Les Actualités sur Mondiaglobalisation

lundi 30 mars 2009

INDE-ECONOMIE. Le Parti du Congrès a présenté son programme économique électoral


En vue des prochaines élections législatives, le parti au pouvoir à New Delhi a mis au point un manifeste économique avec création d’une législation sur l’alimentation, introduction en bourse de toutes les entreprises publiques et création une taxe unique sur tous les produits et les services.


Manmohan Singh, le Premier ministre indien, et Sonia Gandhi, la présidente du Parti du Congrès, ont présenté officiellement le programme économique de leur formation politique en vue des prochaines élections législatives qui débuteront le mois prochain. Ils ont d’abord annoncé que si leur parti conservait le pouvoir, il n’y aurait pas immédiatement un quatrième plan de relance, Manmohan Singh estimant que les trois premiers devraient bientôt produire leurs effets positifs: «J’ai confiance que, grâce aux mesures de relance que notre gouvernement a prises, l’économie de l’Inde connaisse un important renouveau dans les six ou sept mois à venir».

Par ailleurs, le Parti du Congrès a annoncé trois importantes mesures. Il veut introduire en bourse toutes les entreprises publiques, «le peuple indien a le droit de posséder une partie de ses entreprises» indique le manifeste du parti, même si la majorité du capital demeurera public. Cette privatisation partielle permettra de désendetter un Etat indien qui a vu ses marges de manœuvres réduites à cause des importants déficits publics et permettra également aux entreprises publiques de pouvoir trouver des capitaux sur le marché financier. Il veut également mettre en place une taxe unique sur les produits et les services qui remplacera les nombreuses taxes indirectes qui existent actuellement. Enfin, il veut mettre en place une législation sur la sécurité alimentaire afin de garantir un prix abordable pour que les populations les plus pauvres puissent se nourrir correctement. Dans le même temps, le gouvernement prévoit d’augmenter le revenu minimum des agriculteurs.


Alexandre Vatimbella

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samedi 28 mars 2009

CHINE-DEVELOPPEMENT. Le gouvernement veut faire de Shanghai une capitale économique et financière mondiale


A Pékin le pouvoir politique, à Shanghai le pouvoir économique. Cette répartition des rôles entre les deux grandes villes rivales de la Chine devrait perdurer avec les grands projets des autorités pour Shanghai.


«Accélérer le rythme de développement de Shanghai en matière de services et d'industrie modernes, et y construire un centre mondial de la finance et du fret», tels sont les projets du gouvernement chinois pour la métropole qui est déjà la principale agglomération économique du pays. Car, si ce développement bénéficiera à une ville qui se voit trop souvent, selon son point de vue, empêchée de croître par sa rivale Pékin et dont les velléités d’autonomie inquiète les autorités centrales, il est également «d'une importance cruciale pour le pays tout entier», indique le gouvernement. Concrètement, il s’agit de renforcer Shanghai comme capitale économique du pays mais aussi d’en faire une capitale mondiale de la finance à l’horizon 2020. Déjà siège de la bourse la plus importante du pays, ce nouveau statut irait de pair avec une politique monétaire qui devrait faire du yuan une monnaie enfin insérée dans le circuit financier international.


Louis-Jean de Hesselin

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vendredi 27 mars 2009

BRESIL-MONNAIE. Le président du Brésil soutient la proposition chinoise d’une nouvelle monnaie de réserve


Le président Lula a estimé qu’il ne fallait pas que le dollar soit la seule monnaie de réserve et que les pays émergents devaient agir pour trouver un autre système.


La pression contre le dollar monnaie de réserve s’intensifie. Après la Russie, la Chine et d’autres pays, c’est au tour du Brésil de se déclarait en faveur de l’utilisation d’un autre système en la matière. C’est ce qu’a déclaré Luiz Iniacio Lula da Silva, le président du pays à l’occasion d’une rencontre avec le premier ministre britannique, Gordon Brown. Selon ses propres termes, il a jugé la proposition du président de la Banque de réserve chinoise de changer de monnaie de réserve, «efficace et appropriée» et il a estimé que les autres pays émergents se rallieraient sans doute à celle-ci. Il a rappelé, en outre, qu’un système de monnaies locales servait déjà dans les échanges entre le Brésil et l’Argentine et qu’il fallait s’en inspirer au niveau mondial.


Jean-Louis Pommery

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CHINE-ECONOMIE. Pour la Banque mondiale, l’économie réelle de la Chine résiste


Même si elle ne prévoit qu’une croissance de 6,5% de la Chine en 2009, l’organisation financière internationale estime que les fondamentaux de son économie sont solides.


Voici les principales constatations de la Banque mondiale dans son dernier rapport trimestriel de mars 2009

«Bien que durement touchée par la crise mondiale, l’économie réelle de la Chine résiste. Malgré un ralentissement prévu, la croissance de la Chine devrait demeurer supérieure à celle de la plupart des autres pays. Cependant, la poursuite de la crise mondiale va peser sur la croissance chinoise en 2009 et 2010, en entraînant notamment une baisse des exportations et des investissements basés sur le marché.» Dans ce cadre la Banque mondiale a prévu une croissance du PIB de 6,5% en 2009 et estime que «les fondamentaux économiques de la Chine sont néanmoins assez solides pour permettre aux autorités d’entreprendre des politiques qui porteront leurs fruits bien au-delà de 2009». D’autant que, précise l’organisme, «il existe des synergies utiles entre les objectifs politiques visés par la Chine à court et à moyen terme. Il est souhaitable de réformer le secteur financier».

La banque étudie ensuite les récents développements économiques du pays. Selon elle, dans le contexte de la crise économique, «l’économie chinoise s’est considérablement ralentie. L’intensification de la crise mondiale a des répercussions importantes sur les exportations chinoises. Au niveau national, l’aisance de la Chine lui donne une certaine latitude et les politiques de relance semblent contribuer à atténuer les effets de la crise. L’assouplissement de la politique monétaire entraîne une augmentation des prêts bancaires et stimule l’activité économique. La demande intérieure a de fait mieux résisté que la demande extérieure. Les investissements initiés par le gouvernement prennent le relais tandis que les investissements basés sur le marché sont en baisse. Depuis novembre, l’activité décroît sous l’effet de la résorption des stocks involontaires, cependant le surplus de ces stocks ne semble pas très important. La consommation diminue mais demeure assez soutenue. La baisse de la demande de main-d’œuvre crée une pression sur le marché du travail. Le ralentissement accentue la pression à la baisse sur l’inflation. Dans le secteur des entreprises, la rentabilité s’est détériorée durant le deuxième semestre 2008 ».

Quant aux perspectives économiques, la Banque estime que l’activité du marché intérieure de la Chine demeurera soutenue : «On voit apparaître une marge de production inemployée, qui commence à produire différents types d’effets. Étant donné le recul prévu des investissements basés sur le marché, les investissements initiés par le gouvernement acquièrent une importance capitale. La consommation privée devrait se ralentir mais demeurer considérable. La consommation dans les zones rurales risque d’être nettement plus faible. Au total, du fait d’une politique de relance énergique, l’économie chinoise devrait continuer à croître de manière significative dans un contexte international extrêmement difficile. L’économie chinoise devrait bénéficier de la reprise attendue, quoiqu’incertaine, fin 2009 ou courant 2010. Du fait du prix peu élevé des matières premières et de l’écart de production considérable qui est en train de se former, la pression inflationniste sera très faible en 2009. La pression sur les prix résultant de la récession entraîne un recul de la rentabilité. Dans ce contexte, le marché du travail risque fort de demeurer morose.

La Banque Mondiale pointe néanmoins «un certain nombre de risques» et donne quelques conseils de politique économique au pays : «la Chine doit relever des défis importants à court, moyen et long terme. Étant donné que les objectifs à court et moyen terme coïncident, ce sont les objectifs à moyen terme qui devront orienter les politiques économiques en 2009. À l’avenir, les mesures visant à relancer l’investissement pourraient devenir moins nécessaires. En ce qui concerne les politiques possibles et recommandées pour atténuer les conséquences de la crise sur le marché du travail, le rapport souligne qu’utiliser le système de sécurité sociale présente des avantages par rapport à plusieurs autres politiques. Réformer le secteur financier et le marché des capitaux pourrait contribuer à rééquilibrer le mode de croissance.

En matière de politique budgétaire, «2009 va probablement provoquer une augmentation non négligeable, mais maîtrisable, du déficit public. Dans quelle mesure et de quelle manière la politique fiscale devra-t-elle intervenir si l’objectif de croissance de 2009 est en danger ? Il est également possible de limiter les conséquences des perturbations économiques temporaires et des licenciements en étendant et en utilisant le filet de protection sociale, de préférence en l’associant à des programmes de formation. Le gouvernement a annoncé que le plan en 10 points inclurait 10 plans sectoriels spécifiques. D’autres initiatives récentes de politique budgétaire ont eu pour objectif de stimuler la consommation et d’améliorer les conditions de vie de la population. Primo, le gouvernement a récemment annoncé les grandes lignes d’un plan de réforme du système de santé. Deuxio, des mesures ont été prises pour renforcer le filet de sécurité sociale. Tertio, le gouvernement estime que les mesures en faveur de la consommation des populations rurales sont prometteuses et prend des initiatives dans ce sens. On assiste également à plusieurs changements dans la politique fiscale. Des réductions d’impôts supplémentaires sont aussi en cours de discussion, mais leur intérêt n’est pas encore établi. Si ces réductions d’impôts sont envisagées, différents points devront être pris en compte. Enfin, en vue de soutenir le processus de rééquilibrage, il est nécessaire de considérer des augmentations d’impôts supplémentaires. Celles-ci permettraient d’améliorer la rentabilité énergétique et le respect de l’environnement dans le cadre de l’activité économique en Chine.»

En matière de politique du secteur financier, la Banque mondiale estime qu’il est important «de contrôler l’effet du ralentissement sur le système bancaire. Il n’est pas souhaitable d’exercer une pression sur les banques pour qu’elles augmentent les prêts de manière imprudente. Le bon fonctionnement du système financier peut aider la Chine à gérer le ralentissement et à effectuer la transition vers un modèle de croissance rééquilibré. La poursuite des réformes structurelles est ainsi susceptible d’augmenter les fonds destinés aux micro-entreprises et petites entreprises ainsi qu’au secteur des services et au secteur rural ».


Alexis Levé

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jeudi 26 mars 2009

BRIC-MONNAIE. Les pays du Bric souhaitent que le dollar perde son statut de monnaie de réserve


Après les déclarations russes, c’est au tour des Chinois de réclamer une nouvelle monnaie de réserve mondiale à la place du dollar. Mais, outre que cet appel à peu de chances d’être entendu, les pays du Bric n’auraient pas tout à gagner de ce changement…


Barack Obama et son secrétaire au Trésor, Timothy Geithner l’ont affirmé catégoriquement, il n’y a pas de meilleure monnaie de réserve mondiale que le dollar et il n’est pas question de réformer le système actuel qui, depuis les accords de Bretton Woods à la fin de la seconde guerre mondiale, a fait de la monnaie américaine, la monnaie de réserve mondiale. Ces déclarations répondaient aux propos des Chinois, notamment du président de la Banque centrale, Zou Xaochuan, mais aussi des Russes et des autres pays du Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine), le Brésil et l’Inde, qui souhaitent que l’on trouve une nouvelle monnaie de réserve et ont avancé que celle-ci pourrait être le panier de devises qui est actuellement utilisé par les DTS (Droits de tirages spéciaux) du FMI (Fonds monétaire international), une monnaie fictive créée pour permettre à l’organisme international d’avoir plus de liquidité pour conduire sa politique de prêts internationaux (les devises incluent dans le panier sont actuellement le dollar, le yen, la livre sterling et l’euro).

Pour les Chinois et les Russes, en particulier, il s’agit de ne plus mettre tous leurs œufs dans le même panier, c’est-à-dire d’avoir leurs immenses réserves de change dues à leurs exportations libellées principalement en dollar et être à la merci des fluctuations de l’économie américaine. Même si la position de la Chine peut sembler, à tout le moins, paradoxale si ce n’est suspecte d’opportunisme puisque le système bénéficie grandement à la Chine qui peut, à la fois, financer ses exportations en alimentant le marché du crédit américain et sous-évaluer sa monnaie pour que ses mêmes exportations demeurent compétitives… Il est vrai, néanmoins, que les autorités de Pékin sont inquiètes d’une baisse importante du dollar qui leur ferait perdre une bonne partie de leurs 2.000 milliards de dollars de devises comme l’a dit le premier ministre Wen Jiabao récemment.

Reste que ce changement prendrait, au bas mot, plusieurs années, voire des décennies selon des experts en la matière. De plus, cette idée d’abandonner le dollar comme monnaie de réserve internationale n’est pas nouvelle. Elle date de plus de trente ans, depuis l’abandon de sa convertibilité en or décidée par le président Richard Nixon et n’a jamais été mise en œuvre. En 2002, c’est le financier iconoclaste George Soros qui l’avait remise au goût du jour. Et il vrai que permettre à un pays de pouvoir financer son marché intérieur et ses déficits grâce à sa position dominante pénalise les autres… ou non ! Car cela permet aussi de tirer l’économie mondiale en période d’expansion grâce à la puissance économique des Etats-Unis. D’autres analystes font remarquer que, par essence, une monnaie de réserve impose au pays qui la possède d’être toujours en déficit et/ou de faire marcher la planche à billets afin, justement, de fournir assez de liquidités aux autres économies du monde. Une sorte de chat qui se mord la queue…


Alexandre Vatimbella

© 2009 LesNouveauxMondes.org