Les Actualités sur Mondiaglobalisation

lundi 21 mars 2022

Commentaire. Apaiser les dictateurs ou le lâche aveuglement des démocraties

Quand est-ce que la politique de l’apaisement envers les dictateurs a fonctionné?

Jamais.

Parce que le dictateur prend l’apaisement pour de la faiblesse et donc, au lieu de calmer ses ardeurs, cette stratégie va, au contraire, le renforcer dans sa conviction qu’il peut encore aller plus loin.

Ainsi, en ayant cédé à tous les caprices d’Adolf Hitler, les démocraties ont abandonné les peuples agressés et n’ont pas empêché une guerre mondiale.

En revanche, lorsque Staline a décidé le blocus de Berlin, la réponse ferme et déterminée des Occidentaux a fait reculer le dictateur.

En ayant refusé de dire stop à Poutine au cours des années passées, les démocraties l’ont amené à croire qu’il pourrait toujours demander et obtenir plus.

D’où sa guerre contre l’Ukraine aujourd’hui.

Ce que n’ont pas compris les démocraties, c’est qu’avec les régimes totalitaire, il faut parler le même langage qu’eux parce qu’en la matière la raison passe au second plan mais pas le rapport de force.

On peut bien évidemment le regretter mais ne pas faire ce constat comme le fit Kennedy lors de la crise des missiles de Cuba, est une faute qui peut coûter très cher.

La fuite en avant affublé d’œillères n’est pas le comportement le plus glorieux des démocraties et ne donne aucun résultat comme le démontra le pitoyable premier ministre Chamberlain en 1938 à Munich.

dimanche 20 mars 2022

Editorial. La Chine de Xi, alliée objective du criminel de guerre Poutine

Il y en a qui croient que le dictateur Xi Jinping, prêt à faire la guerre pour envahir Taïwan, allait se désolidariser de son ami le dictateur Vladimir Poutine qui est en train d’envahir l’Ukraine.

Il y en a qui croient que le même Xi allait condamner les assassinats de civils ukrainiens dans des bombardements aveugles de la soldatesque poutinienne alors même qu’il a créé des camps de concentration pour mettre au pas le peuple Ouïghour.

Il y en a qui croient que Xi serait plus raisonnable que Poutine alors qu’il a le même objectif impérialiste, faire de son pays la première puissance mondiale même au prix d’une guerre et que le maître de la Place rouge réclame comme celui du Kremlin un certain nombre de territoires qu’il estime être la propriété de la grande Chine comme son alter ego estime que ceux qu’ils réclament font partie de la grande Russie.

Il y en a qui croient que Xi et Poutine ne sont pas de la même engeance alors que tous deux sont à la tête de systèmes corrompus, tous deux sont parmi les individus les plus riches du monde alors qu’ils étaient pauvres avant de parvenir au pouvoir et qui rêvent de laisser une trace indélébile dans l’histoire de leur pays voire de l’Humanité sans se préoccuper des moyens employés pour ce faire.

Il y en a qui croient que Xi ne serait pas aussi inhumain que Poutine qui a commandité le meurtre de plusieurs de ses opposants et mis dans des camps beaucoup d’autres alors qu’en Chine nombre de dissidents se trouvent également enfermés dans ces endroits sinistres et qu’il a délibérément laissé mourir en prison le prix Nobel de la paix Liu Xiaobo après avoir refusé qu’il aille recevoir sa distinction quelques années plus tôt.

Oui, il y en a qui croient au Père Noël!

Peut-être que Xi est inquiet parce qu’il est en train de s’aliéner ses principaux clients, les Etats-Unis et l’Union européenne, mais il estime sans doute que les peuples de ceux-ci, trop aliénés par leur confort matériel, feront en sorte de paralyser la réaction des démocraties contre le totalitarisme, exactement comme le pensait et le pense toujours Poutine.

Quand Joe Biden met en garde Xi de représailles s’il aide Poutine ou quand Macron et Scholz lui demande de condamner les actes du despote russe, le leader chinois qui se prend pour Mao a plutôt envie de soutenir le leader russe qui se prend pour Staline.

Alors que des enfants, des femmes et des hommes qui n’avaient rien demandé, qui n’ont rien fait de répréhensible meurent tous les jours sous les missiles lancés par Poutine, la réalité est que Xi est bien l’allié objectif du criminel de guerre russe en attendant que ce dernier lui rende la pareille quand il en aura besoin.

Entre dictateurs sanguinaires on ne se refuse rien.

Enfin, petit rappel: avant l’invasion de l’Ukraine, la plus grande menace pour la paix mondiale et celui qui prononçait les pires diatribes contre les démocraties s’appelait Xi Jinping.

vendredi 18 mars 2022

Le Focus. Après les «mauvais Ukrainiens», Poutine s’en prend aux «mauvais Russes»

Pendant que les journalistes, experts médiatiques et autres professionnels de la santé débattent pour savoir de quelle maladie il est atteint et si les traitements que prend ce grand nosophobe le rendent paranoïaque et violent, Vladimir Poutine continue à commettre des crimes de guerre et à tuer des enfants.

Ne parvenant pas à se dépêtrer de l’enlisement dans lequel son hubris l’a mené, voilà que le dictateur du Kremlin, après s’en être pris au mauvais Ukrainiens qui sont tous des «nazis» qui commettent un «génocide», menace désormais les mauvais russes qui ne sont que de la «racaille» et des «nationaux traitres» dont le peuple doit être «purifié» au plus vite.

Cet accès de rage et de haine contre sa propre population a de quoi inquiéter ses compatriotes quand on voit comment il agit en Ukraine sans oublier comment il a fait disparaître nombre de ses opposants.

Voilà un discours que l’on n’avait pas entendu depuis longtemps sauf peut-être en Corée du Nord et auparavant dans la bouche de sinistres personnages comme Staline ou Hitler.

Peut-être que certains, comme nous, sont quelque peu obnubilés par ces rapprochements entre canailles mais avouons que Poutine fait tout pour nous faciliter la tâche…

 

mercredi 16 mars 2022

Commentaire. Son nom: Marina Ovsyannikova

Son père est ukrainien, sa mère russe.

Elle vit à Moscou et travaille à la télévision d’Etat au service de l’information.

Et, le 14 mars, lors du journal télévisé le plus regardé, elle a brandi une pancarte appelant à cesser la guerre.

Marina Ovsyannikova, c’est son nom, est une personne, non seulement courageuse, mais emblématique de ce conflit voulu par un homme à l’hubris démesuré, Vladimir Poutine, qui est en train de tuer le peuple ukrainien qui a tant à partager avec le peuple russe comme l’a rappelé cette femme binationale.

Son geste montre également que la société russe est loin d’être entièrement derrière le dictateur comme d’ailleurs l’avait démontré les nombreuses manifestations – surtout de jeunes – contre cette invasion meurtrière.

Bien sûr, on est loin d’une révolte quelconque et encore moins d’un mouvement qui peut déstabiliser Poutine.

Cependant, son enlisement dans une guerre qu’il ne réussit pas à maîtriser – ce qui fait craindre une fuite en avant dans les bombardements de civils et l’utilisation d’armes chimiques --  couplé avec une partie de la population qui est en défiance, le tout sous sanctions fortes de la part des Occidentaux et d’une partie de leurs alliés, peut être, enfin, la prise de conscience par les Russes que Poutine n’est pas le sauveur du pays qu’il prétend mais un vulgaire aventurier qui se prend pour un tsar et qui, avec ses comparses, vide les caisses du pays pour s’enrichir au-delà de toute pudeur.

Un tribunal a condamné Marina Ovsyannikova à une simple amende ce qui fait dire à certains que cette peine est assez légère.

Mais ils oublient que ce n’est pas à cause du panneau qu’elle a brandi lors du journal télévisé mais pour une vidéo postée sur son compte Facebook pour expliquer son geste!

Il faudra voir si elle est poursuivie pour son acte de bravoure qui, lui, peut lui coûter quinze années de prison.

Si elle ne l’était pas, cela aurait une signification forte.

Cela voudrait dire que le Kremlin, en enterrant son cas, ne veut pas faire de la femme de 44 ans une figure symbolique de l’opposition à la guerre scélérate de Poutine parce qu’elle est Russe et est mère de famille, qui pourrait en cas de condamnation réunir et cristalliser autour de sa personne toutes les voix qui s’indigent dans le pays de cette invasion.

Néanmoins Poutine a déjà prouvé qu’il était prêt à écraser toute contestation à sa personne et à ses actes, donc la vigilance doit demeurer ainsi qu’un soutien inconditionnel à l’acte et à la personne de Marina Ovsyannikova.

D’autant que si elle n’est pas inquiétée, elle peut devenir un modèle à suivre, ce qui serait aussi très dangereux pour le maître du Kremlin.

mardi 15 mars 2022

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. La peur est saine mais elle doit s’accompagner du courage

Face à la possibilité d’un carnage, voire de déclenchement d’une troisième guerre mondiale par Vladimir Poutine, la peur éprouvée par les gouvernements européens et leur population, est saine.

Ne pas être des va-t-en-guerres et des boutefeux est un comportement humaniste qui les honore sur un continent qui, ne n’oublions, a été pris dans deux conflits mondiaux mais, surtout, les a provoqués, en est responsable ainsi que ces millions de morts qui resteront une tâche indélébile de son histoire.

Ayant dit cela, l’horreur de la guerre ne doit pas s’accompagner d’un manque de courage et cette détestation ne doit pas être le simple camouflage d’une couardise.

La guerre en Ukraine doit cesser le plus vite possible, il faut éviter qu’elle ne s’étende à tout le continent puis à la planète entière.

Cependant, rien ne justifie que l’on ne prenne pas des décisions fortes contre les agresseurs, en l’occurrence le dictateur Vladimir Poutine et ses complices, et que l’on laisse les ukrainiens devenir un peuple martyr.

C’est en reculant sans cesse face à Hitler que nous avons abouti à la guerre la plus effroyable que l’Humanité ait jamais vécue.

Si nous avions arrêté le dictateur allemand à temps, avec détermination, non obnubilés par une peur qui a pris le dessus sur le courage, nous aurions évité l’hécatombe et la dévastation qui demeureront à jamais notre indignité d’espèce humaine, l’illustration des atrocités que nous sommes capables d’accomplir.

Aujourd’hui, si nous cédons face à Vladimir Poutine, la canaille qui a montré toute sa cruauté et son absence de compassion depuis longtemps, ne sera évidemment pas rassasiée.

Au contraire, le bonhomme sera grisé par son succès comme il l’a été de toutes les reculades occidentales et demandera plus.

Le courage de dire stop nous a manqué quand il a assassiné ses opposants, quand il a gazé les populations syriennes, quand il a envahi une partie de l’Ukraine, quand il a fait la guerre à la Géorgie, quand il a déstabilisé les mécanismes démocratiques de nombre de pays, quand ses mercenaires ont commis des exactions en Afrique.

D’ailleurs, il ne se cache pas qu’il a d’autres revendications qui, immanquablement, créeront de nouvelles tensions jusqu’à un embrasement final.

Si nous posons le débat dans des termes extrêmes mais qui ne sont pas invraisemblables, vaut-il mieux avoir froid l’hiver prochain en se passant du gaz russe ou mourir celui d’après sous les missiles de Poutine?

Parce qu’ici le courage est aussi le meilleur moyen d’empêcher le pire de survenir et de donner toutes ses chances à la paix.