Les Actualités sur Mondiaglobalisation

samedi 21 juin 2008

Editorial

Et si les pays émergents explosaient ?


La grande crainte des analystes, spécialistes et autres experts en tout genre est la prochaine explosion que pourraient connaître les pays émergents sous la pression d’une inflation record, due à la hausse du prix du pétrole et celui des denrées alimentaires, couplée avec un ralentissement de la croissance, c’est-à-dire à une sorte de stagflation, encore que les chiffres de la croissance de ces pays demeurent encore élevés pour qu’on puisse parler de stagflation (inflation élevée et croissance atone qui sont « économiquement » antinomiques mais qui, parfois, vont de pair…).

Et les leaders des pays développés commencent à craindre ce scénario du pire qui verrait, dans un premier temps, les populations des pays émergents et en voie de développement se révolter contre leurs gouvernements – les pays démocratiques, les plus « faibles », étant touchés les premiers – avant que ces gouvernements se retournent contre les pays développés mais aussi contre les autres pays tout autant responsables de leurs malheurs ou supposés responsables, les pays producteurs de pétrole. C’est d’ailleurs dans ce sens qu’il faut analyser la décision de l’Arabie Saoudite d’augmenter de 200.000 barils par jour la production de son pétrole (c’est le seul pays producteur capable d’augmenter sa production actuellement). Déjà, le Pakistan mais aussi le Maroc, deux pays musulmans, ne peuvent plus payer leur facture pétrolière et il serait de mauvais goût pour un pays qui se veut leader du monde musulman de les enfoncer dans une récession et des explosions de violence. Sans oublier que l’Arabie Saoudite ne peut, non plus, mécontenter les Etats-Unis sur le long terme. A noter que le Koweït, les Emirats Arabes Unis et Abu Dhabi ont décidé, eux aussi, de réagir.

Cette crise énergétique et alimentaire va-t-elle produire de l’instabilité ingérable (rappelons que des émeutes de la faim mais aussi contre le pétrole cher ont déjà eu lieu dans de nombreux pays depuis le début de l’année) ? C’est possible encore que ce scénario catastrophe ne s’est pas encore produit et que la situation difficile que l’on connaît actuellement pourrait évoluer positivement dans les semaines à venir avec une baisse de la consommation de pétrole couplée avec une augmentation de la production qui stabiliserait les prix à défaut de les faire baisser pour l’instant, accordant un certain répit, avec, dans le même temps, de bonnes nouvelles venant des prochaines récoltes puisque la Chine et l’Inde ont parlé dans ce domaine de « records ». Mais, évidemment, les mauvaises nouvelles pourraient aussi venir d’un pétrole de nouveau à la hausse, notamment par la faute de spéculateurs et de soif inextinguible d’économies développées et émergentes, et de récoltes difficiles dues aux inondations que subissent actuellement, entre autres, la Chine et les Etats-Unis. D’autant que résoudre la crise pétrolière et la crise alimentaire ne résoudrait pas forcément la crise financière mondiale même si le FMI vient d’annoncer que l’économie américaine ne connaîtrait sans doute pas de récession cette année et que son redémarrage pourrait se produite dès le début 2009.

Reste que la crainte des gouvernements de la planète se nomme, pour dire les choses comme elles sont, la guerre. Car l’instabilité intérieure de nombreux pays pourrait se muer en ressentiments vis-à-vis de l’extérieur et conduire à des conflits régionaux puis… Mais tout ceci est encore de la politique fiction. Pour combien de temps ?


Alexandre Vatimbella
© LesNouveauxMondes.org

BRESIL-ENTREPRISES. Les entreprises françaises ont augmenté leurs investissements de 63% en 2007


Selon la Chambre de commerce franco-brésilienne de Sao Paulo, les investissements des entreprises françaises au Brésil ont fortement augmenté l’année dernière.


Les investissements des entreprises françaises au Brésil ont atteint 1,1 milliard de dollars en 2007 contre 675 millions en 2006 augmentant de 63% en un an selon les chiffres publiés récemment par la Chambre de commerce franco-brésilienne basée à Sao Paulo. Ils représentent désormais 3,6% des investissements étrangers directs au Brésil, faisant passer la France du dixième au huitième rang dans ce domaine.

Et cet intérêt pour le Brésil de la part des entreprises françaises devraient continuer selon le responsable de cette organisation, Michel Durand Mura. Ainsi, dans l'hôtellerie, le groupe Accor a annoncé un nouvel investissement de 70 millions d'euros. Il avait déjà investi 200 millions d’euros en 2007 alors que la société de restauration Sodexho en investissait dans le même temps le double. Dans la distribution, Carrefour a investi 1.180 millions d'euros depuis deux ans et annoncé une nouvelle enveloppe de 400 millions d’euros en 2008. Son concurrent Casino n’est pas en reste avec un investissement de 589 millions d’euros ces trois dernières années auquel s’ajoute 385 millions d’euros en 2008. Dans le secteur énergétique, Suez a conclu une série de projets portant sur 228 millions d'euros fin 2007, tandis que Tractebel doit investir 300 millions d'ici 2010 et confirmé un apport supplémentaire de 850 millions d’euros afin de construire une centrale électrique. Dans l’automobile, Renault vient d’ouvrir un centre de design à Sao Paulo qui fait partie d’un plan d’investissement de plus de 360 millions d'euros entre 2006 et 2009. De son côté, Peugeot-Citroën compte investir 40 millions d’euros cette année alors que Michelin a prévu des investissements à hauteur de 20 millions d’euros entre 2005 et 2007.


Jean-Louis Pommery
© 2008 LesNouveauxMondes.org

vendredi 20 juin 2008

INDE-INFLATION. Inflation record depuis 1995 à plus de 11%


L’Inde tombe dans une spirale inflationniste de plus en plus inquiétante avec l’indice publié aujourd’hui au plus haut depuis treize ans.


Les experts prévoyaient un indice hebdomadaire à 9,5% pour cette première semaine de juin (terminée le 7) après les hausses décidées par le gouvernement sur les produits pétroliers ce qui aurait déjà été un record après la hausse de 8,75% la semaine précédente (qui était aussi, un record !). Mais les experts étaient… trop optimistes ! L’annonce du nouvel indice a été une douche froide pour le gouvernement : 11,05% soit la hausse la plus forte depuis treize ans et un doublement de l’inflation depuis le début de l’année. A moins d’un an des législatives (dont certains prévoient même la tenue au mois de novembre), le Parti du Congrès est dans une position très délicate d’autant que ses alliés de gauche dans la coalition parlementaire se désolidarisent de lui de plus en plus. Le gouvernement s’attendait à un mauvais indice et avait prévu, qu’à la fin du mois, il serait au-dessus de 10%. Mais les tensions inflationnistes de l’Inde en ont décidé autrement. Outre le prix du pétrole, cette nouvelle hausse est due en grande partie aux prix alimentaires et des produits manufacturés. Et l’on s’attend à ce que la Banque centrale, la Reserve bank of India, resserre encore plus sa politique du crédit.


Louis-Jean de Hesselin
© 2008 LesNouveauxMondes.org

CHINE-ENERGIE. La Chine se décide enfin à augmenter le prix de l’essence


Après l’Inde, la Chine relève dès aujourd’hui les prix de ses produits pétroliers. Les deux économies énergivores qui subventionnent ces prix n’ont pu éviter cette augmentation même au risque d’aggraver leur inflation.


La Chine a donc enfin décidé d’augmenter les prix des produits pétroliers raffinés de 18% ainsi que celui de l’électricité de 5%, comme l’espérait la communauté internationale qui demandait un arrêt des subventions chinoises aux prix de l’énergie et alors que les analystes estimaient que Pékin ne procéderait à cette hausse qu’après les Jeux Olympiques d’août prochain. Cette annonce faite hier soir à la fermeture des marchés boursiers prend effet dès aujourd’hui. C’est la première hausse de ce genre depuis novembre dernier où les prix de ces produits avaient augmenté de 11% et la plus forte depuis dix ans. Mais, depuis huit mois, alors que sévit un choc pétrolier de grand ampleur notamment à cause de la demande chinoise, les autorités chinoises n’avaient pas voulu procéder à une telle augmentation de peur de mécontenter la population, de freiner une croissance déjà en difficulté et d’alimenter l’inflation. Néanmoins devant la spirale haussière mais aussi devant la pénurie à la pompe due aux difficultés des compagnies pétrolières et des raffineurs à alimenter le marché, la Chine n’a pu faire autrement alors que le prix de l’essence est 40% moins cher qu’aux Etats-Unis. Dès cette annonce, les prix du brut léger à New York et du Brent à Londres ont immédiatement baissé comme ce fut le cas lors de l’annonce de stocks importants aux Etats-Unis la veille et de la hausse de la production en Arabie Saoudite.

La Commission du développement national et de la réforme a indiqué que les prix de l'essence et du diesel augmentent d'un millier de yuans (93,6 euros) par tonnes. Quant au kérosène pour les avions, il augmente de 1.500 yuans (140,6 euros) par tonne. Pour la plupart des entreprises, l'électricité augmente de 0,0025 yuan par kilowatt (0,25 cents), mais les habitations et l'industrie agricole et des engrais sont exemptées.


Alexis Levé & Alexandre Vatimbella

© 2008 LesNouveauxMondes.org

jeudi 19 juin 2008

INDE-CINEMA. Reliance Big Entertainement pourrait s’allier avec DreamWorks


Le nouveau studio indien d’Anil Ambani est en pourparlers avec DreamWorks, la maison de production de Steven Spielberg pour créer ensemble une joint-venture et produire des films à Hollywood.


Anil Ambani, le milliardaire indien et propriétaire du tout nouveau studio de cinéma, Reliance Big Entertainement - dont l’annonce de la création a été faite lors du dernier festival de Cannes -, aime bien faire parler de lui. Fils cadet du créateur de l’empire Reliance, il ne parle plus à son frère aîné depuis des années et le groupe industriel a été partagé en deux à la mort de leur père en 2005. Résolument investi dans les nouvelles technologies et la communication, il est actuellement en pourparlers avec l’opérateur de téléphonie mobile sud-africain MTN afin de créer un géant des télécommunications avec sa société Reliance Telecommunications. Mais, son frère, Mukesh, au nom d’une préférence industrielle, s’oppose actuellement à cette fusion-acquisition.

Alors que cette histoire défraie la chronique en Inde, Anil Ambani vient de réaliser un joli coup de publicité en annonçant que Reliance Big Entertainement était en discussion avec le célèbre studio hollywoodien DreamWorks créé par Steven Spielberg et David Geffen afin de monter une joint-venture. Celle-ci serait chargée, sous la direction du célèbre metteur en scène américain, de produire des films hollywoodiens. Reliance Big Entertainement dispose d’un budget d’un milliard et demi de dollars pour mettre en route des productions et a déjà signé des contrats avec plusieurs maisons de production appartenant des stars de Hollywood comme Brad Pitt, George Clooney, Tom Hanks ou encore Jim Carrey.

Ces discussions interviennent au moment où Steven Spielberg a déclaré qu’il allait se séparer de son partenaire actuel, le groupe Viacom, qui possède DreamWorks depuis 2006 et retrouver ainsi sa liberté. Cette joint-venture apporterait au cinéaste américain de l’argent frais pour réaliser ses films. Ce serait aussi la première grande alliance entre Hollywood et Bollywood, l’industrie du cinéma indienne (qui est la première mondiale pour la production de films, plus de 1.000 par an, et pour le nombre de spectateurs), même si Disney, Sony Columbia et Viacom ont déjà des accords avec des producteurs indiens.


Alexandre Vatimbella
© 2008 LesNouveauxMondes.org