Les Actualités sur Mondiaglobalisation

samedi 27 septembre 2008

INDE-DEVELOPPEMENT. Manmohan Singh appelle à une « deuxième révolution verte »


Le Premier ministre indien a plaidé pour une nouvelle donne dans l’agriculture lors de son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU à New York en fustigeant les subventions dans les pays riches et la production de biocarburants.


Le Premier ministre indien, Manmohan Singh, a centré son intervention aux Nations Unies autour de l’agriculture. Prononçant son discours devant l’Assemblée générale de l’organisation internationale à New York, il a affirmé que « Le monde a besoin d’une deuxième 'révolution verte' pour répondre au problème de la crise alimentaire actuelle. Nous avons besoin de nouvelles technologies, de nouvelles réponses institutionnelles et par-dessus tout d’un plan global pour assurer la sécurité alimentaire ». Pour ce faire, a-t-il ajouté, « Cela nécessitera des transferts de technologies et d'innovations des pays développés vers les pays en développement. L'Inde est prête à étendre sa coopération avec l'Afrique pour l'aider à assurer la sécurité alimentaire à sa population ». Cette sécurité est, selon lui, gravement mise en cause par la crise alimentaire que le monde connaît et qui « est la conséquence d'une indifférence à l'égard de l'agriculture dans le monde en développement, exacerbée par les subventions agricoles dans le monde développé. Le détournement de terres cultivables pour produire des biocarburants aggrave le problème ». Reprenant l’argumentation développée par son pays et qui a conduit à l’échec des négociations de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) cet été, il a déclaré que « la libéralisation du commerce dans l'agriculture peut être utile si elle prend en compte de manière adéquate les préoccupations des agriculteurs pauvres et vulnérables dans les pays les moins développés et les pays en développement ».

Quant au problème de l’énergie et de l’accord nucléaire avec les Etats-Unis, il a rappelé que son l’Inde connaissait une « croissance économique rapide » et que sa demande totale en énergie « va continuer à augmenter et nous cherchons activement toutes les sources possibles d';énergie propre ». Dès lors, « l'ouverture de la coopération internationale dans le nucléaire civil avec l'Inde aura un effet positif sur la sécurité énergétique mondiale et sur les efforts pour combattre le changement climatique ».


Jean-Louis Pommery & Alexandre Vatimbella

© 2008 LesNouveauxMondes.org

vendredi 26 septembre 2008

INDE-INTERNATIONAL. Bush et Singh espèrent la signature rapide de l’accord nucléaire entre l’Inde et les Etats-Unis


Le Président américain a rencontré le Premier ministre indien à la Maison Blanche. Tous deux se sont félicités des bonnes relations entre leur deux pays et ont espéré une ratification rapide de l’accord nucléaire par le Congrès à Washington.


Manmohan Singh a du faire plaisir à un George W Bush certainement incrédule en lui disant que « le peuple indien vous aime énormément » alors qu’il se morfond dans les profondeurs des sondages de popularité aux Etats-Unis. Il faut dire que le Premier ministre indien avait tout intérêt à faire une telle déclaration d’amour, non seulement pour remercier le Président américain de son aide précieuse afin que son pays puisse disposer du combustible et des technologies nucléaires indispensables pour son développement économique grâce à ce fameux accord bilatéral mais aussi, justement, parce que cet accord ne fait pas du tout l’unanimité en Inde et a failli provoquer la chute du gouvernement. D’où, sans doute, une utilisation certaine de la méthode Coué et de sa volonté de qualifier de « transformations énormes », le changement dans les relations entre les Etats-Unis et l’Inde… Toujours est-il que ces relations sont actuellement au beau fixe et George W Bush a ainsi pu parler, de son côté, des formidables potentialités de l’économie indienne tout en se félicitant d’avoir désormais un allié de poids dans une région où deux autres mastodontes moins « amicaux » sont présents, la Chine et la Russie. Bien entendu, les sujets de friction existent toujours entre l’Inde et les Etats-Unis, ne serait-ce que les oppositions fortes existant entre les deux pays au sein de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), oppositions qui sont les responsables principales de l’échec des négociations cet été du cycle de Doha sur l’ouverture des marchés agricoles et industriels du monde entier.

Quant à l’accord nucléaire, c’est désormais le Congrès des Etats-Unis qui doit se prononcer. Les Démocrates, majoritaires, n’y sont guère favorables mais une majorité bipartisane pourrait néanmoins être trouvée avant le renouvellement de novembre prochain puisqu’avec les élections présidentielles, une partie du Sénat et l’entière Chambre des Représentants seront soumises au vote des électeurs qui devraient, selon toute probabilité, envoyer une majorité démocrate encore plus importante ce qui serait un coup dur alors pour un accord encore soumis à une ratification parlementaire.


Alexandre Vatimbella

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CHINE/INDE-INTERNATIONAL. Rencontre des Premiers ministres chinois et indiens sur fond de crise financière et de relations bilatérales tendues


Manmohan Singh et Wen Jiabao se sont rencontrés à New York lors de l’Assemblée générale de l’ONU alors que la crise financière menace l’économie mondiale et que l’Inde reste mécontente de l’attitude de la Chine face à l’accord nucléaire qu’elle a signé avec les Etats-Unis.


Les belles déclarations d’amour entre la Chine et l’Inde sont devenues monnaie courante lors des rencontres entre les responsables politiques des deux pays. Celle entre Wen Jiabao, le Premier ministre chinois, et Manmohan Singh, son homologue indien, à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, n’a évidemment pas dérogé à la règle. Les deux dirigeants ont rappelé combien la coopération entre les deux pays était importante et ont promis qu’ils allaient l’étendre. De chaque côté on s’est traité de partenaire privilégié et on a rappelé une énième fois que l’union des deux pays auraient un poids significatif sur le développement et le devenir de la planète. Le Premier ministre indien s’est même permis de remercier la Chine pour son attitude positive lors des discussions de Vienne à propos de l’accord nucléaire Inde-Etats-Unis où les pays du NSG (Nuclear Suppliers Group) ont donné leur autorisation à l’Inde de pouvoir acheter du combustible et des technologies pour son nucléaire civil. Pourtant, c’est bien là que les tensions traditionnelles entre les deux pays viennent à nouveau de se cristalliser. Car la Chine a été le principal opposant de dernière minute à cet accord et que seule une intervention énergique de George W Bush auprès du Président chinois Hu Jintao a permis de débloquer le véto de ce dernier.

En outre, c’est vrai, les développements économiques des deux pays et leurs fortes croissances sont, pour l’instant, complémentaires, la Chine étant devenue « l’usine du monde » et l’Inde « le bureau du monde ». Mais cela ne devrait pas durer puisque la Chine a décidé d’investir le marché des services et de concurrencer l’Inde sur ce terrain alors que cette dernière fait monter en puissance son industrie et commence à récupérer des activités industrielles qui quittent la Chine dont les coûts de production ont fortement augmenté ces deux dernières années. A terme, la concurrence entre les deux géants asiatiques devrait donc devenir beaucoup plus brutale et sauvage.

Sans oublier que la Chine et l’Inde n’ont toujours pas régler leurs problèmes frontaliers même si un statu quo existe depuis de nombreuses années sans reconnaissance officielle de celui-ci. En réalité, ce ne sont pas les belles envolées lyriques sur l’amitié sino-indienne qui sont importantes mais bien ce qui se passe sur le terrain. Les prochaines années seront, de ce point de vue, cruciales surtout si le gâteau économique mincit sous fond de crise mondiale et qu’il faudra donc se battre pour en avoir une part conséquente cruciale pour le développement des deux pays.


Alexandre Vatimbella

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jeudi 25 septembre 2008

INDE-TECHNOLOGIE. Les investissements dans les technologies de l’information et de la communication vont poursuivre leur croissance


Selon le cabinet de conseil Gartner, les entreprises indiennes vont poursuivre leur équipement dans les TIC dans les quatre prochaines années à un rythme élevé.


Le cabinet de conseil Gartner vient de publier ses prévisions concernant le marché des technologies de l’information et de la communication (TIC) en Inde à l’horizon 2012. Selon celles-ci, la croissance du secteur devrait être de 14,8% par an et atteindre le chiffre de 110 milliards de dollars à cette échéance. C’est le domaine des télécommunications qui devraient représenter la part la plus importante des dépenses des entreprises indiennes en 2012 (82 milliards de dollars en équipements et services), suivi de celui des matériels (12,9 milliards de dollars) et des services (11,8 milliards de dollars). C’est le secteur de la finance et celui de la communication qui seront les principaux acheteurs des TIC devant celle des services, de l’industrie et des administrations publiques.


Louis-Jean de Hesselin

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CHINE-ECONOMIE. Wen Jiabao : « la Chine est toujours un pays en développement »


Du haut de la tribune des Nations Unies, le Premier ministre chinois a voulu rassurer le monde sur les intentions pacifiques de l’Empire du milieu et a affirmé que celui-ci demeurait encore un pays en développement.


Le Premier ministre chinois, dans son discours aux Nations Unies lors de l’Assemblée générale annuelle a adopté un profil bas afin de rassurer la communauté internationale sur les intentions de son pays au moment où celui-ci est, une nouvelle fois, dans la tourmente dû au manque de fiabilité et de sûreté de ses produits avec l’affaire du lait contaminé qui prend chaque jour une importance accrue.

Wen Jiabao a commencé par affirmer qu’au moment où «Le monde entier suit de près l’orientation politique et économique de la Chine après les Jeux olympiques de Beijing », il souhaitait rappeler que «clairement» «la Chine suivra fermement sa voie de développement pacifique, continuera inébranlablement son œuvre de réforme et d'ouverture et appliquera toujours sa politique étrangère d'indépendance et de paix ».

Il a également voulu rappeler une position défendue par le gouvernement chinois à chaque fois que celui-ci connaît des problèmes, à savoir que «la Chine est toujours un pays en développement». Car, «Malgré son volume économique total figurant déjà parmi les premiers du monde» la Chine «avec une population de 1,3 milliard d';âmes, se classe toujours derrière une centaine de pays en termes de revenus par habitant».

Il a ensuite avoué que « le système de l'économie de marché socialiste, la démocratie et l'Etat de droit sont encore imparfaits» en Chine et que «des problèmes sociaux se posent avec une certaine acuité». Cette réalité fait que «il existe encore un long chemin à parcourir pour la Chine dans sa très lourde tâche de modernisation». Mais il a défendu cette voie de développement choisie par la Chine il y a maintenant trente ans, en 1978, grâce à Deng Xiaoping. Selon lui, l’ouverture économique «a changé radicalement l’état d'enfermement, de retard, d'inertie et de rigidité dont la Chine souffrait depuis longtemps, brisé les carcans mentaux, mobilisé les initiatives de centaines de millions d'hommes et de femmes, libéré amplement les forces productives, entraîné un essor socio-économique prodigieux et insufflé une vitalité ainsi qu'une dynamique très fortes à la Chine». «C'est grâce à la réforme et à l'ouverture que la Chine s'est transformée en trois décennies» a-t-il conclu.

S’appliquant, par ailleurs, à donner des gages à la communauté internationale, il a déclaré que « la Chine s'applique à réaliser un développement pacifique, sans compromettre ni menacer personne. Elle ne prétend jamais à l'hégémonie, ni à présent, ni à l'avenir». Il a également plaidé pour une coopération internationale renforcée : «Face aux multiples problèmes planétaires (réchauffement climatique, détérioration de l'environnement, pénurie de ressources, pandémies, catastrophes naturelles fréquentes, propagation du terrorisme) qui menacent l'existence et le développement de l'humanité et devant la grave situation marquée par l'apparition d'un imbroglio des trois épineuses questions de la finance, de l'énergie et de l'alimentation, aucun pays ne peut se mettre à l'écart ni affronter seul l'adversité. Dans le contexte actuel où les turbulences financières internationales ont déjà affecté de nombreux pays, et que leurs impacts pourraient s'aggraver, il faut une réponse mondiale pour faire face ensemble au défi».


Alexandre Vatimbella

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