Les Actualités sur Mondiaglobalisation

samedi 20 janvier 2024

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Et si les Européens regrettaient bientôt leur inconséquence et leur lâcheté passée et présente


L’Union européenne pourrait être la première puissance mondiale.

Mais elle est un nain en termes de géopolitique et compte surtout pour les autres comme un grand marché économique unifié.

Et les Européens pourraient bien le regretter dans un avenir très proche.

Ainsi, si Donald Trump est élu à la Maison blanche en novembre prochain, alors les trois premières puissances mondiales seraient gouvernées par des ennemis de la démocratie républicain libérale, régime en cours dans toute l’Union européenne, condition sine qua non pour en être membre nonobstant les problèmes posés par certains gouvernements tels celui de la Hongrie ou de la Slovaquie.

Bien sûr, cette configuration internationale fut en place entre 2017 et 2020, lors de la victoire du populiste corrompu, menteur et raciste, admirateurs des dictateurs face à Hillary Clinton.

Mais, là, il tente de revenir avec un esprit de revanche, en ayant tenté un coup d’Etat pour se maintenir au pouvoir et accompagné de ses fan(atiques) encore plus extrémistes et haineux.

On peut donc supposer que fort d’une victoire et de sa haine de tout ce qui se met en travers de sa route, il tentera, non seulement, de se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible mais qu’il essaiera de transformer la démocratie américaine en autocratie dédiée à lui-même.

Sans parler du message envoyé à la terre entière: la plus grande et plus vieille démocratie de la planète, première puissance mondiale, s’est donnée à un ennemi de la liberté.

Voilà qui confortera messieurs Xi et Poutine ainsi que tous les autocrates et dictateurs du monde entier.

Voilà qui donnera du grain à moudre aux régimes chinois et russes qui ne cessent d’affirmer que le temps de la démocratie occidentale est passé et que leur modèle, un régime autoritaire, voire même totalitaire, et nationaliste est l’avenir de la planète.

Et que pourra faire l’Union européenne face à ce gigantesque et terrible défi?

Pratiquement rien!

Ou pas grand-chose tellement elle est un nain en matière de relations internationales où sa voix ne compte, et encore, qu’en ce qui concerne les questions humanitaires.

Comment se lèvera-t-elle devant cette menace existentielle et, surtout, quels seront ses moyens d’action pour se protéger des agressions qui la toucheront de plein fouet?

D’autant que les forces extrémistes et anti-démocratiques à l’intérieur même de l’Union sortiront évidemment renforcée comme le RN en France, l’Afd en Allemagne, Vox en Espagne alors même que l’extrême-droite est au pouvoir en Italie et a gagné les élections aux Pays-Bas.

Il sera alors trop tard pour se lamenter de ne pas avoir approfondi cette union vers un fédéralisme, de ne pas avoir créer une armée européenne unifiée, de ne pas avoir eu une politique étrangère commune et des alliés dans le monde entier.

L’intégration économique qui était un bon moyen de sceller une union comme l’avaient imaginé Robert Schuman et Jean Monnet, n’est pas suffisante pour faire de l’Europe ce qu’elle aurait du être: l’actrice majeure de la scène internationale.

Et c’est le peuple européen qui en paiera le prix fort parce qu’il ne sera plus maître de son destin.

Car ce que les populations de l’Union européenne n’ont pas compris, c’est que bâtir l’Europe était avant tout un projet pour assurer leur bien-être et leur liberté dans la paix et la prospérité.

Néanmoins cela demandait de dépasser des mauvaises habitudes qui avaient conduit l’Europe à être responsable des deux guerres mondiales, les deux conflits qui ont causé le plus de morts et de désolation de toute l’Histoire de l’Humanité.

L’Union européenne n’est pas un échec, loin de là, mais ce n’est pas la réussite escomptée, loin de là.

Espérons ne pas avoir en nous en mordre les doigts pendant très longtemps.

Alexandre Vatimbella

 

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dimanche 14 janvier 2024

Le Focus. Triomphe de la démocratie à Taïwan face aux menaces de Pékin


On se rappelle de ces soi-disant «grands sinologues» qui venaient nous expliquer sur les plateaux de télévision que la «culture chinoise» n’était pas compatible avec la démocratie et inversement.

Il ne faut jamais oublier ce genre de stupidités qui sont énoncées dès lors que la démocratie est en danger.

Non, aucune peuple du monde n’est pas fait pour la démocratie, aucun humain n’est pas capable d’être libre.

Et, une nouvelle fois, Taïwan nous le montre avec éclat avec cette élection présidentielle qui a vu le triomphe de la démocratie avec la victoire du candidat du Parti démocrate progressiste, Lai Ching-te.

Celui-ci a déclaré après sa victoire que «Entre la démocratie et l’autoritarisme, nous choisissons d’être du côté de la démocratie».

Il succède à la présidente Tsai Ing-wen, également membre du Parti démocrate progressiste élue en 2016 puis en 2020 et qui ne pouvait se représenter.

Car cette élection s’est une nouvelle fois déroulée sous la pression malveillante du Parti communiste chinois qui continuellement menace l’indépendance de l’île et d’intervenir militairement pour mettre un terme à son régime démocratique qui est une insulte au totalitarisme qui règne à Pékin et un très mauvais exemple pour le peuple chinois qu’il asservi depuis des décennies.

Cette élection est une nouvelle défaite de Xi Jinping ce qui ne l’empêchera pas d’affirmer que Taïwan sera bientôt rattachée à la Chine et d’envoyer ses avions de combat et ses bateaux militaires au-dessus et à côté de l’île pour tenter d’entretenir un climat d’insécurité qu’il espère un jour payant.

Mais les communistes ne peuvent agir parce que les démocraties, au premier rang desquelles on trouve les Etats-Unis mais aussi la France, sont solidaires des Taïwanais et tant que ce sera le cas, ces derniers peuvent vivre libres.

Ce que malheureusement n’ont pas pu continuer à faire les habitants de Hong Kong…

 


 

jeudi 11 janvier 2024

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La démocratie aurait du nous protéger des dirigeants crapuleux, corrompus et apprentis dictateurs


S’il fonctionnait correctement, le régime démocratique n’aurait jamais du permettre l’arrivée du pouvoir de Donald Trump, de Boris Johnson, de Vladimir Poutine ou de Benjamin Netanyahou, notamment.

Et il aurait du disqualifier bien d’autres, d’être en mesure de candidater pour le conquérir comme Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Eric Zemmour et tous les extrémistes et populistes de la galerie politicienne française.

Evidemment, on ne peut s’empêcher de penser à Adolf Hitler ou Benito Mussolini qui parvinrent au pouvoir par des moyens légaux et avec le soutien d’une partie des électeurs.

Pourquoi la démocratie aurait du nous protéger des dirigeants crapuleux, corrompus et apprentis dictateurs?

Parce que son fonctionnement «normal» implique des électeurs bien formés et informés qui doivent être un rempart naturel contre ce genre de personnages.

Donc des citoyens rationnels et raisonnables capables de résister aux passions.

Et que cela n’est pas le cas.

C’est donc à la base que le système faillit depuis toujours.

C’était normal lors de son apparition parce que la tâche de formation et d’information des individus pour ne faire de vrais citoyens responsables capables de discernement suffisant et éveillés n’avait pu, par définition, être menée à bien.

Au bout de près de 250 ans d’existence, cela s’appelle un échec.

Reste à savoir si cet échec est inévitable ce qui remettrait en question l’existence même d’un régime démocratique sur la planète puisque, collectivement, les humains seraient incapables de le faire fonctionner, même pas correctement, mais même basiquement.

Un premier point rassurant est que l’arrivée au pouvoir de dangereux individus demeurent, sinon, une exception, en tout cas minoritaire.

Cependant, il suffit souvent d’une fois pour que tout se dérègle.

Un deuxième est que nous ne savons pas si nous sommes capables de devenir réellement, tous, des vrais citoyens parce que nous n’avons jamais essayé et/ou réussi à mettre sur pied et à faire fonctionner un système de formation et d’information de l’individu qui lui assure cette qualification.

En revanche, nous avons vu qu’une partie des populations des pays démocratiques s’était emparée des bienfaits du régime démocratique pour en abuser, voire le pervertir.

C’est le cas de la liberté d’expression quand elle devient une logorrhée de haine, de violence et de menaces.

C’est aussi le cas de l’autonomisation grandissante des individus qui, au lieu de déboucher sur un citoyen responsable, produit des personnes irresponsables, égocentriques, assistées, insatisfaites et irrespectueuses, demandant sans cesse une sur-égalité pour elles-mêmes et ayant un comportement consumériste vis-à-vis de la politique.

D’où le titre d’un de mes ouvrages: «L’individu du 21e siècle, grand prédateur de la démocratie?»

Tout est-il perdu pour autant comme la situation actuelle du monde libre semblerait nous le démontrer?

Pas si sûr.

Non pas qu’il faille se bercer d’illusions et de rêves chimériques en la matière.

Une des raisons d’espérer c’est la lutte de nombre de peuples asservis pour acquérir la liberté et vivre en démocratie.

Une autre est l’attachement des populations des pays démocratiques à de valeurs humanistes.

Mais cela ne suffit pas alors que plane sur les Etats-Unis le retour au pouvoir de Donald Trump et que les pays d’Europe sont de plus en plus gangrénés par la montée des extrémismes de gauche et de droite avec, en France, le spectre d’une présidence Le Pen en 2027.

Il faut donc réagir et vite en espérant que les mesures prises ne viendront pas trop tard.

Cela suppose un effort sans précédent pour le système de formation soit performant et que l’on crée un système d’information citoyenne qui n’existe pas aujourd’hui.

Une tâche immense à la hauteur des enjeux: la liberté dans l’égalité et l’égalité dans la liberté, seule formuler pour assurer la dignité de chacun dans la fraternité.

Alexandre Vatimbella