Les Actualités sur Mondiaglobalisation

vendredi 3 octobre 2008

EDITORIAL. La demande intérieure comme antidote à la crise mondiale


Qui pouvait penser que les pays émergents pourraient passer à travers la crise économique mondiale au moment où leurs clients connaissent de grosses difficultés voire des récessions comme c’est le cas dorénavant en France depuis les dernières estimations publiées par l’Insee ? Les taux de croissance pour cette année mais surtout pour l’année prochaine ont été revus à la baisse même si un optimisme mesuré continue d’être la règle dans les discours officiels. Il faut dire que les gouvernements de Chine, d’Inde ou du Brésil ont une botte secrète : la fameuse demande intérieure.

Avec un PIB qui augmente constamment et une consommation intérieure assez faible, c’est vrai, il existe de vastes marges de manœuvres dans ce domaine. Ainsi, la Chine et l’Inde connaissant un accroissement de la demande de leurs consommateurs qui leur permet d’espérer que la crise ne les touchera que peu (on ne parle évidemment plus de « bulle » protectrice à 100%).

Un peu partout dans ces pays, les économistes et les chefs d’entreprise invitent les pouvoirs publics à faire des gestes et à prendre des mesures concrètes afin que la consommation soit libérée. Ainsi, lors du Forum économique mondial qui s’est tenu à Tianjin (Chine), de nombreuses voix venues des quatre coins du monde se sont élevées pour demander au gouvernement chinois de soutenir l’activité économique en utilisant les énormes réserves de devises du pays pour permettre aux Chinois de consommer grâce à des liquidités plus importantes mais aussi une augmentation des importations.

Mais ce n’est pas si simple. D’une part, l’appareil de production d’un pays comme la Chine a été jusqu’à présent essentiellement tourné vers l’exportation et il n’est pas aisé de se replier sur une demande intérieure qui n’a pas les mêmes moyens, ni les mêmes besoins que celle des pays étrangers. L’augmentation des importations n’est pas non plus la panacée sur le long terme même si son cercle vertueux peut permettre d’accroître le bien être de la population tout en relançant l’économie mondiale. Et puis, il faut que l’argent coule à flots ce qui ramène sur le devant de la scène le spectre de l’inflation, maux que les deux géants asiatiques, par exemple, ont du combattre depuis neuf mois à la suite, en grande partie, de l’augmentation des prix du pétrole et des denrées alimentaires. Or, si les récoltes en Inde, en Chine, au Brésil et en Russie s’annoncent bonnes, voire excellentes, si le Brésil et la Russie sont de gros producteurs d’or noir, ce n’est pas le cas de la Chine et de l’Inde. Booster la consommation intérieure c’est aussi augmenter la consommation de matières premières, notamment énergétiques et donc de faire remonter le prix du baril de pétrole qui a chuté ces deux derniers mois permettant de ramener l’inflation à des taux plus acceptables socialement.

Reste que, de toute façon, il est impératif pour les pays émergents, notamment les pays du Bric et notamment la Chine et l’Inde de développer leur consommation intérieure pour enfin mener une politique de développement qui sera plus saine et qui profitera à un plus grand nombre. Jusqu’à présent les taux de croissance de rêve que connaissent ces deux pays ont surtout bénéficié à une classe riche ainsi qu’à l’émergence d’une classe moyenne dans les grandes villes du pays. Mais le paysan du Hunan et celui du Bengale n’ont pas vu leurs revenus et leur bien être faire le même bond en avant. Or, économiquement et, surtout, socialement parlant, il est indispensable pour la stabilité de ces sociétés de ne pas créer une cassure irréversible dans le peuple. La crise économique, paradoxalement, est peut être une bonne chose pour les pays émergents ! En tout cas, elle leur permet de repenser leur développement économique avec des atouts forts dans leurs manches comme des taux de croissance élevés et des conditions de production encore largement favorables. A eux de saisir l’opportunité dans ce moment critique.


Alexandre Vatimbella

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jeudi 2 octobre 2008

BRESIL-ECONOMIE. Les autorités multiplient les déclarations sur la vigueur de l’économie face à la crise

Le Brésil se porte bien, merci pour lui ! Voilà le discours que le gouvernement du président Lula tient ces derniers jours afin de rassurer les acteurs économiques et démentir des rumeurs de plan de relance.


Tous les jours les autorités gouvernementales brésiliennes y vont de leur petite phrase ou de leur discours pour assurer que l’économie du pays de porte bien, que la crise financière venue des Etats-Unis aura peu d’incidence, voire aucune, et qu’aucun plan de relance n’est à l’étude.

Ainsi, le Luiz Inacio Lula da Silva a tenu à démentir les rumeurs faisant état que son gouvernement mettait au point un plan afin d'aider les secteurs susceptibles d'être affectés par la crise financière mondiale, et a répété que l'économie brésilienne restait saine. Pour lui, la situation économique du pays est "tranquille" même s’il ne minimise pas les « difficultés » qui pourraient survenir à cause de la crise américaine. De son côté, le ministre des Finances Guido Mantega en est convaincu : "Le Brésil est du côté des plus forts. Les pays les plus fragiles sont les pays avancés, en réalité aujourd'hui +dépassés+, qui ont une croissance faible et des institutions financières impliquées dans la crise. Les pays émergents ont une croissance plus robuste, un marché interne plus fort, des institutions financières solides, un équilibre budgétaire et des réserves de change élevées". Il a, par ailleurs, assuré que l'économie brésilienne était solide, prenant comme exemple une consommation intérieure en hausse de 14% par an qui devrait compenser une contraction de la demande extérieure, et que les investisseurs étrangers maintenaient leurs capitaux dans le pays : "c'est pourquoi les effets de la crise seront moindres". Selon lui, le gouvernement a pris une série d'initiatives destinées à assurer une croissance durable. "Si cela ne suffit pas, a déclaré le ministère des finances dans un communiqué, de nouvelles mesures seront prises afin d'augmenter les lignes de crédit" et qui "si un problème arrive, nous lui ferons face." Reste que les prévisions officielles de croissance ont été revues à la baisse pour 2009, passant de 5,5% à 4,5% à 2,5%. "Mais, à partir de 2010, nous pourrons retrouver une croissance plus forte", a précisé Guido Mantega.


Louis-Jean de Hesselin

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INDE-ENERGIE. Le Sénat américain ratifie définitivement l’accord nucléaire Etats-Unis-Inde


Au cours de la même séance où il votait le plan de sauvetage du système financier américain, le Sénat a ratifié définitivement le traité de coopération nucléaire civil entre l’Inde et les Etats-Unis.


Manmohan Singh, le Premier ministre indien, doit pousser un ouf de soulagement. Lui qui, dès le départ, s’est personnellement et politiquement investi – en changeant même de majorité au Parlement en cours de législature – dans cet accord nucléaire entre son pays et les Etats-Unis doit apprécier le moment. Le Sénat des Etats-Unis a en effet ratifié ce fameux traité qui avait été signé entre George W Bush et lui en 2005 lors de la visite du Président américain à New Delhi. Il a fallu trois longues années pour qu’enfin l’Inde puisse relancer son programme nucléaire civil, une nécessité vitale pour son développement économique alors que des coupures d’électricité gênent quotidiennement les usines et les bureaux du pays mettant à mal leur productivité sans parler du rationnement de l’électricité pour les particuliers dans de nombreuses régions. Le vote a été sans équivoque puisque ce sont 86 sénateurs qui ont voté oui (dont la totalité des 49 sénateurs républicains) contre 13 qui ont voté non.

De son côté, George W Bush doit aussi apprécier ce moment. Il s’agit d’un des rares succès de sa politique étrangère, succès qui semblait en plus devoir lui échapper à quelques semaines de son départ de la Maison Blanche puisque les leaders démocrates semblaient opposés à cet accord et que leur parti domine le Congrès américain. Mais il semble que la géopolitique l’ait emporté sur les craintes que ce traité suscité notamment parce qu’il pourrait donner des arguments à des pays comme le Pakistan, l’Iran et la Corée du Nord pour réclamer des accords similaires (la Chine a déjà demandé que le Pakistan en bénéficie), d’autant que l’Inde a pu l’obtenir sans avoir signé le traité de non-prolifération des armes nucléaires. Oui, mais voilà, l’Inde et son économie émergente ainsi que son armée qui monte en puissance est une démocratie devenue proche de Washington et qui risque d’être fort utile pour les Etats-Unis afin de contrebalancer la montée en puissance dans les années qui viennent de l’autre géant asiatique, la Chine.

N’oublions pas, non plus, que les arguments économiques ont du aussi jouer fortement puisque le marché nucléaire civil indien est évalué à quelques 100 milliards de dollars et que la non-ratification de cet accord aurait interdit aux entreprises américaines comme Westinghouse d’enlever une part de ce juteux gâteau alors que les entreprises françaises comme Areva mais aussi russes sont déjà positionnées sur la fourniture de centrales. En période de crise économique, les élus américains ne pouvaient sans doute pas opposer des préoccupations de transgression du droit international à des commandes qui rapporteront des dollars et fourniront du travail…


Alexandre Vatimbella

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mercredi 1 octobre 2008

CHINE-ECONOMIE. Wen Jiabao promet de poursuivre les réformes


Dans un discours prononcé à l’occasion de la célébration du 59° anniversaire de la république populaire de Chine, le Premier ministre a affirmé que le gouvernement poursuivrait la réalisation d’une « harmonie sociale » et d’une « société d’aisance moyenne ».


Lors des cérémonies marquant le cinquante-neuvième anniversaire de la naissance de la république populaire de Chine par la prise du pouvoir par le Parti communiste, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a prononcé un discours dans lequel il a rappelé l’attachement des autorités pékinoises pour la continuation des réformes politiques, sociales et économiques ainsi que leur désir « d’ouverture ». « Nous continuerons à libérer notre esprit, à soutenir la réforme et l'ouverture, à promouvoir l'harmonie sociale et à réaliser de nouveaux succès dans l'édification d'une société d'aisance moyenne », a-t-il affirmé en présence du Président Hu Jintao. Revenant également sur le trentième anniversaire de l’ouverture prônée par Den Xiaoping, il a estimé que celle-ci avait été « un choix crucial dans le développement de la Chine », ajoutant que « la politique de réforme et d'ouverture représente la seule voie qui mène au redressement de la nation chinoise ». Il a néanmoins reconnu en cette période où les produits « Made in China » sont encore montrés du doigt pour leur mauvaise qualité et leur dangerosité que la Chine faisait face à « de nombreux problèmes et difficultés » dans son processus de modernisation. Mais, il s’est voulu optimiste en affirmant que le pays était certain de « pouvoir les surpasser ». Enfin, le Premier ministre chinois a répété une fois encore, comme le font toutes les autorités du pays dès qu’elles en ont l’occasion, que la Chine poursuivrait « une voie de développement pacifique et sa politique extérieure d'indépendance et s'efforcera d'établir un monde harmonieux et de réaliser la paix et la prospérité commune » selon l’agence officielle Xinhua.


Alexandre Vatimbella

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INDE-COMMERCE. Visite de Manmohan Singh en France : relance avec l’Europe d’un accord de libre-échange et signature d’un accord de coopération nucléai


La visite de Manmohan Singh en France a été fructueuse. Le Premier ministre indien a signé plusieurs accords avec la France notamment dans les domaines nucléaire et spatial. Il a aussi relancé les négociations en vue de la signature d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne, le principal partenaire commercial de l’Inde.

Sommet France-Inde


La France et l'Inde ont répété leur engagement de développer leur commerce bilatéral que les deux pays jugent depuis longtemps nettement insuffisant. Pour tenir l’objectif affiché par Nicolas Sarkozy d'un doublement des échanges (qui devraient représenter 12 milliards d'euros l'an d'ici 2012), les deux pays souhaitent "déployer des efforts soutenus" pour simplifier la délivrance des visas d'affaires et encourager leurs PME respectives à s'exporter. Pour ce faire, un forum des chefs d'entreprises doit tenir sa première édition cette année.

On l’attendait, il a été signé. L’accord sur le nucléaire civil a été paraphé par Nicolas Sarkozy et Manmohan Singh. Objet principal de la visite du Président français au début 2008 à New Delhi, il est aussi la résultante de la levée de l’embargo sur la vente de combustible et de technologies par le groupe des 45 pays fournisseurs nucléaires dans le cadre de l’accord négocié par Manmohan Singh et George W Bush qui est en train d’être ratifié par le Congrès américain. Cet accord franco-indien ouvre désormais la voie aux entreprises françaises comme Areva ou EDF afin de fournir dans les mois qui viennent des centrales nucléaires à l’Inde. Certaines estimations font état de contrats à hauteur de 20 milliards d’euros pour la France (100 milliards d’euros en tout) qui concernent notamment la livraison par Areva de deux réacteurs de nouvelle technologie EPR. A noter que cet accord, selon la déclaration officielle, vise une coopération plus large dans le domaine de l'énergie et de la recherche. Evoquant cet accord, Nicolas Sarkozy a déclaré : "Je ne vois pas comment on peut dire à nos amis indiens de participer à la lutte contre le réchauffement climatique mais sans nucléaire civil, dont on sait que c'est l'énergie la plus propre, c'est une incohérence totale. La France, qui fait confiance à l'Inde, a beaucoup œuvré pour que l'Inde puisse accéder à l'énergie nucléaire civile. Nous nous réjouissons que les choses se débloquent".

Trois autres secteurs ont été également l’objet de l’attention des deux dirigeants : la défense, l'espace et les sciences. Pour ce qui est de la fourniture de matériels militaires, un contrat évalué à 1,5 milliard d'euros pour la modernisation de 51 chasseurs Mirage 2000 de fabrication française déjà acquis par l'armée de l'air indienne devraient être finalisé. Mais la France vise beaucoup plus haut puisque l’Inde est en train de moderniser son appareil militaire à hauteur de 100 milliards d’euros. Dans le domaine spatial, un accord-cadre de coopération a été conclu et les deux dirigeants ont rappelé que "la coopération spatiale franco-indienne est exemplaire, riche d'une histoire longue et féconde. Nous nous félicitons de la signature d'un accord-cadre bilatéral relatif à la coopération dans le domaine de l'utilisation de l'espace extra-atmosphérique à des fins pacifiques". A noter qu’un contrat a été signé entre Astrium, filiale d'EADS, et l'agence spatiale indienne ISRO pour le lancement de satellites par la fusée indienne PSLV.

Sommet Union européenne-Inde

Ce sommet annuel réunissait Manmohan Singh, Nicolas Sarkozy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Il a évoqué, bien entendu la crise financière mais aussi la crise alimentaire ainsi que l'accès de l'Inde au nucléaire civil sans oublier la reprise des négociations en vue d'un accord de libre-échange, les questions de réchauffement climatique, le terrorisme, les questions relatives aux voisins de l’Inde (Pakistan, Birmanie et Afghanistan) et les récentes violences contre les chrétiens par des groupes Hindous extrémistes.

Le Premier ministre indien Manmohan Singh s'est engagé à approfondir le partenariat économique avec l'Union européenne. "Nous travaillons à la signature d'un accord de libre-échange d'ici fin 2009", a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse conjointe avec MM. Sarkozy et Barroso. "Nous avons décidé d'accélérer la discussion" a de son côté affirmé Nicolas Sarkozy.

Le commerce extérieur de l'Union européenne avec l'Inde a été de 60 milliards d’euros en 2007 affichant un excédent record pour les Européens de 5,6 milliards d'euros. Ces chiffres font de l’Union européenne le premier partenaire commercial de l’Inde devant la Chine. Mais, de son côté, l’Inde n’est que le neuvième partenaire commercial de l'Union. Les produits manufacturés représentent plus de 80% des exportations. En matière de services, l'Europe en a exporté pour 9 milliards et en a importé pour 6,6 milliards d'euros. Cet excédent vient des services financiers et de transports. Le Royaume Uni, ancienne puissance coloniale et l'Allemagne sont les principaux partenaires économiques européens de l'Inde. L'Allemagne représente 25 % des exportations de l'UE vers cette région, suivie de la Belgique qui en réalise 18 %, et du Royaume-Uni avec 15 %. Ce dernier est le premier importateur de produits indiens avec 20 % des importations européennes. L'Allemagne dégage un excédent commercial de 3 milliards d'euros tandis que le Royaume-Uni affiche un déficit d'un milliard. La France de son côté, est excédentaire à hauteur de 1,3 milliard d'euros. Quant aux investissements de capitaux, les IDE (investissements directs étrangers) de l'Union en Inde ont représenté près de 11 milliards en 2007 et ceux de l’Inde en Europe plus de 9 milliards d'euros.


Alexandre Vatimbella & Alexis Levé

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