Les Actualités sur Mondiaglobalisation

mercredi 11 mai 2011

MONDIALISATION-CHINE/ETATS-UNIS-ECONOMIE. Le dialogue stratégique sino-américain accouche de bons sentiments


Le rendez-vous entre la Chine et les Etats-Unis à Washington a été plus consensuel que les précédents, les deux pays ayant intérêt à coopérer ensemble.
La troisième série du dialogue stratégique économique sino-américain qui s’est tenue à Washington a accouché d’un accord où l’on retrouve tous les grands principes d’une bonne coopération sans évidemment aucune contrainte de les appliquer...
Le document final indique que «les Etats-Unis et la Chine travailleront ensemble -- sur la base de l'intérêt commun, de la promotion d'une coopération d' un point de vue durable, stratégique et primordial -- pour bâtir un partenariat global et économiquement bénéfique pour les deux pays, accroître la prospérité et le bien-être, et parvenir à une croissance forte, durable et équilibrée de l'économie mondiale».
Au-delà de ce texte lénifiant et malheureusement sans lendemain, les deux grandes puissances économiques ont tout intérêt à travailler ensemble malgré leurs divergences profondes et leurs rivalités fortes.
Ainsi, les Etats-Unis ont absolument besoin des futurs investissements chinois tout comme ils ont besoin actuellement des achats de leurs bons du Trésor par le gouvernement de Pékin. Timothy Geithner l’a rappelé en mettant en sourdine les critiques contre la politique économique chinoise, même si les Américains ont encore une fois rappelé leur désir de voir le yuan s’apprécier plus fortement face au dollar.
 Et la Chine se doit de supporter l’économie américaine qui demeure le principal débouché de leurs exportations et donc de leur croissance. Sans oublier la technologie US qu’elle souhaite acquérir pour pérenniser son développement et qui lui est, pour l’instant, largement refusée par les autorités des Etats-Unis.
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

mardi 10 mai 2011

MONDIALISATION-CHINE-ECONOMIE. La Chine semble incapable de changer son modèle de croissance


Le mois d’avril a vu revenir un excédent commercial record et une baisse de la consommation intérieure, tout le contraire de la volonté des autorités chinoises qui ne parviennent décidemment pas à initier une nouvelle ère dans le développement économique du pays.
Mauvaise nouvelle pour la Chine, mauvaise nouvelle pour le monde.
Au mois d’avril, l’économie chinoise a enregistré un excédent commercial de 11,4 milliards de dollars. Et le montant pourrait même être plus important au mois de mai.
Ce n’est pas tant l’augmentation des exportations qui a conduit à cette situation qu’une baisse des importations.
Toujours est-il que celle-ci est à l’exact opposé de ce que souhaite les autorités chinoises qui, dans le nouveau plan quinquennal, le douzième du nom, veulent rééquilibrer le développement du pays en donnant la priorité à la consommation intérieure et que celle-ci prenne le relais des exportations comme moteur de la croissance.
De nombreux experts sont dubitatifs depuis plusieurs années quant à la possibilité pour le géant asiatique d’y parvenir, tout au moins facilement, tant l’ensemble de l’appareil productif et commercial a été conçu autour d’exportation de produits à bas prix.
Cette incapacité d’agir efficacement sur le modèle de développement est également un motif d’inquiétude mais aussi de mécontentement pour les partenaires commerciaux de la Chine au premier rand desquels on trouve évidemment les Etats-Unis mais aussi l’Union européenne.
La hausse du yuan face au dollar ces derniers mois (environ 5% sur un an) avait laissé espérer des relations économiques entre Pékin et les pays avancés plus apaisées (même si, dans le même temps, l’euro s’est renchérit face à la monnaie chinoise). D’ailleurs, les Etats-Unis, qui accueillent en ce moment, le dialogue stratégique sino-américain, s’en étaient félicités.
Un coup d’épée dans l’eau?
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

lundi 9 mai 2011

CHINE-ECONOMIE. La croissance de la Chine pourrait être menacée dès 2013


Dans un article publié par Project syndicate et argumenté, l’économiste américain Nouriel Roubini estime que «l’économie chinoise est en surchauffe» et que sa croissance pourrait connaître un «coup d’arrêt brutal».
L'économie chinoise est aujourd'hui en surchauffe. Et pourtant, à long terme, ses surinvestissements auront des conséquences déflationnistes à la fois sur le plan intérieur et extérieur. Quand il ne sera plus possible d'augmenter les investissements fixes, probablement après 2013, la Chine connaîtra sans doute un fort ralentissement. Au lieu de se focaliser sur une légère baisse de la croissance aujourd'hui, les responsables chinois feraient mieux de se préoccuper du coup d'arrêt brutal qui pourrait l'affecter durant la deuxième partie du plan quinquennal.
Malgré la rhétorique qui entoure ce plan (comme les précédents, il vise à augmenter la part de la consommation dans le PIB), on constate que la croissance va continuer à reposer sur les investissements (notamment dans le logement social) plutôt que sur une appréciation plus rapide du yuan, des transferts fiscaux en faveur des ménages, la taxation et/ou la privatisation des entreprises publiques, la libéralisation du système d'enregistrement des familles (Hukou) ou la libéralisation de la politique financière.
Lors des dernières décennies, la croissance chinoise reposait sur la production manufacturière destinée à l'exportation et sur une devise faible. Cela a favorisé une épargne énorme de la part des ménages et des entreprises et conduit le pays à compter sur les exportations nettes et les investissements fixes (dans les infrastructures, l'immobilier et les secteurs industriels importateurs et exportateurs) pour poursuivre sa croissance.
Mais il est impossible à un pays quel qu'il soit d'être dynamique au point de réinvestir la moitié de son PIB dans la production sans finalement être confronté à une énorme surcapacité et à un problème crucial de crédits en défaut de paiement. La Chine connaît un excès de capitaux physiques, d'infrastructures et de constructions. C'est évident lorsqu'on voit des aéroports magnifiques mais vides, des trains à grande vitesse (qui diminueront le besoin des 45 aéroports prévus) ultramodernes vides eux aussi, des autoroutes qui ne mènent nulle part, des milliers de nouveaux bâtiments officiels destinés au gouvernement central ou aux gouvernements provinciaux, des villes fantômes et des hauts-fourneaux d'aluminium flambant neufs qui restent fermés pour éviter que les prix mondiaux ne plongent.
Le surinvestissement frappe également l'immobilier résidentiel de luxe et les immeubles à vocation commerciale. Dans l'automobile la capacité de production dépasse les ventes, même si l'on tient compte du récent rebond. La surcapacité de production dans de nombreux secteurs, notamment ceux de l'acier et du ciment, s'accentue encore. A court terme, le boom de l'investissement va alimenter l'inflation, car le maintien de la croissance nécessite une consommation intensive des ressources. Mais la surcapacité va ensuite conduire inévitablement à une forte pression déflationniste, en commençant par le secteur manufacturier et l'immobilier.
En fin de compte, très probablement après 2013, la Chine devra faire face à un atterrissage brutal. Toutes les périodes d'investissement excessif - en particulier dans les années 1990 en Asie de l'Est-se sont terminées par une crise financière et/ou une longue période de faible croissance. Pour éviter ce sort, la Chine doit épargner moins, réduire ses investissements fixes, diminuer la part de ses exportations nettes dans son PIB et accroître celle de la consommation.
Nouriel Roubini
© 2011 Project syndicate

dimanche 8 mai 2011

LA SEMAINE DE LA MONDIALISATION. L’Inde tente de se faire accepter comme acteur majeur de la mondialisation


De passage à Paris, Irupama Rao, secrétaire générale aux Affaires étrangères de l'Inde est venue délivrer un message lors d’une conférence à l’IFRI (Institut français des relations internationales): l’Inde veut sa place, toute sa place, parmi les grandes nations qui gèrent la mondialisation. Et le pays est prêt à assumer ses responsabilités, quoiqu’en disent certains dans les pays occidentaux, dans toutes les instances internationales, du G20 au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Concernant ce dernier, elle a redit la revendication de New Delhi d’en être un membre permanent. Et pour prouver que l’Inde y avait toute sa place, elle a pris l’exemple de sa présence actuelle comme membre non permanent du Conseil et des positions responsables adoptées par son pays
L’Inde est donc bien dans le mouvement de la mondialisation et veut faire entendre sa voix qui, selon elle, est originale en privilégiant la négociation sur la confrontation, ce qui, selon madame Rao est normal pour un pays façonné par la vision non-violente de Gandhi.
En outre, l’Inde se déclare solidaire du Brics et des pays qui le composent même si ses relations avec la Chine ne sont pas simples.
Parlant de ce dernier pays, la secrétaire générale a affirmé que l’Inde est persuadée que ses «relations avec la Chine seront, dans les années à venir parmi les plus importantes pour le monde».
Mais elle a ajouté que le gouvernement de New Delhi souhaitait une relation économique équilibrée avec la Chine en citant les exemples des produits pharmaceutiques et informatiques indiens qui ne devaient pas subir le protectionnisme de Pékin.
Cependant, elle a estimé qu’il n’y avait pas de raison de douter qu’il y a de place pour le développement de deux pays comme la Chine et l’Inde en Asie et dans le monde.
En revanche, Irupama Rao n’a eu que des paroles positives pour décrire les relations de l’Inde avec les autres membres du Brics et notamment le Brésil et l’Afrique du Sud. Elle avait sans doute moins besoin de parler de la Russie qui est un allié traditionnel.
Pour autant, elle n’a pas voulu minorer les relations avec l’Occident dont le pays a besoin pour son développement mais aussi parce que la démocratie rapproche l’Inde des pays de l’Union européenne et des Etats-Unis. Elle a ainsi déclaré que l’Inde partageait beaucoup de points de vue avec la France et les Etats-Unis.
Mais ce plaidoyer se heurte à une réalité, les hésitations et la volonté à tout crin de se singulariser par rapport aux positions des pays occidentaux. Le récent «Printemps arabe» et la guerre civile en Lybie en sont deux exemples frappants. Ainsi, l’Inde a beaucoup critiqué l’action des pays occidentaux, se réfugiant dans une posture de respect de la souveraineté nationale et des régimes en place.
En adoptant cette position, elle s’est dangereusement rapprochée de la Chine qui a pris pour habitude de critiquer toutes les actes des pays occidentaux en la matière, à, la fois par principe mais aussi par peur que l’on commence à s’intéresser de trop près à son régime autoritaire… La seule exception ayant été pour Pékin de se féliciter de l’élimination de Ben Laden. Il faut dire que les autorités chinoises craignent fortement le terrorisme islamiste, notamment dans la province musulmane du Xinjiang.
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org

vendredi 6 mai 2011

MONDIALISATION-CHINE-ECONOMIE. La Chine devrait investir 2.000 milliards de dollars dans le monde dans les dix ans à venir


Selon une étude américaine, l’Europe devrait être un des principaux bénéficiaires de ces investissements directs mais peut-être pas les Etats-Unis.
Après avoir été le réceptacle des investissements directs des pays avancés au cours des trente dernières années, la Chine pourrait devenir le principal investisseur dans ces mêmes pays dans les dix ans à venir selon une étude de l’Asia society de New York et du Woodrow Wilson center for international scholars de Washington.
Ainsi, les 2.000 milliards de dollars que la Chine s’apprête à investir dans le monde au cours de la prochaine décennie pourraient être principalement dépensés dans les pays avancés, notamment par l’acquisition d’entreprises, d’usines, de gisements de matières premières et de terres agricoles.
Si les pays européens devraient être parmi les principaux bénéficiaires, l’étude s’inquiète d’un possible désintérêt de la Chine pour les Etats-Unis à cause de leur politique hostile à Pékin et de la rivalité des deux pays sur la scène internationale.
L’hostilité manifestée part les officiels et les élus américains ainsi que par la population de voir les capitaux chinois racheter des entreprises américaines mais aussi la peur de voir celles-ci se délocaliser ensuite avec leurs machines en Chine pourraient également barrer la route à ces investissements.
Sans parler de la possibilité pour les Chinois de s’emparer des dernières technologies US.
De même, la crainte est grande de voir le gouvernement chinois posséder directement ces acquisitions puisque la délimitation entre le secteur privé et le secteur public en Chine est souvent peu claire.
Car, même si les banques américaines se battent pour attirer les investissements directs chinois sur le sol américain et si Washington affirme qu’ils sont les bienvenus, de grandes préventions demeurent.
Mais, un des obstacles à ces capitaux pourraient aussi venir d’infrastructures déficientes (d’autant que le réseau routier est en mauvais état, que Congrès n’a pas voté les dépenses nécessaires pour développer un réseau ferroviaire à grande vitesse, sans parler du réseau électrique qui nécessite une modernisation urgente).
Dernier problème pour les Etats-Unis: si la Chine ne pouvait investir sur le territoire américain, elle pourrait prendre des mesures de rétorsions vis-à-vis des entreprises américaines qui veulent investir sur le territoire chinois.
Alexandre Vatimbella
© 2011 LesNouveauxMondes.org