Les Actualités sur Mondiaglobalisation

jeudi 23 novembre 2023

Commentaire. Que nous dit la victoire de Milei en Argentine

Avant de commencer, mettons les choses au clair.

Javier Milei n’a pas battu un «centriste» au second tour de la présidentielle en Argentine mais, Sergio Massa, le ministre de l’économie sortant d’un gouvernement péroniste, – c’est-à-dire d’une idéologie populiste, autocratique et démagogique qui a, en plus, plombé le pays –, un homme tout sauf au centre qui avait tenté de se situer au milieu de l’échiquier politique pour éviter la défaite, ce qu’il n’a pas réussi à faire.

Quant à Milei, posons tout de suite le personnage: admirateur de Bolsonaro mais surtout de Trump, ce dernier, qui le considère comme un de ses fils spirituels, n’a d’ailleurs pas manqué de le féliciter chaudement pour son élection quand le département d’Etat des Etats-Unis et son chef, Antony Blinken, prenait acte de cette victoire sans citer son nom…

On l’a compris, Milei est un danger pour la démocratie républicaine libérale même s’il se considère libéral alors qu’il est, au minimum, néolibéral en matière économique et antisystème en matière politique à l’instar de son mentor américain.

Evidemment la situation catastrophique de l’Argentine avec une inflation de plus de 142% et un gouvernement incapable de faire face comme d’ailleurs tout les gouvernements péronistes de l’histoire du pays, a été d’une grande aide pour permettre à Milei de l’emporter.

Celui qui se dit libertarien propose dans son programme de réduire l’Etat en-dessous du strict minimum et de permettre, entre autres, à des parents de vendre leurs enfants à des tiers!

Il fut un temps où les populistes lorsqu’ils étaient élus, mettaient beaucoup d’eau dans leur vin.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Un élément important est que Milei n’a pas, loin de là, une majorité au Parlement argentin pour mettre en œuvre son programme.

Reste à savoir si la réalité le contraindra à devenir responsable.

Son comportement erratique et parfois d’un illuminé n’est pas de bon augure pour cela.

 

Commentaire. Etats-Unis - Présidentielle 2024: La seule question importante: le peuple américain remettra-t-il Trump au pouvoir?

Alors que les procès se multiplient contre lui et que ses opposants républicains tentent désespérément d’exister dans des débats télévisés en vue d’une nomination perdue d’avance comme candidat de leur parti à la présidentielle, la seule question importante est désormais de savoir si le peuple américain remettra Donald Trump au pouvoir.

Les sondages semblent suggérer que c’est une éventualité sérieuse ce qui est déjà une effrayante nouvelle concernant un politicien corrompu, menteur, incapable, complotiste et organisateur d’une tentative de coup d’Etat le 6 janvier 2021 pour demeurer à la Maison blanche après avoir perdu l’élection de novembre 2020 par plus de sept millions de voix.

Parce qu’il semble – sauf condamnation lourde et/ou interdiction de se présenter à l’élection – que Trump sera le candidat du Parti républicain.

Face à lui il aura le président démocrate sortant, Joe Biden, qui a remis, non seulement, les Etats-Unis sur les bons rails, mais a rendu sa dignité à la fonction suprême.

Seulement voilà, un «Biden bashing» s’appuyant essentiellement sur l’âge de celui-ci ainsi que sur ses discours décousus (il fut atteint de bégaiement dans son enfance) est en vogue chez les républicains mais aussi une partie des démocrates ainsi que dans les médias.

Un âge qui ne l’empêche nullement d’être capable de gouverner comme le prouve ses décisions et ses mesures ainsi que le fond de ses discours de grande qualité qui tranchent avec le vide sidéral de ceux de Trump dont, par ailleurs, l’âge est quasi-identique à celui de Biden.

La croissance américaine, la baisse du chômage, les mesures sociales, les positions en matière de politique étrangère (Tout en revitalisant l’alliance des démocraties, il a qualifié Poutine et Xi de «dictateurs» pendant que Trump parlait de son «admiration» pour ces personnages!) montrent les grandes qualités de dirigeant de la première puissance mondiale et de la plus vieille démocratie de la planète du centriste.

Par quelque bout qu’on prenne la problématique, il n’y a donc aucune raison logique pour que Donald Trump puisse revenir au pouvoir.

Et pourtant…

Voilà qui en dit long sur le malaise qui frappe actuellement les démocraties dans le monde et, au premier chef, la plus puissante d’entre elles.

Parce que même s’il n’a jamais été majoritaire lors d’élections (il avait perdu par plus de trois millions de voix contre Hillary Clinton en 2016 tout en remportant plus de grands électeurs), des dizaines de millions d’Américains sont prêts à voter pour lui (et des millions à s’abstenir de voter par Biden malgré l’enjeu de l’élection de 2024) faisant fi de ce qu’il est dans un mélange de fascination pour une ex-star de la téléréalité, pour un milliardaire (qui a pourtant fait faillite plusieurs fois), pour un aculturé et pour un haineux contre l’autre (le démocrate, le noir, l’arabe, le juif, le riche, le pauvre, l’étranger, le LGBTQ+, etc.) quel qu’il soit.

Une réélection de Trump, d’autant plus quatre ans après sa défaite, montrerait les limites atteintes par la démocratie qui n’a pas été capable de former des citoyens responsables et assez éduqués pour ne pas tomber dans le piège d’un vulgaire politicien de bas étage.

Sans oublier que son volonté est de transformer les Etats-Unis en une autocratie qui, s’il y parvenait, marquerait un tournant historique, avec la possibilité de faire imploser le projet démocratique pas seulement dans son pays.

Oui, la seule question importante est de savoir si les Américains croient encore à la démocratie.

Et la réponse viendra le 5 novembre 2024.

mardi 21 novembre 2023

Le Focus. Imaginons qu’Israël n’ait pas répondu à l’attaque terroriste du Hamas

Imaginons un instant qu’Israël n’ait pas répondu à l’attaque terroriste du Hamas comme l’auraient voulu certains.

Quel message envoyé à tous les mouvements terroristes qui rêvent de détruire Israël depuis sa création et, plus largement, comme le Hamas le dit à vox haute, éliminer tous les juifs et qui auraient immédiatement compris qu’il était donc possible de massacrer 1200 israéliens de manière particulièrement barbares et rappelant certaines méthodes nazies en toute impunité!

Oui, imaginons la suite…

Ni Israël, ni les Israéliens mais sans doute les juifs à travers le monde n’auraient plus été en sécurité car la dissuasion efficace qu’a du pratiquer le pays depuis sa création que ce soit lors de guerres conventionnelles comme en 1967 et 1973 et contre des actes terroristes incessantes aurait instantanément disparu.

Il était donc, non seulement évident, mais pour une question basiquement de survie que le gouvernement israélien allait réagir.

Les terroristes du Hamas le savaient bien.

Dans cette opération d’une violence sans pareille, ils espéraient cette réponse forte afin de mobiliser le monde entier et en particulier les régimes arabes contre Israël et lui porter, à tout le moins, un coup extrêmement dur quant à son image.

Le fait que Benjamin Netanyahu, politicien corrompu, est à la tête de la coalition la plus à droite depuis la création du pays en 1948 avec des éléments d’extrême-droite ultra-radicalisés était, pour l’organisation terroriste une aubaine qu’il ne fallait pas laisser passer.

Au vu des réactions de certains partis de gauche (on ne parle par des ennemis d’Israël de tout temps à l’extrême-droite et l’extrême-droite ainsi que dans les milieux musulmans et évidement islamistes), c’est un pari partiellement gagné.

Mais que pouvait faire d’autre Israël après le 7 octobre?

Reste à ses dirigeants de comprendre que pour pérenniser l’existence d’Israël, il leur faut absolument réinitier un dialogue avec les Palestiniens modérés et démocrates.

Pour autant, une question essentielle ne pourra être évitée: y a-t-il la place pour deux Etats sur cette terre aride et aux ressources limitées en particulier en matière d’eau?

C’est pourquoi la seule solution viable – mais encore totalement utopique – n’est pas la création de deux entités mais bien d’une seule sous la forme d’une fédération.

 

[Retrouvez quotidiennement ce billet rédigé par l’équipe du CREC concernant l'actualité du jour]

 

 

Le Focus. Etats-Unis - Présidentielle 2024: La valse des sondages qui ne veulent pas dire grand-chose

Ce que disent les sondages actuellement, c’est que la présidentielle étasunienne de 2024 risque d’être serrée… ou pas.

Si l’on prend les pourcentages des deux principaux candidats, on se dit que la bataille s’apprête à être rude tellement ils sont proches l’un de l’autre avec, une fois Trump en tête, une fois Biden.

A titre d’exemple, deux sondages parmi les plus récents, réalisés quasiment en même temps donnent des résultats opposés.

Ainsi pour Ipsos Donald Trump obtient 35% des intentions de vote contre 33% pour Biden alors que Rasmussen donne 46% à Biden et Trump à 42%.

Mais si l’on prend le pourcentage de ceux qui ne savent pas encore pour qui ils vont voter et qui peut monter jusqu’à plus de 15% des électeurs qui comptent se rendre aux urnes, alors cette bataille, qu’ils penchent vers l’un ou l’autre des candidats, peut montrer un favori incontestable lorsqu’ils se seront décidés.

La seul chose que l’on peut retenir des enquêtes d’opinion des instituts sérieux (et il y a de très nombreux qui ne le sont pas), c’est que Donald Trump peut gagner.

Cette terrible possibilité pour la démocratie républicaine vient, bien sûr, de cette base solide que l’apprenti dictateur a depuis 2016 mais aussi de nombre d’électeurs démocrates et «independents» (sans affiliation partisane déclarée et dont une partie se situent au centre de l’échiquier politique) qui ne veulent pas voter pour Joe Biden qu’ils trouvent trop vieux, sans même juger sérieusement son bilan que l’on peut qualifier de globalement très positif si l’on se rappelle dans quel état il a récupéré le pays après le passage de Trump.