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lundi 22 juillet 2024

Le Focus. Etats-Unis - Présidentielle: Joe Biden décide de se retirer de la présidentielle


L’actuel président des États-Unis et candidat du Parti démocrate à la présidentielle de novembre prochain, le centriste Joe Biden vient de décider de se retirer de l’élection de novembre prochain.

Dans un tweet, il annonce sa décision :
«Chers amis démocrates, j'ai décidé de ne pas accepter la nomination [pour être le candidat démocrate à la présidentielle] et de concentrer toute mon énergie sur mes fonctions de président jusqu'à la fin de mon mandat. Ma toute première décision en tant que candidat du parti en 2020 a été de choisir Kamala Harris comme vice-présidente. Et cela a été la meilleure décision que j'ai prise. Aujourd'hui, je veux offrir mon soutien total à Kamala pour qu'elle soit la candidate de notre parti cette année. Démocrates - il est temps de s'unir et de battre Trump. Faisons le!

Dans une lettre il avait indiqué:
«Bien que j'aie eu l'intention de me représenter, je pense qu'il est dans l'intérêt de mon parti et du pays que je me retire et que je me concentre uniquement sur l'exercice de mes fonctions de président jusqu'à la fin de mon mandat.»

Il indique qu’il interviendra dans la semaine pour expliquer son choix.

On rappelle qu’une campagne de dénigrement menée par les médias et les politiciens de gauche d’une rare violence et d’un rare irrespect pour la personne de Biden, tente depuis des semaines de faire en sorte que celui-ci renonce.

Si l’on ne sait pas encore les raisons qui ont amené le président des États-Unis à retirer sa candidature, la pression était sans doute trop forte pour qu’il prenne le risque de faire perdre son camp, surtout face à la menace pour la démocratie d’un deuxième mandat de Donald Trump.

Voici la «lettre aux Américains de Joe Biden»
«Chers compatriotes américains,
Au cours des trois dernières années et demie, nous avons accompli de grands progrès en tant que nation.
Aujourd'hui, l'économie américaine est la plus forte du monde. Nous avons réalisé des investissements historiques dans la reconstruction de notre pays, dans la réduction des coûts des médicaments délivrés sur ordonnance pour les personnes âgées et dans l'accès à des soins de santé abordables pour un nombre record d'Américains. Nous avons fourni des soins indispensables à un million d'anciens combattants exposés à des substances toxiques. Nous avons adopté la première loi sur la sécurité des armes à feu depuis 30 ans. nommé la première femme afro-américaine à la Cour suprême. Et nous avons adopté la législation climatique la plus importante de l'histoire du monde. L'Amérique n'a jamais été aussi bien placée pour diriger qu'aujourd'hui.
Je sais que rien de tout cela n'aurait pu se faire sans vous, le peuple américain. Ensemble, nous avons surmonté une pandémie qui n'arrivait qu'une fois par siècle et la pire crise économique depuis la Grande Dépression. Nous avons protégé et préservé notre démocratie. Et nous avons revitalisé et renforcé nos alliances dans le monde entier.
Ce fut le plus grand honneur de ma vie d'être votre président. Bien que j'aie eu l'intention de me représenter, je pense qu'il est dans l'intérêt de mon parti et du pays que je me retire et que je me concentre uniquement sur mes fonctions de président jusqu'à la fin de mon mandat.
Pour ma part : ma toute première décision en tant que candidat du parti en 2020 a été de choisir Kamala Harris comme vice-présidente. Et cela a été la meilleure décision que j'ai prise.
Aujourd'hui, je veux offrir mon soutien total à Kamala pour qu'elle soit la candidate de notre parti cette année. Démocrates - il est temps de se rassembler et de battre Trump.»

dimanche 21 juillet 2024

Commentaire. Etats-Unis - Présidentielle: quand Trump tente de se faire passer pour un modéré centriste ou l’insulte incroyable à la démocratie


Or donc Trump aime tout le monde!

Non seulement c’est lui qui le prétend lors de son discours d’acceptation de l’investiture du Parti républicain à Milwaukee mais également tous ses fan(atique)s qui sont intervenus lors de cette Convention républicaine qui vient de s’achever…

Une insulte incroyable à la démocratie diffusée en cœur par des médias de plus en plus déplorables même si nombre d’entre eux avouent que rien n’a changé dans le fond chez l’extrémiste populiste, juste une duperie pour un ravalement de façade sans vergogne.

La nouvelle stratégie de l’extrémiste populiste après la tentative d’assassinat à son encontre ainsi que face à la campagne médiatique de dénigrement contre son opposant centriste, Joe Biden, est de faire croire aux Américains que celui qui expliquait qu’il pourrait lui-même assassiner n’importe qui sur le Cinquième avenue de New York sans jamais aller en prison, qui insulte à tour de bras tous ses opposants les menaçant constamment de prison, qui a organisé une tentative de coup d’Etat et qui admire tous les dictateurs passés et présents de la planète, de Hitler – dont Mein Kampf était son livre de chevet – à Poutine, est devenu un homme de compromis, de consensus et d’union!

Un gentil, quoi!

Que ses sectateurs – qui sont aussi ceux qui n’ont cessé d’insulter et de menacer ses opposants – applaudissent à tant d’impudences n’est guère étonnant.

Que les médias, plus préoccupés par leurs taux d’audience et leur diffusion, suivent le mouvement, non plus.

Reste à savoir ce que vont en penser les Américains.

On peut penser que la majorité ne sera pas dupe de cette tentative de séduction éhontée d’autant que le programme de Trump, lui, n’a pas changé depuis 2016 mais est même devenu encore plus radical (notamment avec l’explosif «projet 2025» qu’il soutient et qui a été établi par des républicains extrémistes qui le soutiennent).

Pour autant, après cette convention du Parti républicain qui l’a intronisé, et de manière mécanique toutefois comme c’est le cas systématiquement pour un candidat dans pareille situation, Donald Trump grimpe dans les sondages.

Et comme les médias, notamment, de gauche ne cessent d’attaquer Joe Biden et mènent une véritable campagne de propagande pour qu’il se retire – dont le nauséabond rappelle celle de ces mêmes médias à l’encontre d’Hillary Clinton en 2016 –, l’avenir à court terme de la candidature de l’extrémiste populiste semble assez radieux.

 

mercredi 17 juillet 2024

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Et si mécontentement et colère n’avaient nul besoin de justification mais étaient inhérents à la condition humaine


Que tout aille bien ou que tout aille mal, les humains sont toujours mécontents et «en colère», selon une expression loin d’être neutre dans son utilisation par les médias mais les motifs de leur ire varient.

Que ce soit pour la sécurité ou l’environnement ou l’inflation ou l’école ou l’immigration ou quoi que ce soit d’autre, les raisons du mécontentement et de la colère sont interchangeables comme le montrent les sondages à travers les années.

Quand il n’y a pas d’événements violents – manifestations qui dégénèrent, attentats terroristes ou crimes particulièrement crapuleux ou abominables – qui peuvent justifier un mécontentement ou une colère en matière de sécurité, les gens trouvent matière à se plaindre dans une pollution quelconque ou bien dans un dysfonctionnement de l’école à moins que ce soit une hausse des prix voire que des bateaux d’immigrés qui accostent dans les ports.

D’où cette réalité: le mécontentement et la violence changent de causes qui ne sont donc que des fausses justifications pour un état qui, lui, est permanent.

Cela ne veut évidemment pas dire que les choses vont bien ni que les événements qui se déroulent n’ont pas de raison de provoquer une légitime indignation.

Non, cela signifie que, de toute façon, les humains trouveront un motif pour être mécontent ou «en colère» alors qu’ils pourraient jauger entre ce qui va bien et ce qui va mal et adopter une vision plus équilibrée.

Et ils sont mécontents et «en colère» qu’ils vivent dans un pays pauvre ou dans pays riche.

Qu’ils soient des privilégiés ou non.

Que leur niveau de vie et leur condition d’existence se soient nettement améliorées ou non.

Donc c’est de condition humaine qu’il faut parler.

Être mécontent et être «en colère» face à l’existence ne peuvent être niés dans le comportement humain.

Quel que soit le monde dans lequel nous vivons, notre existence n’est jamais parfaite et si elle l’est, elle ne dure que peu de temps.

Il y a toujours quelque chose qui cloche.

Et à la fin, nous disparaissons sans jamais avoir su pourquoi nous avions existé.

Tout cela est anxiogène pour tout le monde.

Et notre révolte face à la vie est in fine vaine.

Nous pouvons bien sûr changer des choses dans le monde que nous vivons, surtout dans les sociétés que nous créons mais nous ne pouvons pas changer de monde.

Et ça, c’est une grande frustration qui, de manière souterraine, alimente sans cesse un mécontentement et une colère latente qui n’attend qu’une étincelle, souvent peu rationnelle, pour exploser.

Car, oui, notre quotidien, pour une raison ou une autre, sera toujours difficile avec des événements que nos subirons.

Et au lieu de nous réjouir de ce qui va mieux, nous serons toujours plus prompts à nous plaindre de ce qui va mal ou de ce qui va moins bien, même si cela est conjoncturel.

Dès lors, nous devons faire le constat que l’Histoire nous apprend: nous ne pourrons jamais connaître le vrai bonheur – encore faut-il que nous puissions le définir comme nous le rappelle Kant – parce qu’il y aura toujours des interférences plus ou moins importantes qui rendront notre existence tout sauf un long fleuve tranquille.

Une des preuves les plus flagrantes de cet état d’insatisfaction chronique qui provoque notre mécontentement et notre colère, est que quelle que soit l’amélioration de nos conditions de vie nous continuons à nous plaindre.

Qu’un peuple mangent à sa faim alors que d’autres meurent de famine et que ses ancêtres en ont été victimes, qu’un peuple vive en paix alors que d’autres meurent dans des guerres et que ses ancêtres sont morts par millions dans des conflits barbares, qu’un peuple ait les moyens de se payer des loisirs et de partir en vacances pendant que d’autres ne voient pas plus loin que de survivre une journée de plus et que ses ancêtres travaillaient sans congés payés, qu’un peuple ait la capacité de se soigner pendant que d’autres meurent lors d’épidémies ravageuses et que ses ancêtres étaient décimés par des maladies que l’on soigne et guérit désormais et ainsi de suite, ce peuple trouvera toujours des motifs pour estimer qu’il est victime et exprimer ses frustrations contre un état que personne sur terre ne pourra changer.

Bien sûr, il nous faut évoquer ces autres sondages qui semblent dire le contraire de la thèse que je viens de défendre.

Ainsi, quand les instituts de sondage demandent si l’on est heureux, il y a le plus souvent une double réponse.

On se dit heureux de sa condition mais on se plaint de la marche du monde.

Cette sorte de schizophrénie n’est qu’apparente.

Une analyse plus poussée montre que l’on peut se dire heureux tout en étant insatisfait.

Ainsi, si en France, 69% des sondés jugent leur situation économique satisfaisante (sondage IPSOS réalisé en mars 2024), cela ne veut pas dire que l’on n’est pas satisfait de ne pas gagner plus.

D’autant que les «autres» auxquels on a tendance à se comparer, c’est-à-dire, en l’occurrence, gagnent plus que nous, ce que nous avons tendance à considérer comme injuste.

Dès lors, il n’est pas étonnant que le dernier sondage en la matière (Elabe réalisé en juin 2024) montrent que la principale préoccupation des Français est le pouvoir d’achat (il est cité en premier par 58% d’entre eux) alors même que celui-ci est en constante augmentation depuis 1945.

Quand nous visualisons notre existence, nous en sommes majoritairement globalement satisfaits (71% des Français s’affirment heureux selon le même sondage) mais quand nous nous comparons aux autres, nous trouvons des motifs de plainte qui se transforment en mécontentement et en colère.

Nous serions ainsi satisfait de notre monde «intérieur», notre sphère privée, mais insatisfait du monde «extérieur» sur lequel nous déverserions toutes nos peurs, nos angoisses et nos revendications.

Dans une poursuite effrénée du «bonheur», nous en voudrions toujours plus et nous serions, en plus, frustrés de voir d’autres en avoir plus que nous.

D’où notre insatisfaction chronique et notre «colère» exprimée face à un monde que nous ne maîtrisons pas et qui semble toujours plus clément aux «autres», que nous les considérions comme des bons ou des méchants.

Ce qui suscite une interrogation à laquelle nous devons nous confronter en essayant de trouver des solutions positives: le projet démocratique peut-il vivre, de développer et prospérer sur cet état d’esprit humain?

Car, plus la démocratie va irriguer la société, plus l’individu acquerra une plus grande autonomisation, plus son mal-être sera le fondement de ses revendications sociales, plus il sera frustré de ne pas obtenir tout ce qu’il veut, plus il sera alors mécontent et «en colère».

A moins que le projet démocratique parvienne à inverser une tendance très inquiétante.

Mais pour cela, il faut d’abord le vouloir.

Alexandre Vatimbella