Les Actualités sur Mondiaglobalisation

vendredi 22 décembre 2023

Editorial. Et si demain l’extrême-droite était au pouvoir dans les démocraties

Il existe un scénario catastrophe pour la démocratie: la victoire de Trump aux Etats-Unis en novembre 2024 suivi de celle de Le Pen en France au printemps 2027 pendant que Meloni continue à gouverner l’Italie, Orban, la Hongrie, Fico, la Slovaquie peut-être Wilders les Pays-Bas tandis que l’AfD monte en puissance en Allemagne, Vox en Espagne sans oublier la droitisation de plus en plus radicale des conservateurs britanniques et un prochain retour au pouvoir du PiS en Pologne. 

Demain, l’extrême-droite pourrait être au pouvoir dans nombre de pays démocratiques. 

Ici, nul coup d’Etat, nulle prise de pouvoir par une révolution, nulle élection truquée, juste la volonté du peuple. 

Ce scénario a de quoi faire froid dans le dos pour tous les défenseurs de la démocratie dont les centristes. 

Les conséquences seraient évidemment désastreuses pour les libertés et l’Etat de droit. 

Il y aurait un basculement inévitable dans des régimes autocratiques où l’élection libre serait en danger avec, à terme, la possibilité de basculement dans des régimes totalitaires. 

Nombre de citoyens des pays que nous avons cités, estiment qu’il s’agit d’une fiction qui ne pourra jamais se produire et ne se mobilise pas pour l’éviter, n’allant même pas voter. 

Sans parler de ceux qui veulent «essayer pour voir»… 

Mais à force de fermer les yeux et de se boucher les oreilles pour ne pas voir la réel en face ce qui empêche une réaction salutaire, la réalité risque malheureusement de ressembler à cette soi-disant fiction. 

Le point de non-retour vers cet abîme pourrait être franchi l’année prochaine à l’occasion des élections générales étasuniennes. 

Le cauchemar ne serait pas seulement la victoire de Trump à la présidentielle mais celle aussi du Parti républicain, majoritairement gangréné par les trumpistes les plus extrémistes, au Congrès, c’est-à-dire, et à la Chambre des représentants, et au Sénat. 

La Cour suprême étant déjà dominée par les conservateurs radicaux, tous les pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire, seraient ainsi au main de l’extrême-droite populiste avec les terribles conséquences que l’on imagine. 

Ce succès serait, à n’en pas douter, un boost formidable pour tous les mouvements de droite extrême des démocraties et un message envoyé aux ennemis extérieurs de celle-ci que le grand basculement autoritaire est en cours. 

jeudi 21 décembre 2023

Le Focus. Sans le régime communiste chinois, le monde serait plus sûr

Alors que s’ouvre à Hong Kong le procès politique de Jimmy Lai, défenseur de la démocratie et patron de presse qui est déjà derrière les barreaux depuis trois ans à l’isolement dans une cellule d’une prison de haute-sécurité, il est opportun de rappeler que le monde entier serait plus sûr sans le régime communiste chinois et son dictateur revendiqué Xi Jinping.

Bien sûr, la Chine ne mène pas de guerre ouverte comme la Russie en Ukraine ou d’actes terroristes d’Etat comme l’Iran qui arme et soutien le Hamas.

De même, elle semble jouer le jeu en matière de commerce international et de lutte contre le changement climatique.

Mais tout cela n’est que faux-semblant.

Ainsi, le régime totalitaire de Xi soutient sans réserve la Russie qui ne pourrait faire la guerre sans cela et entretien d’excellentes relations avec l’Iran sans oublier qu’elle n’a guère condamné l’attaque terroriste du 7 octobre du Hamas contre Israël mais en revanche ne cesse de s’en prendre à ce dernier à propos de la crise de Gaza.

En outre, il vient de réaffirmer son soutien indéfectible à un des pires régimes de la planète, celui de Kim Jong-Un en Corée du Nord.

Il est également un ferme soutien de tous les régimes africains autoritaires et dictatoriaux, plus généralement de tous ceux de la planète.

Sans oublier les menaces constantes d’intervention militaires contre les voisins de la Chine du fait de revendications fantaisistes et contraire aux traités internationaux à propos de territoires et de zones maritimes.

Enfin, par ses menaces ouvertes d’une guerre contre Taïwan qu’il veut annexer (et non réunifier).

Tout cela combiné avec ses actes contraires aux règles du commerce international et ses promesses non-tenues dans la lutte contre le changement climatique.

On ajoute que Xi fait constamment des déclarations pour s’en prendre à la démocratie en prônant un soi-disant «modèle chinois» qui n’est autre qu’un totalitarisme et une organisation de la communauté internationale où règnerait le nationalisme agressif.

Pas besoin pour notre propos de rappeler que la société chinois est sous le joug d’un régime qui bafoue sans cesse la dignité humaine.

Si la Chine, deuxième puissance mondiale, était une démocratie et œuvrait donc pour un monde de paix, on comprend bien que toutes les menaces dont on vient de parler n’existeraient pas ou pratiquement plus.

Ainsi, oui, le monde serait nettement plus sûr.

C’est pourquoi, en cette période où nous sommes plus focalisés sur les actes criminels de Poutine et le terrorisme barbare du Hamas, nous ne devons pas oublier celui qui tire les ficelles dans l’ombre et qui, en tout cas, permet aux assassins précités et à d’autres d’agir.

Ayant dit cela, avons-nous des moyens d’agir pour imposer à Xi Jinping et ses complices de ne pas provoquer le chaos mondial?

Malheureusement, nous n’avons pas énormément de leviers.

Mais nous ne devons pas oublier que si le régime communiste chinois est encore en place aujourd’hui et qu’il a pu faire de la Chine une puissance de premier plan, c’est parce que nous l’avons aidé, un peu par espoir qu’il se démocratise, beaucoup par une vision capitaliste où nous avons fait de ce pays l’usine du monde afin de faire d’énormes profits et de permettre à la société de consommation débridée de continuer sa fuite en avant.

Il n’en reste pas moins que tout moyen de barrer la route à la marche triomphante du régime totalitaire de Xi, ou tout au moins de freiner sa progression, doit être utilisé même s’il semble qu’il soit déjà trop tard.

 

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mercredi 20 décembre 2023

Editorial. Etats-Unis – La vote scélérat des républicains ou le dévoiement de la Constitution

Le Parti républicain n’en est plus à une scélératesse près.

Ses élus de la Chambre des représentants où ils sont majoritaires ont décidé de voter en faveur d’une procédure d’impeachment (destitution) contre Joe Biden alors même qu’il n’existe aucune preuve d’un quelconque comportement fautif du président centriste.

Pour tenter de justifier l'injustifiable, les républicains ont déclaré, on ne rêve pas, qu'ils n'avaient rien trouvé jusqu'à présent mais qu'en cherchant, ils espéraient bien trouver quelque chose!

Il y en a même un qui a affirmé que c'était au président des Etats-Unis de prouver qu'il n'était pas coupable de quoi que ce soit, jetant allègrement à la poubelle un des piliers de la démocratie républicaine qui veut que la preuve d'un acte contraire à la loi est à la charge de la justice...

Il s’agit uniquement d’une vengeance après les deux votes positifs contre Donald Trump pour ses comportements délictueux par des élus démocrates et républicains lors de la précédente législature ainsi que d’une volonté de jeter l’opprobre sur le futur candidat à la présidentielle de 2024 afin de donner plus de chance à leur candidat qui devrait s’appeler… Trump.

Ce vote est un total dévoiement de l’esprit et de la lettre de la Constitution que pourtant brandissent mécaniquement et systématiquement les républicains pour accuser les démocrates de soi-disant ne pas la respecter.

Cet acte politicien n’est malheureusement qu’un de plus pour un parti qui continue à se perdre depuis qu’il est aux mains de ses radicaux et de ses extrémistes, tous ayant fait allégeance à un homme qui a tenté un coup d’Etat en 2021 pour garder le pouvoir après avoir été battu par plus de 7 millions de voix par son adversaire démocrate et qui a expliqué qu’il serait «un dictateur» le premier jour de sa présidence s’il était réélu.

Un personnage qui est inculpé pour 91 délits et crimes et qui doit être jugé quatre fois dans les mois qui viennent.

Il faut bien comprendre qu’ici il n’est plus question d’ordre démocratique, d’Etat de droit et de respect de la justice mais bien d’une volonté de les détruire.

Cette procédure d’impeachment n’a évidemment aucune chance de réussir, non pas parce que les républicains n’iront pas jusqu’au bout de cette infâmie, mais parce que la destitution appartient au final au Sénat qui est dominé par les démocrates.

Reste que les républicains ont une chance de revenir au pouvoir en 2024, ce qui fait froid dans le dos.

 

Le Focus. Pologne – L’axe central au pouvoir

Centriste, libérale, socialiste et droite conservatrice sont les quatre tendances qui ont formé une coalition pour gouverner la Pologne et, enfin, renvoyer les populistes radicaux du PiS dans l’opposition (même si le président de la république, membre de ce parti es toujours au pouvoir).

Dirigé par le libéral Donald Tusk, le nouveau gouvernement d’axe central mais principalement centriste s’est fait élire sur la promesse que la démocratie n’était pas morte en Pologne et que les populistes pouvaient être battus.

Avec un programme en 100 points, la coalition a du travail en perspective, de la légalisation de l’avortement à l’indépendance de la justice par la restauration de l’ordre juridique qu’une réforme du PiS avait pratiquement supprimé en passant par la dépolitisation de l’ensemble de l’administration, de l’école à l’armée en passant  par les médias publics qui étaient devenus de vulgaires outils de propagande du PiS, le renforcement des droits des femmes.

En réalité, la tâche principale de Tusk au début de son mandat est de «dé-PiS-iser» la Pologne et un système d’appropriation du pouvoir, une tâche qui devrait passer in fine par la case justice avec des enquêtes et des poursuites d’un certain nombre de membres du parti populiste, une promesse de campagne de la Coalition civique.

Mais c’est aussi dans les relations internationales que les changements devraient se faire jour sans parler de la politique européenne.

Tusk, ancien président du Conseil européen de 2014 à 2019, est un européen convaincu, ce qui tranchera avec l’ancienne majorité qui, comme tout populisme, jouait constamment contre l’UE.

Personne ne sait encore comment pourra agir concrètement le nouveau gouvernement formé en début de semaine puisqu’il sera sous la menace constante du veto présidentiel et de l’annulation de ses décisions par le Tribunal constitutionnel qui est aux mains du PiS.

Ce n’est qu’en 2025 qu’une élection présidentielle est programmée et qui pourrait enfin permettre de mettre en route les mesures et réformes promises et indispensables pour que la Pologne redevienne une véritable démocratie.

Premier ministre de 2007 à 2014, Tusk est à la tête d’une majorité qui comprend la Coalition civique (composée de la Plateforme civique, Moderne et Initiative polonaise), Troisième voie et La Gauche.