Les Actualités sur Mondiaglobalisation

dimanche 28 mai 2023

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Et si les médias empêchaient l’émancipation du citoyen

Que ce soit par motivation commerciale ou idéologique, les médias ne remplissent pas leur devoir citoyen de délivrer une information la plus juste et la plus objective possible (sachant que la «vérité» est un leurre er que l’objectivité totale impossible).

Bien sûr, selon leurs orientations politiques – sauf pour les médias de service public –, libres à eux, ensuite, de la commenter et de donner leur opinion.

Ce dont je parle est la matière première, les faits, qui, rapportés au plus près de la manière dont ils se sont déroulés, font la véritable information journalistique.

Et cela a une conséquence capitale: l’impossible émancipation du citoyen car celui-ci a besoin de cette information citoyenne pour qu’il puisse, grâce à sa formation (enseignement par l’école et autres moyens de se cultiver), être capable d’être responsable de son projet de vie mais aussi de ses actes.

Pour prendre la mesure de ce que cela représente comme carence dans le processus qui permet au citoyen d’être capable de prendre des décisions concernant ses intérêts et ceux de sa communauté en se basant sur des informations les plus proches possibles de la réalité, imaginons que l’on enseigne à l’école que la Terre est plate, que ce sont les autres planètes et le soleil qui tournent autour d’elle et que les autres étoiles ne sont que des ampoules accrochées à la voûte céleste.

Ou imaginons que pour soigner le cancer, on lui enseigne qu’il faille faire des saignées et traiter les «humeurs».

Comment, dans ces conditions, le citoyen pourrait-il appréhender en toute connaissance de cause et vivre libre dans un monde où il aurait sciemment trompé par l’enseignement qu’il a reçu?

Eh bien, nous sommes proche de cette configuration avec les dérives de plus en plus nombreuses et de plus en plus graves des médias avec la réalité.

Je ne plaide pas pour revenir un âge d’or qui n’a jamais existé dans la presse où ces manquements au devoir d’informer ont toujours été présentes.

Le journalisme du 19e siècle et du début du 20e siècle en France était aussi gangréné par les intérêts commerciaux et idéologiques.

Pendant longtemps le commentaire était valorisé par rapport à la description des faits.

Néanmoins, une avancée dans l’information citoyenne avait eu lieu avec cette idée que le journalisme avait une mission didactique qui était de lui donner les éléments factuels essentiels à son émancipation.

La Charte de déontologie du journaliste rédigée par le SNJ (Syndicat national des journalistes) en 1918 et qui servira plus tard de modèle à la Fédération européenne des journalistes pour sa Charte dite de Munich en 1971, démontrait cette volonté.

Tout n’était pas parfait mais il semblait que les avancées dans ce domaine étaient irréversibles.

Malheureusement le troisième millénaire naissant allait connaître une régression spectaculaire dans cette mission libératrice.

On peut bien sûr pointer l’émergence d’internet et des réseaux sociaux vis-à-vis desquels la presse traditionnelle, après une tentative de résistance, se calqua sur leurs codes pour le pire.

Cependant, ce serait trop facile de trouver uniquement des responsables extérieurs de cette dérive.

Parce que la déontologie journalistique aurait dû l’empêcher, ce qui n’a pas du tout était le cas, démontrant que les journalistes et les propriétaires des médias n’avaient aucunement comme but cette information citoyenne mais que la concomitance entre celle-ci et leurs intérêts commerciaux et idéologiques était conjoncturelle et non structurelle.

Nous voilà donc dans un monde où ni la réalité des faits, ni leur hiérarchie, ni leur importance pour l’information du citoyen ne sont des priorités absolues.

Nous voilà dans un monde où les faits ne sont plus la matière première pour informer mais, par leur manipulation, pour raconter des réalités alternatives qui servent l’intérêt, non pas du citoyen, mais du média, de ses intérêts commerciaux et/ou idéologiques.

Tout cela a une conséquence désastreuse pour le projet démocratique qui ne peut exister sans un citoyen qui, pour être, émancipé et responsable, doit être correctement formé et informé.

 

 

vendredi 26 mai 2023

Editorial. Derrière les bouffons populistes, des extrémistes particulièrement dangereux

Comme Trump et ses fanatiques aux Etats-Unis ainsi que Mélenchon et ses idolâtres en France, la politique semble actuellement parasitée, voire parfois dominée, dans les démocraties par des sortes de bouffons populistes, démagogues et menteurs.

Néanmoins il faut faire attention à ces personnages le plus souvent médiocres mais capables de manipuler des foules crédules, comme le furent tous les populistes au fil du temps des démocraties, car ils sont aussi des extrémistes dangereux, potentiellement fossoyeurs de la liberté et de l’instauration de régimes autocratiques voire autoritaires.

Pour parvenir à leurs fins, ils exaltent la haine et l’envie dans une partie de la population, décrédibilisent les institutions démocratiques, insultent tous leurs opposants et les menacent de violence tout en se présentant comme les seuls représentants du peuple qui sont victimes de complots les empêchant d’être au pouvoir ou, s’ils l’ont été, les ayant chassés indûment de celui-ci.

Provoquer une sorte de chaos permanent leur permet de prétendre que la démocratie républicaine n’est pas capable d’imposer son ordre, qu’elle est réactionnaire lorsqu’elle s’attaque aux fauteurs de trouble présentés systématiquement comme des victimes du système et que eux seuls pourront sortir le pays de sa soi-disant crise démocratique.

Instinctivement, ils ont compris qu’il existe une rage latente dans une partie de la population qui ne demande qu’à être excitée pour déstabiliser l’ordre démocratique.

Que cette rage soit basée sur du réel ou du fantasmagorique n’est pas important parce que le remède qu’ils proposent est d’abord de la vengeance et de la destruction qui contentent ces individus «en colère» comme aiment à les décrire les médias.

Quant aux promesses qu’ils font, elles sont irréalisables mais cela importe peu car ce ne sont que de l’enrobage par rapport au vrai objectif qui est le renversement de la démocratie républicaine.

Les défenseurs de celle-ci ne devraient pas prendre la menace à la légère comme ils l’ont fait trop souvent dans le passé avec les conséquences que l’on connait.

jeudi 25 mai 2023

Editorial. Tenir bon avec l’Ukraine

Après que Volodymyr Zelensky ait effectué une mini-tournée européenne pour parler avec ses alliés et leur expliquer ses besoins pour bouter hors de son pays la soldatesque de Poutine et alors que se prépare une offensive pour bouter les Russes hors de son territoire, nous devons demeurer mobiliser et tenir bon avec l’Ukraine et les Ukrainiens.

Parce cette guerre est la nôtre.

Elle est la nôtre parce qu’elle se déroule sur le territoire européen.

Elle est la nôtre parce qu’il s’agit d’une attaque frontale contre les valeurs humanistes de nos démocraties républicaines.

Elle est la nôtre parce que les agissements criminels de Poutine tuent tous les jours des enfants, des femmes et des hommes innocents.

Elle est la nôtre parce que si nous laissons tomber les Ukrainiens, nous seront les prochains sur la liste des régimes totalitaires.

Mais l’on peut comprendre une sorte de lassitude et de désillusion.

Lassitude devant une guerre qui dure maintenant depuis plus d’un an et dont on ne voit comment elle pourrait bientôt finir.

Désillusion, surtout, parce que nous pensions que si la guerre revenait en Europe – et elle le devait parce qu’elle est une gangrène depuis les débuts de l’Humanité – nous serions capables de réagir sans trembler et d’y mettre fin le plus rapidement possible.

Or, nous sommes, nous les peuples européens, des spectateurs démunis qui voyons avec désarroi et frayeur notre incapacité à arrêter de conflit.

Ce fut le cas tant de fois sur ce continent lieu central des deux guerres les plus sanguinaires de la planète que se retrouver à nouveau devant le mal sans pouvoir y mettre fin, a quelque chose de désespérant.

Mais quel que soit ce dépit, nous ne devons pas céder au découragement.

N’oublions pas que la lutte pour la liberté n’est jamais gagnée mais est une bataille de tous les instants et que le moindre relâchement est immédiatement utilisé par ses ennemis.

Oui, la Russie mais plus sûrement la Chine sont à l’affût de nos possibles renoncements.

Faisons en sorte de ne jamais donner l’opportunité aux régimes totalitaires de nous asservir.

lundi 15 mai 2023

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La démocratie et ses faussaires

Les faussaires de la démocratie sont partout.

Faussaires, des «personnes qui commettent un faux, qui imitent, qui falsifient quelque chose d'authentique» selon la définition du CNRTL, le Centre national de ressources textuelles et lexicales du CNRS.

Au nom soi-disant de la défendre, de l’améliorer, de l’accroître et/ou de permettre qu’elle fonctionne correctement voire réellement, ils la violent, la corrompent, la fragilisent sans vergogne et s’en servent pour l’instrumentaliser au profit de leurs desseins individuels ou collectifs.

En réalité, ils attaquent les valeurs qui la fondent et en sont les fossoyeurs.

On les retrouve partout, dans les partis politiques, dans les médias, dans les sphères intellectuelles mais aussi dans l’univers des réseaux sociaux où ils pullulent.

Exemple avec les deux valeurs fondamentales de toute démocratie: la liberté et l’égalité.

Celui venant de la Gauche.

Au nom d’une liberté virtuelle, elle s’en prend constamment à la sécurité qui serait anti-démocratique.

Des organisations ont même demandé aux Etats-Unis de ne plus financer la police, mot d’ordre repris en France par certains membres de la Nupes.

Or, Proudhon disait fort justement qu’il y avait trois éléments essentiels pour l’humain: sa liberté, son égalité et sa sécurité.

C’est vrai.

Si elles sont vraiment réelles alors sa dignité est assurée et son individualité préservée.

Car la liberté sans la sécurité ne peut exister pas et n’existera jamais.

Celui venant de la Droite.

Au nom d’une soi-disant méritocratie, l’égalité ne serait vraiment assurée que si l’on laisse à chacun la capacité d’exploiter ses potentialités sans les entraver d’aucune manière dans une compétition où le «meilleur»gagne.

Sauf que le prétendre c’est oublier que dans une société qui n’organise pas l’égalité, comme le dit Montesquieu, «quand il s'agit d'obtenir les honneurs, on rame avec le mérite personnel et on vogue à pleines voiles avec la naissance».

En effet, laisser inorganisée la méritocratie c’est évidemment nier qu’il y a, dès le départ, une inégalité de condition sociale entre les individus et que si l’on veut une vraie égalité de réussite, donc une vraie méritocratie, il convient de donner la même chance à chacun de pouvoir mener son projet de vie avec succès.

Prenons un autre exemple: le communautarisme.

Sous couvert de donner la parole aux minorités, il nie la plupart du temps l’universalisme qui est le  cadre même de la démocratie républicaine libérale.

Tout groupe qui réclame une légitimité plus grande et des droits plus étendus que ceux offerts par cette démocratie républicaine libérale combat en fait cet universalisme.

De même pour tous les mouvements qui demandent des «réparations» à la démocratie au motif qu’elle aurait maltraité des groupes sociaux, ethniques, générationnels, etc.

Le plus souvent ils réclament une sur-égalité ce qui, par voie de conséquence, entraîne une sous-égalité aux autres ce qui est totalement anti-démocratique alors même que la revendication est soi-disant une démocratie plus aboutie…

Plus généralement, exiger pour un groupe – et non pour un individu – une reconnaissance de sa différence c’est créer des sphères fermées qui se côtoient dans une inégalité de fait.

L’exemple le plus caricatural dans cette fausseté est bien sûr la prétention d’établir la démocratie ultime en passant par une dictature!

C’est ce qu’a prétendu le marxisme-léninisme et a abouti aux pires totalitarismes du 20e siècle en Russie et en Chine, notamment, avec des dictateurs comme Staline et Mao qui n’ont rien à envier à Hitler.

Par ailleurs, on retrouve une idée dans les mouvances extrémistes de gauche et de droite selon laquelle le «peuple» serait tout puissant pour organiser la démocratie comme il l’entend.

Or rien n’est plus faux.

La démocratie est un régime qui donne le pouvoir au peuple de choisir ses représentants, non d’abattre la liberté, l’égalité et la fraternité.

Ainsi n’y aurait-il qu’un seul partisan de celles-ci, cela empêcherait toute le reste de la communauté dans laquelle il vit de le priver de ses droits démocratiques.

Et n’y aurait-il plus aucun partisan, cette même communauté ne pourrait agir au nom des droits des générations futures.

La manipulation des esprits est la méthode principale utilisée par les faussaires.

La réponse est une dénonciation constante des tentatives de vicier la démocratie et de subvertir ses valeurs.

Plus structurellement, c’est de bien former et informer chacun pour qu’il devienne ce citoyen responsable et conscient de ses intérêts et de ceux de sa communauté, ce qui est la condition sine qua non d’un fonctionnement correct de la démocratie.

Alexandre Vatimbella

dimanche 14 mai 2023

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Un «citoyen-consommateur»? pourquoi pas, mais responsable!

Le consumérisme a largement pénétré la sphère de la citoyenneté, le plus souvent pour le pire avec des demandes extravagantes de toujours plus et d’insatisfaction chronique où la satisfaction immédiate et l’intérêt à courte vue d’individus à l’autonomie égocentrique l’emportent sur un comportement raisonnable.

Je m’en suis souvent inquiété et je m’en inquiète encore.

Sur le principe, on ne peut que se montrer critique sur ce phagocytage de la politique par les codes consuméristes.

Cependant, au lieu de refuser de manière stérile un mouvement qui semble se répandre inéluctablement, il vaut nettement mieux l’accompagner et l’encadrer afin de bloquer ses effets négatifs et ressortir ses points positifs.

Car, à y regarder de plus près, cet «entrisme» du consumérisme dans la politique n’est pas obligatoirement ce danger existentiel pour la démocratie républicaine qu’il semble à première vue.

Mais, pour cela il faut deux conditions impératives.

La première est l’absolue nécessité de la responsabilité du «consommateur» et cela passe par sa formation et son information qui lui permette d’utiliser son autonomie aux mieux de ses intérêts et de ceux de la communauté dans laquelle il vit.

La deuxième est que ce «marché» où vient faire ses emplettes le citoyen soit un lieu où l’on traque sans relâche les «produits» dangereux ou défectueux, la fraude et la publicité mensongère pour offrir réellement le meilleur choix et la meilleure qualité possibles.

Parce que s’il s’agit uniquement d’avoir le comportement d’une personne qui consomme sans frein et sans satiété, surtout sans se poser de questions sur les conséquences de ses choix, alors le consumérisme politique sera le cimetière de la démocratie.

Et si ce vaste marché de la démocratie ressemble comme deux gouttes d’eau à celui des biens, alors il sera également largement gangrené par des produits insécures ou inutiles qui auront un aspect des plus séduisants et seront promotionnés par une communication qui vendra du rêve et des paillettes mais qui causeront d’énormes dégâts et seront source de déception donc de mécontentement qui toucheront, certes les «produits» politiques mais également le «marché» de la démocratie avec une méfiance, voire une défiance, envers les valeurs, les principes et les règles sur lesquels elle repose et qui la font fonctionner.

Bien sûr, in fine, ce doit être le citoyen-consommateur bien formé et informé, conscient de ses intérêts qui doit être capable de séparer le bon grain de l’ivraie.

On le voit, les conditions d’acceptation d’un tel marché consumériste sont élevées.

Mais il ne peut en être autrement pour que ne soient pas dévoyées les valeurs humanistes de la démocratie.

Mais si il est réellement possible de les mettre en œuvre, alors cette capacité du citoyen à choisir le meilleur en toute connaissance de cause ainsi qu’en responsabilité et en déjouant les pièges populistes, les discours démagogiques, les tromperies idéologiques et autres chausse-trapes auxquels il sera confronté, alors la démocratie sera plus forte, plus solide et permettra d’obtenir de meilleurs résultats pour l’ensemble de la société et de ses membres.

Les mouvements de consommateurs qui se sont créés dans les années 1960 et 1970 avaient comme objectif de défendre le consommateur contre ces mauvais produits en se battant pour que les industriels fabriquent et les commerçants vendent de la qualité et pour qu’ils soient vendus au juste prix (c’est-à-dire au meilleur rapport qualité/prix et, non, contrairement à ce que l’on croit, au prix le plus bas possible au risque d’une mauvaise qualité, voire pire, d’une désorganisation de l’économie), tout en responsabilisant le consommateur dans ses choix, sa manière de consommer et une éthique générale face aux produits et à la façon de les confectionner.

Dès lors, si le citoyen devient un «consommateur de politique» responsable, il pourra être un vrai pilier de la démocratie républicaine.

Dans le cas contraire, il en sera un de ses pires ennemis, mettant en jeu l’existence même du régime.

Et c’est bien, malheureusement, le chemin que suivent actuellement une grande partie de la population dans la plupart des pays, en particulier dans les démocraties républicaines.

Dans un comportement du «toujours plus», nombre de ces citoyens-consommateurs semblent prêts à suivre les yeux fermés n’importe quel camelot qui, du haut de son estrade lui vend des promesses-miracles évidemment irréalisables.

Il est donc temps, avant qu’il ne soit trop tard, de les émanciper en leur donnant les capacités d’avoir les yeux grands ouverts.

Alexandre Vatimbella