Les Actualités sur Mondiaglobalisation

vendredi 3 juillet 2015

Le Focus: La crise grecque ou le dévoiement du rêve européen

Quelle que soit l’issue de la crise grecque (sauvetage de l’économie du pays et son maintien dans la zone euro ou naufrage et sortie de cette même zone voire de l’Union européenne), c’est bien au dévoiement du rêve européen auquel on assiste impuissant, tant la dynamique destructrice semble forte dans les gouvernements et les peuples de l’Union européenne où celle-ci est de plus en plus considéré, faussement, comme une sorte de «machin» encombrant.
Car cette crise n’est que la conséquence du délitement de l’espoir européen depuis une vingtaine d’années, sur fond d’une propagande négative incessante, où les intérêts de chaque membre de l’Union l’emportent toujours face à une construction en commun des Etats-Unis d’Europe.
Plus, les gouvernements n’ont eu de cesse d’incriminer l’Europe chaque fois que la situation était mauvaise, se défaussant de leur responsabilité sur l’Union et ses institutions, et de s’attribuer tout le mérite des bonnes nouvelles.
Dans le psychodrame hellène qui est en train de se jouer on a, d’un côté, une agrégation de pays européens qui ont oublié sciemment ce que veut dire la solidarité entre eux et qui, dorénavant, ne pensent qu’à défendre leurs profits et leurs avantages au détriment d’une communauté de vie en se réfugiant derrière des discours et des décisions qui rappellent les bons vieux réflexes nationalistes d’antan, fustigeant l’autre, celui avec qui pourtant l’on est sensé bâtir une union.
De l’autre, on a une Grèce qui n’agit pas différemment et qui, ayant vécu sans le moindre état d’âme au-dessus de ses moyens pendant des années en le sachant et sur le dos des autres pays européens, ne veut pas assumer ses actes – pire, dont les dirigeants incriminent les autres membres de l’Union comme responsables de leurs propres errements – et dont le peuple s’en remet in fine à un gouvernement d’extrême-gauche, non seulement ennemi depuis toujours d’une Europe, humaniste et libérale (politiquement et économiquement), c’est-à-dire de celle qui est à la base du Traité de Rome et de tous les autres traités qui ont été signés depuis 1957, mais qui est totalement irresponsable, fonctionnant à l’idéologie de la confrontation, du rapport de force et de la guérilla, n’ayant comme principe de négociation que le chantage, le tout dans une propagande n’ayant guère à envier ce qu’on a pu voir au Venezuela, en Bolivie, à Cuba contre l’«Occident» avec un premier ministre qui va faire les yeux doux à la Russie alors que celle-ci est en conflit avec l’Union européenne.
Tout cela peut bien ressembler à un réquisitoire outrancier mais c’est bien la triste réalité qui est en train de ruiner le rêve européen.
Quoi qu’il arrive, donc, ce dernier, sauf sursaut que l’on ne voit absolument pas poindre de près ou de loin, est ravagé et enterré pour des années, lui qui était déjà un moribond se traînant sur les mornes plaines de l’égoïsme et du désintérêt des peuples du vieux continent pour un projet transcendant qui se révèle peut-être un défi trop relevé.
Il faut dire qu’au lieu d’approfondir l’union, on l’a ouverte aux quatre vents, une manière pour certains d’éviter des guerres aux frontières de l’Union européenne, pour d’autres de noyer l’esprit européen dans un conglomérat de pays qui n’ont que peu d’intérêts communs.
Idem pour la zone euro où les critères d’admission auraient du être appliqués rigoureusement.
Dans le cas de la Grèce, oui, les dirigeants ont maquillé les comptes du pays pour faire partie de la zone euro mais, oui, aussi les dirigeants des autres pays savaient qu’elle était le maillon faible de la nouvelle union monétaire sans que cela ne les amènent à dire non à ce qu’elle y entre.
Aujourd’hui, l’Europe est dans une impasse politique et, peut-être, à la veille d’une implosion économique.
Pour éviter cette catastrophe qui nous ramènerait peu ou prou à la situation qui existait avant la Première guerre mondiale avec toutes les conséquences terribles que cela pourrait avoir, Il est temps de revenir aux idéaux de la construction européenne portés notamment par les centristes mais aussi par nombre d’hommes et de femmes de bonne volonté qui défendent les valeurs humanistes et cette nécessaire union entre des peuples qui, à cause de leur désunion, avaient été conduits à se faire deux guerres fratricides et suicidaires.
Demain, si le gouvernement grec de monsieur Tsipras gagne son bras de fer, alors n’importe quel autre membre de l’Union pourra jouer la carte du chantage comme l’a fait à une autre époque, la Grande Bretagne, au temps de Margaret Thatcher, et qui est prête à prendre la suite avec son référendum sur le maintien ou non dans l’Europe.
S’il perd – et non la Grèce qui ne doit pas être la victime de ce populisme démagogique –, seule une refondation de l’Union ou même une nouvelle union avec tous ceux qui veulent l’approfondissement des liens et des solidarités, peuvent faire gagner l’Europe et, in fine, le peuple grec lui-même.
Le statu quo actuel ne produira qu’une régression de la construction européenne.
Inverser la tendance ne sera évidemment pas facile et le chemin ardu.
Mais c’était déjà le cas pour les pionniers de l’Europe unie car l’idée européenne a toujours été et sera toujours un combat face aux forces conservatrices qui veulent séparer les peuples plutôt que leur offrir un avenir commun de paix et de prospérité.

Alexandre Vatimbella avec la rédaction de l'agence
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jeudi 2 juillet 2015

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Et si le principal échec d’Obama était la condition des noirs

Jimmy Fallon, l’animateur vedette du célèbre talk-show «The tonight show» sur la chaîne NBC, se demandait récemment à propos de Barack Obama, en plaisantant tout en se moquant des adversaires de ce dernier, si celui-ci laisserait une marque dans l’Histoire, lui, le premier président noir des Etats-Unis…
Pourtant, au moment même où l’hôte de la Maison blanche vient d’enregistrer, coup sur coup en une semaine, trois victoires importantes (pouvoirs étendus pour négocier le traité de libre-échange de la zone pacifique, validation par la Cour suprême de sa loi sur l’assurance santé et du mariage gay) et que sa présidence a connu d’autres succès notables (comme le redémarrage de l’économie après la Grande récession de 2008 ou le sauvetage de l’industrie automobile sans parler de sa réélection dans un fauteuil en 2012 dans un contexte difficile), il semble bien qu’un des échecs les plus cinglants de sa présidence, au vu des événements dramatiques qui se sont succédé ces trois dernières années, surtout ces derniers mois, concerne la condition de la communauté afro-américaine, la sienne (Obama est métis, père noir, mère blanche, mais il s’est toujours défini comme noir dans les recensements comme la loi américaine le lui permet).
Il faut rappeler en préambule que Barack Obama a toujours refusé d’être considéré comme un «président noir» et, surtout, comme «le président des noirs».
Pour lui, le caractère historique de son élection en tant que premier Afro-américain à s’installer dans le fauteuil du bureau ovale est indéniable et constitue autant une grande victoire qu’une grande fierté mais il ne s’agissait pas d’une finalité.
De même, il n’a jamais voulu être «seulement» un objet de curiosité historique en étant d’abord catalogué comme «premier président noir», ainsi que le furent nombre de noirs élus pour la première fois à diverses fonctions à travers le pays et dont les mandats ne furent malheureusement pas à la hauteur des espoirs suscités par leur élection.
Et puis, il ne faut surtout pas oublier l’épisode Jeremiah Wright. La polémique à propos des sermons incendiaires vis-à-vis de l’Amérique et des blancs, du pasteur noir de l’église à laquelle il était affilié faillirent lui coûter son élection.
Ce n’est que par un discours brillant sur la race et les religions prononcé en mars 2008 à Philadelphie qu’il réussit à s’en sortir.
«J’ai choisi, expliqua-t-il alors, de me présenter aux élections présidentielles à ce moment de l’histoire parce que je crois profondément que nous ne pourrons résoudre les problèmes de notre temps que si nous les résolvons ensemble, que nous ne pourrons parfaire l’union que si nous comprenons que nous avons tous une histoire différente mais que nous partageons de mêmes espoirs, que nous ne sommes pas tous pareils et que nous ne venons pas du même endroit mais que nous voulons aller dans la même direction, vers un avenir meilleur pour nos enfants et petits-enfants».
Plus loin, il indiqua: «Le révérend Jeremiah Wright ne fait pas que se tromper, ses propos sèment la discorde à un moment où nous devons trouver ensemble des solutions à nos énormes problèmes: deux guerres, une menace terroriste, une économie défaillante, une crise chronique du système de santé, un changement climatique aux conséquences désastreuses. Ces problèmes ne sont ni noirs ni blancs, ni hispaniques ni asiatiques mais ce sont des problèmes qui nous concernent tous».
Car, il faut bien comprendre que par-dessus tout, Barack Obama souhaitait profondément être le président de tous les Américains.
Pas seulement pour éviter de tomber dans un communautarisme qui aurait plombé sa présidence d’abord en ne faisant de lui que le porte-parole de la communauté noire – tout en étant phagocyté par celle-ci –, ensuite en étant constamment critiqué et contré par ses adversaires républicains comme le président de la revanche de cette même communauté.
Au risque, bien sûr, de mécontenter les Afro-américains qui attendaient beaucoup de sa présidence – même si certains lui contestaient sa place à leurs côtés, n’étant pas un descendant d’esclave mais le fils d’un Kényan – et dont nombre ont été déçus, ne ménageant pas leur critique à son encontre au fil des ans alors que le racisme ne faiblissait pas et que la situation économique et sociale de la communauté noire n’évoluait guère positivement.
Mais il s’agit, avant tout, d’une incompréhension de qui est Obama et de son ambition qu’il a maintes fois évoquée d’être un président qui ouvrirait une nouvelle ère en ce début de XXI° siècle, à tous ses concitoyens sans exclusive.
Le «Yes we can» («Oui nous le pouvons») et le «Change we can believe in» («Le changement auquel nous pouvons croire»), les deux slogans principaux de sa campagne de 2008, s’adressaient dans son esprit sans aucune équivoque à toute l’Amérique.
Cela provient, avant tout, de son positionnement centriste assumé, de sa volonté de moderniser les Etats-Unis en impliquant tous les Américains. C’est aussi pourquoi, pendant longtemps, au nom de son centrisme progressiste, il tendit la main aux républicains pour réformer avec eux le pays de manière équilibrée et que ceux-ci en profitèrent pour faire de l’obstruction et de l’opposition systématiques, le faisant passer pour un faible là où il recherchait le meilleur consensus pour le bien de la nation américaine.
De plus, pour lui, il faut que le premier président noir des Etats-Unis soit, dans l'Histoire, un président qui a réussi et qui a gouverné pour tout le peuple américain. Ce n'est que comme cela qu'il pourra le mieux changer radicalement l'avenir de la communauté afro-américaine à jamais.
D’autant qu’il faut ajouter que s’il se sent sans conteste très concerné par la condition des Afro-américains (en témoigne son emploi de travailleur social dans les quartiers noirs défavorisés de Chicago), il n’a jamais été un militant de celle-ci au même titre que les Frederick Douglass, Booker T Washington, W.E.B. Du bois, Marcus Garvey, Malcom X ou Jesse Jackson qui se présenta deux fois aux primaires démocrates et termina en deuxième position en 1988.
On peut même dire qu’il n’est pas un autre Martin Luther King même s’il est proche de sa vision des rapport humains, de sa non-violence mais pas de son engagement très à gauche et encore moins de sa critique virulente du capitalisme de la fin de la vie du pasteur natif d’Atlanta.
Tout cela explique qu’il a souvent refusé de prendre des mesures qui seraient apparues comme uniquement en faveur des Afro-américains, qu’il a tenté de garder constamment une balance équitable lors de questions touchant à des confrontations entre les noirs et les autres communautés (principalement la blanche) et qu’il s’est refusé à stigmatiser l’Amérique blanche ou latino contre l’Amérique noire même lors d’événements dramatiques comme la mort du jeune noir de 17 ans, Trayvon Martin en 2012, par exemple.
Ce positionnent lui a attiré de très nombreuses critiques de nombre de leaders de la communauté noire et des antiracistes.
Bien entendu, il n’a jamais oublié tout le racisme d’une partie de la population qui s’est manifesté lors de sa campagne de 2008 (comme dans un reportage d’une télévision américaine où des couples blancs du Sud expliquaient qu’«un noir, comme une femme, ça ne doit pas s’occuper de politique»!) ainsi que lors de son élection et qui a continué depuis avec des propos d’une violence inouïe sur sa personne et son action (tout en évitant, souvent, d’être frontalement racistes pour être condamnables et condamnés, la liberté d’expression étant un dogme de la démocratie étasunienne).
De même, il n’a jamais cru que son élection avait soudainement fait passer les Etats-Unis dans une ère post-raciale où le racisme et la condition précaire de nombreux noirs allaient disparaitre comme par enchantement.
Pour autant, depuis le début de son second mandat, il a été obligé d’évoluer sur cette question.
Ainsi, après la mort le 9 août 2014 à Ferguson de Michael Brown, un jeune noir tué par un policier blanc, il a été confronté à la grogne des Afro-américains qui s’est traduite dans les sondages par une baisse importante de confiance que ceux-ci lui accordent en matière de problème raciaux (de 77% d’opinions positives en août 2014, il est passé à 57% en décembre de la même année selon l’institut Pew).
Surtout la tuerie récente dans une église noire de Charleston en Caroline du Sud a contraint Obama à monter au créneau de manière forte avec un discours plus offensif.
«Nous ne sommes pas guéri du racisme, a-t-il déclaré lors d’une interview dans une émission de radio. Et ce n’est pas simplement une question de politesse de dire ‘nègre’ en public. (…) Ce n’est pas de savoir si le racisme existe encore ou non. Ce n’est pas juste un problème de discrimination manifeste. Les sociétés, en une nuit, n’éradiquent pas complètement des choses qui existent depuis deux cents à trois cents ans».
Dans le même temps, il a rejoint ceux qui demandent l’abandon par les Etats du Sud, du drapeau confédéré, symbole des pro-esclavagistes lors de la Guerre de sécession et des racistes depuis lors.
Car, à deux ans du terme de son mandat et alors qu’il ne sollicitera plus les voix des Américains, il semble vouloir faire du problème racial (aux Etats-Unis on continue à parler de race sans connotation raciste), une des priorités de la fin de sa présidence.
Mais il sait qu’il doit peser ses mots et ses interventions pour ne pas mettre de l’huile sur le feu alors même qu’il serait légitime à stigmatiser plus fortement certains comportements, ce qui pourrait être utilisé ensuite pour lui reprocher d’avoir lui-même initié des réactions violentes.
En revanche, il peut évidemment délivrer une parole humaniste ferme en tentant de faire prendre conscience à ses concitoyens de l’urgence de construire cette fameuse Amérique post-raciale.
Cependant, son action demeure très limitée comme l’aurait été celle de n’importe quel autre président, qu’il soit blanc, qu’il soit noir ou d’une autre couleur.
Car, ici, l’on touche à des questions que seule une société qui accepte de réfléchir sur elle-même peut régler en profondeur même si, bien entendu, ses leaders et ses dirigeants ont un rôle à jouer.
Mais ce n’est pas qu’une question qui se pose qu’aux Etats-Unis et encore moins à un homme, fut-il le président de la première puissance mondiale.
Reste que si Obama n’a pas révolutionné les rapports entre les communautés, il a permis une chose extraordinaire: aujourd’hui, n’importe quel enfant noir de l’Amérique peut désormais rêver d’être un jour à la Maison blanche sans qu’on le prenne pour un fou.
Voilà un espoir formidable mais aussi, désormais, comme l’a toujours affirmé Barack Obama, une grande responsabilité pour la communauté afro-américaine.
C’est en comprenant bien que ces deux faces de son élection historique sont aussi importantes pour lui que l’on saisit sa relation avec le long chemin de l’émancipation des noirs et de la fin des discriminations à leur encontre.
Alexandre Vatimbella
© 2015 LesNouveauxMondes.org



lundi 29 juin 2015

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La lente décomposition des Brics est-elle inévitable?

Le prochain sommet des Brics se tiendra en Russie du 8 au 10 juillet.
Qui se soucie encore de la réunion de ces cinq pays (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) dont on disait, il n’y a pas si longtemps qu’ils étaient les futurs grands de la planète aux côtés des Etats-Unis et de l’Union européenne.
Personne à part la Russie qui s’y accroche comme à une bouée de sauvetage (et une manière de se venger des Occidentaux depuis la crise ukrainienne) et peut-être la Chine, seule vraie grande puissance de ce quintette, qui aimerait toujours en faire un club sous ses seuls ordres?
Car, aujourd’hui, le Brics, si jamais il a voulu dire quelque chose, ne représente plus grand-chose.
Déjà, économiquement parlant, entre une Chine et une Inde qui parviennent à maintenir difficilement – selon les chiffres qu’elles fournissent que tous les experts considèrent comme peu fiables – une croissance encore significative et une Russie et un Brésil en récession – sans parler d’une Afrique du Sud qui fait de plus en plus figure d’anachronisme dans le club – il n’y pas plus beaucoup de points commun.
Si l’on cherche au niveau politique et au niveau des relations internationales, c’est encore pire malgré la façade que tentent de présenter les chefs d’Etat à chacune de leur réunion.
Ainsi, quoi de commun entre une Chine et une Russie de plus en plus répressives au niveau des libertés de leurs citoyens et fustigeant sans cesse les «valeurs occidentales», un Brésil démocratique et aux valeurs occidentales ou même une Inde malgré quelques poussées d’intolérance dans «la plus grande démocratie du monde»?
Sans parler d’intérêts totalement divergents en matière international et de mondialisation quand ce n’est pas des confrontations plus ou moins latentes entre membres du Brics à l’instar de tous les problèmes qui opposent la Chine à l’Inde, des différends frontaliers à la bataille entre les produits à bas coûts des deux pays, sur fond d’agressivité chinoise vis-à-vis de tous les pays d’Asie (sauf la Corée du Nord…) et de déploiement militaire pour impressionner ceux qui oseraient résister.
Alors, bien sûr, l’agenda du sommet d’Oufa, capitale de la république russe de Bachkirie est bien rempli avec, par exemple, la création d’un fonds commun de réserves, la mise sur pied (enfin?) de la banque d’investissement sensée concurrencer la Banque mondiale et le FMI (alors même que la Chine vient de créer avec l’appui des Occidentaux sa propre banque d’investissement…) ou l’établissement d’un front commun contre l’Occident partout où c’est possible.
Et l’on pari que le communiqué final sera, comme d’habitude triomphant avec nombre de tâches à finaliser… qui ne le seront jamais!
Elles ne le seront jamais car aucun pays, à part la Russie dont son chef, Vladimir Poutine, rêve d’une nouvelle Union soviétique, ne veut vraiment suivre les autres tant leurs intérêts sont aux antipodes.
Ainsi, l’Inde a bien plus peur de la Chine que de n’importe quel autre pays au monde. Le Brésil ne veut absolument pas tomber sous la coupe des Chinois dont il est déjà si dépendant pour vendre ses matières premières. La Russie a beau vouloir faire amie-amie avec la Chine, si la haine des Occidentaux ne réunissaient pas les deux régimes autocratiques, c’est bien l’une envers l’autre eux qu’ils la partageraient.
Quant à l’Afrique du Sud, elle voit avec une grande inquiétude la Chine piller les richesses de l’Afrique sans pour autant participer au développement du continent, provoquant de plus en plus de réactions violentes des peuples à sa présence.
Mais alors pourquoi le Brics existe toujours?
Parce qu’il permet à chacun des pays membres de ce club que l’on aurait du mal à qualifier d’amical de poursuivre ses propres buts et non, comme l’affirme la propagande gouvernementale venue essentiellement de Russie et de Chine, parfois d’Inde, de partager des visions communes qui, si elles existent, ne sont qu’accessoires.
La Chine a besoin d’alliés pour s’établir comme une superpuissance qui compte; la Russie a besoin d’un club d’«amis» pour tenter de faire croire qu’elle est encore une superpuissance et qu’elle n’est pas isolée sur le scène internationale; l’Inde a besoin de cacher tous ses dysfonctionnements et ses retards impressionnants en matière de développement en étant adoubée par des puissances dynamiques; le Brésil a besoin du Brics pour s’autoproclamer première puissance d’Amérique latine face à l’Argentine et afin de se positionner face aux Etats-Unis sur le contient américain; l’Afrique du Sud a besoin de ces quatre grands pays pour faire croire qu’elle en est un.
Il est donc fort possible que le Brics continue à exister encore pendant des années.
Ce qui est moins sûr, c’est que ce club prenne vraiment des décisions importantes ou qu’il se transforme en une alliance plus approfondie entre des pays qui craignent sans doute encore plus ce cas de figure que son délitement…
Et ce dernier est sans doute son avenir le plus probable.
Alexandre Vatimbella
© 2015 LesNouveauxMondes.org



jeudi 25 juin 2015

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Entre trop et pas assez, le juste équilibre centriste

Les experts du FMI, après ceux de l’OCDE et quelques autres viennent de découvrir une chose stupéfiante: quand on donne trop aux riches, il n’y en a pas assez pour les autres!
Plus sérieusement, ils ont démonté, après d’autres, cette fiction fumeuse connue sous le nom de la théorie du «ruissellement» («trickle down») selon laquelle laisser les riches s’enrichir au-delà de toute mesure faisait d’eux des moteurs de la croissance car leur surplus d’argent se diffusait dans toute la société en créant soi-disant, pour tout le monde, de la richesse supplémentaire ainsi que des emplois.
Cette théorie, on s’en doute, vient tout droit des conservateurs les plus obscurantistes, en l’occurrence les néoconservateurs américains devenus particulièrement puissants sous l’ère Reagan, même si rien n’est jamais venu la valider depuis toutes ces années, au contraire puisque dans tous les pays les riches sont devenus plus riches, les pauvres ont fait du surplace et la classe moyenne a perdu du pouvoir d’achat sur fond de chômage de masse.
En réalité, elle tente de justifier a posteriori toutes les mesures prises par le Parti républicain permettant aux plus riches de le devenir encore plus au nom d’une vision du Rêve américain très réductive et détournée de celle qui concernait le plus grand nombre, c’est-à-dire, ici, l’unique droit de faire fortune et de garder pour soi la très grande partie de son argent qui, parfois, n’est même plus le fruit d’un dur labeur ou d’une idée géniale, que l’on prenne par exemple les profits insolents de certains financiers qui peuvent multiplier leurs gains sans quasiment bouger le petit doigt, par effet mécanique.
Mais l’escroquerie du «ruissellement» ne signifie nullement, a contrario, que celle de l’égalitarisme forcené et à tout crin en matière de revenus à la mode communiste et prônée à nouveau dans la vieille Europe par le Front de gauche en France, Syriza en Grèce ou Podemos en Espagne, permette de créer une société juste et le bien être de tous.
L’échec cinglant de l’Union soviétique et de tous ses satellites l’a prouvé abondamment pendant soixante-dix ans et l’on ne voit pas comment elle marcherait au XXI° siècle.
Plus, la Chine «communiste» a prouvé le contraire et n’a pu réellement se développer qu’en tournant le dos à cet égalitarisme ravageur et en adoptant toutes les règles du capitalisme le plus débridé et le plus irrespectueux pour ses travailleurs (et en jetant aux orties, dans le même temps, le libéralisme politique).
En bridant l’initiative individuelle et la liberté d’entreprendre, dont une des motivations, que l’on s’en réjouisse ou non mais qui est une donnée, est de permette à ceux qui réussissent un enrichissement personnel, on casse le moteur de la croissance et de l’innovation.
Ni jungle où les plus forts se servent (ou sont copieusement servis), ni nivellement social qui se fait toujours par le bas, l’économie ne peut être au service de la société que si elle récompense ceux qui entreprennent mais aussi si elle donne à tous ceux qui lui permettent de fonctionner correctement, le juste fruit de leur apport à la collectivité.
Le tout avec un acteur public qui intervient pour garantir les bonnes règles du jeu dont une est une distribution (voire une certaine redistribution) des fruits du labeur de tous.
L’idée est bien qu’il n’y en est pas trop ou pas assez pour chacun.
Cela s’appelle une méritocratie solidaire et ce qui permet d’y parvenir est le principe du juste équilibre qui est à la base de toutes les politiques humanistes que le Centrisme propose.
Tout le reste n’est que clientélisme qui a comme conséquence de casser la machine économique mais aussi de provoquer des coups de balanciers ravageurs dans un climat social souvent détestable où s’affrontent ceux qui devraient coopérer ensemble puisqu’ayant tout à gagner à trouver une juste entente et un juste compromis.
Evidemment, cela se vérifie dans tous les domaines de la vie en société où nous devons prendre en compte tout le monde en tentant de contenter le plus possible chacun en n’oubliant pas, évidemment, les règles de vie collectives du vivre bien ensemble.
Ce qui demeure inquiétant et, parfois, décourageant, c’est que ce juste équilibre se vérifie constamment comme le seul principe capable d’organiser une communauté dans le respect de l’ensemble de ses membres mais que les électeurs préfèrent les sirènes de la démagogie et du populisme, tout en sachant que ce qu’ils choisissent à de fortes chances de ne pas marcher.
Mais il serait trop facile de dédouaner ceux qui prônent ce juste équilibre dans le cadre d’une politique humaniste, c’est-à-dire les centristes, qui par leur discours et, surtout, leur comportement ne donnent pas l’image aux yeux de leurs concitoyens de politiques responsables et crédibles.
Tant que ce sera le cas, les théories fumeuses dont on vient de parler ont encore de beaux jours devant elles même si personne n’y croit vraiment…

Alexandre Vatimbella
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dimanche 14 juin 2015

Etats-Unis – Dans son premier discours de campagne, Hillary Clinton plaide pour rétablir les équilibres

Hillary Clinton a vraiment lancé sa campagne présidentielle ce samedi sur l’île Franklin Roosevelt dans la ville de New York devant ses fans.
Lors de son discours, elle s’est inscrite dans la lignée de trois présidents Franklin Roosevelt, Bill Clinton, son mari, et Barack Obama dont elle a expliqué pourquoi elle avait décide de le servir en tant que secrétaire d’Etat après avoir été son adversaire lors de la primaire démocrate de 2008, parce que tous deux, avant tout, aimaient l’Amérique.
Elle a plaidé pour que le gouvernement rétablisse les équilibres datant que la présidence de son mari où la croissance de l’économie permit un budget fédéral en excédent et un partage équitable de la richesse produite, où les 20% les plus pauvres connurent une progression de leurs revenus égale à celle des 5% les plus riches.
Elle a accusé les républicains d’avoir détruit ces équilibres en baissant les impôts de façon drastique pour les plus riches au motif que cela permettrait une hausse du niveau de vie de tous par les investissements de ceux-ci dans l’économie, ce qui ne s’est pas produit avec, à la clé, une augmentation conséquente des inégalités.
Pour Hillary Clinton, il est temps désormais que les classes moyennes et les plus pauvres reçoivent leur juste part de la prospérité et plus seulement les plus riches.
Elle a également attaqué les républicains pour leur conservatisme, voire leur comportement réactionnaire, en matière de mœurs et de diffusion de la démocratie à tous, eux qui votent des lois dans les Etats pour rendre plus difficile l’exercice du droit de vote aux minorités, se demandant au passage quelle pouvait être leur vision de la démocratie en agissant ainsi.
Pour caractériser sa propre vision politique, elle a expliqué que le succès d’une politique ne se calculait pas au nombre de milliardaires qu’elle suscitait mais de celui des enfants qu’elle parvenait à sortir de la pauvreté.
Enfin, elle a plaisanté sur son âge en disant qu’elle savait bien qu’elle n’était pas la plus jeune des candidates mais qu’elle serait la plus jeune des présidentes des Etats-Unis (si elle est élue, elle sera la première…).
De même, pour montrer sa détermination à aller jusqu’au bout et à travailler sans relâche à réaliser ses promesses une fois à la Maison blanche, elle a rappelé qu’elle avait été traitée de tous les noms par certains mais jamais de dégonflée.


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