Les Actualités sur Mondiaglobalisation

mardi 27 décembre 2022

Le Focus. Sous Kagamé, le Rwanda est une dictature qui agresse ses voisins

Le prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, alerte sur les exactions commises par le régime criminel du Rwanda au Congo et son aide au groupe armé M23 qui sème la désolation et commet des crimes contre la population civile.

Dans un entretien au quotidien Le Monde, il a déclaré:
«Nous sommes agressés par le Rwanda. C’est reconnu. L’ambassadeur de France aux Nations unies a qualifié d’«horreur» le massacre de Kishishe. Mais après? Quelle suite? Rien. Malheureusement, on ne voit pas la communauté internationale s’émouvoir comme elle le fait pour l’Ukraine, où le pays agresseur – la Russie – est sanctionné, isolé. La politique européenne en direction de la région des Grands Lacs est d’une totale incohérence.»

Et de préciser:
«Nous demandons que le droit international s’applique. Nous demandons que la Charte des Nations unies s’applique. Nous demandons qu’il y ait une mobilisation internationale contre l’agression du Rwanda. Nous demandons que l’on mette un terme à ce système de deux poids, deux mesures. Personne ne parle du Congo alors que, tous les jours, il y a au moins une réunion au niveau international sur l’Ukraine.»

hélas, le célèbre médecin et défenseur des droits humains est peu entendu même si le ministère des Affaires étrangères français, lors d’un point presse, a condamné l’agression rwandaise.

A sa tête, le dictateur Kagamé dont les mains sales sont couvertes de beaucoup de sang du génocide de 1994 contre les Tutsis qu'il laissa faire pour pouvoir s'emparer du pouvoir.

Avec l'aide des Etats-Unis – qui le soutien depuis la présidence de Bill Clinton – qui se sont encore une fois fourvoyés en Afrique, il a mis en place un régime criminel qui attaque ses voisins et réprime sa population.

Désormais, Emmanuel Macron, qui n'a pas compris grand-chose à la situation du pays le soutien également.

Il est heureux de voir un homme de la qualité morale de Mukwege dénoncer les violences et atrocités que la communauté internationale ne veut pas voir au nom du traumatisme du génocide de 1994 .

Espérons qu'un jour l'Histoire rétablira les faits et fera de Kagamé et de ses sbires les complices de cet effroyable génocide où l'on découpa des enfants en morceaux qui s'est abattu en priorité sur l'ethnie dont il est pourtant issu alors qu'il avait les moyens de l'empêcher.

lundi 26 décembre 2022

Point de vue. Et si, lors de la finale de la coupe du monde, le vaincu était d’abord le football?!

Engouement extraordinaire de la population, taux d’audience battus, déplacement du chef de l’Etat, grands quotidiens nationaux faisant leurs Unes avec le résultat de la finale et y consacrant plusieurs pages, voilà quelques-uns des à-côtés de la Coupe du monde de football 2022 qui vient de se terminer au Qatar avec la défaite de l’équipe de France face à celle d’Argentine.

On pourrait y voir le triomphe du football, sport planétaire et populaire même dans les pays qui ont d’autres sports nationaux qui y priment comme les Etats-Unis ou l’Inde, ce que n’ont pas manqué d’affirmer encore et encore les commentateurs.

Mais si le football-spectacle est bien le gagnant sans équivoque de cette grande messe médiatico-sportive, le football en tant que sport n’en est-il pas le grand perdant?

Le fait même de s’interroger peut paraître complètement inapproprié et contraire à la réalité de ces foules vénérant ces dieux du stade qui les régalent de leur talent en jonglant si brillamment avec un ballon rond qu’ils doivent propulser dans une cage rectangulaire pour l’emporter dans des matchs parfois épiques où le sang et le sueur le dispute au talent et à la volonté.

Et pourtant, comme pour les Jeux olympiques de l’Antiquité, comme pour les jeux romains, le sport ne semble qu’être devenu un moyen et non une finalité.

Un moyen pour la politique, pour la finance, pour l’économie, pour les idéologies, pour toutes sortes d’intérêts nationaux ou privés qui relèguent la pratique physique au rang anecdotique.

Un sport qui suscite une telle ferveur et brasse autant d’argent, qui peut discréditer des dirigeants ou, au contraire, leur donner une aura (le président argentin, par exemple, ne s’est pas déplacé au Qatar pour ne pas être accusé, en cas de défaite, de porter la poisse à l’équipe nationale!), n’est plus, de toute façon, tout à fait un sport.

En témoigne les supporteurs d’un soir ou d’un événement qui viennent avant tout faire la fête sans même connaître pour certains les règles du jeu.

Mais si cela n’est guère problématique – le sport et le festif se mariant très bien – ce n’est pas le cas pour tous les enjeux et les intérêts qui gravitent autour du football.

Qu’Emmanuel Macron soit un vrai fan de football, personne n’en doute, à l’inverse d’un Jacques Chirac –président en 1998 lors de la première victoire de la France dans une coupe du monde qui plus est se disputait sur le territoire national – qui se fichait complètement du ballon rond, ne connaissant ni les règles, ni les joueurs et qui instrumentalisa avec gourmandise l’engouement populaire pour l’équipe menée par Zidane en sa faveur.

Mais fallait-il que le président actuel nous gratifie d’un tel show?

A sa décharge, son absence d’emphase et d’émotion lui aurait sans doute été reprochée comme peut l’être sa ferveur affichée…

Cependant s’il est rare – mais pas impossible – que l’on se fasse la guerre ou que l’on se brouille entre Etats à la suite d’un match de football, la récupération politique est évidente.

Sans parler de tout cet argent qui coule à flots et dont on ne voit souvent qu’une face, celle des salaires gigantesques de beaucoup de joueurs et des contrats mirobolants dont bénéficient certaines stars à l’image de Messi ou Mbappé alors que si ceux-ci touchent autant grâce à leur talent, c'est bien que d’autres en gagnent beaucoup plus en coulisse…

L’industrie du sport et la finance qui y est accolée brassent grâce au football des sommes encore plus considérables et parfois des profits qui eux sont véritablement indécents (les footballeurs ne faisant que bénéficier de cette instrumentalisation du ballon rond).

Alors, oui, il y a eu du sport dans les stades du Qatar, pays au régime peu recommandables par ailleurs, mais beaucoup trop de choses aussi qui n’ont rien avoir avec le football dont la défaite n’est pas la première et sans doute pas la dernière.

dimanche 25 décembre 2022

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Mieux vaut vivre dans une démocratie imparfaite que dans pas de démocratie du tout

La démocratie républicaine est un édifice en construction continue, sans cesse en émulation mais également en confrontation constante avec à la réalité afin de faire prévaloir ses valeurs, ses principes, ses règles et son vécu face aux agressions dont sont en permanence victime la liberté, l’égalité et la dignité humaine.

Quoiqu’il arrive et quelle que soit la situation, le plus important est que la démocratie républicaine ne doit jamais devenir ce travers dans lequel nous la contenons trop souvent: une simple incantation.

Cela signifie qu’elle doit être à même de réaliser ses promesses.

Or, si plusieurs ont été réalisées, plus ou moins pleinement, plus ou moins parfaitement, nombre de celles-ci demeurent encore virtuelles par notre faute.

Il ne s’agit même pas que nous approfondissions la démocratie telle qu’elle a été définie depuis trois siècles – ce qui peut néanmoins se justifier dans certains domaines –, juste que nous la pratiquions correctement.

Bien sûr, la démocratie moderne est récente, elle n’a pas encore 250 ans et ses premiers balbutiements n’étaient évidemment pas toujours en phase avec ses valeurs affichées.

Aux Etats-Unis, les citoyens actifs n’étaient ni les Amérindiens, ni les Afro-américains ainsi que les femmes (qui toutefois étaient, elles, au moins, des citoyennes passives).

En France, l’épisode de la Terreur et la récupération du mouvement par Napoléon pour se faire sacrer empereur sont des exemples de ses débuts chaotiques lors de la Révolution.

Mais heureusement des évolutions et des progrès ont eu lieu avec des principes fondamentaux de mieux en mieux appliqués et mieux respectés.

Reste que nous vivons actuellement dans une démocratie inaboutie.

Pour autant, il faut affirmer sans ambages que mieux vaut vivre dans une telle démocratie, si imparfaite soit-elle, que dans pas de démocratie du tout.

Parce qu’un démocratie incomplète, voire même fragmentaire, fait sienne les valeurs humanistes qui défendent la dignité humaine et le respect de la personne.

Parce qu’une démocratie inachevée demeure sans contestation possible le seul régime accueillant pour la liberté et l’égalité.

Et si elles doivent donc être améliorées dans une telle configuration, elles n’appartiennent qu’à la démocratie.

Tous ceux qui prétendent pouvoir les apporter par l’établissement d’un autre régime sont des menteurs et souvent des défenseurs de régime en réalité liberticides et inégalitaires.

La tâche de tous ceux qui poursuivent l’idéal d’une société qui met la dignité humaine au-dessus de tout, donc qui garantit la liberté et l’égalité à tous ses membres, n’est pas de remplacer la démocratie mais de travailler encore et encore, sans relâche – parce que rien n’est donné et rien ne dure sans cet engagement – à l’amélioration de ce qu’elle est pour qu’elle soit enfin digne de l’idéal dont elle est le seul moyen véritable.