Les Actualités sur Mondiaglobalisation

jeudi 10 décembre 2009

CHINE-CROISSANCE. Selon un rapport, la Chine pourrait avoir une croissance propre


Deux instituts viennent de publier une étude qui montre qu’une économie chinoise plus «écologique» pourrait continuer à croître fortement.


Le rapport, «Devenir propre : l'économie du développement à faibles émissions de carbone de la Chine», publié conjointement par le Chinese Economists Forum 50 et l'Institut de l'environnement de Stockholm affirme qu’il est possible à la Chine de continuer à avoir une croissance forte tout en respectant l’environnement du mieux possible.

Selon un des auteurs de l’étude, le professeur Ottmar Edenhofer, directeur adjoint et économiste en chef de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique, «la Chine sera l'un des pays les plus affectés par un dangereux changement climatique. L'éviter est dans l'intérêt de la Chine. L'étude démontre que la Chine peut associer une forte croissance économique à des réductions d'émissions ambitieuses. C'est la raison pour laquelle la Chine a le potentiel de devenir un modèle pour les autres économies en transition». Il est rejoint dans cette vision par un de ses coauteurs, Lord Nicholas, professeur à la London School of Economics: «ce rapport important démontre que la Chine peut prendre des mesures fortes et décisives pour réduire ses émissions de carbone, tout en poursuivant sa croissance économique et en construisant une société prospère et harmonieuse pour son peuple».

Toutefois, pour le professeur Johan Rockstrom, directeur exécutif de l'Institut de l'environnement de Stockholm, il ne sera possible de réorienter la croissance de la Chine que si elle est aidée notamment en matière d’acquisition de technologies de pointe comme le pays le réclame depuis longtemps: «afin que ceci devienne une réalité, 'Devenir propre' propose un nouveau système de financement international - le Plan conjoint inter-pays d'atténuation des changements climatiques - offrant un moyen plus large et plus efficace de financer les transferts de technologie».

Pour autant, la Chine doit aussi agir car ses «modèles de consommation et de production doivent aussi être orientés dans une direction plus favorable à la durabilité des ressources» pour Klas Eklund, économiste principal à la banque nordique SEB qui ajoute: «pays le plus peuplé au monde et plus grand émetteur de gaz à effet de serre, la Chine a un rôle fondamental à jouer dans la lutte contre le changement climatique. Il est donc nécessaire de disposer d'instruments économiques efficaces pour réduire les émissions».

Quant aux inquiétudes que ce passage à une économie propre peut coûter en terme de croissance, Johan Rockstrom estime que «même dans cette conjoncture économique difficile, les mesures à l'égard du changement climatique peuvent présenter plus d'opportunités que de coûts». Une opinion que partage le professeur Fan Gang, directeur de l'Institut national de recherches économiques de la Chine: «une Chine à faibles émissions de carbone est un pays doté d'un secteur tertiaire agrandi, de compétences de main d'œuvre plus avancées et d'une moindre dégradation environnementale. Une telle transition constituerait aussi une partie essentielle du développement de la Chine».


Alexandre Vatimbella

© 2009 LesNouveauxMondes.org

mercredi 9 décembre 2009

MONDIALISATION-CHINE. 53% des Américains pensent que la Chine représente un danger pour les Etats-Unis


Alors que les élites américaines estiment désormais que la Chine sera une alliée fiable dans les années à venir, le grand public continue de voir en lui une menace pour leur pays.


Selon une étude du Pew research center, un centre de recherche indépendant américain d’enquêtes politiques, la Chine continue d’être perçue par une majorité d’Américains comme une menace (53% en 2009 contre 52% en 2005 et 51% en 2001). Plus globalement, le public américain estime que leur pays joue un rôle international de moins en moins important alors que la Chine monte, à l’inverse, en puissance sur la scène mondiale.

Ainsi, en matière économique, seuls 27% des Américains pensent que les Etats-Unis sont la première puissance économique (contre 41% en février 2008) et 44% estiment que c’est désormais la Chine (contre 30% en février 2008). Un renversement particulièrement important et qui démontre un malaise chez les Américains d’autant que les chiffres sont encore nettement du côté des Etats-Unis. En revanche, ils estiment à 63% que les Etats-Unis sont la première puissance militaire contre seulement 18% pour la Chine.


Alexandre Vatimbella

© 2009 LesNouveauxMondes.org

MONDIALISATION-INDE-RUSSIE-ENERGIE. La Russie va vendre à l’Inde plusieurs centrales nucléaires


Après la France et les Etats-Unis, la Russie, alliée traditionnelle du pays, s’est positionnée sur le marché nucléaire de l’Inde. Cette dernière a besoin urgent de nombreuses centrales pour pouvoir passer un cap dans son développement économique.


Le marché du nucléaire en Inde suscite de nombreux appétits tant celui-ci devrait se développement fortement dans les années qui viennent. D’une part parce que l’Inde a un indispensable besoin de centrales nucléaires pour permettre à sa croissance économique d’être assise sur des infrastructures électriques suffisantes ce qui est encore loin d’être le cas actuellement. D’autre part parce que la levée de l’embargo sur le nucléaire qui frappait l’Inde depuis ses essais de bombes atomiques et son refus de signer le traité de non-prolifération nucléaire permet désormais à l’Inde d’acheter des technologies civiles et de faire construire des centrales et donc aux pays qui les possèdent de pouvoir lui vendre et d’en retirer de substantiels revenus.

La France avait été la première à faire des appels du pied à l’Inde et à signer des contrats en la matière. Puis cela a été au tour des Etats-Unis qui, en tant que principal acteur de la levée de l’embargo, sont allés chercher les dividendes de leur cadeau à l’Inde. C’est maintenant au tour de la Russie de faire valoir son titre de meilleur allié du pays pour vendre ses turbines et son savoir-faire.

C’est ce qui s’est passé lors de la visite du Premier ministre indien, Manmohan Singh, en Russie. Il a ainsi signé un important accord en ce sens avec le Président russe, Dmitri Medvedev. Celui-ci, d’une valeur de plusieurs milliards de dollars, concernerait, notamment, la livraison par la Russie d’une vingtaine de réacteurs et la construction de trois centrales dans un premier temps.

A noter qu’Indiens et Russes ont également signé un important accord en matière militaire dont le détails n’ont pas été révélés. Mais là aussi la Russie est un fournisseur traditionnel de l’Inde en la matière.


Alexandre Vatimbella

© 2009 LesNouveauxMondes.org

mardi 8 décembre 2009

BRIC-ECONOMIE. La part de la consommation intérieure de la Chine dans sa croissance est la plus faible des pays du Bric


Selon une comparaison de l’Académie des sciences sociales de Chine, la croissance chinoise est celle qui est la moins dépendante de la demande intérieure des pays du Bric. Un déséquilibre lourd de menaces si les autorités n’agissent pas pour le corriger.


Une étude réalisée par le département des sciences économiques de l’Académie des sciences sociales de Chine montre que la part de la consommation intérieure chinoise est la plus faible des pays du Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) dans la croissance de son économie. Ainsi, selon les statistiques publiées, la demande intérieure représente au Brésil 80% de la croissance du PIB du pays, 60% à 70% en Russie, plus de 50% en Inde et moins de 40% en Chine (et même encore moins avec l’énorme plan de relance du gouvernement cette année puisque les investissements de l’Etat dans les infrastructures compteront pour 70% de la croissance). De plus, même si l’on fait fi de 2009, la part de la consommation intérieure dans la croissance de la Chine a même baissé ces dernières années. Du coup, cette croissance dépend des exportations et des investissements des pouvoirs publics qui sont réalisés majoritairement dans les infrastructures. Pour inverser cette tendance dangereuse pour le pays, il faudrait que ces investissements permettent de doper la consommation des ménages. Mais il faut aussi et avant tout selon Chen Jiagui qui dirige le département qu’il y ait une meilleure répartition des revenus.


Louis-Jean de Hesselin

© 2009 LesNouveauxMondes.org

INDE-INTERNATIONAL. Pour l’inde les relations économiques seraient plus importantes que la sécurité à ses frontières


Selon un universitaire, pour les Indiens, la sécurité intérieure prime sur la sécurité extérieure. Et pour assurer celle-ci, il faut une croissance soutenue. Donc, en matière internationale, des relations économiques fortes avec les autres pays.


Lors d’une conférence à l’IFRI (Institut français des relations internationales), le professeur P.R. Kumaraswamy de l’université Nehru de New Delhi a expliqué que l’Inde privilégie depuis toujours, au niveau international, les relations économiques par rapport aux relations de sécurité à ses frontières. Selon lui, la raison en est simple: la peur d’une désagrégation du pays par implosion de la fédération est bien plus prégnante que la menace extérieure qu’elle soit pakistanaise ou chinoise. «Il faut de la richesse pour éviter la fragmentation du pays», explique-t-il et toute la politique étrangère indienne est tournée vers cet objectif de permettre au pays de trouver des relations économiques fortes avec les autres nations afin de pouvoir assurer le développement de l’Inde par une croissance soutenue.


Alexandre Vatimbella

© 2009 LesNouveauxMondes.org