Les Actualités sur Mondiaglobalisation

samedi 8 février 2025

Point de vue. Trump se veut tout puissant mais n’a récolté que 31,46% des voix des Américains


Trump prétend qu’il est le président le mieux élu de l’histoire des Etats-Unis.

C’est évidemment un nouveau mensonge de la part d’un personnage qui en a accumulé des milliers.

La réalité est donc tout autre.

D’abord, la participation a été en baisse de 2,7 points par rapport à 2020.

Ensuite, l’écart entre Donald Trump et Kamala Harris est l’un des plus petits de toutes les présidentielles, seulement 1,5 point.

Et il n’a pas réussi à atteindre la barre des 50% de votants (49,9%).

Enfin et surtout, si l’on calcule son score par rapport au corps électoral, Trump n’a été élu que par 31,46% des électeurs américains, soit moins d’un tiers d’entre eux (Kamala Harris ayant obtenu 30,52%).

Cela ne remet pas en cause sa victoire, bien évidemment, une élection se gagnant grâce à ceux qui se rendent aux urnes et ceux qui n’y sont pas allés ont laissé d’autres décider pour eux.

En revanche, cela montre que Trump ne peut se prévaloir d’être soutenu par l’énorme majorité des Américains comme il feint de le faire croire.

Mais cela aussi montre que la démocratie américaine est bien malade à l’instar d’autres démocraties dans le monde.

Ainsi, pour une élection aussi importante que celle du 5 novembre 2024 – et l’on en constate l’importance actuellement avec les décisions extravagantes prises par l’extrémiste populiste –, nombre d’Américains n’ont pas jugé nécessaire de voter.

Quant à ceux qui ont voté pour le candidat républicain sachant qui il était, ce qu’il avait fait lors de sa précédente présidence et ce qu’il se proposait de faire dans celle qui vient de débuter, on est obligé de faire le constat qu’ils ont tourné le dos à la grande majorité des valeurs humanistes qui étaient attachées jusqu’à présent au régime démocratique.

C’est sans doute cela le plus inquiétant.

vendredi 7 février 2025

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Plus grand-monde ne veut être «au service des autres»


«Au service des autres», cette notion a perdu non seulement son attractivité mais également de son attraction en tant que mission estimée et estimable.

Désormais, une majorité de personnes considère que le service rendu à l’autre – gratuit ou rémunéré – c’est se rabaisser, c’est être un inférieur, c’est abandonner sa fierté, c’est être le larbin des autres, l’opprimé, une sorte de serf ou d’esclave moderne…

Une complète aberration car «rendre service», «être utile» dans son activité professionnelle, «servir à quelque chose» donne souvent du sens à son existence, apporte cette vraie fierté de celle qui élève et permet de l’estime de soi.

Toujours est-il que du serveur de restaurant au médecin, en passant par l’enseignant ou le journaliste, le service aux autres est en crise.

Pas de la même manière.

Pour l’emploi de serveur ou la profession de médecin et d’enseignant, c’est une «crise des vocations».

Les restaurants ont du mal à trouver du personnel tout comme les hôpitaux et les écoles en partie parce qu’il faut s’occuper des autres.

Dans d’autres cas, comme les journalistes, ce n’est pas une crise des vocations mais la notion même du métier – ici, donner de l’information aux autres – qui est contestée pour être remplacée par des sortes de tribunes libres continuelles où l’information n’est plus qu’un moyen de se mettre en avant et non une fin.

De nos jours être influenceur sur les réseaux sociaux où l’on parle sans fin de soi, de sa vie, de ses choix, de sa vision du monde, etc. est bien plus prisé comme activité et pas seulement parce que l’on peut faire fortune.

Influenceur c’est pouvoir être dans l’égotisme total où l’autre n’est qu’un faire-valoir qui vous fait gagner de l’argent tout en lui délivrant sa bonne parole sur tout et n’importe quoi tout en se mettant en scène dans des vidéos à son propre culte.

«Recruter» un influenceur est donc beaucoup plus facile que de recruter un enseignant, un médecin, une infirmière, un policier ou un pompier.

Faire de la politique de nos jours ne consiste plus souvent à rendre service aux autres mais à se mettre en scène, à poursuivre un plan de carrière et à briller dans les médias.

Dans cette dernière activité, créer le buzz est bien souvent plus important que de participer concrètement à la direction du pays et à régler les problèmes, ce qui amène à être dans le spectacle permanent avec une volonté d’être glorifié et non dans une mission où prime la notion de devoir envers la société, d’être à son service.

Rien ne permet de dire que l’on peut inverser cette tendance parce qu’elle est la conséquence de l’évolution de nos sociétés modernes avec la montée de l’autonomisation égocentrique des individus qui est de plus en plus prégnante et qui s’accompagne d’un comportement irresponsable, irrespectueux et d’une demande d’assistanat.

Et c’est l’objectif même de la démocratie républicaine libérale qui est corrompu.

Car le projet démocratique est bien de permettre à l’individu d’être de plus en plus autonome afin de prendre sa vie en charge mais tout en étant responsable de ses choix et de les assumer tout en respectant la dignité de l’autre mais aussi la communauté dans laquelle il vit.

Or cette autonomisation débridée et uniquement tournée vers soi sans assumer les responsabilités et les devoirs qui vont avec envers l’autre et sa communauté provoque des comportements où l’on considère que tout ce qui n’est pas une déférence à soi des autres est un abaissement inacceptable de sa personne.

Le bien vivre ensemble, voir le vivre ensemble tout court, est donc menacé de se transformer en espace de continuelles revendications autocentrées et dont la crise du service aux autres en est un des phénomènes les plus emblématiques.

Alexandre Vatimbella

 

mercredi 5 février 2025

Le Focus. Etats-Unis: Robert Kennedy jr confirmé ministre de la Santé de Trump, un camouflet pour la démocratie


Or donc le Parti républicain vient de confirmer comme ministre de la Santé des Etats-Unis un charlatan antivax et complotiste qui risque, de par son ignorance et ses positions anti-médecins de créer des situations sanitaires gravissimes.

Mais cette nomination voulue par Trump, à la fois, comme remerciement à Robert Kennedy jr pour son soutien lors de la présidentielle mais également pour provoquer le chaos dans l’administration de ce ministère ainsi que dans toutes les agences sanitaires fédérales, est un sacré camouflet pour la démocratie.

Ainsi, les sénateurs républicains – c’est le Sénat qui vote pour confirmer ou non les nominations du Président aux postes ministériels et des agences fédérales – ont choisi de faire courir des risques importants aux Américains uniquement pour contenter un extrémiste populiste aux décisions irresponsables.

Des sénateurs qui ont déjà confirmé comme ministre de la Défense un présentateur de télévision alcoolique responsable de violences conjugales ou comme ministre de l’intérieur une gouverneure proche de l’extrême-droite, ayant refusé de rendre obligatoire le port du masque dans son Etat du Dakota du Sud pendant l’épidémie de la covid19 et qui s’est vantée d’avoir abattu son jeune chien sans raison valable ainsi qu’une ancienne sénatrice d’Hawaï à la tête des agences fédérales de protection du pays, qui soutient l’invasion de l’Ukraine par Poutine et qui a déclaré qu’elle ne connaissait rien à sa fonction mais qu’elle allait apprendre...

Et, cerise sur le gâteau, la nomination de Pam Bondi, l'avocate de Trump lors de la procédure de destitution engagée par le Congrès contre l'extrémiste populiste en 2020 et fervente propagatrice de la fake news selon laquelle celui-ci avait gagné l'élection présidentielle de 2020, comme ministre de la Justice alors même qu'une chasse aux sorcières contre les fonctionnaires de cette administration qui se sont occupés des multiples affaires le mettant en cause, a été lancée!

La démocratie américaine est en train de sombrer.

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Ignorance, bêtise et fatuité ou pourquoi la désinformation fonctionne


La désinformation peut tous nous toucher.

Notre ignorance ou nos limites de connaissance dans certains domaines, notre fatuité ainsi qu’une sorte de déni de la réalité par rapport à des causes que l’on défend peut faire du plus cultivé et intelligent d’entre nous un idiot capable d’être désinformé par sa propre volonté et ses propres préjugés voire de créer des fake news.

Et si le meilleur d’entre nous peut être vecteur de fake news de l’élucubrationisme (complotisme), alors tout le monde en est un même s’il en n’est pas forcément conscient.

Cependant, il n’y a pas de fatalité à la désinformation.

Avouer notre ignorance, refuser d’inventer des faits ou de prétendre que quelqu’un ment parce qu’il n’est pas d’accord avec nous afin de nous permettre de défendre notre point de vue, ne pas nous croire omnipotent et infaillible, c’est agir non seulement avec intelligence mais aussi notre responsabilité ainsi que notre respect de l’autre.

On ne parle pas ici du mensonge social qui existe et a toujours existé et qui permet souvent de ne pas froisser l’autre ou de nous permettre de protéger notre existence et celle de nos proches physiquement ou psychologiquement.

Dans le même temps, s’informer pour se forger une opinion à partir des faits et confronter celle-ci à la réalité et aux arguments des autres mais toujours refuser de croire a priori les affirmations péremptoires sans les vérifier, est indispensable pour être un citoyen éveillé qui prend des décisions pour son intérêt et celui de la communauté dans laquelle il vit.

Néanmoins, cela demande une conduite et des efforts que nous refusons trop souvent de faire pour des motifs toujours fallacieux.

Et puis, non seulement nous voulons avoir une opinion mais nous voulons juger au nom de notre personne qui possèderait cette légitimité que nous nous conférons nous-mêmes de condamner, de cataloguer, de critiquer, d’étiqueter, de sentencier et de prononcer un verdict de «vérité» en nous estimant meilleur que les autres en oubliant le conseil du sage, «enlève d’abord la poutre de ton œil; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère».

En la matière, on en revient toujours à la même prescription: formation et information avec, en sus assimilation des valeurs humanistes.

Bien sûr, cela n’empêchera pas totalement les esprits malveillants d’inventer et de propager des fake news et de l’élucubrationisme mais cela permettra à ceux auxquels ils sont destinés de pouvoir les décoder et les rejeter.

Alexandre Vatimbella

 

mardi 4 février 2025

Editorial. Les réseaux sociaux jouent désormais contre la démocratie républicaine


Il est rare qu’un raciste défile tout seul dans une ville avec banderole, mégaphone et autres ustensiles du parfait manifestant en éructant des propos abjects.

Une foule, elle, le fait.

Ce n’est évidemment pas une découverte tant les phénomènes de foule avec leurs comportements haineux et violents ont été documentés.

Les lynchages aux Etats-Unis au cours des deux derniers siècles en sont parmi les exemples les plus répugnants.

Or donc pour déverser sa haine, sa rage, ses insultes et inciter à la violence, il vaut mieux se réunir à la fois pour voir qu’on n’est pas le seul à les partager et pour se donner du «courage» ou plutôt pour se chauffer les uns les autres pour devenir des haineux et souvent passer au stade supplémentaire de brutes belliqueuses protégées par ses congénères.

Mais il n’était pas toujours facile de se retrouver et de se mobiliser dans l’«ancien temps» quand internet n’existait pas même si les chasses aux sorcières sont souvent parties des places de village ou des tavernes, voire des lieux culte...

Depuis une vingtaine d’années, les réseaux sociaux ont permis ces rencontres et ces mobilisations.

Citons-en deux particulièrement emblématiques: le mouvement du Tea party aux Etats-Unis en 2008 et celui des Gilets jaune en France en 2018.

Et il y en a qui ont compris tout l’intérêt d’utiliser ces nouveaux moyens de communication: les populistes et les extrémistes.

Ainsi du Tea party récupéré par l’aile extrémiste du Parti républicain et des Gilets jaunes récupérés par LFI et le RN.

Des populistes et des extrémistes qui ont compris également que les médias, notamment audiovisuels et plus particulièrement les chaines d’info en continue, seraient friands de cette soi-disant «colère du peuple» et feraient les parfaits vecteurs de leurs mises en scène haineuses.

Pendant longtemps, les réseaux sociaux ont prétendu qu’ils n’étaient que les messagers ou les entremetteurs mais qu’ils ne pouvaient être tenus pour responsables de leur survenance.

Et pour prouver leur «innocence», ils acceptèrent de mettre en place des services de modération et de fact-checking afin de neutraliser tous les appels à la violence ou les insultes les plus abjectes.

Mais les masques viennent de tomber.

C’était déjà le cas avec Twitter devenu X dans les mains de l’extrémiste libertarien Elon Musk.

C’est maintenant le cas avec Facebook et Instragram.

Et l’on ne parle même par de réseaux sociaux moins grand public mais qui s’étaient fait une spécialité dans ce «laisser-faire» tel Telegram ou Truth (le réseau social fondé par Trump).

On peut dire, dorénavant, que les réseaux sociaux qui furent, au départ, considérés – avec une certaine naïveté pour certains et un cynisme certain pour d’autres – comme des outils pour approfondir la démocratie républicaine et vendus comme tels par leurs initiateurs et créateurs, sont devenus des armes contre celle-ci.

Dès lors, on ne peut plus avoir ce regard bienveillant sur leur existence et sur leur capacité à devenir de vrais vecteurs de la démocratie républicaine sans un cadre réglementaire contraignant.

Il y a désormais une nécessité, surtout une urgence d’une législation dans toutes les démocraties du monde et, en Europe, pour l’UE avec, comme sanction ultime l’interdiction de ceux qui ne la respecteraient pas.

Croire et faire croire que ces outils sont neutres et s’autorégulent est un mensonge qui déstabilise petit à petit la démocratie au nom de la liberté qu’elle offre et que les réseaux sociaux n’hésitent pas à transformer en licence et en arme contre cette même démocratie avec des propriétaires qui, outre leur motivation à gagner le plus d’argent possible, ont la fâcheuse tendance à se prendre pour les maître du monde et à vouloir abuser du pouvoir qu’ils ont acquis pour diffuser leurs thèses nauséabondes.

Et l’on ne peut plus faire semblant de ne pas savoir alors que la mascarade a pris fin avec le coming-out extrémiste de personnages comme Musk ou Zuckerberg et que l’on connaît désormais avec précision l’utilisation par la dictature chinoise des données de TikTok.