble n’avoir plus grand intérêt pour les grandes puissances économique de la planète et l’on a peine à se rappeler les décisions de sa dernière édition de Saint-Pétersbourg (Russie) en septembre dernier.
Les Etats-Unis et la Chine ont, de facto, créé le fameux G2 qui inquiète tous les autres pays de la planète, même si les résultats de la coopération directe entre les deux premières puissances mondiales n’ont guère été significatifs en 2013 (en grande partie à cause de l’agressivité chinoise notamment envers les alliés de Washington en Asie) et si des pays comme la Russie ont tenté, sans grand succès de retrouver un lustre perdu par un anti-américanisme primaire.
Même au niveau régional, les coopérations se relâchent comme cela a été le cas à l’intérieur de la plus emblématique des alliances de ce type, l’Union européenne où les solidarités se délitent et les responsabilités s’évanouissent.
Au-delà d’une incompréhension de plus en plus grande dans les affaires intérieures de l’Europe, on ne peut être qu’étonné devant la solitude européenne de la France dans ses interventions nécessaires en Afrique.
Si les peuples européens pensent que la stratégie de l’autruche leur permettra de passer à travers les gouttes des menaces mondiales, c’est qu’ils n’ont rien appris d’un XX° siècle qui fut sanglant en grande partie de leur faute.
Quant aux Brics, on ne comprend toujours pas ce que fait la Russie dans ce club de pays émergents et on ne comprend plus ce qu’y fait la Chine, deuxième puissance économique mondiale.
De toute façon, le fonctionnement de ce club est toujours aussi bancal et les bonnes résolutions prises lors de chacun de ses sommets sont rarement suivis d’actes concrets.
- L’espace social mondial (mondialisation sociale) n’avance guère et les disparités dans les protections sociales toujours aussi énormes comme l’ont rappelé les tragédies des usines textiles au Bangladesh dont celle du complexe du Rhana Plaza.
Bien qu’il existe depuis des lustres un Bureau international du travail (BIT), celui-ci n’a jamais pu éviter le dumping social (bas salaires et conditions de travail exécrables), qui continue à être le principal atout de pays comme la Chine, l’Inde, le Vietnam ou le Cambodge dans le commerce mondial.
En outre, partout dans le monde, des Etats-Unis à la Chine en passant par la France, l’Inde et bien d’autres, les riches deviennent plus riches, les pauvres deviennent plus nombreux tandis que la classe moyenne a de plus en plus de mal à tirer son épingle du jeu ce qui, à terme, menace la prospérité globale, la croissance ne pouvant être tirée que d’une classe moyenne mondiale nombreuse.
- La mondialisation sociétale progresse lentement.
Au-delà des grands textes comme celui de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, on note quelques avancées sur les droits reconnus aux femmes ou aux enfants même si la situation demeure extrêmement dangereuse pour ces derniers dans certains pays (soit à cause de la guerre comme en Syrie, soit à cause d’une exploitation économique comme en Inde, soit encore à cause d’une exploitation sexuelle avec les grands réseaux internationaux pédophiles).
Mais il sera bien difficile encore en 2014 de voir l’établissement de législations protectrices dans nombre de pays où les droits basiques de l’être humain continuent à être bafoués.
De même, dans d’autres, les forces réactionnaires continuent leur combat afin de rogner les droits acquis de haut lutte par des groupes sociaux ou des minorités.
La Russie de Vladimir Poutine où l’incapacité à exercer son droit de critique du pouvoir en place (affaire des Pussy Riot) ou à vivre librement son orientation sexuelle (loi contre l’homosexualité) est, de ce point de vue, exemplaire.
Mais il ne faudrait pas oublier, non plus, les violences sexuelles à l’encontre des femmes en Inde (où le pays compte vingt millions d’hommes de plus que de femmes) ou les incendies et les meurtres de Chrétiens dans les pays arabes comme la Syrie ou l’Egypte, montrant que le respect de la dignité humaine et celui des croyances sont encore loin d’être la règle.
- La mondialisation culturelle se porte bien, merci pour elle.
Paradoxalement, la mondialisation culturelle se porte bien sauf quand les gouvernements l’entravent comme par exemple en Chine avec les quotas d’œuvres étrangères diffusées (sans même parler de la censure…).
Les populations, sans même le savoir, pratiquent une culture métissée et affichent généralement, dans leurs pratiques, une ouverture d’esprit dans ce domaine alors qu’elles se disent, dans les sondages, de plus en plus nationalistes, voire xénophobes.
Ce paradoxe n’est pas nouveau mais il montre bien que la mondialisation culturelle progresse ce qui est une bonne nouvelle parmi tant de mauvaises pour le rapprochement des êtres humains et la compréhension mutuelle.
- La question de l’année: en 2014, la Chine s’imposera ou implosera?
La Chine est devant des défis majeurs comme nous l’avons souvent dit et comme le disent également de plus en plus d’experts mondiaux comme, par exemple Fareed Zakaria dans un édito pour le magazine américain Time.
Au jour d’aujourd’hui, elle devrait afficher une croissance de 7,6% pour 2013 et un taux assez similaire est prévu par les autorités de Pékin pour 2014.
Mais, au-delà de chiffres invérifiables tant les statistiques officielles sont peu fiables, les dangers sociaux (chômage et salaires), financiers (le pays est gravement endetté sans parler des provinces dont la plupart sont proches de la faillite), sociétaux (le manque de liberté) et économique (baisse de la production avec délocalisation vers des pays plus low-cost alors que la consommation intérieure est encore trop faible) seront excessivement nombreux.
Si la Chine se sort avec succès de ces défis alors elle s’imposera certainement sur la scène internationale comme une grande puissance forte et solide.
Si tel n’est pas le cas, elle risque d’imploser, ce qui créera une situation explosive dans laquelle le monde pourrait être gravement impacté …
Alexandre Vatimbella avec la rédaction de l’agence

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lundi 30 décembre 2013

L’EDITORIAL D’ALEXANDRE VATIMBELLA. Monsieur Poutine, l’arroseur arrosé

Les deux attentats consécutifs qui viennent d’endeuiller la ville de Volgograd dans le Caucase russe sont une nouvelle fois l’œuvre de terroristes sanguinaires pour lesquels on ne peut avoir aucune sympathie, eux qui tuent sans discriminer des civils innocents et qui prônent une idéologie mortifère.
Ces actes rappellent que la communauté internationale doit être unie dans sa lutte contre les extrémismes d’où qu’ils viennent et leurs tueurs sordides.
Mais, à l’occasion de ces attentats, on ne peut s’empêcher de parler du patron de cette Russie meurtrie, monsieur Vladimir Poutine – le grand donneur de leçons aux «Occidentaux décadents» – qui n’a vraiment rien compris à la mondialisation et à cette union de tous les pays de la planète contre l’hydre terroriste.
Ainsi, en Syrie, le chef du Kremlin a tellement tenu à bout de bras le régime criminel de son «ami» Assad que plus aucune solution modérée voire démocratique n’est possible actuellement dans ce pays où, désormais, s’affrontent, face à face, les assassins d’Al Qaeda et ceux du tyran en place pour un pouvoir qui, quel que soit le vainqueur, fera encore des milliers et des milliers de victimes parmi les civils, femmes et enfants en premiers.
Dans le même temps et pour faire la nique à sa bête noire, les Etats-Unis, il a accueilli à bras ouverts, dans la plus pure tradition de la guerre froide, Edward Snowden, l’ancien collaborateur de la NSA qui distille petit à petit tous les secrets de la lutte américaine contre le terrorisme, affaiblissant dangereusement cette dernière, au nom d’un soi-disant combat éthique contre le «big brother» de Washington.
Un Edward Snowden dont on aurait aimé, soit-dit en passant, qu’il nous dise ce qu’il pensait des prisonniers politiques en Russie mais qui, là, a été étrangement muet pour un homme qui donne interviews sur interviews dans tous les médias du monde qui lui offrent une tribune.
Même dans l’organisation de la mondialisation, Poutine a tout faux.
Pour éviter la décadence de sa chère Russie, il a décidé de faire alliance avec la Chine dans le fameux club du Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), pensant en retirer des avantages pour faire revivre, son fantasme à peine voilé, une sorte d’Union Soviétique, uniquement mue par un nationalisme russe rétrograde ainsi que de bas étage.
Mais le seul résultat tangible du Brics a été de sortir la Chine communiste de son isolement diplomatique en prenant le leadership de ce club où la Russie n’a absolument rien gagné et grâce auquel Pékin peut maintenant afficher son hubris en menaçant ses voisins et leur allié américain de ses foudres comme c’est le cas actuellement avec le Japon, l’Inde, les Philippines, le Vietnam et, sans doute, demain, la Russie!
Au lieu d’ouvrir son pays vers l’Europe, il a continué de privilégier la constitution d’un «glacis» de pays «amis» à la mode stalinienne autour des frontières occidentales russes, comme en Biélorussie ou en Ukraine, ainsi que le montre la crise encore chaude dans cette dernière nation, ancienne «république sœur», qui souhaitait s’ouvrir à l’Union européenne et à son régime démocratique pour ne pas tomber dans le sous-développement à terme.
Et l’on pourrait malheureusement multiplier les exemples de ce genre.
Car monsieur Vladimir Poutine est tout sauf le grand leader qui passera pour le sauveur de la Russie éternelle dans les livres d’Histoire.
Il sera plutôt celui qui aura empêché la vraie et indispensable rénovation politique, économique, sociale et sociétale de son pays au nom de rêves de grandeur obsolètes et d’une vision particulièrement étriquée de la mondialisation et de la globalisation.
Sans oublier sa vision réactionnaire de la modernité que l’on retrouve dans les brimades vis-à-vis de tout ce qui est «différent».
La lamentable affaire de l’emprisonnement des Pussy Riot pour avoir dansé contre Poutine dans une église mais aussi les lois anti-homosexuels montrent bien comment cette vision peut être également une catastrophe en terme d’image pour la Russie.
Pour finir, revenons un instant à la Syrie où nombre de médias occidentaux, trop contents de faire de l’«Obama bashing», ont loué la stratégie de sortie de crise de Moscou avec la proposition de l’élimination, acceptée par Damas, des armes chimiques d’Assad (qui reste malgré tout difficile à mettre en place).
Des médias qui ont seulement «oublié» que c’est bien grâce à Poutine que le même Assad a pu, en toute impunité, utiliser ces armes scélérates et que ce même Poutine a permis à ce criminel de se maintenir au pouvoir alors qu’il aurait plus sa place dans le box du Tribunal pénal international.
Surtout, il a réussi à faire du dictateur de Damas la seule solution acceptable aujourd’hui en Syrie face aux menaces terroristes.
Oui, monsieur Poutine n’a vraiment rien compris à la mondialisation…. Et à quelques autres choses!
Tout cela ne doit pas faire oublier ce peuple russe qui vient d’être endeuillé et qui doit supporter l’incompétence de son leader auquel, il faut bien l’avouer, il apporte largement son soutien même si les élections sont en partie truquées.
Les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, station pas très éloignée de Volgograd, arrivent à grands pas. Espérons vivement que le grand leader autoproclamé sera capable à cette occasion d’éviter des bains de sang à sa population.
Alexandre Vatimbella

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dimanche 22 décembre 2013

L’EDITORIAL D'ALEXANDRE VATIMBELLA. Il y a 150 ans, Lincoln honore la démocratie

Voilà un anniversaire qui est passé presque inaperçu, même aux Etats-Unis, celui du fameux discours d’Abraham Lincoln à Gettysburg, le 19 novembre 1863, en mémoire aux soldats morts lors de cette bataille particulièrement sanglante qui se déroula entre les 1er et 3 juillet de la même année et fut un tournant dans la Guerre de Sécession, décidant largement de la victoire du Nord contre le Sud confédéré, même si le conflit fratricide dura encore deux longues années.
Ce discours n’a pas à voir directement avec l’émancipation des Afro-Américains et avec l’abolition de l’esclavage mais parle de la démocratie, ce gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple et d’une nation d’hommes libres qui comprenait déjà dans l’esprit de Lincoln tous les habitants des Etats-Unis (puisque le discours d’émancipation des esclaves est antérieur, datant de septembre de la même année).
Ce discours est d’autant plus essentiel qu’en ce milieu de XIX° siècle, les Etats-Unis sont le seul pays au monde à avoir un vrai système démocratique (à quelques iotas près évidemment).
Et, Abraham Lincoln qui fut connu pour être un tribun hors pair, dédie la victoire des troupes de l’Union à la sauvegarde et à l’approfondissement de cette démocratie en quelques mots d’une extraordinaire puissance que voici.
«Il y a huit décennies et sept ans, nos pères donnèrent naissance sur ce continent à une nouvelle nation conçue dans la liberté et vouée à la thèse selon laquelle tous les hommes sont créés égaux.
«Nous sommes maintenant engagés dans une grande guerre civile, épreuve qui vérifiera si cette nation, ou toute autre nation ainsi conçue et vouée au même idéal, peut résister au temps. Nous sommes réunis sur un grand champ de bataille de cette guerre. Nous vînmes consacrer une part de cette terre qui deviendra le dernier champ de repos de tous ceux qui moururent pour que vive notre pays. Il est à la fois juste et digne de le faire.
«Mais, dans un sens plus large, nous ne pouvons dédier, nous ne pouvons consacrer, nous ne pouvons sanctifier ce sol. Les braves, vivants et morts, qui se battirent ici le consacrèrent bien au-delà de notre faible pouvoir de magnifier ou de minimiser. Le monde ne sera guère attentif à nos paroles, il ne s'en souviendra pas longtemps, mais il ne pourra jamais oublier ce que les hommes firent. C'est à nous les vivants de nous vouer à l'œuvre inachevée que d'autres ont si noblement entreprise. C'est à nous de nous consacrer plus encore à la cause pour laquelle ils offrirent le suprême sacrifice; c'est à nous de faire en sorte que ces morts ne soient pas morts en vain; à nous de vouloir qu'avec l'aide de Dieu notre pays renaisse dans la liberté; à nous de décider que le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, ne disparaîtra jamais de la surface de la terre.»
Il n’est pas inutile de se rappeler lors d’anniversaires mémoriels de cette sorte que la démocratie libérale représentative défendue par le Centre et le Centrisme n’est pas une donnée intangible dans un monde où ses adversaires n’ont jamais désarmé et ne désarmeront jamais.
S’il s’agit du meilleur système (ou du moins mauvais…), il n’est pas «naturel» comme nous l’ont dit et redit tous les penseurs libéraux du XVIII° siècle à nos jours, nous enjoignant de nous battre pour le conserver.
Au moment où certains à la mémoire courte dans les démocraties penchent vers des extrêmes qui ont toujours abhorré cette démocratie libérale, ressourçons-nous dans tous les combats qui nous permettent aujourd’hui d’être des citoyens libres et égaux afin de faire en sorte que nos enfants et leurs enfants seront également de cette communauté de privilégiés que l’on espère voir un jour être composée de tous les habitants de cette planète.
Et il n'est pas anodin de penser que le discours de Gettysburg fut prononcé par un président américain considéré comme un centriste.
Alexandre Vatimbella


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mardi 10 décembre 2013

L’EDITORIAL D’ALEXANDRE VATIMBELLA. Doit-on espérer un échec de la Chine?

Voilà, sans doute, une question un peu provocante. Personne ne peut souhaiter qu’un peuple soit dans les difficultés. En fait, c’est de l’échec du Parti communiste chinois dont il faudrait parler.
Car son succès et celui de sa société de consommateurs nationalistes non-citoyens mus par un «rêve chinois» qui veut restaurer la «grandeur» notamment militaire de l’Empire du Milieu face au reste de la communauté internationale pour retrouver son range et venger ses humiliations du XX° siècle est, elle, une véritable menace.
Une menace pour le monde à la fois économique, environnementale et militaire.
Menace économique car la Chine s’est engouffrée avec un succès incroyable dans les failles du capitalisme pour assoir sa place de deuxième économie mondiale derrière les Etats-Unis et devant le Japon.
Mais elle n’a que peu respecté les règles, notamment celles de la concurrence avec un dumping massif et l’incapacité pour les entreprises étrangères de s’installer facilement sur son marché intérieur, ce qui risque de déstabiliser encore pour longtemps l’économie mondiale.
Menace environnementale évidente que même le pouvoir communiste reconnait désormais. La pollution est partout, dans l’air, dans l’eau, dans la terre et la tâche de l’éradiquer sera autrement pharaonique par rapport à ce qui se passe ailleurs dans le monde.
Sans aucun contre-pouvoir, le Parti communiste a ainsi pu faire ce qu’il voulait dans ce domaine au risque d’empoisonner son peuple mais également toute la planète, la pollution ne respectant que peu les frontières installées par les humains…
Menace militaire qui vient à nouveau de se manifester dans toute sa crudité et son cynisme face au Japon (et donc face aux Etats-Unis, premier allié de Tokyo en Asie) avec la création de cette zone de sécurité aérienne sans aucun fondement juridique mais aussi vis-à-vis de l’Inde où, de nouveau, Pékin vient de menacer New Dehli à propos des différends frontaliers.
Sans oublier que Xi Jinping glorifie sans cesse l’Armée populaire dont il veut en faire le fer de lance de son «rêve chinois» qui ferait, in fine, de la Chine la puissance dominante en Asie puis dans le monde, ambition désormais clairement assumée.
Notons que tous les différends entre la Chine en Asie concernent principalement des pays démocratiques: Japon, Inde, Philippines, Corée du Sud, Taïwan.
Une menace pour le peuple chinois qui risque de payer sa prospérité par une dictature obscurantiste où sa dignité et sa liberté ne seront que peu respectées pendant que la clique au pouvoir continuera de s’enrichir, en particulier par la corruption tout en permettant à une partie de la classe moyenne de bien gagner sa vie afin de la détourner de toute velléité de revendications démocratiques.
Une menace tout court car la victoire d’un régime dictatorial, notamment en matière économique et militaire, ne peut, qu’à terme, donner des idées à d’autres.
Mais l’échec de l’aventure actuelle de la Chine est peut-être contenu dans ce cocktail détonnant qui a permis jusqu’à présent cette réussite insolente.
Sans véritables réformes politiques, économiques, sociales, stratégiques, environnementales, le pays court tout seul à la catastrophe (le problème est qu’il peut là aussi entraîner les autres avec lui).
Le répéter alors que rien ne se passe est souvent raillé par les partisans de la Chine actuelle.
Cependant, tous les experts estiment que l’équilibre précaire peut se rompre à tout moment, que ce soit demain ou dans quelques années. La question fondamentale, d’ailleurs, n’est pas si, sans réformes, cette catastrophe va se produire ou non mais quand elle va survenir.
D’ailleurs, en matières économique et environnementale, Xi Jinping tente de faire des réformes même si beaucoup d’observateurs doutent de leur véritable mise en place comme ce fut déjà le cas par le passé.
Ce n’est évidemment pas du possible échec de la Chine qu’il faut se réjouir, bien au contraire. Une Chine prospère, pacifique et harmonieuse pour reprendre la rhétorique du pouvoir en place ne peut qu’être un bienfait pour tous les habitants de la terre.
Mais, on l’a compris, la réussite qu’il faut souhaiter au peuple chinois passe par la liberté et l’égalité sans oublier une bonne dose de fraternité. Et quoiqu’on en dise, cela s’appelle la démocratie.
Alexandre Vatimbella

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dimanche 8 décembre 2013

ACTU-MONDIALISATION. Les Etats-Unis semblent vraiment sortis de la crise

Alors que le nombre de créations d’emplois en novembre (203.000 et une moyenne de 204.000 sur les quatre derniers mois) a fait tomber le taux de chômage à 7%, du jamais vu depuis cinq ans et que le taux de croissance du troisième trimestre a été revu à la hausse (+3,6% en rythme annuel), le débat continue chez les experts sur la solidité de la reprise américaine.
Pour l’une d’entre eux, Florence Pisani, pas de toute là-dessus, la reprise est bien là et elle va se poursuivre en s’accentuant en 2014.
Lors de la conférence annuelle de l’IFRI sur les Etats-Unis, l’économiste de chez Dexia a estimé que le choix fait par Washington de donner la priorité au retour à la croissance alors que les pays européens, eux, ont privilégié la résorption des déficits publics, a été la bonne stratégie.
Grâce à la reprise, on constate un désendettement massif des ménages et un marché immobilier qui, petit à petit se normalise avec une demande latente de logements qui devraient soutenir la croissance dans les années à venir, notamment de tous les jeunes qui, jusqu’à présent, n’ont pu quitter le domicile de leurs parents du fait de la crise.
Sans oublier le rééquilibrage des comptes publics même si celui-ci est du, en partie, au «sequester», c’est-à-dire aux coupes budgétaires automatiques suite à l’incapacité du Congrès de se mettre d’accord sur un budget fédéral.
En outre, cela fait désormais trois ans que l’économie américaine crée des emplois chaque mois et le temps de travail a tendance à revenir vers la normale (moins de temps partiel) avec des salaires qui augmentent (+2% en moyenne sur un an) même si beaucoup d’entre eux demeurent assez faibles.
En 2014, Florence Pisani estime que le pouvoir d’achat des ménages augmentera avec un revenu disponible qui devrait croître de 4%.
Ainsi, si le taux de croissance du PIB devrait avoisiner les 1,7% en 2013, il devrait être de 2,6% en 2014 selon les calculs de l’économiste.
Bien entendu, il demeure encore des problèmes avec un taux d’emploi de la population en âge de travailler encore bas, une augmentation des inégalités et de la pauvreté chez les enfants et les personnes de moins de 65 ans.
De même, le crédit ne repart pas encore de manière significative, l’investissement des entreprises connait un ralentissement et les problèmes budgétaires sont encore loin d’être totalement résolus avec les questions brûlantes du coût des retraites (social security) et des dépenses de santé (malgré l’Obamacare).
Reste que le tableau général incite à l’optimisme, ce que semble penser Wall Street en hausse et ce, malgré le possible désengagement de la FED (la banque centrale américaine) dans son injection mensuelle de liquidités afin de soutenir l’activité.
Alexandre Vatimbella avec la rédaction de l’agence

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