Les Actualités sur Mondiaglobalisation

samedi 1 juin 2013

ACTU-MONDIALISATION. Inde, la plus faible croissance depuis dix ans

Ce que les experts du pays craignaient est en train de se réaliser, l’Inde est dans des difficultés économiques, sociales et politiques importantes.
Ainsi, la croissance du PIB a été la plus faible depuis dix ans (5% pour l’exercice fiscal 2012-2013 alors qu’il faudrait qu’elle soir proche de 10% pour permettre au pays de sortir réellement de son sous-développement) pendant que les affaires de corruption continuent de plus belle, que les réformes promises par le gouvernement sont sans cesse repoussées et que l’état de la société indienne se délite avec toutes les affaires d’agressions sexuelles envers les femmes, les jeunes filles et les jeunes enfants dans un environnement où la pauvreté et la mortalité infantile font des ravages.
Même l’inflation au plus bas n’est pas une bonne nouvelle alors que la hausse des prix est un des fléaux du pays, augmentant quand la croissance est forte, obligeant alors la banque centrale à relever ses taux de base ce qui pénalise les entreprises et la consommation, baissant quand elle ralentit, empêchant l’économie d’être assise sur des bases solides.
Dans cette atmosphère, le Parti du congrès du premier ministre Manmohan Singh a de quoi s’inquiéter alors que se profilent les élections législatives prévues au second trimestre 2014.
Reste à savoir si le parti qui les remportera sera capable, que ce soit le Congrès ou le BJP (Parti du peuple), de mettre en place les réformes indispensables pour que l’Inde ne devienne pas, à nouveau, un pays sinistré.
Louis-Jean de Hesselin avec la rédaction de l’agence

© 2013 LesNouveauxMondes.org

mercredi 29 mai 2013

ACTU-MONDIALISATION. Le manque de filles et la violence des sociétés chinoises et indiennes

Le déséquilibre entre le nombre d’hommes et de femmes en Chine et en Inde devient chaque jour de plus en plus inquiétant d’autant qu’il semble bien que les autorités des deux pays les plus peuplés du monde sont incapables de trouver des solutions à ce qui pourrait bien devenir dans les décennies à venir, une véritable tragédie planétaire.
Rappelons que dans ces deux pays (mais pas seulement), les familles privilégient la naissance de garçons qui vont aider leurs parents dans leurs vieux jours (alors que les filles seront mariées et partiront aider leurs belles-familles) mais aussi qui représentent, dans ces sociétés avant tout patriarchales, un motif de fierté.
Les récents viols en Inde de jeunes femmes et de fillettes qui ont fait la une des médias partout dans le monde sont peut-être, en partie, une des premières conséquences de ces dizaines de millions de femmes qui manquent à l’appel et de ces dizaines de millions d’hommes qui ne peuvent trouver une compagne et vivent souvent dans une grande misère sexuelle.
Et ceci risque de se dégrader encore dans les années à venir.
Car, dans l’histoire de l’humanité, les sociétés qui ont connu un tel déséquilibre sont devenues extrêmement violentes à l’’intérieur et à l’extérieur de leur frontières.
Afin de tenter de canaliser cette agressivité masculine, les dirigeants ont généralement enrôlés les jeunes hommes dans les forces armées. In fine, celles-ci sont allées faire la guerre aux pays voisins pour se servir en femmes…
De même, les enlèvements de filles, dans les pays concernés par le déséquilibre et dans ceux qui en sont proches, augmentent ainsi que la prostitution comme on le voit en Asie actuellement.
Reste que l’on ne doit pas oublier que les politiques de contrôle des naissances mises en place en Chine et en Inde et qui ont accentué ce déséquilibre, ont permis de limiter les naissances de manière drastique dans des pays qui n’auraient pas pu se développer, ni nourrir une population en augmentation exponentielle, même si, aujourd’hui, ces restrictions sont remises en cause du fait du vieillissement accéléré de la population chinoise.
Quoiqu’il en soit, des solutions rapides doivent être trouvées par les autorités indiennes et chinoises qui ont semblé, jusqu’à présent, totalement démunies même si quelques mesures fortes (comme l’interdiction des échographies dans les premiers mois de grossesses et des avortements sélectifs) ont été prises sans pour autant inverser une tendance qui vient du fin fond de la culture des deux pays.
Alexandre Vatimbella avec la rédaction de l’agence

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mercredi 22 mai 2013

ACTU-MONDIALISATION. Prochain visite de Xi Jinping aux Etats-Unis sur fond de méfiance entre les peuples américain et chinois


Alors que Xi Jinping, le président chinois, s’apprête à faire dans quelques semaines le voyage de Washington à l’invitation de Barack Obama et que les deux hommes vont parler de coopération mais aussi de tout ce qui fâche (concurrence déloyale, cyberguerre, pivot américain vers le Pacifique, droits de l’homme, Corée du Nord, on en passe et des meilleurs), la méfiance est désormais de mise entre les peuples américains et chinois si l’on en croit les dernier sondages en la matière datant de 2012.
Ainsi, 65% des Américains voient la Chine comme un adversaire dans la mondialisation contre seulement 16% qui la voient comme un partenaire (15% la voyant comme un ennemi).
Dès lors, pas étonnant que 68% d’entre eux disent qu’on ne peut pas ou peu faire confiance à la Chine.
Quant à la délocalisation d’emplois américains en Chine, 71% disent que c’est un problème sérieux. 78% pensent que c’est également le cas de la dette américaine vis-à-vis de la Chine et 61% pour le déficit commercial américain vis-à-vis de la Chine.
Surtout, la priorité des Etats-Unis, selon 49% des Américains, est d’être plus agressif avec la Chine contre 42% qui pensent qu’il faut développer la coopération entre les deux pays (Auparavant 53% privilégiaient de meilleurs relations avec la Chine).
Du côté Chinois, la détérioration de l’image des Etats-Unis est également de mise.
Ainsi, seuls 43% voient les Etats-Unis de manière favorable (contre 48% qui les voient défavorablement), une inversion par rapport à la précédente enquête qui donnait respectivement les chiffres de 58% et 37%.
Dans le même temps, ils ne sont plus que 39% à estimer que les relations entre la Chine et les Etats-Unis peuvent être qualifiées de coopération contre 68% auparavant soit une chute de près de trente points!
Enfin, c’est désormais la méfiance qui prime chez les Chinois envers Obama (41% contre 38% qui lui font confiance).
Ces chiffres, qui datent maintenant de quelques mois, montrent bien cette dégradation des relations entre les deux grandes puissances et l’éloignement d’une coopération pacifique pour gouverner le monde et réguler la mondialisation.
Et il est fort possible que ceux-ci soient encore plus mauvais aujourd’hui car les affaires d’espionnages de l’armée chinoise sur les entreprises et le gouvernement américains par le biais d’internet ainsi que l’agressivité chinoise vis-à-vis de ses voisins -- et de tous les pays qui ne sont pas d’accord avec eux, plus généralement (59% estiment que la Chine ne prend pas en compte les intérêts des autres pays dans ses décisions en matière de politique étrangère -- n’ont pas du faire du bien à l’image de la Chine aux Etats-Unis.
De même, les déclarations toujours plus dures des autorités chinoises sur la présence américaine renforcée dans le Pacifique et la volonté de développer en priorité les capacités de l’’armée chinoise, n’ont pas du être des signaux d’apaisement pour la population chinoise.
Reste que les Etats-Unis et la Chine ont de multiples intérêts à s’entendre. Pour autant, il serait sans doute contre-productif de ne pas mettre l’ensemble des sujets sur la table afin de donner des clés précieuses au monde sur ce à quoi il peut s’attendre de ses deux principales puissances.
Alexandre Vatimbella avec la rédaction de l’agence
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mardi 21 mai 2013

ACTU-MONDIALISATION. Les relations tendues entre la Chine et l’Inde pas prêtes de disparaître


«Le monde est assez grand pour satisfaire les aspirations à la croissance de nos deux peuples» a dit le premier ministre indien Manmohan Singh en recevant le premier ministre chinois Li Keqiang.
Il y a quelques années, ce même Singh, en recevant le président chinois d’alors, Hu Jintao, avait affirmé que si l’Inde et la Chine s’alliaient, ils domineraient le monde.
Mais de l’eau a coulé sous les ponts depuis cette affirmation un peu présomptueuse, notamment parce qu’elle n’a jamais réellement reflété l’exacte situation des relations entre les deux pays qui sont faites, tout autant, de méfiance réciproque que d’obligation de coopérer ensemble.
Ainsi, la visite du premier ministre chinois à New Dehli a donné lieu à des déclarations de bonnes intentions qui ressemblent à toutes celles qui ont été faites lors des rencontres au plus haut niveau qui ont jalonné les relations sino-indiennes de cette dernière décennie.
On parle de coopération, d’ouvertures réciproques des marchés, de résolution des différends, notamment frontaliers, de l’avenir qui sera radieux pour les deux pays, de l’appartenance commune au même club des grands pays émergents, le Brics (qui regroupe également le Brésil, la Russie et l’Afrique du Sud).
Oui, tout cela est écrit d’avance et on pourrait même concevoir un communiqué-type que l’on publierait à chaque sommet sino-indien!
La réalité est beaucoup plus compliquée et l’affirmation de Singh à Li, quoiqu’en nette retrait par rapport à celle faite à Hu, pourrait même être d’un trop grand idéalisme…
La Chine veut dominer la région (et le monde) et pas question de partager avec l’Inde où que ce soit.
L’inde, de son côté, est trop faible économiquement parlant, pour se mesurer actuellement avec la puissance commerciale de la Chine que ce soit dans le monde mais, surtout, sur son marché intérieur (les relations commerciales bilatérales de 67,8 milliards de dollars montrent un déséquilibre en faveur de la Chine de 40,8 milliards de dollars pour l’année fiscale indienne 2012-2013). D’où le refus constant de la part de New Dehli d’un accord de libre-échange et même de la réalisation d’infrastructures de transport modernes qui permettraient d’acheminer plus facilement les produits bons marchés chinois sur le territoire indien…
Dès lors, la relation de «confiance méfiante» va perdurer pour encore longtemps.
D’autant que, contrairement à ce qu’affirme Manmohan Singh, il n’y en aura pas pour tout le monde. Les développements de la Chine et de l’Inde sont concurrents, voire, à terme, antinomiques sur les bases actuelles de l’économie mondiale et des réserves de matières premières de la planète.
Heureusement, le pire n’est pas toujours sûr et les progrès de l’innovation technologique pourraient éviter la confrontation qui, au jour d’aujourd’hui, se profilent à un horizon bien difficile à dater avec exactitude.
Et cela, et les Chinois, et les Indiens, le savent pertinemment…
Louis-Jean de Hesselin avec la rédaction de l’agence
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lundi 20 mai 2013

ACTU-MONDIALISATION. Assiste-t-on au réveil européen face au péril commercial chinois?


Ceux qui sont étonnés par le récent discours de fermeté de l’Union européenne face à la Chine en matière commerciale ont du manquer plusieurs épisodes…
Depuis plusieurs années, Bruxelles et les pays membres de l’UE s’inquiètent de la détérioration des termes de l’échange et du déséquilibre de la balance commerciale en faveur de la Chine.
Cette dernière ne joue manifestement pas le jeu en imposant de nombreuses limites aux exportations européennes tout en développant un discours lénifiant sur sa volonté d’accueil de plus en plus de produits européens (en fait tout ce qui fait partie de l’embargo décidé par l’Occident, c’est-à-dire les technologies sensibles dont, en particulier, tout ce qui concerne les matériels militaires).
En revanche, elle continue à bénéficier des largesses de l’Union européenne, ce qui lui permet de doper sa croissance encore basée essentiellement sur les exportations à bas prix, subventionnées et couplées avec un yuan sous-évalué malgré les dires de Pékin.
Pour autant, jusqu’à présent toutes les menaces de ne pas se laisser faire de la part des Européens étaient demeurées de la rhétorique avec peu d’actions concrètes (sauf quelques des plaintes devant l’OMC) car l’Union européenne était très divisée sur une politique commerciale restrictive envers la Chine.
De plus, elle craint évidemment les mesures de rétorsions qui la priveraient de gros contrats comme ceux d’Airbus, par exemple.
Sauf que les économies européennes, malgré ces contrats juteux, vont de plus en plus mal avec des croissances atones et un chômage à son plus haut dans de nombreux pays du vieux continent.
Et la Commission européenne s’est enfin aperçue que la Chine profitait de l’ouverture du marché européen sans pratiquement aucune réciproque.
Comme l’a expliqué un responsable européen au Monde, «la préoccupation grandit sur la façon dont la Chine assume ses responsabilités dans le commerce mondial. Les évidences s’accumulent pour montrer que le capitalisme d’Etat se développe au détriment des intérêts de l’économie européenne».
On ne peut être plus clair et… clairvoyant!
Il n’est donc plus temps, pour l’Europe, de louvoyer pour reconquérir son marché intérieur et ses parts de marché à l’exportation en faisant que tout le monde joue selon les mêmes règles en ces temps où les accords commerciaux multilatéraux ont du plomb dans l’aile (en grande partie à cause des pratiques des grands pays émergents) au profit des accords bilatéraux.
Est-ce possible (tout en resserrant les liens avec les Etats-Unis par un accord de libre-échange), est une autre question…
Toujours est-il que face à un discours plus ferme des Européens, les Chinois ont répondu, comme d’habitude, par des menaces.
Dès lors, du terrain purement économique et commercial, le curseur se déplace sur celui du politique. Voilà encore une fois un problème crucial pour son avenir qui va déterminer si l’Union européenne est autre chose qu’un objet velléitaire en mal d’identification au niveau mondial et en matière de mondialisation.
Vu les précédents, les dirigeants chinois doivent être assez confiants!
Aux Européens de leur montrer qu’ils ont toujours assez de courage pour ne pas se laisser marcher sur les pieds indéfiniment…
Alexandre Vatimbella & la rédaction de l’agence
© 2013 LesNouveauxMondes.org