Les Actualités sur Mondiaglobalisation

mardi 24 juin 2008

CHINE-INTERNATIONAL. La Chine revient au « centre du monde »


Selon le chercheur Antoine Sautenet, la Chine n’émerge pas mais revient au « centre du monde », un retour à son histoire. Dès lors, il vaut mieux parler de réémergence.


Lors d’une conférence à l’IFRI (Institut français des relations internationales), le chercheur Antoine Sautenet a fait un tour d’horizon des relations entre la Chine et l’Union européenne tout en déclarant, en préambule que, pour bien comprendre la Chine, il fallait parler de réémergence et non d’émergence car le pays revenait au « centre du monde », là où il se place depuis des millénaires.

En ce qui concerne les relations bilatérales, le chercheur estime que « le cadre juridique, économique et commercial de leurs relations est largement inadapté à la situation d’aujourd’hui. L’Union européenne considère encore la Chine comme un pays en développement d’où la nécessité de rénover l’accord de 1985 ». Antoine Sautenet pense également que le « partenariat stratégique » initié en 2003 n’est pas très productif. Ce document politique de « soft law » (sans aucune contrainte juridique) donne quelques résultats dans les relations économiques mais à l’avantage quasi-exclusif de la Chine. D’où la nécessité, selon lui, de réaliser un nouvel accord bilatéral afin de prendre en compte la montée en puissance de l’Empire du Milieu, d’autant que les négociations à l’OMC (Organisation mondiale du commerce) sont dans l’impasse).


Alexandre Vatimbella
© 2008 LesNouveauxMondes.org

INDE-ENERGIE. L’accord nucléaire avec les Etats-Unis devient un chaudron de politique intérieure


Sensé apporter une opportunité dans le développement énergétique de l’Inde, l’accord nucléaire avec les Etats-Unis déchaînent les passions et met en péril, non seulement, le gouvernement en place mais la croissance indienne.


L’accord nucléaire entre les Etats-Unis et l’Inde conclu en 2005 va-t-il faire tomber le gouvernement et va-t-il empêcher le Parti du Congrès de remporter les prochaines élections législatives ? A l’inverse, et plus grave, sa non-ratification par le Parlement de New Delhi aura-t-elle de graves conséquences sur le développement économique de l’Inde ? C’est en tout cas la crainte des analystes politiques mais aussi des économistes. Car, il faut le rappeler, l’accord nucléaire est une chance pour l’Inde qui connaît d’énormes problèmes dans sa production d’électricité totalement insuffisante pour soutenir sa croissance. En effet, en donnant la possibilité de contrôler une partie de son activité nucléaire sans toucher à son nucléaire militaire et alors que le pays a refusé de ratifier l’accord de non-prolifération des armes atomiques, l’Inde devait obtenir des Etats-Unis et de ses alliés la levée de l’embargo sur la fourniture de centrales nucléaires indispensables au développement économique du pays mais aussi du « carburant » (l’uranium) nécessaire pour faire fonctionner les centrales déjà existantes ainsi que l’accès aux technologies de l’occident. Seules quelques unes peuvent actuellement être ravitaillées par de l’uranium venu de Russie au terme d’un accord séparé.

La situation existante est très préoccupante pour l’Inde qui a réduit de façon drastique sa production d’électricité d’origine nucléaire en 2007 faute d’uranium (un contrat avec l’Australie a été annulé suite à la non-ratification de l’accord avec les Etats-Unis) et la situation ne devrait pas s’améliorer puisque les contrats en vue pour la fourniture de centrales venant d’EDF, Areva, Westinghouse et autres constructeurs sont en stand-by jusqu’à la ratification de l’accord.

Celui-ci voulu par le Premier ministre Manmohan Singh, conscient de l’énorme hiatus entre la demande électrique et la capacité actuelle du pays, est combattu farouchement par les alliés du Parti du Congrès au Parlement, la gauche et plus particulièrement le Parti communiste qui a menacé à plusieurs reprises de faire tomber le gouvernement au motif que cela ferait du pays l’allié des Etats-Unis ce qui leur est inacceptable (comme pour l’opposition nationaliste). Ce dernier a donc décidé de reporter l’adoption de cet accord jusqu’au dernier moment, c’est-à-dire juste avant les élections législatives. Mais la manœuvre a été dénoncée par la gauche de la coalition au pouvoir et s’est surajoutée, dernièrement, la menace d’un boycott du Parti du Congrès par les électeurs musulmans.

Il est très difficile de dire si cet accord verra le jour d’autant que les Etats-Unis avaient fixé une limite de temps pour cette ramification et que celle-ci a été dépassée d’autant que le processus sera long. Beaucoup d’analystes américains estiment même que cet accord n’existe plus, comme le confirment à demi-mots des officiels proche de George W. Bush. Cependant, l’Inde s’accroche, espérant toujours pouvoir lui redonner une existence avant le 4 novembre prochain, date des élections présidentielles américaines puisqu’il semble que les Démocrates qui ont de grandes chances de revenir aux affaires et de renforcer leur majorité au Congrès, lui sont assez opposés.


Alexandre Vatimbella
© 2008 LesNouveauxMondes.org

BRIC-COMMERCE. Les pays du Bric peu ouverts au commerce mondial…


Selon le nouveau classement du World economic forum sur le commerce mondial, le Brésil, la Chine, l’Inde et la Russie ne sont pas des pays ouverts au commerce mondial qualitativement parlant même s’ils sont, quantitativement, des gros exportateurs et importateurs.


Comme il en a pris l’habitude chaque année le World economic forum vient de publier la nouvelle édition de son « Global enabling trade report » (Rapport sur les opportunités du commerce mondial) qui pointe les évolutions positives et négatives du commerce mondial. L'organisation qui organise le Forum économique de Davos étudie ainsi 118 pays et les classe selon leur aptitude à commercer en fonction quatre grands critères : l'accessibilité de leur marché domestique pour les entreprises étrangères, les barrières douanières (tarifs et qualité de l'administration douanière), la qualité des infrastructures de transport et de communication ainsi que l'environnement des affaires. Ce classement n’est pas quantitatif mais qualitatif. A ce petit jeu, les pays du Bric font pâle figure dans le classement 2008 alors que Hong Kong et Singapour se classent aux deux premières places avec une moyenne indicielle respective de 6,04 et 5,71. La Chine est le pays du Bric le mieux classé et décroche péniblement la…48° place avec une moyenne indicielle de 4,25 ! L’inde vient loin derrière avec une peu reluisante 71° place talonnée de près par le Brésil à la 80° place. Ferme la marche, la Russie avec une catastrophique 103° place sur, rappelons-le, 118 pays…

Classement général

Accès au marché

Administration douanière

Infrastructures transport & com

Environnement des affaires

Rang

Indice

Rang

Indice

Rang

Indice

Rang

Indice

Rang

Indice

Chine

48

4,25

71

4,07

43

4,51

36

4,15

77

4,28

Inde

71

3,74

105

2,82

55

4,08

52

3,54

58

4,53

Brésil

80

3,63

92

3,42

66

3,87

62

3,31

96

3,91

Russie

103

3,25

99

3,11

92

3,20

60

3,35

114

3,35

The Global Enabling Trade Report 2008 © 2008 World Economic Forum

Alexandre Vatimbella & Alexis Levé
© 2008 LesNouveauxMondes.org

lundi 23 juin 2008

CHINE-INDE-ECONOMIE. Le coulage touche les pays émergents quel que soit leur régime politique


Pour l’économiste Gilbert Etienne, chiffres à l’appui, le coulage est un fléau qui touche tous les pays émergents quel que soit leur régime politique, autoritaire ou démocratique.


Depuis leur (re)décollage économique, la Chine et l’Inde ont vu, parallèlement, un développement important du coulage. Ce n’est pas là le moindre des paradoxes du boom des économies émergentes. Littéralement « perte de marchandises due au vol et au gaspillage », il recouvre, au niveau gouvernemental, trois phénomènes selon l’économiste Gilbert Etienne : la mauvaise allocation des fonds publics, le non-recouvrement des recettes de l’Etat et la corruption auxquels il faut évidemment ajouter une très mauvaise gestion qui favorise les comportements délictuels. Ainsi, comme il l’a expliqué lors d’une conférence au Ceri (Centre d’études et de recherches internationales) de Sciences Po Paris, « 40% de la production d’électricité de l’Inde est détournée sans que l’Etat ne fasse grand-chose. De même, le problème de manque d’électricité est connu depuis 1980 sans que rien n’ait été fait pour le résoudre ».

Evidemment, un des fléaux majeurs est la corruption qui, selon les propos de Gilbert Etienne « est caméléon ». Pour lui, le régime démocratique d’un pays influe peu sur le degré de corruption lorsque celui-ci connaît un décollage économique. Ainsi, démocraties et régimes autoritaires sont touchés de la même manière par ce fléau qui représente des sommes très importantes.

Cet accompagnement du développement économique de la Chine et de l’Inde par le coulage est un phénomène bien connu. Les pays européens et, surtout, les Etats-Unis au XIX° siècle connurent le même phénomène lors de leurs révolutions industrielles respectives. Selon les chiffres donnés par Gilbert Etienne, l’évasion fiscale représente trente milliards de dollars en Chine et en Inde, les connexions illégales d’électricité 804 milliards en Chine et l’évasion fiscale 30 milliards en Inde. Des sommes qui auraient pu bénéficier au développement des deux pays.


Alexandre Vatimbella
© 2008 LesNouveauxMondes.org

dimanche 22 juin 2008

RUSSIE-INTERNATIONAL. Accord de partenariat en vue entre la Russie et l’Union européenne


Après l’expiration du précédent accord en décembre dernier, les négociations étaient au point mort suite à des différents entre Moscou et Varsovie ainsi que Vilnius. Mais des arrangements ont été trouvés pour que débute la phase finale de discussion.


La Russie et l'Union européenne viennent d’entamer des négociations finales en vue de conclure un nouvel Accord de partenariat et de coopération (APC) entre elles. Le précédent accord a en effet expiré en décembre 2007 et, depuis, les négociations en vue de son renouvellement était au point mort. Le blocage de ces négociations était du principalement aux désaccords entre la Russie et la Pologne sur les exportations de viande polonaise. Après leur règlement en décembre dernier, le gouvernement polonais s'était déclaré prêt à lever son veto. Mais restait alors à convaincre la Lituanie, unique Etat imposant des conditions préalables à l'adoption du projet d'APC. Vilnius exigeait notamment que soient incluses au mandat de négociations les déclarations enjoignant la Russie de reprendre les livraisons de pétrole par l'oléoduc Droujba, fermé en 2006 après des fuites de brut, et de dédommager les déportés des pays baltes. Après la promesse de l'Union européenne de prendre en compte ces revendications lors des négociations, la Lituanie a donné son feu vert à leur lancement


Alexis Levé
© 2008 LesNouveauxMondes.org