Les Actualités sur Mondiaglobalisation

vendredi 5 juillet 2013

ACTU-MONDIALISATION. Les menaces qui pèsent sur la Chine

Timothy Beardson, spécialiste de la Chine, vient de sortir un livre sur les menaces de tous ordres qui pèsent sur le pays dans les années à venir (Stumbling Giant, Editions Yalebooks).
Lors d’une conférence à l’Ifri (Institut français des relations internationales) pour le présenter, il a listé les plus importantes.
La première de ces menaces est celle qui vient de la démographie sous trois aspects: une baisse du nombre de la main d’œuvre disponible qui va renchérir les coûts de production avec de moins en moins de bras disponibles à bas prix; une augmentation du nombre des personnes âgées qui va coûter excessivement cher aux systèmes sociaux balbutiants, tant en pensions qu’en aides aux plus démunis, ceux qui n’ont pas pu souscrire à une retraite; un déséquilibre persistant voire qui est en augmentation entre les sexes avec un nombre d’hommes beaucoup plus élevé que celui des femmes qui se matérialise déjà par une violence accrue dont sont victimes ces dernières et l’impossibilité pour nombre d’hommes de trouver une épouse.
Mais, à l’opposé de ce que disent nombre de commentateurs, le responsable principal n’est pas, selon Timothy Beardson, la politique de l’enfant unique mise en place en 1979, attaquée de toutes parts. En effet, lorsque celle-ci a été mise en place en 1979, le taux de fécondité avait déjà baissé de 50%.
La deuxième menace est le retard pris dans l’innovation et le high tech.
D’une part, 83% des exportations chinoises dans les secteurs high tech viennent en réalité d’entreprises étrangères installées en Chine qui n’y font souvent que l’assemblage de produits conçus ailleurs.
D’autre part, la formation des étudiants chinois est trop scolaire, le pouvoir communiste ayant peur qu’une pédagogie ouverte ne débouche sur des demandes démocratiques qui sont son cauchemar, comme tout pouvoir autoritaire et répressif. Du coup, aucune université chinoise ne se trouve dans les cent premières mondiales notamment en matière d’innovation. Et cette fameuse statistique faisant de la Chine le pays qui publie le plus d’articles scientifiques n’est que du vent car ceux-ci ne sont le plus souvent sans aucun intérêt, il suffit de voir leur absence dans les références des études mondiales.
Résultat, le secteur de la R&D (recherche et développement) est très faible en Chine.
La troisième menace est le dysfonctionnement du secteur financier.
Outre les crédits accordés par les provinces et qui ne pourront jamais être récupérés auprès d’entreprises d’Etat insolvables, beaucoup d’entreprises privées n’ont pas accès aux financements nécessaires à leur expansion.
La quatrième menace c’est la pollution, la Chine étant le pays le plus pollué du monde. Et la situation aura du mal à évoluer rapidement même si le gouvernement de Pékin est conscient qu’il faut agir dans ce domaine.
D’ailleurs, Timothy Beardson est de ceux qui pensent que les plus hautes autorités de l’Etat connaissent la réalité de ces menaces. Reste à savoir si elles sont assez puissantes pour mettre en route les réformes nécessaires.
Alexandre Vatimbella avec la rédaction

© 2013 LesNouveauxMondes.org

jeudi 4 juillet 2013

L’EDITORIAL D'ALEXANDRE VATIMBELLA. Ne pas gâcher les promesses de l’été égyptien

Après les déceptions du printemps arabe qui s’est mué en automne voire en hiver avec la mainmise de forces antidémocratiques sur la victoire du peuple, voici l’été égyptien qui recèle de nombre de promesses mais aussi de plusieurs dangers.
Celui-ci n’est pas survenu comme ça, du jour au lendemain, et n’est pas un événement isolé, les manifestations en Tunisie contre l’obscurantisme et l’incurie du gouvernement ont les mêmes racines.
Car la destitution du président Morsi en Egypte est avant tout un coup d’Etat du peuple avant d’en être un de l’armée.
Il s’agit d’une rébellion devant une situation politique, économique, sociale et sociétale catastrophique dont le principal responsable est une organisation qui n’a jamais fait mystère de son opposition farouche à la démocratie républicaine, les Frères musulmans, dont le seul objectif depuis plus d’un an a été l’instauration d’un Etat islamique incompatible avec le régime démocratique qui les a portés au pouvoir.
Nous voilà bien au cœur de la contradiction de ce printemps arabe que j’ai souvent pointé du doigt et qui, après l’euphorie d’une libération contre les dictateurs et les régimes autoritaires, a été phagocyté par les groupes religieux extrémistes bien structurés par des années de clandestinité dans leur lutte face aux despotes dont ils reprochaient avant tout leur régime laïc bien plus que leurs prévarications et l’absence de liberté.
La tournure dramatique qu’avait pris le printemps arabe permet de rappeler encore une fois à ceux qui clament que la démocratie c’est la volonté sans borne d’une majorité issue d’élections plus ou moins honnêtes, que ce qui caractérise, en réalité, ce régime, c’est la protection des droits de la minorité et, principalement, de sa liberté.
Seule cette protection fait en sorte que l’on ne peut pas, au nom d’une majorité électorale qui est conjoncturelle, changer le système pour se l’accaparer.
De ce point de vue, les pratiques mises en place tant en Egypte qu’en Tunisie pour transformer le pays en nation islamique et que tente de prendre également le gouvernement turc par une voie un peu plus détournée mais tout autant liberticide, sont antidémocratiques et antirépublicaines.
La révolte d’une partie du peuple égyptien est, de ce point de vue, une bonne nouvelle et une bouffée démocratique que tout défenseur de la liberté se doit de saluer.
Cela ne veut pas dire que tout est réglé.
La prise du pouvoir par l’armée, même si celle-ci devrait être transitoire selon ses chefs, doit inciter à une grande vigilance.
De même que l’on ne peut se réjouir du renvoi d’un président démocratiquement élu. Cette pratique doit demeurer une exception et n’intervenir que si la démocratie est en danger réel, voire en train de disparaître, ce qui était le cas en Egypte.
Il faut, au contraire, regretter l’instrumentalisation de la démocratie par une organisation qui, comme toutes celles qui veulent établir un régime autoritaire, connaît bien le moyen de l’abattre de l’intérieur tout en faisant semblant d’en être les défenseurs.
Il est trop tôt, évidemment, pour savoir comment va évoluer la situation égyptienne. L’armée va-t-elle jouer le jeu démocratique? Les Frères musulmans ont-ils la capacité de reprendre le pouvoir par la force? Les forces démocratiques vont-elles à nouveau se déchirer en ouvrant la porte aux obscurantistes?
Quoiqu’il en soit, il serait bon que les démocraties ne fassent pas les mêmes erreurs qui ont permis aux Frères musulmans de s’accaparer le pouvoir.
Il en va de leur honneur et de l’espoir de milliards d’individus dans le monde qui n’ont pas le droit à la liberté.
Oui, il ne faut pas gâcher les promesses de l’été égyptien.
Alexandre Vatimbella

© 2013 LesNouveauxMondes.org

ACTU-MONDIALISATION. Les Etats-Unis veulent inciter les pays émergents à mieux protéger leurs travailleurs

De passage à Paris, José Fernandez, le secrétaire d’Etat adjoint américain aux affaires économiques et commerciales, était l’invité de l’IFRI (Institut français des relations internationales.
Comme l’a fait remarquer Thierry de Montbrial, le directeur de l’IFI, il n’existe pas de poste similaire au ministère français des Affaires étrangères.
Parlant du commerce international et des règles qui doivent les régir, en particulier celles permettant de protéger des abus commis les travailleurs des pays émergents et en développement, à la fois, par les entreprises locales qui les exploitent mais également par les multinationales, José Fernandez a plaidé pour la mise en place de labels qui assureraient, comme c’est le cas pour l’industrie du diamant, que des règles éthiques sont respectées lors de la production.
Il a dit préférer cette manière de procéder à des règlementations étatiques contraignantes même s’il ne les a pas exclues.
Evoquant les récents incendies qui ont fait plus de mille morts dans des usines textiles du Bangladesh, il a affirmé que les Etats-Unis ne pouvaient tolérer le laisser-faire des autorités locales en matière de manquement aux règles de sécurité.
Les Etats-Unis ont d’ailleurs décidé de hausser le ton face à l’incurie de ces mêmes autorités en prenant, le 27 juin dernier, des sanctions commerciales, suspendant le Bangladesh du GSP (Generalized system of preferences), mécanisme offrant certains avantages commerciaux aux pays en développement.
Barack Obama a ainsi expliqué «qu'il est approprié de suspendre le Bangladesh du programme GSP pour les pays en développement car il n'a pas pris ou ne prend pas de mesures pour faire appliquer les droits internationaux des travailleurs dans son propre pays».
Alexandre Vatimbella avec la rédaction
© 2013 LesNouveauxMondes.org

samedi 8 juin 2013

ACTU-MONDIALISATION. Chine et Etats-Unis, «frienemies» condamnés à s’entendre et s’opposer!

Pour qualifier une relation double, on utilise depuis 1953 un mot aux Etats-Unis inventé pour l’occasion de «frienemy» dont la définition est que l’on est, à la fois, ami et ennemi et qui se module selon les circonstances sur une palette de situations qui va de vrais amis avec des relations conflictuelles jusqu’aux vrais ennemis condamnés à s’entendre.
Au moment où se déroule en Californie le sommet mondial entre Barack Obama, le président américain récemment réélu, et Xi Jinping, le président chinois récemment nommé, la relation sino-américaine a tout de cette schizophrénie qui, d’autant plus, selon les questions analysées, peut recouvrir des significations différentes...
Car le G2 (ce gouvernement mondial bicéphale réunissant les Etats-Unis et la Chine), tout comme le BRICS (club des grands émergents réunissant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud), est plutôt de l’ordre du fantasme médiatique et d’une création frankensteinienne d’experts en mal de notoriété que d’une réalité d’une gouvernance responsable de la planète à deux!
On se trouve plus dans un continuel mouvement entre deux puissances (la première, établie de longue date, et la deuxième, qui est encore émergente) qui ont besoin l’une de l’autre pour exister et continuer à se développer mais des puissances qui doivent se mater l’une l’autre pour écarter un ennemi plus que potentiel.
Comme l’explique au site web The Hill, David Fagan, un analyste américain, «nous n’avons jamais eu une relation auparavant où il y a une telle quantité de liens économiques entre deux puissance et dans le même temps la plus grande rivalité en matière militaire. Il n’y a pas d’autres circonstances dans le monde contemporain, dans l’histoire des Etats-Unis, où nous avons eu ce genre de relations».
Les Etats-Unis et la Chine sont des partenaires en matière économique (la Chine a besoin du marché américain, les Etats-Unis ont besoin des capitaux chinois pour acheter leur dette, mais ce n’est pas un partenariat sain).
Ils le sont également en matière de terrorisme globalement et plus précisément en matière de terrorisme islamique.
A l’opposé, les Etats-Unis et la Chine sont des adversaires en matière de puissance, militaire, de présence dans le monde (Afrique, Amérique Latine, Asie), de commerce, de vision de la mondialisation et, surtout, de confrontation des modèles (démocratie contre régime autoritaire).
Ainsi, le fondement de la relation sino-américaine est avant tout une opposition forte de deux modèles et de deux ambitions de puissance mondiale dominante (mais aussi en matière bilatérale, qui va dominer l’autre dans ce G2 conflictuel?).
D’où les questions essentielles que cette situation pose aux deux pays mais aussi à la planète toute entière.
- Cette schizophrénie peut-elle durer?
Oui, évidemment et elle peut même s’approfondir dans les décennies à venir tout en laissant aux deux puissances des fenêtres afin de maintenir au minimum des relations de coexistence pacifique tendues, génératrices de conflits d’intérêts de plus en plus importants au fur et à mesure que les intérêts de confrontent.
- Les relations peuvent-elles évoluer positivement?
Oui, il peut y avoir une sortie gagnant-gagnant même si ce n’est pas vraiment dans l’ordre des choses. Lorsqu’il y a confrontation entre les deux premières puissances mondiales, qui plus est rivales, il y a souvent un gagnant et un perdant comme ce qui s’est passé entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique au XX° siècle ou entre la France et la Grande Bretagne aux XVIII° et XIX° siècles.
- Une guerre est-elle possible? Directe? Indirecte?
Une guerre directe est plus de l’ordre de l’impossible aujourd’hui, d’autant que la Chine n’est pas prête malgré ses rodomontades de plus en plus nombreuses ainsi que les discours militaristes de Xi Jinping et que les Etats-Unis en paieraient un prix beaucoup trop astronomique. Demain est évidemment un autre jour…
En attendant, il peut y avoir des conflits indirects avec le soutien à des belligérants opposés dans des conflits régionaux comme ce fut le cas lors de la guerre froide entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique. Il est possible, par exemple, que ceux-ci puissent éclater en Asie ou en Afrique.
A noter, tout de même, qu’en Asie, les différends entre pays mettent toujours en jeu la Chine directement (sauf pour la Corée du Nord et encore), face, notamment, au Japon, à l’Inde, aux Philippines ou au Vietnam. Il y aurait donc un risque de confrontation beaucoup plus directe entre les deux puissances en cas de conflit armé, par exemple, entre la Chine et le Japon pour les îles Diaoyu-Senkaku.
- Qui, des deux, peut gagner le bras de fer s’il continue ainsi?
Dans le court et moyen terme, il semble impossible à la Chine de gagner malgré sa puissance financière car celle-ci est assise sur ses exportations principalement. Sans ses clients occidentaux, pas de développement économique suffisant. C’est moins évident sur le long terme même si la Chine, toujours elle, fait face à des défis énormes comme les dettes de ses provinces, sa corruption endémique, son absence de démocratie face à une population de moins en moins encline à accepter la dictature d’un parti unique.
Les tensions internes de la Chine sont ses talons d’Achille au développement de la puissance sur le long terme que certains jugent inexorable. Cela pourrait donner un avantage définitif au modèle américain. A moins que la Chine ne réussisse à se libéraliser et intègre la communauté des pays démocratiques ce qui ouvrirait la voie à une entente avec les Etats-Unis et, plus globalement au règlement des différends autrement que par la confrontation.
Pour le moment, ce n’est pas le chemin suivi par les autocrates de Pékin.
Alexandre Vatimbella avec la rédaction de l’agence

© 2013 LesNouveauxMondes.org

mardi 4 juin 2013

ACTU-MONDIALISATION. Compétitivité: Les Etats-Unis à nouveau numéro un, la Chine 21° et la France 28°

Selon le classement annuel de l’école de commerce suisse IMD, les Etats-Unis sont redevenus cette année le pays le plus compétitif de la planète sur les soixante dont l’économie a été analysée. Ils devancent la Suisse, Hong Kong, la Suède et Singapour.
Les raisons du succès américain viennent avant tout, selon les responsables de l’étude, du rebond de leur secteur financier, de l’abondance de leurs avancées technologiques et des performances de leurs entreprises.
La Chine, quant à elle, améliore sa compétitivité en se classant en 21° position. Les autres membres du club du Bric sont plus loin (l’Inde 40°, le Russie 42° et le Brésil 51°).
En ce qui concerne les grands pays de l’Union européenne, on trouve l’Allemagne en 9° position, la Grande Bretagne 18°, la France 28°, l’Italie 44°, l’Espagne 45°.
Le Japon, lui, se classe 24°.
Ce classement est le 25° du genre. Selon l’IMD, les gagnants depuis 1997 sont la Chine, l’Allemagne, Israël, la Corée du Sud, la Pologne, le Mexique, la Suède, la Suisse et Taïwan.
Parmi les perdants, on trouve la Grande Bretagne et la France.
Louis-Jean de Hesselin et la rédaction de l’agence

© 2013 LesNouveauxMondes.org