Les Actualités sur Mondiaglobalisation

vendredi 27 juin 2008

INDE-INFLATION. Nouveau record de l’inflation à 11,42%


Le nouvel indice hebdomadaire de l’inflation confirme ce que l’on savait déjà : l’Inde est dans une forte spirale inflationniste. Et rien ne l’arrête pour l’instant au grand dam du gouvernement de New Dehli et de la banque centrale.


De records en records, le taux d’inflation en Ide n’en finit pas d’en battre. Mais ce genres de records ne font évidemment pas la fierté du gouvernement qui se retrouve avec une inflation beaucoup plus forte que prévu à moins d’un an des élections législatives. Ainsi, pour la semaine du 8 au 14 juin, celle-ci s’est élevée à 11,42%, en hausse par rapport à la semaine précédente, 11,05%, qui pourtant avait déjà établi un record depuis treize ans, record qui n’a tenu qu’une semaine… Et les prévisions ne sont pas bonnes pour les semaines à venir avec les prix du pétrole et des denrées alimentaires toujours pas stabilisées.

Rappelons qu’au début de l’année, les prévisions officielles faisaient état d’une inflation à 5,5% pour l’année 2008 et que les différentes corrections qui ont été apportées au cours des derniers mois faisaient état de prévisions n’excédant pas les 8%... Le gouvernement indien a mis du temps à intervenir mais ses actions se sont révélées sans grand effet comme les injonctions à certains producteurs de matières premières de ne pas augmenter leurs tarifs. Pire, le Premier ministre, Manmohan Singh n’a pu empêcher le relèvement des prix pétroliers et alimentaires largement subventionnés au vu des déficits publics que cela créait. Et les actions de Reserve Bank of India, la Banque centrale, connaissent les mêmes échecs. Reste qu’elle vient de relever son taux directeur, dit repo, à 8,5% et qu’elle a annoncé un relèvement en deux temps de son ratio de réserves obligatoires, c'est-à-dire le montant des liquidités que les banques doivent garder en réserve afin de limiter les liquidités dans le circuit économique.


Louis-Jean de Hesselin
© LesNouveauxMondes.org

CHINE-INTERNATIONAL. La diplomatie économique à l’honneur en Chine


Que ce soit avec les Etats-Unis, Taiwan ou le Japon, la Chine vient d’utiliser la diplomatie économique pour résoudre ses différents. Avec quelques succès.


Après l’opposition politique frontale, l’accord économique bilatéral de compromis. Après avoir montré les dents, le gouvernement chinois s’est fait patte de velours dans les différents qui l’opposent à Taiwan, au Japon et aux Etats-Unis. Certains y verront la nécessité pour la Chine de redorer son blason international après les événements du Tibet, d’autres une tactique éprouvée de la diplomatie, d’autant que rien n’a été lâché sur le fond. Toujours est-il que Pékin a trouvé en quelques jours un accord avec les frères ennemis de Taipeh pour ouvrir des liaisons aériennes directes entre le continent et l’île dans une atmosphère plutôt chaleureuse depuis que le nouveau président de Taiwan se soit montré beaucoup plus ouvert aux négociations avec la Chine sans toutefois remettre en question l’indépendance de fait actuelle de l’île.

Entre le Japon et la Chine s’est peut-être ouverte une nouvelle ère de relations apaisées. Deux événements ont en tout cas été très symboliques : l’envoi de secouristes lors du tremblement de terre au Sichuan et le mouillage de navires de guerre japonais dans les ports chinois. Mais c’est au niveau économique que l’on a noté une forte détente avec un accord sur les gisements de gaz naturels sous-marins que revendiquent les deux pays depuis des années. La Chine en reste pour l’instant l’exploitant virtuel mais les capitaux japonais vont pouvoir massivement s’investir dans les projets. Bien entendu, la querelle de la propriété réelle de ces gisements n’a pas été tranchée, tout comme ne l’a pas été l’appartenance ou non de Taiwan à la Chine, mais la collaboration des deux puissances asiatiques sur un dossier hautement sensible est certainement un heureux événement qui suit, en tout cas, la visite officielle très positive que Hu Jintao, le président chinois, a faite voici plusieurs semaines au Japon.

Quant aux relations avec les Etats-Unis, de bonnes résolutions et un accord en vue sont sortis de la réunion biannuelle du « dialogue stratégique économique » entre les deux puissances notamment sur les possibilités d’investissements directs de la Chine aux Etats-Unis et des Etats-Unis en Chine alors que l’on sait que des tensions existaient de part et d’autre sous fond d’accusations de protectionnisme. Bien sûr, là aussi, les problèmes de fond n’ont pas trouvé de solution à l’occasion de cette rencontre gouvernementale à haut niveau mais le souffle qui est passé était particulièrement positif. Il faudra voir, dans les mois à venir, si cette diplomatie économique de l’apaisement aboutit à d’autres avancées et trouve une traduction politique.


Alexandre Vatimbella
© 2088 LesNouveauxMondes.org

RUSSIE-COMMERCE. La Russie espère achever les négociations de son adhésion à l’OMC cet automne


Selon la délégation russe qui mène les négociations de son pays à l’OMC (Organisation mondiale du commerce), celles-ci pourraient être bouclées à l’automne prochain ce qui pourrait amener la Russie à être membre de l’organisation avant la fin de l’année ou au début de 2009.


"La situation générale aux négociations permet d'escompter l'achèvement des travaux sur le rapport du Groupe de travail (chargé de l'adhésion russe) à l'automne 2008", a indiqué à l’agence de presse Novosti un membre de la délégation russe qui discute à Genève de l’adhésion de son pays à l’OMC à l’issue des nouvelles réunions qui viennent de se tenir. Cette déclaration reporte donc à l’automne ce qui aurait du être fait dès cet été. "Le nombre des questions posées n'est pas important et elles sont techniques, ce qui veut dire que les principaux problèmes ont déjà été réglés", a ajouté cette même personne. Néanmoins, selon l’agence de presse russe, « des difficultés marquent l'examen des mesures phytosanitaires et vétérinaires et des mesures - en vigueur et annoncés - réglementant les importations russes de viande. » Pour les régler, le ministre russe de l'Agriculture, Alexeï Gordeev, a rencontré à Genève les ambassadeurs des pays du Groupe de Cairns (principaux exportateurs de produits agroalimentaires) afin d’examiner les mesures de soutien public à l'agriculture russe.


Alexis Levé
© LesNouveauxMondes.org

jeudi 26 juin 2008

INDE-ECONOMIE. L’économie, ciment politique de l’Inde ?


Lors d’une conférence de l’Ifri sur les castes et le régionalisme aujourd’hui, le chercheur Jean-Luc Racine a affirmé que le ciment de l’unité indienne était l’économie.


Forces centripètes et forces centrifuges, l’Inde moderne est traversée de différents courants qui mettent à mal son système politique mais qui confirment, malgré tous les troubles ethniques, religieux et de castes, que le fédéralisme était la meilleure voie pour assurer l’unité du pays, celle prise par Nehru après qu’il ait compris que le centralisme était voué à l’échec. Telles peuvent êtres les conclusions d’un colloque tenu à l’Ifri (Institut français des relations internationales), ce jeudi 26 juin.

En effet, dans ce pays de plus d’un milliards d’habitants, le régionalisme s’est développé ces dernières années, limitant la force des deux grands partis nationaux, le Parti du Congrès et le BJP (parti nationaliste) qui ne peuvent gouverner que par alliances avec des partis dont l’implantation se fait dans une voire deux ou trois Etats (l’Inde compte 28 Etats et 7 territoires). D’autant que l’unité du pays, au contraire de la Chine, ne se fait pas par la langue ou l’écriture commune (en Chine il y a une seule écriture pour plusieurs langues), ni par une culture unique. Dès lors, comme l’a expliqué, Jean-Luc Racine, directeur de recherche au CNRS, c’est par l’économie que le discours unitaire passe, discours où un consensus se réalise, notamment au niveau de l’emploi, principale préoccupation d’une soixantaine de partis nationaux ou régionaux et d’une myriade de centaines de partis locaux.


Alexandre Vatimbella
© 2088 LesNouveauxMondes.org

mercredi 25 juin 2008

CHINE-ECONOMIE. Les fragilités de la croissance chinoise menacent le développement du pays


Selon Françoise Nicolas, économiste à l’IFRI, la croissance chinoise souffre de fragilités qui ne lui permettent pas de postuler à un leadership mondial et qui, même, menacent son développement.


Lors d’une conférence à l’IFRI (Institut français des relations internationales), l’économiste François Nicolas a pointé les fragilités de la croissance chinoise qui peuvent, selon elle, remettre en cause le développement du pays. En tout état de cause, par ailleurs, ces fragilités ne permettent pas aujourd’hui à l’économie chinoise de prendre le relais de celle des Etats-Unis comme moteur de la croissance mondiale et d’insuffler un dynamisme équivalent à cette dernière sur la globalisation.

Les fragilités sont au nombre de quatre selon Françoise Nicolas : trop d’exportations, pas assez de consommation intérieure, une croissance encore trop dépendante des entreprises étrangères installées sur son sol (on estime que leur activité compte pour un tiers de la croissance totale de la Chine) et une incapacité de l’industrie chinoise de se substituer à ces entreprises pour fabriquer certains produits à forte valeur ajoutée (même si l’on note une augmentation de la part de la valeur ajoutée des produits fabriqués ou assemblés en Chine).


Alexandre Vatimbella
© 2008 LesNouveauxMondes.org