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mercredi 6 décembre 2023

Le Focus. Etats-Unis - Présidentielle 2024. Les menaces proférées par Trump contre la démocratie

S’il est élu en novembre 2024 pour un deuxième mandat, Donald Trump menace de vengeance tous ceux qu’il rend responsable de sa défaite à la présidentielle de 2020.

Sans parler de toutes les mesures qu’il prendra pour brider et/ou empêcher la démocratie américaine de fonctionner.

Pour cela, celui qui admire les autocrates et les dictateurs en place dans le monde entier, piétinera sans vergogne la Constitution et s’en prendra avec frénésie à l’Etat de droit étasunien.

Comme le dit une de ses plus grandes opposantes, l’ancienne élue républicaine du Wyoming et fille d’un ex-vice-président, Liz Cheney, si Trump revient à la Maison blanche, il essaiera par tous les moyens de demeurer au pouvoir au-delà des quatre ans de son mandat.

Elle a ainsi déclaré:

«Je pense qu'il s'agit d'une menace et d'une préoccupation très, très réelles. Et je ne dis rien de tout cela à la légère et, franchement, c'est douloureux pour moi, qui ai passé toute ma vie dans la politique au Parti républicain, qui ai grandi en tant que républicaine, de voir ce qui arrive à mon parti et de voir à quel point Donald Trump lui-même a déterminé que la seule chose qui compte, c'est lui, son pouvoir et son succès.»

Elle a ajouté qu’«un vote pour Donald Trump est un vote contre la Constitution».

Et elle a prévenu ses compatriotes:

«Un vote pour Donald Trump peut signifier la dernière élection à laquelle vous aurez l'occasion de voter.»

Ce dernier a déjà annoncé qu’il voulait mettre en prison un nombre important de démocrates dont l’actuel président des Etats-Unis mais aussi de «traitres» républicains!

D’ailleurs, sa campagne désormais affirme que l’homme le plus dangereux pour la démocratie, ce n’est pas lui, comme le disent les médias, mais… Joe Biden!

Il a même fait imprimer le slogan «Joe Biden est le destructeur de la démocratie américaine» sur des pancartes que son équipe de campagne distribue largement à ses fans.

Oui, il faut le dire et le redire sans cesse, la démocratie américaine est en danger de mort avec Trump.

C’est dire l’importance des procès en cours et à venir contre l’extrémiste populiste et corrompu pour son futur.

D’autant que la disparition de la démocratie aux Etats-Unis serait catastrophique pour le monde libre.

On peut évidemment souhaiter qu’il soit condamné à de la prison ou, à tout le moins, qu’il ne puisse se présenter à la présidentielle.

Mais, il faut espérer que ces procès feront prendre conscience à une partie de la population étasunienne qu’il faut faire barrage à tout prix à ce personnage dangereux.

Ici, on ne pense pas à ses fans qui, quoiqu’il arrive, quoiqu’ils apprennent sur lui, voteront en sa faveur même en sachant qui il est vraiment mais à une partie de l’électorat modéré républicain ou ce qu’il en reste ainsi que, avant tout, à tous ceux qui au centre et, surtout, à gauche, ne veulent pas voter pour Bident parce qu’il est trop vieux ou trop centriste.

Parce qu’il faut le redire: grâce à un système électoral d’un autre temps (ce sont des délégués désignés dans chaque Etat par les électeurs qui élisent in fine le président, d’où la possibilité de ne pas avoir une majorité de voix et d’être quand même élu ce qui a été le cas de Trump en 2016 face à Hillary Clinton), à cause d’une amnésie assez incompréhensible d’une partie des Américains qui sont irresponsables devant la menace qui se profile, face à une radicalisation des électeurs républicains, Trump pourrait être élu pour un second mandat.

C’est ce que disent un certain nombre de sondages – même s’il faut prendre leurs résultats avec des pincettes – et l’on sent une grande inquiétude montée dans les rangs de tous ceux qui se battent pour que la démocratie aux Etats-Unis ne soit pas, bientôt, un sujet d’étude historique.

 

mardi 5 décembre 2023

Editorial. Quand l’émotion est instrumentalisée par les criminels comme le Hamas ou Poutine

La détention des otages par le Hamas ainsi que la mise en scène par l’organisation terroriste de leur libération au compte-gouttes mais aussi sur la manière dont elle utilise la population palestinienne pour en faire des martyrs qui servent sa cause (en les exposant de force aux combats avec l’armée israélienne) est une stratégie pensée et bâtie pour susciter l’émotion dans la population notamment celle des pays occidentaux.

Poutine, de son côté, frappe les populations civiles ukrainiennes pour déclencher une réaction émotive de celles-ci mais aussi des opinions publiques des démocraties.

S’attaquer aux civils est aussi une stratégie pensée des terroristes que ce soit ceux du Hamas, d’Al Qaeda, de Daesh et autres groupes criminels pour impressionner les populations.

L’émoi est ainsi devenu, en ce troisième millénaire, une composante obligée de la politique menée par les gouvernements des démocraties.

Aujourd’hui, n’importe quel fait divers nécessite une réaction obligée de la part des plus hautes autorités de l’Etat pour qu’elles ne passent pas pour dénuée d’empathie et qu’elles ne soient pas accusées d’être déconnectée du peuple.

Cette émotion est évidemment légitime et peut être vue comme une avancée de l’humanisme dans la société.

Mais elle peut être vue également comme une caractéristique d’un refus du réel, c’est-à-dire de ce qu’est l’existence humaine.

Pour autant, est-elle une faille des démocraties comme l’a conceptualisé un personnage comme Poutine qui pense que les populations occidentales ne sont plus capables de la force nécessaire pour affronter les périls?

Bien sûr, dans les pays sans liberté, l’émotion existe aussi mais ses effets sont contrôlés et n’atteignent pas l’appareil d’Etat.

Ce qui n’est pas le cas dans les démocraties.

Et c’est vrai que la place de plus en plus grande pris par l’affect peut parfois paralyser les gouvernements élus.

Ainsi, quoi qu’on pense de l’action militaire d’Israël menée à Gaza contre le Hamas, il semble évident que la question des otages empêche l’Etat hébreu de la mener de la manière la plus efficace (ainsi que les dommages importants subis par la population gazaouie).

Le gouvernement Netanyahou a même été obligé d’accepter une trêve pour la libération de quelques otages détenus par le Hamas qui, lui, se retrouve le grand gagnant, sur tous les plans, de cette séquence.

De ce point de vue, on peut dire, sans bien entendu l’approuver, que ceux qui agissent en l’absence d’émotion empathique ont, à tout le moins, une avance sur ceux qui ne veulent ou ne peuvent l’ignorer.

 

 

Commentaire. L’expulsion de Santos du Congrès étasunien est une bonne nouvelle pour la démocratie

Bien sûr, l’exclusion de la Chambre des représentants de George Santos est une goutte d’eau dans le cloaque nauséabond des républicains radicaux et incroyablement incompétents qui sièges au Congrès étasunien.

Mais ne boudons pas notre plaisir de démocrates et de centristes dans une ère où ce sont trop souvent les extrémistes de gauche et de droite qui tiennent le haut du pavé.

Santos était une caricature du républicain trumpiste: menteur, mégalomaniaque, escroc, incompétent, haineux, suffisant, populiste, extrémiste.

Un personnage qui devrait être en prison depuis longtemps et qui devrait l’être bientôt si la justice américaine fait bien son travail.

Reste qu’il est loin d’être le plus crapuleux, le plus extrémiste, le plus incompétent et le plus haineux des élus républicains!

Nombre de sénateurs, de représentants, de gouverneurs, de maires et d’élus dans les congrès des Etats ressemblent à George Santos, voire sont bien pires.

Et si ce dernier était in fine un clown, les autres sont des activistes qui ont en ligne de mire l’attaque en règle de la démocratie.

Evidemment, ils sont tous des supporteurs de Donald Trump qui est leur chef et leur gourou, celui qui leur a permis d’être élu.

Mais ne nous y trompons pas: Donald Trump n’a pas inventé ces républicains extrémistes, ils existaient depuis fort longtemps dans le parti.

Et Richard Nixon mais surtout Ronald Reagan et George W. Bush, deux présidents républicains ultra-conservateurs, sont les dignes prédécesseurs de Trump.

S’ils n’avaient pas existé – si les militants du parti ne leur avaient pas accordé leur confiance –, il est à parier que le phénomène Trump n’aurait jamais existé, en tout cas que le promoteur newyorkais ne serait jamais arrivé au pouvoir.

Pour en revenir à Santos, il avait réussi par deux fois à éviter son éviction grâce aux élus républicains qui sont majoritaires à la Chambre des représentants.

Mais une poignée d’entre eux souhaitaient malgré tout ardemment son renvoi et ils ont réussi in fine à entraîner un nombre suffisant de leurs collègues pour parvenir à un vote qui a clos la carrière politique de Santos.

Ils étaient élus de l’Etat de New York tout comme Santos qui représentait le troisième district qui comprend une partie du Queens ainsi que de Long Island.

Ils ne voulaient pas sa peau pour la sauvegarde de la morale en politique mais pour la sauvegarde de leur poste!

En effet, la présence de Santos à la Chambre des représentants malgré ses agissements, aurait pu avoir une très fâcheuse conséquence pour les républicains de l’Etats de New York lors des prochaines élections générales de novembre 2024.

Expulser Santos était une nécessité pour espérer être réélus…