Les Actualités sur Mondiaglobalisation

vendredi 6 juin 2008

CHINE-JOUETS. L’Union européenne estime que la sécurité des jouets chinois s’améliore


Au centre de l’actualité durant toute l’année 2007, la dangerosité des jouets fabriqués en Chine a abouti à des retraits massifs dans les magasins européens et américains. Aujourd’hui, l’Union européenne dresse un bilan moins sombre.


Selon la Commission européenne, l'évaluation des jouets fabriquées en Chine, « a mis en évidence le fait que les autorités et les fabricants chinois ont accompli des progrès significatifs dans la prise en compte des préoccupations liées à la sécurité des jouets ». Cette évaluation a été réalisée par des représentants des autorités de contrôle de la sécurité des Etats membres, des consommateurs, des fabricants et des distributeurs. Ce groupe vient de remettre son rapport à Bruxelles.L’importance de sont travail se résume à cette seule statistique : 85% des jouets commercialisés en Europe proviennent des usines chinoises. Rappelons, par ailleurs, qu’en 2007, sur les 1.600 produits déclarés dangereux, 417 étaient des jouets provenant de Chine.

Néanmoins, selon la commissaire chargée de la protection des consommateurs, un important bémol convient d’être mis car « bien trop de jouets dangereux » venant de Chine « font encore leur apparition sur le marchés européen ». Selon le rapport, la responsabilité principale en revient aux petits sous-traitants chinois peu au fait des procédures de sécurité et de la législation européenne. Mais le rapport pointe aussi les lacunes des organismes chargés du contrôle de la dangerosité des produits en Europe.


Alexandre Vatimbella
@ 2008 LesNouveauxMondes.org

jeudi 5 juin 2008

BRIC-CONJONCTURE. L’OCDE prévoit des croissances moins élevées pour les pays du Bric


Dans ses nouvelles perspectives économiques qu’elle vient de publier, l’OCDE prévoit un ralentissement des croissances des pays du Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine). Voici les prévisions de l’organisme international.


Brésil. Le PIB a progressé de 5.4 % en 2007, le rythme le plus rapide enregistré depuis 2004, mais cette progression devrait redevenir plus modeste au cours de la période de prévisions. La consommation des ménages est restée le principal moteur de cette évolution, confortée par l’amélioration des conditions sur le marché du travail et la création de crédit, toujours forte. Les investissements sont repartis fermement à la hausse, contribuant ainsi à alléger les contraintes de capacité en train de se faire jour. Les exportations se portent bien, en dépit de la vigueur du réal. L’excédent commercial se contracte rapidement, principalement à cause de l’augmentation des importations, en particulier de biens d’équipement et de consommations intermédiaires. Le renchérissement de l’énergie et des produits alimentaires a stimulé l’inflation, laquelle a dépassé son objectif médian fixé à 4.5 %. Le dosage de l’action publique s’oriente vers la restriction monétaire requise. Le taux d’intérêt directeur a été relevé en avril et un nouveau resserrement devrait intervenir dans l’année. La politique budgétaire reste sur les rails, et l’excédent primaire consolidé a été légèrement supérieur à son objectif de la fin 2007. Le respect renouvelé des objectifs budgétaires s’inscrit dans le droit fil de la poursuite de la réduction de la dette publique en 2008-09, mais un supplément d’austérité budgétaire anticyclique serait le bienvenu.

Indicateurs macroéconomiques
Croissance du PIB réel 2008 : 4.8% ; 2009 : 4.5%
Inflation 2008 : 4.9% ; 2009 : 4.5%

Chine. La croissance économique a ralenti légèrement, s’établissant à 10.6 % sur douze mois au premier trimestre de 2008. Elle devrait encore s’émousser d’ici la fin de l’année 2008 et en 2009, sous l’influence du recul de la contribution des exportations nettes, et l’excédent de la balance courante va sans doute retomber à 9,5% du PIB d’ici 2009. La progression de la demande intérieure devrait rester ferme à l’horizon considéré, le dynamisme des revenus alimentant la consommation. L’inflation a augmenté fortement, sous l’effet de l’explosion des prix des produits alimentaires, mais devrait s’atténuer un peu pour autant que les prix des produits alimentaires se stabilisent, compensant ainsi l’augmentation persistante des prix des produits non agricoles. Dans un contexte marqué par un écart de production positif et par la contagion de l’inflation qui s’étend au-delà des produits alimentaires, il faut que les politiques macroéconomiques continuent à œuvrer pour réduire les risques de surchauffe. Les taux d’intérêt chinois sont déjà supérieurs aux taux américains et toute nouvelle hausse amplifierait le problème de la stérilisation des entrées de capitaux. Certes, une réévaluation progressive de la monnaie donnerait une plus grande marge de manœuvre pour relever les taux d’intérêt et contribuerait à modérer l’inflation, mais elle entrerait en conflit avec le souhait des autorités de limiter l’appréciation de leur monnaie et elle exposerait certains secteurs de l’économie à des pressions en faveur d’un ajustement. Le solde budgétaire est sain et les pouvoirs publics sont bien placés pour augmenter les dépenses sociales et les investissements en infrastructures, ainsi que pour soutenir la croissance intérieure si l’économie mondiale devait ralentir plus fortement que prévu.

Indicateurs macroéconomiques
Croissance du PIB réel 2008 : 10% ; 2009 : 9.5%
Inflation 2008 : 6,4% ; 2009 : 5,6%

Inde. Au cours de l’exercice budgétaire 2006, l’économie a connu une expansion rapide de 9.4 %. Cette forte croissance a été alimentée par les bonnes performances du secteur agricole et la solidité persistante de la production industrielle. Au premier semestre de l’exercice 2007, la vigueur des investissements a permis d’améliorer le potentiel d’offre de l’économie. Sous l’effet de taux d’intérêts et de change plus élevés, la croissance de la production devrait se ralentir progressivement, pour atteindre 8.4 % d’ici 2009. Le déficit courant devrait se creuser et passer de 1.1 % (exercice 2006) à 2.0 % du PIB d’ici 2009. Grâce à la modération des hausses des prix alimentaires, l’inflation mesurée par l’indice des prix du PIB devrait s’atténuer quelque peu au cours de la période de projection. Il faudra, pour obtenir une croissance économique solide et durable, mener un nombre substantiel de réformes économiques. Les déficits budgétaires devront être encore réduits afin de faire place aux investissements des entreprises privées. Il conviendrait de modérer davantage les tarifs douaniers et de prendre des mesures visant à réduire la charge administrative imposée aux entreprises. Il faudrait simultanément assouplir les mesures restrictives applicables au marché du travail, de manière à inciter les entreprises à employer leur personnel sur le long terme, ce qui contribuera à réduire la pauvreté. Une plus grande efficience des services publics est également nécessaire pour rehausser la qualité de l’éducation et des infrastructures.

Indicateurs macroéconomiques
Croissance du PIB réel 2008 : 8,6% ; 2009 : 8,4%
Inflation 2008 : 5,8% ; 2009 : 5%

Russie. En 2007, la croissance du PIB devrait s’accélérer en termes réels, puis se modérer sur la période de projection avec la stabilisation des cours du pétrole et des métaux à leurs niveaux élevés actuels. La demande intérieure restera forte, mais les taux de croissance exceptionnels de l’investissement du premier semestre ne seront pas maintenus. Alimentée par une forte hausse de la masse monétaire et les tensions apparues sur le marché du travail, la hausse des prix devrait atteindre en fin d’année une progression à deux chiffres et, en tout état de cause, dépasser largement l’objectif de la banque centrale fixé à 8 %. Le relâchement budgétaire nourrit les pressions inflationnistes et le solde budgétaire hors pétrole devrait lourdement s’aggraver cette année. Si les autorités ont eu recours à des mesures administratives artificielles pour limiter les hausses des prix de détail, juguler l’inflation supposerait d’abord d’opérer un net resserrement de la politique budgétaire. Le renforcement de la réglementation des marchés des biens en faveur d’une concurrence accrue pourrait aussi y contribuer, mais de ce point de vue, la tendance toujours plus forte de l'État à intervenir en matière de politique industrielle est un sujet de préoccupation.

Indicateurs macroéconomiques
Croissance du PIB réel 2008 : 6,5% ; 2009 : 6%
Inflation 2008 : 9,5% ; 2009 : 8,5%


Alexis Levé
© 2008 LesNouveauxMondes.org

mercredi 4 juin 2008

INDE-CONSOMMATION. Le Premier ministre indien veut la vérité sur les prix et augmente fortement le prix de l'essence


Alors que la menace inflationniste continue à menacer l’économie indienne, Manmohan Singh a demandé, juste avant la hausse du prix de l'essence de 10%, aux partis politiques de prendre leur responsabilité sur la question épineuse des subventions à la consommation.


Le Premier ministre indien tente de se sortir de la délicate question de l’inflation en s’interrogeant sur la vérité des prix et le montant des subventions à la consommation. Ainsi, en déclarant que le gouvernement n’avait pas d’autres options que d’augmenter le prix de l’essence et du diesel, ce qui vient de se concrétiser aujourd'hui par une hausse d'environ 10%, la plus forte depuis des années, il a demandé un « large consensus » pour adopter des « politiques économiques rationnelles » en matière de vérité des prix. « Nous ne pouvons permettre aux subventions d’augmenter encore plus. Nous n’avons pas, non plus, la capacité d’isoler le consommateur de l’impact des hausses de prix du pétrole et des denrées alimentaires » a ajouté Manmohan Singh.

Rappelons en effet que pour limiter les conséquences de la hausse des prix, les pouvoirs publics subventionnent le prix de l’essence et du diesel ainsi que ceux de certaines denrées alimentaires afin que les plus pauvres mais aussi les entreprises ne soient pas trop pénalisées. Mais, devant des hausses importantes et répétées, le coût de ces subventions s’envolent ce qui met le gouvernement dans une situation très difficile. D’où cette volonté de rechercher un consensus politique. Mais celui-ci sera très dur à trouver en cette année pré-électorale…


Louis-Jean de Hesselin
© 2008 LesNouveauxMondes.org

Louis-Jean de Hesselin
© 2008 LesNouveauxMondes.org

CHINE-CONSOMMATION. Les jeunes chinois préfèrent les produits français « romantiques »…


Une étude menée par un universitaire de Shanghai sur la vision des jeunes Chinois urbains sur l’Union européenne révèle que ceux-ci aiment bien les Français et beaucoup leurs produits de luxe !


Menée dans dix grandes villes de Chine avec l’appui de la Fondation pour l’Innovation Politique, l’étude que vient de réaliser le professeur Jiang Changjian de l’université Fudan de Shanghai sur la vision que les jeunes Chinois de 18/29 ans ont de l’Union européenne révèle quelques bonnes surprises pour la France même si celle-ci a été menée après les incidents de la flamme olympique à Paris et les manifestations antichinoises à propos du Tibet (mais avant le tremblement de terre du Sichuan).

Ainsi, les jeunes Chinois aimeraient bien venir en France étudier, surtout le stylisme, mais le problème de la langue freine leurs ardeurs. C’est pourquoi ils préfèreraient majoritairement se rendre dans les pays anglo-saxons et notamment aux Etats-Unis et en Grande Bretagne (rappelons que l’anglais est obligatoire à l’école ce qui n’est pas le cas du français bien sûr). De même, de nombreux jeunes Chinois aimeraient visiter la France. Mais la meilleure surprise est que la jeunesse chinoise est fan des produits français qui évoquent l’image « romantique » qu’elle a de la France (pour plus 70% des sondés !). Ces produits sont des produits de luxe et gastronomiques. Vient ainsi en tête le vin suivi des cosmétiques, des vêtements et autres accessoires de mode et de la gastronomie en général. En revanche, mauvaise nouvelle, les jeunes Chinois ne voient pas du tout en la France un pays de haute technologie malgré Airbus ou le TGV. Seuls 33,1% des sondés reconnaissent l’esprit d’innovation de Français et 25,7% se disent impressionnés par les produits high-tech français loin derrière les produits américains, japonais et allemands.

A noter enfin que les jeunes Chinois estiment que les relations franco-chinoises sont importantes et viennent juste après les relations américano-chinoises.


Alexandre Vatimbella
© 2008 LesNouveauxMondes.org

mardi 3 juin 2008

INDE-SALAIRES. L’échelle des salaires indienne est la plus inégalitaire du monde


Un haut dirigeant d’une entreprise indienne gagne dix-neuf fois plus qu’un cadre débutant faisant de l’Inde le pays où l’échelle des salaires est la plus large.


Alors que l’Inde est déjà le pays émergent qui compte le plus de milliardaires et que ceux-ci possèdent le plus gros pourcentage au monde du PIB d’un pays, l’inégalité se voit aussi dans l’immense différence de rémunération entre un cadre débutant et un haut dirigeant d’une entreprise. Ainsi, ce dernier gagne en moyenne dix-neuf fois plus que le cadre débutant faisant de l’Inde le pays où l’échelle des salaires est la plus large. Ce qui vient renforcer les analyses des économistes indiens qui considèrent que la croissance indienne ne bénéficie pas ou peu au développement du pays et va, principalement, aux plus riches créant une situation sociale explosive à terme et une remise en question la poursuite d’une croissance s’appuyant uniquement sur un groupe restreint de la population. A titre de comparaison, les salaires des hauts dirigeants dans les pays développés sont compris, selon les pays, entre neuf et quinze fois celui d’un cadre débutant.

Ainsi, même dans certaines branches comme celle de la « nouvelle économie » avec, en particulier, les NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication), où les salaires ont fortement augmenté à tous les niveaux, ceux des hauts dirigeants ont plus augmenté que les autres. Une des raisons avancées par les experts pour expliquer cette différence est que les salaires des hauts dirigeants du monde se sont « globalisés » plus vite que ceux des autres cadres, d’où un bond important. D’où l’obligation pour les entreprises indiennes, pour avoir ou garder des dirigeants de haut niveau, de s’aligner sur ces rémunérations très élevées.

En outre, selon les chiffres disponibles, l’échelle des salaires dans la fonction publique serait moins large. Ainsi, la rémunération des hauts fonctionnaires serait quinze fois supérieure à celle d’un fonctionnaire de base.


Alexandre Vatimbella
© 2008 LesNouveauxMondes.org