Les Actualités sur Mondiaglobalisation

mercredi 14 septembre 2022

Le Focus. En 2050, la population féminine rattrapera celle des hommes mais les problèmes demeureront

Il y a aujourd’hui plus d’hommes que de femmes dans le monde (106 hommes pour 100 femmes).

Cette différence s’explique surtout par le fait que plus de garçons naissent que de filles et, surtout, que dans certains pays, un choix en faveur des garçons est fait par les couples comme c’est le cas en Chine et en Inde, aujourd’hui surtout par des tests prénatals pourtant interdits mais également par infanticides dans les campagnes reculées.

Un garçon lorsqu’il sera adulte sera une aide pour ses parents alors que la fille ira vivre dans la famille de son mari et donc n’aura aucune utilité pour sa famille d’origine.

Cette différence – au-delà du sort réservé aux nouvelles-nées tuées ou abandonnées et aux filles qui sont considérées comme un fardeau – est problématique sachant que, dans l’Histoire, tous les pays qui avaient plus d’hommes que de femmes étaient plus belliqueux que les autres et faisaient souvent la guerre pour aller chercher les femmes qui leur manquaient dans les autres pays.

On peut aussi supposer qu’un trafic d’être humains à grande échelle permettait de résoudre en partie le problème.

Mais, selon les Nations Unies, une parité entre les hommes et les femmes pourraient se réaliser en 2050.

Néanmoins cela ne règlera aucun des problèmes évoqués ci-dessus.

D’abord parce que c’est un ratio au niveau mondial ce qui veut dire que des pays auront plus de femmes que d’hommes – c’est d’ailleurs déjà le cas dans nombre de pays comme ceux de l’Union européenne ou les Etats-Unis, surtout la Russie – pendant que d’autres continueront à avoir un surplus d’hommes.

Ensuite parce que ce rattrapage féminin se fera mécaniquement par le vieillissement de la population et que les femmes ont une espérance de vie plus longue que les hommes et non grâce à une place sûre et protectrice offerte aux filles.

On comprend bien que cela ne changera pas grand-chose pour les jeunes hommes qui seront encore plus nombreux que les jeunes femmes et qui voudront une compagne.

Donc des risques liés à cette quête.

L’égalité hommes-femmes est bien évidemment le remède à cette situation.

On peut saluer les efforts faits dans nombre de pays et se désoler que dans d’autres comme en Afghanistan ou en Arabie Saoudite, on en soit encore à des pratiques rétrogrades et irrespectueuses de la dignité de la femme.

Sans oublier un développement à la fois économique et social où il ne serait plus besoin de compter sur des bras masculins pour assurer sa vieillesse ou, tout simplement, sa survie.

mardi 13 septembre 2022

Le Focus. Et si Poutine était en train de démontrer la force de l’Occident

Vladimir Poutine n’a de cesse ces dernières années de fustiger la faiblesse de l’Occident, son effondrement moral et son manque de courage pour défendre ses valeurs et ses intérêts.

Fort de cette conviction, le maitre du Kremlin a pensé qu’il pouvait le défier sans trop de risques, l’invasion de l’Ukraine ainsi que la sale guerre qu’il y mène faisant partie de cette stratégie qui, pense-t-il, doit lui permettre de revivifier l’empire russe sur les décombres de la démocratie libérale avant de redevenir une superpuissance comme au temps de l’URSS plus que de celui des tsars.

Or, avec son enlisement en Ukraine où la contre-attaque menée par Zelenski semble mettre à mal une armée russe où l’incompétence le dispute à la vétusté ainsi qu’avec la réponse ferme et collective des Occidentaux, il est en train de démontrer tout le contraire.

Ainsi ceux qui, comme lui – n’est-ce pas monsieur Xi Jinping –, pensaient que l’Europe, les Etats-Unis et leurs alliés dans le monde comme le Japon, l’Australie, le Canada et quelques autres n’avaient plus l’envie de résister, ceux-ci montrent au contraire leur vitalité et leur mobilisation pour défendre leur civilisation et leurs valeurs.

Cette résistance est la bonne nouvelle pour la liberté et la dignité humaine.

Elle envoie un message aux régimes autocratiques et totalitaires comme aux organisations terroristes, que les Occidentaux ne plieront pas devant eux et que les peuples directement agressés, comme les Ukrainiens, se battront avec tout le courage issu de la conviction d’être du côté du bien.

Cette erreur de jugement d’un Poutine qui en a commis bien d’autres devrait lui coûter cher dans les temps qui viennent s’il ne parvient pas à éviter une débandade en Ukraine.

Aux yeux de l’Histoire, il est définitivement un criminel au même titre que Staline et un fossoyeur de la puissance russe bien plus qu’un Gorbatchev qu’il n’a pourtant cessé de stigmatiser en le rendant faussement responsable de l’effondrement de l’URSS.

 

lundi 12 septembre 2022

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Ne pas se tromper sur ce qu’est le progrès pour l’Humanité

Créer une machine n’est pas un progrès c’est une simple avancée technologique; créer une machine qui améliore, dans toutes les dimensions que signifie ce verbe, la vie des gens est un progrès au sens d’avancée sociétale.

Une nouveauté, une invention, une idée ou une pratique nouvelle, un droit nouveau, une découverte scientifique ou technologique ne sont pas en soi un progrès.

Pour qu’ils le soient, il faut qu’ils apportent du mieux.

Du mieux et avec lui, pas sans lui, éventuellement du plus.

Dans le progrès le qualitatif doit primer sur le quantitatif mais les deux associés sont évidemment souhaitables.

Si l’on réduit le progrès à toute avancée quelle qu’elle soit, on passe à côté de l’essentiel qui est l’amélioration du bien-être de l’humain, surtout, on permet à tous les conservateurs au sens littéral du terme, ceux qui veulent conserver l’ordre ancien pour de multiples raisons qu’elles soient de classe, corporatiste, idéologique, etc. de bloquer le cheminement positif de nos civilisations.

Par ce raccourci, il est ainsi facile de démontrer et parfois avec raison que, souvent, une nouvelle technique, une nouvelle organisation dans tel secteur ou dans l’entière société, voire un nouveau comportement, une nouvelle pensée dominante ou qui devient hégémonique possèdent plus d’effets négatifs que positifs.

Le progrès ne peut être négatif sinon il n’est que son contraire, la régression.

Et il ne peut être découpé en tranche, c’est-à-dire être un «progrès» scientifique, par exemple, tout en étant une régression sociale.

Réduire le progrès au nouveau est un raccourci dévastateur pour l’amélioration du bien être des individus.

Quand un scientifique chinois modifie des embryons humains, cette avancée scientifique – une nouveauté – est une totale régression pour l’Humanité, un recul humaniste.

L’utilisation d’une avancée ou d’une nouveauté dans quelque domaine que ce soit peut également mener à la régression alors que celles-ci auraient pu participer au progrès.

On le voit bien dans certaines études universitaires qui partent d’un socle sérieux et sont détournées pour de simples motifs politiciens afin de servir la propagande d’idéologies dangereuses.

Comment qualifier également la capacité de plus en plus destructrice des armes, un progrès?

Evidement non, une avancée technologique terrifiante qui nous a fait passer de conflits «artisanaux» et des guerres mondiales «industrielles».

Nous avons besoin du progrès pour améliorer voire changer radicalement en mieux notre existence.

Les nouveaux médicaments, les règles d’hygiène, les technologies agricoles qui ont permis d’éliminer la famine peuvent être considérer comme des progrès.

Mais aussi les législations qui protègent les enfants, les travailleurs ou les consommateurs.

De même que tout ce qui permettra dans les années à venir à lutter contre la pollution et les problèmes liés au changement climatique.

C’est pourquoi ceux qui fustigent le progrès, le vrai, en utilisant les artifices du mélange des genres sont la plupart du temps de simples réactionnaires à la vision archaïque du monde et de l’Humanité qui utilisent le fameux argument du retour à un âge d’or ou de sa préservation alors même qu’il n’a jamais existé.

 

 

mercredi 7 septembre 2022

Editorial. Royaume-Uni: Liz Truss tout aussi opportuniste et populiste que Boris Johnson

Ce sera donc Liz Truss qui va diriger le Royaume-Uni après la déplorable démission du populiste trumpien, Boris Johnson – qui, parait-il, prépare déjà son retour au 10 Downing street!

Pour ceux qui pensent qu’elle ne sera pas pire que ce lamentable politicien – rappelons qu’elle était sa ministre des Affaires étrangères – dont l’ambition s’est toujours limitée à contenter un narcissisme mégalomaniaque digne de son modèle d’outre-Atlantique, son parcours politique dit exactement le contraire.

Tout autant opportuniste que son prédécesseur, elle a été de centre-gauche aux Libéraux démocrates pour devenir une populiste radicale de droite chez les Conservateurs au gré des gouvernements auxquels elle a appartenu, passant même d’une pro-européenne à une nationaliste pro-brexit en quelques semaines…

Ses passages dans différents ministères montrent qu’elle a sans cesse voulue copier Margaret Thatcher – son modèle – et le néolibéralisme sans aucune compassion de la «Dame de fer» de triste mémoire.

Elle est, par exemple, responsable de l’état désastreux de la distribution de l’eau potable en Grande-Bretagne ainsi que de la pollution des cours d’eau et du littoral qui en résulte en ayant coupé les crédits en la matière lorsqu’elle a été ministre de l’Environnement de David Cameron.

Elle accède au pouvoir dans un pays miné par les problèmes issus des politiques menées par Johnson, par la crise mondiale mais aussi et surtout par le Brexit où l’inflation est à deux chiffre et la facture énergétique des particuliers devrait augmenter de 80% dans les jours qui viennent empêchant une grande partie de la population de pouvoir se chauffer cet hiver.

Elue par moins de 0,3% de la population -- les militants de sa formation – à la tête du Parti conservateur donc de la Grande-Bretagne alors que des élections générales auraient été la solution démocratique – mais qui aurait sans doute vue une débâcle des Tories – elle s’apprête à la diriger avec un programme où le populisme grossier se mêle avec l’idéologie la plus rétrograde le tout chapeautée par une vision des plus indigentes sur l’avenir.

Ajoutons à cela qu’elle ne reculera devant aucun propos insultant envers l’Union européenne et surtout la France – elle a déjà refusé de dire si le Président de la France était un ami ou un ennemi! –, pour conclure que les Britanniques se préparent à des jours bien sombres.

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]

 

 

lundi 5 septembre 2022

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Changer radicalement le monde ou périr?

Il faut être très prudent lorsque l’on aborde ce type de questionnement car on a souvent tendance à s’appuyer sur une situation présente sans le recul nécessaire et en sur-interprétant les signaux dans telle ou telle direction.

Nombre de charlatans mais aussi de chercheurs sérieux se sont trompés dans les constats et les conclusions.

Sans parler des «futurologues» dont les prédictions se sont souvent révélées plus qu’erronées.

Reste qu’une certaine angoisse parcourt les peuples et les médias même les plus sérieux sur le futur de l’Humanité.

En témoigne les déclarations des politiques dont celles assez récurrentes du président de la république Emmanuel Macron qui a parlé encore aujourd’hui pour exprimer son inquiétude et la nécessité d’agir en profondeur:

«Je crois pour ma part que ce que nous sommes en train de vivre est plutôt de l’ordre d’une grande bascule ou d’un grand bouleversement. Nous vivons depuis plusieurs années la fin de ce qui pouvait apparaître comme une abondance. Celle des liquidités sans coût (...), celle de la fin de l'abondance de produits, de technologies qui nous semblaient perpétuellement disponibles» (…) la fin de l'abondance de terre ou de matière, et de celle de l'eau».

Une situation qui, selon lui consiste à prendre les «dispositions pour tirer toutes les conséquences».

Les récents événements ont ajouté désarroi et anxiété dans la population avec ce sentiment que plus rien ne sera comme avant, causant un profond malaise puisque l’on ne sait pas exactement ce que cela signifie pour son mode de vie, si cela sera mieux ou moins bien, voire plus.

Dans le même temps, une certaine conscience que plus rien ne doit être comme avant s’est développée et que nous sommes «à la fin d’un monde».

Le changement du monde en profondeur, pourtant, n’est pas forcément une catastrophe même si ce sont des catastrophes annoncées qui nous obligent à inventer un monde différent.

Il me faut préciser immédiatement que je parle bien ici de changer le monde et non de changer de monde parce que nous vivons dans un seul monde que nous pouvons changer, améliorer et réformer mais nous ne pouvons changer de monde.

Tous ceux qui ont prétendu le contraire, qui ont appelé à la révolution finale et se sont mis en tête de modeler un nouvel humain n’ont in fine apporté que chaos et violence, destructions et crimes en ne changeant en réalité rien du tout, pire, faisant souvent régresser l’Humanité.

En outre, quels que soient les cataclysmes qui nous menacent, il ne faut pas tomber dans le sensationnalisme qui ne sert qu’à faire peur ou, à l’inverse, à rendre ridicule le propos.

Ainsi, quoi qu’en dise camelots de la peur, nous ne devons pas nous attelé à «sauver la planète» car, quoi qu’il arrive notre Terre ne disparaîtra pas ou dans quelques milliards d’années quand le soleil est censé imploser.

Elle sera peut-être un désert mais, franchement, on peut dire qu’elle s’en fiche…

En revanche, c’est bien l’Humanité qui faut secourir même s’il est fort peu probable que l’action humaine puisse faire disparaître l’entière vie sur terre et même notre entière espèce.

Certains d’entre nous ou de nos descendants, peut être peu, en réchapperont certainement si le pire devait survenir à cause de nous.

Seules les catastrophes naturelles peuvent anéantir des formes de vie mais pas éteindre la vie elle-même puisque les mammifères, lors de l’extinction des dinosaures, survécurent sinon nous ne serions pas là.

Ayant dit cela, nous en savons aujourd’hui beaucoup sur ce que nous devons faire pour que le monde soit construit différemment pour tenter de réparer nos erreurs ou, seulement, notre ignorance.

D’une planète où tout semblait en abondance et sur laquelle nous devions constamment nous battre pour ne pas être à la merci de tous les dangers qu’elle recèle, nous sommes passés à une Terre dont les ressources ne sont pas extensibles à l’infini et où nous devons trouver une harmonie avec une nature que nous avons réussie, sinon à domestiquer – ce qui sera toujours impossible –, en tout cas à faire en sorte de dominer certains de ses aspects les plus hostiles à notre encontre.

Donc nous savons à peu près quel chemin nous devons suivre au moment où nous atteignons les limites d’un modèle de développement.

Reste à savoir si nous sommes capables de l’emprunter, tout dans l’Histoire de l’Humanité semblant démontrer le contraire.

Car, oui, grâce à nos capacités intellectuelles, nous avons été capables de lutter contre nombre de fléaux qui nous ont touchés depuis l’aube de notre présence terrestre.

En revanche, nous avons toujours échoué à empêcher que nos comportements néfastes produisent des cataclysmes.

Pire, nous avons même utilisé nos intelligences pour les rendre encore plus cataclysmique.

Nous avons trop souvent choisi de périr plutôt que d’utiliser notre génie à faire de la planète un endroit sûr.

Peut-être que notre science et notre technologie nous permettront d’inventer un futur vivable.

Mais même si c’est le cas, nous devons nous prouver à nous-mêmes que nous pouvons devenir des êtres responsables.

Un challenge à la hauteur des défis que nous avons-nous-mêmes créés.