Les Actualités sur Mondiaglobalisation

vendredi 17 juillet 2015

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La pathétique tentative de Poutine pour faire de la Russie le leader des anti-occidentaux

Lors du sommet des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) puis celui de l’OCS (Organisation de coopération de Shanghai) dont il était l’hôte, Vladimir Poutine a tout tenté pour se présenter comme le leader du monde anti-occidental, le résistant à ses valeurs malfaisantes, avec une rhétorique des plus agressives style guerre froide, une propagande éhontée que seules les dictatures pratiquent et un égocentrisme qui confine de plus en plus à un culte de la personnalité rappelant de bien tristes souvenirs en son pays.
On l’a même vu proposer, en marge de ces rencontres, à son ami Alexis Tsipras, le premier ministre grec d’extrême-gauche, de lui prêter de l’argent pour faire la nique à l’Union européenne sans avoir le moindre petit rouble pour tenir cette promesse démagogique!
Car le problème essentiel du président russe c’est qu’il brasse beaucoup d’air mais n’a aucune capacité à être le leader d’un mouvement quelconque sauf celui de la nuisance internationale notamment grâce à ses armes et ses bombes atomiques.
Pire, il pourrait même être le fossoyeur de toute renaissance de la Russie sur le long terme.
Jusqu’à présent, il a réussi à faire de la Russie un des pays les plus corrompus du monde, à détruire systématiquement tout ce qui pourrait la moderniser en matières économique, sociétale et politique, à l’isoler avec son intervention en Géorgie puis en Ukraine, démontrant, en outre, que le mensonge était son moyen de communication favori.
De plus, il est un des grands responsables de la naissance de Daech avec sa politique répressive en Tchétchénie et son soutien sans faille au boucher Assad en Syrie (alors que l’éviction de celui-ci au premier temps de la guerre civile aurait empêché le développement de l’organisation terroriste).
Mais, il ne s’est pas arrêté là, en cassant la croissance de la Russie par l            a corruption, l’incapacité à libérer l’économie et les sanctions américaines et européennes qui ont suivi son coup de force illégal en Ukraine.
Néanmoins, le plus grave pour la Russie, c’est qu’il est en train de la placer dans l’orbite de la Chine qui n’en demandait pas tant.
Au-delà du soutien à Xi Jinping qui va dans le sens de ses amitiés avec tant de despotes à travers le monde comme Kim Jong-Un en Corée du Nord, la Chine représente actuellement son seul espoir de salut.
Mais en se rapprochant de Pékin, il fait entrer le loup dans la bergerie tant les intérêts des deux pays sont antinomiques sur le moyen et le long terme.
Car l’Empire du milieu voit dans la Russie un territoire rempli de matières premières dont elle a absolument besoin, des zones inhabitées, notamment le long du fleuve Amour où elle pourrait installer des millions de Chinois, un inféodé soumis et docile pour ses ambitions mondiales et ses visées territoriales et hégémoniques en Asie ainsi qu’un marché potentiel pour ses produits.
Tout ce qui fait que, jusqu’à maintenant, la Russie avait toujours refusé de basculer dans le giron chinois.
Mais Poutine a besoin d’amis et surtout d’argent qu’il espère trouver en Chine quitte à vassaliser son pays.
Voulant entrer dans l’Histoire comme l’égal des grands tsars, voire de Staline qu’il a réhabilité largement, Vladimir Poutine pourrait y figurer comme étant celui qui a ruiné son pays et en a fait, en fin de compte, une puissance mineure ce que même les plus incompétents des dirigeants à travers les siècles avaient réussi à éviter.
Alexandre Vatimbella
© 2015 LesNouveauxMondes.org



mardi 14 juillet 2015

Le Focus. Présidentielle USA 2016 - Démocrates – La centriste Clinton et les autres

Beaucoup de gens seraient étonnés de savoir qu’il y a actuellement dix-sept candidats déclarés et non pas une seule pour être la personnalité démocrate qui représentera le parti à la présidentielle de 2016!
En effet, depuis son départ de l’administration Obama en 2013, Hillary Clinton a monopolisé l’attention des médias du monde entier et, pendant longtemps, on évoquait des noms de ses possibles concurrents pour la primaire démocrate mais sans savoir s’il y en aurait beaucoup qui oseraient l’affronter tellement elle est l’ultra-favorite pour la nomination de son parti ainsi que pour la présidentielle.
Mais, au fil du temps, plusieurs ont décidé de partir à la bataille et pourraient être rejoints par quelques autres dans les semaines et les mois qui viennent.
Reste qu’à part la centriste, son challenger socialiste, Bernie Sanders ainsi que Martin O’Malley (ancien gouverneur du Maryland), Jim Webb (ancien sénateur de Virginie) et Lincoln Chaffee (ancien sénateur et gouverneur de Rhode Island), pratiquement personne ne connait les autres prétendants dont nombre ne représentent rien d’autre qu’eux-mêmes.
On peut donc dire qu’il y a donc actuellement cinq candidats «sérieux» et… une candidate capable d’emporter la nomination lors de la Convention démocrate.
Mais ne disait-on pas la même chose en 2008 avec, en bout de course, la victoire du «challenger» Barack Obama sur Hillary Clinton.
Pour autant, cette fois-ci, il n’y a pas de phénomène politique comme Obama – et il ne devrait pas y en avoir a priori – et les circonstances se prêtent moins à élire un quasi-inconnu qu’il y a sept ans où comme on le disait alors, même un âne (jeu de mot avec l’emblème du Parti démocrate) aurait battu n’importe quel candidat républicain tellement la présidence de George W Bush se terminait en eau de boudin par un rejet d’une grande partie du peuple américain.
Néanmoins, rien n’est jamais sûr en politique et, surtout en politique américaine où des quasi-inconnus peuvent tirer leur épingle du jeu et, parfois, créer l’énorme surprise.
D’autant que le Parti démocrate pourrait succomber à ses vieux démons en se déportant, comme en 1972 avec George McGovern, plus que de mesure à gauche, ce qui permettrait à un outsider d’émerger.
Reste que cette éventualité, un cauchemar pour les dirigeants du parti, serait sans doute fatale aux chances des démocrates de continuer à occuper la Maison blanche.
L’égérie de la gauche américaine et des «liberals» (gauche du Parti démocrate) est la sénatrice Elisabeth Warren mais elle a annoncé il y a déjà longtemps qu’elle ne se présenterait pas.
Son espace politique (en attendant qu’elle change d’avis, ce que souhaite ardemment ses fans mais aussi tout le Parti républicain!) est désormais occuper par le socialiste Sanders qui parvient à déplacer des foules comme dans le Wisconsin le 1er juillet, où 10.000 personnes ont assisté à un ses meetings dans la ville de Madison.
Bien entendu, le virage à gauche d’une partie des démocrates s’explique aisément.
Au-delà d’un noyau socialiste des plus réduits, nombre de militants démocrates mais aussi d’électeurs commencent à se rebeller contre la montée en flèche, ces dernières décennies, des inégalités en matière économique qui n’ont jamais été aussi fortes que depuis 1928 avec, depuis 1979, une progression des revenus des 1% les plus riches de 138% contre seulement 15% pour 90% de la population.
Il s’agit aussi de se mobiliser contre l’extrême-droite représentée par le Tea party mais qui a diffusé largement ses idées à l’intérieur du parti républicain.
Bien entendu, il ne faut tomber dans le panneau de l’effet de perspective qui a été mis en place par la droite radicale républicaine.
Le Parti républicain s’est en effet droitisé pendant des années en accusant les démocrates de se gauchiser, affirmations que les analystes et les politologues ont démontées facilement mais qui ont été reprises abondamment par les médias conservateurs et même par d’autres.
Dès lors, une demande de plus d’égalité dans la distribution des fruits de la croissance ainsi qu’une hausse d’impôts pour les plus riches afin de financer, notamment, la rénovation et la construction d’infrastructures en décrépitude ou nécessaires, des mesures que proposent Barack Obama par exemple, sont dénoncées par les républicains comme dangereusement gauchistes alors qu’elles ne sont que centristes…
Elles sont d’ailleurs défendues également par l’ensemble des candidats à la candidature dont les cinq crédibles – en particulier Hillary Clinton – qui pourraient être rejoints par deux ou trois autres d’égale stature (on pense notamment au vice-président Joe Biden).
Parmi ces cinq, on trouve deux «liberals» (gauche) – Sanders et O’Malley – et trois centristes – Clinton, Webb et Chafffee, ce qui est une différence notable avec les républicains où l’énorme majorité des prétendants sont des conservateurs voire des ultraconservateurs, certains ayant même une grande proximité avec l’extrême-droite.
Présentons les trois centristes:
- Hillary Clinton est la centriste par excellence.
Comme toute personnalité du Centre, elle est constamment accusée par la gauche d’être trop proche de la finance de Wall Street et par la droite d’être une dangereuse gauchiste…
Elle et son mari, Bill Clinton, sont à l’origine de la Troisième voie qui recentra le Parti démocrate et lui permis de revenir au pouvoir en 1992 en tournant le dos à sa rhétorique gauchiste.
Son statut de favorite pour la primaire puis pour la présidentielle en fait la cible de tous et sa capacité à encaisser les coups et les attaques qui sont déjà particulièrement dures seront une des clés de l’élection de 2016.
- Jim Webb est considéré par les «liberals» comme un homme de centre-droit, voire de droite tout court.
Il faut dire qu’il est un ancien républicain qui a servi dans l’Administration de Ronald Reagan.
C’est également un ancien militaire et sénateur démocrate qui a toujours essayé de travailler avec les deux grands partis et qui a représenté la Virginie de 2007 à 2013.
Il renonça à se représenter en expliquant qu’il était frustré par le blocage partisan au Congrès qui empêchait la prise de décisions importantes pour le pays.
- Lincoln Chaffee a tout été, républicain «independent» (affilié à aucun des deux grands partis) et démocrate.
De même ses prises de position politiques empêchent de véritablement lui coller une étiquette politique mais on peut dire qu’il est plutôt au centre de l’échiquier politique.
Cette difficulté de le qualifier sera sans doute une de ses faiblesses d’autant qu’il semble que sa candidature n’ait pas réellement intéressé les Américains pour l’instant.
Ancien sénateur républicain puis gouverneur du Rhode Island, élu en tant qu’indépendant, il a, depuis, rallié le Parti démocrate.
Il est plutôt un modéré en matière de politique étrangère, plutôt un conservateur en matière fiscale et plutôt à gauche en matière de politique sociale.
Mais des changements dans ses positions ont désorienté les électeurs et lui ont aliéné, à la fois, les démocrates et les républicains.
Il ne semble pas en position de jouer un rôle majeur lors de la primaire démocrate.

Alexandre Vatimbella avec l’équipe de l'agence
© 2015 LesNouveauxMondes.org



jeudi 9 juillet 2015

Chine. Economie – Les Chinois trompés par les mensonges de leurs dirigeants?

La crise boursière que connait ces dernières semaines la Chine – et qui n’est pas la première – avec des baisses très importantes des indices tant sur la place de Shanghai que celle de Shenzen, est une nouvelle illustration des difficultés récurrentes du gouvernement de Pékin pour contrôler l’économie du pays mais aussi de la falsification à long terme des statistiques qui trompent les investisseurs étrangers mais surtout les Chinois dans leur ensemble puisque 80% des investisseurs à Shanghai sont des petits porteurs qui ont cru à l’envolée sans fin des valeurs boursières du pays.
Avant les problèmes de la bourse, c’est une crise immobilière qui avait éclaté du fait d’une bulle qui a été sciemment entretenue par les pouvoirs publics pendant longtemps ce qui a abouti à une offre totalement démesurée par rapport à la demande réelle, avec des appartements qui ont perdu toute valeur quand ce n’est pas des immeubles entiers qui sont vides et dont les logements n’ont pas été vendus.
Tout cela pour gonfler les chiffres de la croissance par le déversement dans le secteur de la construction d’aides et de subventions grâce aux multiples plans de relance de l’économie qui se sont succédé et qui ont permis plusieurs années durant au Parti communiste chinois de soutenir de manière totalement artificielle la machine productive du pays, remettant toujours à plus tard les réelles réformes indispensables de peur de troubles sociaux, véritable hantise des potentats locaux et de la classe dirigeante nationale communistes.
Mais la tromperie sur les statistiques chinoises est bien connue depuis plus longtemps encore des économistes et des institutions internationales qui, devant l’absence de chiffres indépendants, se basent, in fine, sur ceux transmis par les officiels chinois tout en sachant qu’ils ne sont pas crédibles.
Sans oublier que ces statistiques sont déjà fausses quand elles atterrissent sur les bureaux des administrations centrales, totalement gonflée par les provinces et leurs dirigeants, ces derniers devant en grande partie leur avancement à leur réussite locale en matière de croissance (mais les autres statistiques sont aussi trafiquées…).
Le plus étonnant n’est pas dans une certaine passivité de la population (même si le pouvoir cache toutes les manifestations de mécontentement qui sont fort nombreuses et qu’il réprime durement tous ceux qui y participent) mais dans le fait que le système tient bon.
Nombre d’experts et d’analystes ont prédit un effondrement de l’économie et du système financier chinois sans que ces catastrophes ne se réalisent jusqu’à présent.
Bien évidemment, cela ne veut pas dire que cette hypothèse ne survienne jamais, un tel crash étant par ailleurs une des principales craintes de tous les acteurs de la globalisation.
En attendant, ce sont avant tout les Chinois qui trinquent et qui pourraient, si les difficultés augmentent (notamment par une baisse de la croissance en-dessous des 7% «officiels» ces prochaines années comme cela est prévu par les organismes internationaux) commencer à grogner plus fort.
C’est sans doute pourquoi le président et premier secrétaire du PCC, Xi Jinping, gouverne d’une main de fer et qu’il a inventé sa lutte contre la corruption pour se débarrasser de tous les gêneurs qu’ils soient dans le parti communiste ou à l’extérieur…
Comme pour les précédentes alertes, la crise boursière pourrait se résoudre avec une intervention massive de l’Etat.
Cela a déjà commencé avec des interdictions de vendre un certain pourcentage d’actions.
Reste que si aucune vraie réforme structurelle n’est lancée, n’est-ce pas reculer pour mieux sauter?
Alexandre Vatimbella avec la rédaction de l’agence
© 2015 LesNouveauxMondes.org



mardi 7 juillet 2015

Le Focus. Présidentielle USA 2016 – Y a-t-il un centriste parmi la pléthore de candidats républicains?

Il y a pléthore en la maison républicaine pour la candidature à la candidature à l’élection présidentielle de novembre 2016.
Combien y en aura-t-il finalement? Personne ne le sait exactement car chaque semaine un ou plusieurs nouveaux candidats font leur coming-out…
Pas moins de seize candidats principaux (et quinze secondaires qui ne devraient pas aller très loin dans leur entreprise) sont en lice pour l’instant comme si la Maison blanche était promise à l’un d’entre eux alors que l’archi-favorite des sondages et des analystes demeure la démocrate Hillary Clinton.
Et il y en aura peut-être encore plus dans les jours qui viennent puisque Bob Erlich (ancien gouverneur du Maryland), Jim Gilmore (ancien gouverneur de Virginie), Peter King (représentant e New York) et Rick Snyder (gouverneur du Michigan) pourraient se lancer dans la course!
Enumérons rapidement et dans le désordre les seize prétendants:
Jeb Bush (ancien gouverneur de Floride; Scott Walker (gouverneur du Wisconsin); Marco Rubio (sénateur de Floride); Ben Carson (médecin); Mike Huckabee (ancien gouverneur de l’Arkansas); Rand Paul (sénateur du Kentucky); Ted Cruz (sénateur du Texas); Donald Trump (promoteur); Chris Christie (gouverneur du New Jersey); John Kasich (gouverneur de l’Ohio); Rick Perry (ancien gouverneur du Texas); Carly Fiorina (ancienne dirigeante d’entreprise); Rick Santorum (ancien sénateur de Pennsylvanie); Lindsey Graham (sénateur de Caroline du Sud); Bobby Jindal (gouverneur de Louisiane); George Pataki (ancien gouverneur de New York.
Dans cette longue liste, se cache-t-il un ou plusieurs centristes?
On peut éliminer rapidement le fantasque et incompétent milliardaire newyorkais Donald Trump dont la dernière sortie contre les Mexicains révèle une xénophobie lamentable condamnée par pratiquement toute la classe politique ainsi que Carly Fiorina, ancienne dirigeante de Hewlett-Packard, qui est une représentante de la droite radicale et dont la seule «compétence» sera d’être l’anti-Hillary Clinton, sûrement un peu juste pour être élue, elle qui est la seule candidate dans une marée masculine.
Sans oublier Ben Carson, pédiatre afro-américain à l’extrémisme de droite ravageur et seul candidat noir qui s’est fait remarquer ces derniers mois plus pour ses déclarations clivantes que pour ses capacités à rassembler.
A noter que Ben Carson et Donald Trump tirent leur épingle du jeu dans les sondages…
Bien évidemment, il faut aussi éliminer dans la foulée Ted Cruz, Rick Perry, Scott Walker et Rick Santorum qui sont les candidats préférés du Tea-Party et des religieux radicaux, deux groupes qui pèsent chez les républicains et qui situent ces personnalités entre la droite radicale et l’extrême-droite.
De même pour Bobby Jindal et John Kasich, même si ce dernier s’est montré plus enclin à accepter une partie de la réforme de l’assurance-santé, un «crime» pour nombre de membres du Parti républicain, puisque l’anti-«Obamacare» est un des étendards principaux de la droite depuis son vote par le Congrès en 2010 et pratiquement tous les candidats se sont engagés à l’abroger, ce qui sera quasiment impossible depuis que la Cour suprême l’a déclarée légale par deux fois mais qui est une posture indispensable pour être adoubé par les électeurs républicains.
On doit aussi sortir de la liste Rand Paul, représentant des libertariens dont la vision économique et sociale est souvent plus radicale que celle des plus radicaux de droite du Parti républicain même si sa vision sociétale est nettement plus libéral voire «liberal» (au sens de gauche américaine), ce qui lui permet, par exemple, d’avoir le soutien de nombreux jeunes électeurs et de bien figurer dans les sondages.
Restent en piste, pour l’instant, Jeb Bush, Marco Rubio, Chris Christie, Lindsey Graham et George Pataki.
Même s’ils semblent plus «modérés» face à des extrémismes de la trempe de ceux que l’on a déjà éliminés, Marco Rubio et Lindsey Graham sont néanmoins plus proches d’une droite dure que d’un centre-droit même si ce dernier, spécialiste de politique étrangère, avait une image plutôt consensuelle, travaillant parfois avec les démocrates mais il s’est radicalisé récemment.
Nous avons donc trois finalistes.
D’abord celui qui est en tête des sondages des prétendants républicains, Jeb Bush.
Le fils de George H.W. Bush et le frère de George W Bush, tous deux anciens présidents, n’a jamais brillé par son centrisme.
Mais la droitisation du Parti républicain – qui lui a fait dire au cours de ces dernières années qui ni son père, ni son frère n’auraient une chance d’être le candidat républicain en se présentant aujourd’hui – entamée lors la présidence de Ronald Reagan puis poursuivie sous de celle de son frère avant d’être paroxystique depuis l’élection du démocrate Barack Obama, l’a déplacé comme un homme de droite alors que l‘on aurait pu le classer dans la catégorie de la droite dure il y a quelques années.
Reste qu’il ne se positionnera pas au centre s’il est élu mais qu’il risque de le faire afin de remporter le scrutin…
La question est plus complexe pour Chris Christie et George Pataki.
Ces deux hommes sont en effet des républicains qui gouvernent ou ont gouverné des Etats de l’Est très majoritairement démocrates (New Jersey pour Chris Christie qui en est l’actuel gouverneur) et fortement démocrate (New York avec la ville de New York très majoritairement démocrate pour George Pataki qui en a été le gouverneur de 1995 à 2007).
Ils ont pu l’emporter grâce l’incurie des démocrates locaux et nombre d’affaires de corruption (même si celle-ci touche aussi le Parti républicain dans ces deux Etats).
Mais pour devenir gouverneurs, ils ont également du apparaître comme des républicains centristes sinon ils n’auraient pu être élus.
Le sont-ils vraiment ou se sont-ils positionnés au centre de l’échiquier politique pour remporter la mise, telle est la question les concernant.
Il est trop tôt pour savoir comment ils vont mener leur campagne et les promesses qu’ils feront.
Mais on peut se référer à leurs mandats respectifs et leurs prises de position.
Si les deux hommes sont considérés comme des conservateurs, notamment en matière fiscale, ils ont quelques faits d’arme centristes à leurs actifs.
Ainsi, si Chris Christie s’est opposé à la légalisation de la marijuana pour usage récréatif, il a autorisé celui du cannabis pour un usage médical.
Il est contre le mariage gay mais milite pour des unions civiles pour les couples homosexuels.
Enfin, il n’est pas un adversaire de l’avortement même s’il est devenu pro-vie ces dernières années.
De son côté, George Pataki est en faveur de l’avortement et il s’est battu pour faire adopter une législation pro-gay lorsqu’il était gouverneur et a même réussi à contourner l’opposition du Congrès de l’Etat de New York alors dominé par les républicains.
De plus, Pataki est souvent compare à John McCain et Mitt Romney, les deux derniers candidats républicains à la présidentielle, tous deux battus par Barack Obama et considérés comme des conservateurs modérés, voire comme des personnalités de centre-droit.
S’il devait y avoir un candidat proche de l’espace centriste, ce serait donc George Pataki.
A noter qu’il est, à l’heure actuelle, un des moins bien partis dans les sondages car considéré comme trop modéré, voire comme un Rino («Republican in name only» soit un «républicain juste de nom» comme l’extrême-droite du parti a baptisé les modérés de leur camp).
Ainsi, dans un sondage de Fox news publié fin juin, il obtient 1% des intentions de vote à la primaire républicaine…
Sauf qu’il faut se rappeler que lors des deux dernières élections présidentielles, les électeurs républicains ont, in fine, choisi des modérés pour représenter le parti, tout simplement parce que les extrémistes et les radicaux n’ont aucune chance d’obtenir la majorité des voix du peuple américain.
Ce fut également le cas lors de l’élection de George W Bush en 2000 mais celui-ci de modéré passa à radical, notamment sous l’influence de son conseiller Karl Rove et, surtout, du vice-président Dick Cheney.
Sans oublier les attentats du 11 septembre…
Alexandre Vatimbella avec l’équipe de l'agence

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dimanche 5 juillet 2015

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Crise grecque: Quand la démocratie joue contre la démocratie

Les Grecs ont choisi de dire non aux propositions de l’Union européenne pour les sortir de la crise dans laquelle ils se sont mis eux-mêmes.
Au-delà des conséquences pour le pays lui-même (sortie de la zone euro, voire de l’Union européenne, sans parler de sa possible paupérisation à long terme), pour la zone euro, pour l’Union européenne et pour la stabilité du système financier mondial, ce résultat est un coup de porté à la démocratie par la démocratie elle-même!
En effet, le peuple grec a refusé ce qui est un élément essentiel du bon fonctionnement des règles démocratiques, la responsabilité.
Que ce soit la responsabilité d’assumer ses actes et la responsabilité de tout tenter pour réparer ses erreurs, les Grecs ont choisi l’irresponsabilité en accusant le monde entier de leur malheur sauf eux…
Car c’était bien cela le fond même du référendum organisé par le parti d’extrême-gauche au pouvoir, Syriza, et de son leader, Alexis Tsipras.
Les électeurs devaient, en réalité, signifier s’ils s’estimaient responsables de l’état de leur pays ou s’ils fermaient les yeux, se bouchaient le nez et les oreilles tout en ouvrant la bouche pour affirmer qu’ile étaient victimes d’un complot international, d’une attaque «terroriste» comme l’a nommée le ministre des Finances tout aussi irresponsable que les électeurs, Yanis Varoufakis, incapable de trouver une solution viable aux problèmes de son pays.
Il fallait voir avec quelle hargne nombre de Grecs interrogés dans les multiples reportages réalisés par les télévisions du monde entier affirmaient qu’ils allaient voter non à l’Europe, l’Allemagne, Angela Merkel, Jean-Claude Junker et tous les noms qui leur passaient par la tête.
Ce qui est inquiétant également, c’est le soutien que l’irresponsabilité du peuple grec a suscité dans beaucoup de pays.
Et pas seulement des extrémistes de gauche et de droite comme en France réunis au sein d’une alliance improbable qui en dit long sur les ressemblances de tous les ennemis de la démocratie républicaine.
Cela démontre que les travers qu’engendre un régime démocratique quand il lui manque un de ses ingrédients les plus importants (le respect, la solidarité, la tolérance, la liberté, l’égalité et ici la responsabilité) aboutissent à affaiblir la démocratie elle-même.
Loué comme l’acte démocratique suprême, le référendum a été instrumentalisé dans le cas de le Grèce pour qu’un peuple et ses dirigeants se déclarent irresponsables de leurs actes.
Voilà qui va ravir tous les sceptiques de la démocratie dans le monde – et ils sont nombreux – qui estiment que les peuples ne sont pas capables de prendre leur destin en main et qu’ils se jettent souvent dans les bras des populistes démagogues qui prétendent raser gratis tout en fustigeant les «autres», ceux qui savent qu’un barbier ne peut pas vivre sans salaire…
Ce qui est préoccupant c’est, bien sûr, qu’un gouvernement puisse organiser une consultation populaire pour demander à son peuple de s’absoudre lui-même de ses erreurs et de ses fautes mais c’est aussi la possibilité d’utiliser la démocratie contre elle-même.
Bien entendu, ce n’est pas la première fois que les règles démocratiques aboutissent à fragiliser la démocratie.
Nombre de dictateurs sont arrivés au pouvoir par les urnes, par exemple.
Ce qu’il faudra voir, également, c’est si ce référendum va créer un précédent et la pression qui va se faire jour dans nombre de pays pour en organiser avec ce genre de question.
Le danger: la perte de légitimité de la démocratie.
Alexandre Vatimbella
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