Les Actualités sur Mondiaglobalisation

jeudi 10 mars 2022

Editorial. Poutine finira dans les poubelles de l’Histoire mais peut-être en héros national!

Il y a un terrible paradoxe de l’Histoire, c’est de faire des pires salauds des héros nationaux.

Certains prédisent que dans quelques décennies, Hitler, Staline et Mao – c’est déjà un peu vrai pour les deux derniers –, c’est-à-dire les pires criminels de l’Histoire, seront célébrés dans leurs pays respectifs comme héros nationaux notamment pour avoir fait de leurs nations des grandes puissances.

D’ailleurs les précédents existent avec Napoléon que nous célébrons, nous les Français, alors qu’il a été un dictateur qui a endeuillé l’Europe.

Sans oublier le «bon roi» Dagobert de la chanson qui en fait a perpétré un génocide contre les slaves.

Un autre empereur, Charlemagne fit, lui, les premières guerres au nom du Christ et s’en alla massacrer des infidèles dans l’Est de l’Europe.

Et, sans doute, comme les tsars Ivan-le-terrible ou Pierre-le-grand qui menèrent des guerres sanglantes, Vladimir Poutine sera célébré comme un héros national russe notamment pour ses guerres meurtrières contre la Tchétchénie, la Géorgie et l’Ukraine.

Tous ces personnages dont on vient de parler ainsi que beaucoup d’autres méritent assurément d’être jetés dans les poubelles de l’Histoire.

Mais la «gloire» qu’ils ont apportée à leur pays prendra malheureusement le pas sur leur barbarie, leur brutalité et leur sauvagerie.

Il serait temps de changer notre logiciel et de ne pas se retrancher derrière des arguments fallacieux – «c’était une autre époque», «on ne peut pas juger ce qui s’est passé avec nos valeurs d’aujourd’hui» et autres fadaises – pour que nous apprenions enfin à nos enfants à ne pas vénérer de vulgaires assassins épris de pouvoir et prêts à tout pour le conquérir puis le garder.

mercredi 9 mars 2022

Commentaire. Si nous tenons face à Poutine, les difficultés économiques ne dureront pas

Les décisions prises par les Occidentaux pour punir Vladimir Poutine et l’amener à la raison en retirant ses troupes d’Ukraine ont un coût qui va nous affecter.

Mais ce que ne disent pas les commentateurs c’est qu’il sera de courte durée si nous tenons les sanctions déjà prises et que nous en ajoutons d’autres car la Russie ne pourra longtemps encaisser un véritables blocus, son économie n’ayant aucun fondement solide et le pays n’étant pas capable de vivre en autarcie, loin de là.

De plus, aucun autre pays au monde n’a intérêt à une crise économique et une récession, surtout pas la Chine qui, plus la guerre durera, sera amenée à faire entendre raison à son «ami éternel» comme a qualifié sa propagande le régime de Moscou car ses principaux client sont l’Union européenne et les Etats-Unis, la Russie ne comptant que pour une part minime dans son commerce extérieur.

Or le régime communiste chinois a acheté la paix sociale par la croissance économique.

Et elle ne fera aucune concession à ce sujet, même à Poutine.

C’est donc un moment difficile à passer mais qui n’aura pas de conséquences sur le moyen et long terme, encore une fois, à condition de ne pas céder d’un pousse face au dictateur russe.

D’autant que lui aussi a besoin de vendre son pétrole et son gaz simplement pour que son pays vive.

En revanche, si nous sommes faibles ou désunis, si nous prenons des demi-mesures, nous paierons le prix de notre frilosité.

mardi 8 mars 2022

Le Focus. De l’«amitié éternelle» entre la Chine et la Russie

Ceux qui croyaient que la Chine allait jour un rôle majeur pour la paix en Ukraine en seront pour leurs frais et leur naïveté.

Par la voie de son ministère des Affaires étrangères, la dictature en place à Pékin a rappelé son «amitié éternelle» et «à toute épreuve» avec la Russie.

Bien sûr, ce genre de déclarations avec ce type de rhétorique que l’on retrouve si souvent dans les déclarations des régimes totalitaires fait fi de l’Histoire et même de la réalité des véritables relations entre les deux pays.

Et si certains doivent s’inquiéter de ces propos, c’est avant tout le peuple russe qui est en train de devenir l’obligé de la Chine dont on rappelle les visées territoriales et sur les matières premières de leur pays.

Cela doit également leur rappeler leur grande peur qui n’a jamais été l’invasion venue de l’Ouest – celle du régime nazi était une exception – mais plutôt celle venue de l’Est, de sa frontière avec l’«ami éternel» chinois.

Mais, comme on l’a déjà écrit ici, la manière d’agir de la Russie actuellement pourrait être exactement celle qu’emploiera dans un avenir plus ou moins proche la Chine vis-à-vis de Taïwan.

Et le régime de Poutine commence de plus en plus à ressembler à celui de Xi.

Entre dictatures, on se trouve souvent beaucoup de similitudes…

Une autre victime de ce soutien de Pékin à Moscou, c’est ironiquement le grand rêve poutinien de puissance de la «Russie éternelle».

Car, bien évidemment, celui-ci entre en complète contradiction avec le «rêve chinois» de Xi, tout autant nationaliste qu’impérialiste et dont une Russie forte serait un obstacle majeur.

Alors, peut-être que la Chine soutient la Russie aujourd’hui pour mieux en faire sa vassale demain dont elle aura besoin dans sa future guerre contre l’Occident.

Car, soutenir le régime de Poutine c’est aussi s’en prendre aux pays démocratiques, au premier chef desquels, les Etats-Unis.

Par une inversion grossière utilisée également par le Kremlin, le responsable de l’invasion de l’Ukraine n’est pas la Russie mais… les Etats-Unis!

Oui, l’Ukraine ressemble de plus en plus à la première étape d’un conflit qui a pour but de supprimer la liberté sur Terre.

 

lundi 7 mars 2022

Commentaire. Comprendre que Poutine n’en aura jamais assez

Le rêve de Poutine: allier la grandeur du régime tsariste avec la puissance de l’Union soviétique.

S’il se voit plutôt en descendant d’Ivan-le-terrible ou de Pierre-le-grand qu’en celui de Lénine ou de Staline, c’est bien à un mélange des deux régimes qu’aspire le dictateur du Kremlin.

Alors, il faut bien comprendre que l’Ukraine n’est qu’une étape dans sa «reconquête» de la gloire passée et de territoires qui doivent, selon lui, appartenir à la Russie ou à celle de sa zone d’influence exclusive.

D’ailleurs, à propos de l’Ukraine, il est assez symptomatique de cette mégalomanie criminelle de voir qu’au fil des jours ses désidératas et ses menaces sont en constante augmentation démontrant, à la fois, ses réelles visées et son hubris puisqu’il semble croire que son armée est invincible alors même qu’elle s’embourbe sur le terrain et fait face à une résistance héroïque, preuves de sa faiblesse récurrente.

Or donc, après l’Ukraine qui est venue déjà après d’autres interventions comme en Géorgie ou en Transnistrie, Poutine demandera sans doute la neutralisation des Etats baltes voire leur annexion pure et simple au motif que des Russes y vivent, l’interdiction pour la Finlande et la Suède d’adhérer à l’OTAN et la soumission de la Pologne, de la Hongrie, de la Roumanie puis de l’Union européenne toute entière

Car, comme tout autre dictateur de son espèce qui vit dans sa propre fantasmagorie, il ne voit aucune de limite à sa volonté qui doit nécessairement se transformer en actes.

Les démocraties et le monde devraient comprendre qu’il n’y a que le rapport de force qui stoppera un tel personnage et le chaos qu’il veut provoquer même au risque d’une guerre nucléaire.

«On peut s’entendre avec monsieur Poutine», entend-on comme on entendait en 1938 des «on peut s’entendre avec monsieur Hitler».

Mais comme le montre ce précédent, c’est impossible parce que le dictateur russe n’est plus dans la même réalité que nous et sans doute ne l’a jamais été.

Parce qu’évidemment, la guerre qu’il mène contre l’Ukraine est la résultante d’un processus long où il s’est persuadé qu’il avait les moyens de retourner le sens de l’Histoire d’autant qu’il voyait, comme Hitler, des démocraties qui ne répondaient pas à la hauteur de ses provocations comme lors de la guerre du Donbass en 2014 et qui étaient empêtrées dans leurs problèmes intérieurs avec la montée des extrémismes.

Oui, notre comportement l’a conforté dans l’idée que nous n’étions plus capables de nous battre pour notre liberté.

Si la réponse à son invasion de l’Ukraine lui dit le contraire, elle est malgré tout encore trop faible pour le neutraliser.

Il est temps de réagir sur une toute échelle.

samedi 5 mars 2022

L'Editorial. L’offensive de grande ampleur des forces réactionnaires

Après la chute du mur de Berlin, il semblait que la liberté avait un boulevard devant elle et que rien ne pourrait l’arrêter tant les peuples sous le joug de dictatures avaient prouvé leur aversion pour ces régimes et que ces derniers semblaient incapables de résister à la vague démocratique qui déferlait sur le monde.

Même la répression de la place Tiananmen à Pékin semblait n’être qu’un épiphénomène  conjoncturel qui ne pourrait empêcher la marche triomphante de la liberté.

Nous sommes un peu plus de trente ans plus tard et nous devons reconnaître que les forces de la réaction ont réussi à inverser le cours de l’histoire où la démocratie est désormais dans une position de faiblesse, obligée de se défendre face aux attaques de ses ennemis tant intérieurs qu’extérieurs.

Partout, la liberté est menacée, partout elle risque d’être supprimée.

Comment expliquer ce retournement spectaculaire?

En réalité, Berlin peut être considéré comme l’événement emblématique d’un mouvement qui rétrospectivement était plus à son pic qu’à son commencement.

La joie des peuples libérés étaient déjà ambigu dans le sens où se mêlaient tant d’éléments contradictoires qui n’ont d’ailleurs pas tardé à se révéler et se confronter entre eux.

Ainsi, les pays de l’Est de l’Europe avait autant envie de liberté que de célébrer leur libération d’un joug étranger et donc leur nationalisme renaissant.

Déjà était en gestation ce mouvement général de repli sur soi qui a caractérisé les dernières années avec cette peur, pour les peuples, de perdre leur identité avec, en plus, un sentiment d’insécurité.

Dès lors, il était assez facile que la propagande et le complotisme extrémiste et populiste trouvent un terrain fertile pour accuser la démocratie d’être responsable de ce prétendu délitement avec une attaque contre la mondialisation qui est supposée être la responsable de tous les maux.

C’est ce qui a permis, entre autres, à la Russie de n’être pas considérée jusqu’à son invasion de l’Ukraine comme un pays dangereux avec, à sa tête, un autocrate devenu dictateur qui prétend se battre pour les valeurs éternelles de son pays mais aussi de l’Europe alors qu’il ne fait que développer une idéologie nationaliste et fasciste avec une volonté de revanche des événements qui ont conduit à la chute du mur.

En Chine, le dictateur Xi a agit de même en se voulant le champion de la réaction nationaliste où l’ennemi est tout autant l’Occident, dont il faut se venger, que son régime démocratique.

Et l’on pourrait faire le même constat pour d’autres pays comme la Turquie ou la Hongrie sans oublier le Royaume-Uni avec son brexit sur fond de xénophobie et glorification du nationalisme.