Les Actualités sur Mondiaglobalisation

mardi 9 janvier 2024

Le Focus. Année électorale de tous les dangers?


Or donc les médias nous apprennent que nous sommes dans une «année électorale record», dixit Le Figaro au cours de laquelle le quotidien de droite pose la question de savoir si «la démocratie survivra» à celle-ci, tout en renvoyant dos-à-dos une page plus loin Joe Biden et Donald Trump!

Evidemment, si l’on considère comme Le Monde que les votes qui auront lieu en Russie, en Iran, en Algérie, en Biélorussie, au Venezuela, au Rwanda, au Mali ou en Birmanie sont des élections, même en précisant qu’elles ne seront guère libres, alors oui la démocratie est en danger.

Mais, a priori, une vraie élection démocratique dans un pays démocratique n’est pas une menace pour la démocratie.

Sauf que les forces antidémocratiques veulent se servir de ces scrutins pour phagocyter voire dénaturer et in fine détruire la démocratie.

C’est évidemment le cas de Donald Trump, donc de ses soutiens – l’énorme majorité du Parti républicain – et de tous ceux qui s’apprêtent à voter pour lui.

Ce sera le cas des partis extrémistes de droite et de gauche qui se présentent aux élections européennes et dont le but avoué est de détruire de l’intérieur l’Union européenne, plus grand espace démocratique du monde après l’Inde qui, elle aussi, organise des élections – législatives – qui pourraient sonner le glas de sa démocratie en cas de victoire, annoncée par les sondages, du parti nationaliste du Premier ministre actuel, Narendra Modi, qui a déjà rogner les libertés dans son pays comme Orban en Hongrie ou Erdogan en Turquie.

Mais même s’il est vrai que beaucoup des deux milliards d’habitants de la planète qui seront conviés aux urnes en 2024 participeront à des élections d’opérettes, il y en aura des sérieuses comme au Royaume-Uni, en Belgique, en Autriche, au Portugal, en Finlande en Corée du Sud, en Uruguay ou à Taïwan qui nous rappellent que la démocratie est loin d’être encore moribonde.

Mais, soyons clairs, la seule vraie menace pour la démocratie lors de cette année électorale, c’est la présidentielle américaine avec l’éventuelle victoire de Donald Trump, tout simplement parce que les Etats-Unis sont le leader mondial des régimes démocratiques et que le retour au pouvoir d’un populiste extrémiste qui veut instaurer un régime autocratique serait une vraie catastrophe pour le monde libre et tous ceux qui luttent pour la liberté sur cette planète.

 

 

 

lundi 8 janvier 2024

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La vie est fragile, protégeons-la


Petit rappel nécessaire: ce n’est pas la Terre qui est fragile et à protéger mais bien les conditions qui en font une planète qui permet d’établir sur celle-ci ce que nous appelons la vie.

Ce n’est donc pas la Terre que nous devons protéger – elle n’a pas besoin de nous – mais bien la vie. 

C’est important de rappeler ce qui devrait être une évidence mais qui ne l’est pas pour tous tellement nous sommes noyés sous des discours qui mélangent tout, souvent pour nous tromper et entretenir la confusion.

Ainsi donc la planète n’est absolument pas en danger mais la vie sur celle-ci, oui.

Non pas qu’elle va s’éteindre complètement demain ou après-demain comme l’affirment depuis la nuit des temps ces fameux prophètes apocalyptiques qui prospèrent sur nos peurs er nos angoisses mais que les possibles catastrophes dont nous sommes responsables ou les naturelles dont nous ne nous protégeons pas assez viennent la détruire en grande partie.

Protéger la vie c’est ainsi revenir à l’essentiel, et pour l’Humanité et pour tous les êtres vivants qui peuplent la Terre. 

Le reste n’est que du superflu que nous pouvons trouver important mais que nous ne devons pas ériger en devoir impératif. 

Vouloir opposer l’Humanité et son environnement est une aberration imbécile qu’elle vienne des adversaires de la cause écologique ou de ses défenseurs qui ne cessent de vouloir présenter l’espèce humaine comme uniquement prédatrice alors que c’est elle qu’il faut sauver et dont certains estiment qu’elle devrait disparaitre pour le bien d’une Terre qui serait une sorte de paradis sans ces maudits humains...

Bien évidemment, cela ne dédouane pas l’Humanité d’adopter les comportements responsables adéquats pour protéger la vie et le vivant, tout le vivant, bien au contraire, puisque c’est de cela qu’il s’agit et uniquement de cela.

Mais elle doit le faire avant tout pour sa sauvegarde – ce qui implique celle de son environnement animal, végétal et minéral – et non celle d’une planète qui existera sans nous avec autant de facilité et d’indifférence qu’elle n’est qu’un astre qui n’a à «craindre» que la fin de l’univers, l’explosion du soleil ou la collision avec un de ses congénères.

Ce devoir impératif existe de tout temps et il est réducteur d’en faire l’affaire des générations actuelles.

Sans doute que l’emballement de nos sociétés contemporaines oblige à relever de nouveaux défis mais croire qu’il ne s’agit que de changement climatique ou de pollution, voire d’épuisement des ressources de la planète est une vue très réductrice.

Oui, ces questions sont éminemment cardinales et nous devons nous mobiliser pour trouver les solutions adéquates.

Mais protéger la vie c’est aussi faire en sorte de s’assurer que les êtres humains puissent vivre en sécurité, tant physique que psychologique ainsi que matérielle.

Travailler à rendre le monde pacifique et plus juste est également un devoir impératif parce que mourir à cause de la guerre ou du dénuement est aussi terrible que de mourir à cause de la destruction de notre environnement.

N’oublions donc pas que le combat pour cette vie si fragile est global et sera la tâche de toutes les générations jusqu’à la fin des temps.

 

 

jeudi 4 janvier 2024

Le Focus. Les Brics, un club de bric et de broc, s’élargit!


Attention, nous dit-on, les Brics (lire ici les définitions) se renforcent et vont devenir un véritable concurrent voire adversaire et même ennemi à l’Occident et aux démocraties.

Rappelons que les Brics furent d’abord le Bric, une association créée en 2008 (l’acronyme existait avant, créée par les financiers de… Goldman Sachs!) où l’on retrouvait le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, soit trois grands pays que l’on appelait à l’époque «émergents» plus la Russie qui était plutôt en décadence et qui espérait trouver dans ce club une influence perdue, voire une capacité à développer son économie.

Voyant qu’il y manquait le continent africain, on a intégré, sans aucun critère rationnel, l’Afrique du Sud qui n’avait encore moins en commun avec les quatre fondateurs que ceux-ci entre eux.

Ce Brics (S pour South Africa, Afrique du Sud, pays intégré en 2011), devenu aujourd’hui ces Brics, se sont donc vus pendant des années, ont discuté, ont même pris des décisions mais aucune n’a eu un impact mondial voire même dans chacun des pays membres...

Il fut même question de créer une monnaie commune pour concurrence le dollar mais la Chine qui veut que son yuan devienne, à terme, la devise internationale de référence, a enterré le projet.

La raison du peu de poids des Brics: il n’y a aucune réelle solidarité entre ses membres.

L’inde déteste la Chine qui déteste l’Inde qui, elle -même, lutte de toute son énergie pour ne pas être le dindon de la farce de l’économie chinoise sans parler des multiples conflits latents ou ouverts qui ont déjà conduit à des guerres jusqu’à présent limitées dans le temps et l’espace.

Le Brésil n’est qu’un vendeur de matières premières pour la Chine et éventuellement un soutien à ces initiatives diplomatiques au grand dam de Brasilia qui voudrait exister mais n’a même pas une prééminence régionale que lui dispute l’Argentine (qui in fine a refusé d’inclure le nouveau Brics).

La Russie est terrorisée par l’idée que la Chine pourrait la marginalisée et en faire un simple pays satellite voire un pays d’émigration pour les Chinois notamment dans les régions frontalières entre les deux pays (ce qui est déjà en cours depuis plusieurs années).

Et ce que recherchait vraiment la Chine dans le Bric?

Non pas une solidarité et un avenir commun mais qu’il soit le marchepied pour sa volonté de puissance et de domination du monde.

En matière d’intérêts communs, on fait mieux!

Avec l’arrivée dans ce club de l’Arabie Saoudite et de l’Iran – deux ennemis pour la prééminence régionale, l’un chef de file des sunnites, l’autre chef de file des shiites –, des Emirats Arabes Unis, de l’Ethiopie et de l’Egypte, cette absence d’intérêts communs va se multiplier à presque l’infini.

Ajoutons à cela que celle qui devait être le onzième membre, l’Argentine, a annoncé ne pas rejoindre les Brics depuis l’élection de Javier Milei.

Un premier camouflet pour la Chine et la Russie qui sont évidemment à la manœuvre pour élargir ce club et en faire un outil de leur souhait de devenir les puissances dominantes de la planète et qui passe d’abord par l’affaiblissement puis la destruction de tous les régimes démocratiques de la planète.

Ce qui pose déjà un problème majeur puisque l’Inde et le Brésil sont deux démocraties…

Sur ce que l’on a vu du fonctionnement des Brics et avec l’arrivée de pays aux préoccupations et aux intérêts souvent très divergents, on a peu de raison d’avoir des craintes quant à sa capacité à changer le monde.

Reste que ce club existe et que rien ne dit que ses membres pourront s’unir dans certaines circonstances qui pourraient impacter les relations internationales.

Cependant, pour l’instant, ce n’est pas le cas même si le ressentiment à l’égard de l’organisation des relations internationales où chacun des membres du club estime ne pas avoir le rôle et le statut qu’on devrait lui reconnaître peut les pousser à des actes qui seront d’abord symbolique mais qui pourraient, à terme, mettre du chaos dans ce qui est déjà bien désorganisé…

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour] 

 

 

mardi 2 janvier 2024

L'Editorial d'Alexandre Vatimbella. La démocratie n’est pas le régime le plus fort mais le plus juste


Pour bien comprendre la problématique de la démocratie dans sa confrontation avec les régimes autocratiques et totalitaires, il faut rappeler une évidence.

La démocratie ne se bâtit pas sur la force mais sur des valeurs qui bannissent son usage institutionnalisé.

De même, elle ne demande pas l’adhésion forcée à un pouvoir mais l’observance de règles et de principes qui garantissent la liberté et l’égalité entre les citoyens. 

De là sa «faiblesse» qui est en réalité une fragilité inhérente à ce qu’elle est et à son fonctionnement.

Celle-ci provient de l’essence même de son projet, être le régime politique le plus juste, c’est-à-dire garantissant à tous les mêmes droits et à chacun les mêmes chances de réaliser son projet de vie. 

Elle recherche donc l’adhésion libre en échange d’une vie libre d’individus égaux. 

Sa légitimité n’est pas basée sur la violence politique mais sur le principe du respect de la dignité humaine et de l’individualité de chacun qui se réalisent concrètement par les valeurs de liberté et d’égalité qui sont sa raison d’exister.

L’entreprise démocratique a donc besoin de soutiens actifs et cela passe par des citoyens éveillés, c’est-à-dire conscients de vivre dans une société qui leur donne le plus de capacités de se réaliser du mieux possible et d’atteindre leurs objectifs existentiels.

Pour cela, conscients que la démocratie pour réellement se réaliser a besoin d’individus responsables et prêts à relever le défi de la liberté, ses promoteurs ont, dès le départ, conceptualiser que pour y parvenir il fallait créer les conditions où tous pourraient acquérir une formation qui les rendent aptes à vivre en démocrates et de pouvoir être correctement informés pour prendre les décisions au mieux de leurs intérêts et de ceux de la communauté dans laquelle ils vivent (qui est, in fine, l’Humanité tout entière).

C’est à ces seules conditions – malheureusement pas encore réalisées – que la démocratie peut fonctionner et être ce régime le plus juste de tous ceux qui puisse exister.

Mais on comprend bien que cette capacité nécessite une cohésion sociale issue de cette intelligence raisonnée que pour vivre en paix et en liberté, il faut la protéger par son comportement vis-à-vis de l’autre de respect impératif de sa dignité et de son individualité.

Jamais la démocratie ne sera le régime le plus fort parce que tel n’est pas son but à l’opposé de tous les régimes autoritaires, autocratiques et totalitaires.

Mais, toujours, elle sera le plus juste.

Et pour faire bénéficier de ses bienfaits, elle a besoin que l’on fasse des efforts pour les mériter.

Des efforts qui sont bien peu de choses face aux bienfaits qui en résultent.

Alexandre Vatimbella

 

lundi 1 janvier 2024

Editorial. Une année 2023 qui doit alerter les démocrates


2023 est une année où les dangers qui pèsent sur le monde et plus particulièrement la liberté et les démocraties n’ont, non seulement, pas disparu mais se sont accrus de manière inquiétante.

La guerre d’agression criminelle de Poutine a continué en Ukraine qui est de plus en plus épuisée par ce conflit malgré l’aide – pas assez importante – de l’Occident avec la bénédiction de la Chine de Xi Jinping et grâce à l’aide de l’Iran et de la Corée du Nord.

Le régime communiste de Pékin qui a sans cesse menacé Taïwan, Xi Jinping venant à nouveau de déclarer en cette fin d’année que la «réunification» (entendez l’invasion et l’annexion de l’île au régime démocratique) de la Chine était en marche.

Quand au régime des mollahs, il continue sans vergogne et avec un plaisir pathologique à assassiner le peuple iranien et à faire une chasse aux sorcières à toutes les femmes qui veulent vivre libres et égales aux hommes.

De son côté, le dictateur de Pyongyang menace constamment le monde d’une guerre nucléaire, la seul manière pour lui de garder un pouvoir qui asservit une population qui vit dans l’extrême pauvreté à part les suppôts du régime.

En Afrique, les militaires apprentis-dictateurs ont repris du service de manière si caricaturale que l’on en rirait bien s’il n’y avait des populations qui en payent le prix. Après le Mali, le Burkina Faso et maintenant le Niger se sont ajoutés à la longue liste des pays autocratiques voire totalitaires du continent.

Des régimes identiques sont en place un peu partout, de la Turquie à la Birmanie en passant par le Venezuela – qui menace d’une guerre le Guyana pour s’emparer de ses richesses –, Cuba, la Syrie, l’Azerbaïdjan, l’Aghanistan…

Dans l’Union européenne, on trouve toujours au pouvoir des ennemis de la démocratie républicaine libérale comme, évidemment, Orban en Hongrie (qui, en plus, est un allié de Poutine) ou Meloni en Italie.

Et la victoire de l’extrême-droite aux législatives aux Pays Bas montrent que le mouvement n’est nullement termine malgré la victoire de l’axe central en Pologne.

En France, évidemment, avec la possibilité de l’arrivée au pouvoir du RN de Marine Le Pen mais aussi en Espagne avec la montée de Vox, en Allemagne avec celle de l’AfD ainsi qu’au Danemark, en Suède ou en Slovaquie

Dans le même temps, le terrorisme international demeure une menace.

En témoigne l’action particulièrement barbare du Hamas contre les civils israéliens qui, le 7 octobre, a fait 1200 morts et qui a provoqué la réaction d’Israël avec les milliers de morts à Gaza qui sont imputables en premier lieu à cette organisation terroriste dont le but ultime demeure de tuer tous les juifs comme cela est contenu dans sa charte.

Une crise au Proche-Orient qui a permis au régime terroriste en place en Iran de jouer la carte de la tension en faisant agir le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen.

En France, l’extrême-gauche, qui sait qu’elle ne peut parvenir au pouvoir par les urnes, joue la carte du chaos pour permettre à l’extrême-droite de gagner les élections et espérer alors en une révolution prolétariennes alors même que la majorité des ouvriers (57%) et employés (50%) votent RN!.

Cette stratégie esT revendiquée par Jean-Luc Mélenchon et ses fan(atique)s de LFI.

Et Marine Le Pen en profite tous les jours…

Mais la Gauche avec le PS et la Droite avec LR, marginalisées par leurs extrêmes, au lieu de se ressaisir dans une prise de conscience citoyenne, tentent de survivre en adoptant les comportements de LFI et du RN sans se rendre compte que leurs agissements sont en train de détruire la démocratie républicaine.

Il ne reste plus que l’axe central, composé de libéraux réformistes de droite, des libéraux sociaux du Centre et des sociaux-démocrates de gauche pour défendre cette démocratie républicaine libérale, ses principes et ses valeurs humanistes.

Pourtant, alors même que les sondages montrent un attachement à la démocratie de la population, cet axe ne parvient pas à emporter la majorité dans les urnes même si Emmanuel Macron est président de la république, sans doute, en partie, parce que les électeurs d’extrême-gauche ne sont pas encore tout à fait prêts à voter pour l’extrême-droite…

Quoiqu’il en soit, oui, la démocratie républicaine est en danger.

Avons-nous besoin d’un Comité de salut public pour la sauver?

Au-delà des errements de celui de la Révolution – mais la patrie était alors en danger, ne l’oublions pas –, une union de tous les démocrates demeurent, non pas nécessaire mais indispensable, un impératif catégorique si nous voulons vivre encore, demain, dans un pays de liberté, d’égalité, de fraternité.

Cette union vaut d’ailleurs pour toutes les démocraties du monde et celles-ci doivent également renforcer leurs relations pour faire un front commun contre l’offensive totalitaire.