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lundi 5 janvier 2026

Le Focus. La chute de Maduro, bonne et mauvaise nouvelle pour la démocratie dans le monde


Nous savons bien que ce n’est pas au nom de la démocratie et peut-être même pas pour celui de la lutte contre le narcotrafic que Trump a fait faire prisonnier le dictateur corrompu et criminel du Venezuela.

Sans doute que ses motifs principaux étaient, d’une part, d’affirmer sa volonté que les Etats-Unis avaient leur sphère d’influence et que celle-ci ne pouvait supporter des ennemis déclarés comme le régime chaviste.

D’autre part, de mettre la main sur l’économie vénézuélienne et notamment son pétrole sachant tout de même que celui-ci est très lourd, donc difficilement raffinable, sachant qu’à une époque seule des raffineries américaines étaient capables d’y parvenir.

Peu importe pourraient dire les défenseurs de la démocratie, il y a un dictateur de moins sur la planète (même si l’on ne sait pas encore comment va évoluer le régime de Caracas toujours aux mains des chavistes actuellement) et c’est cela l’important dans cette lutte que livrent actuellement les régimes autoritaires et totalitaires contre les démocraties partout dans le monde.

Oui, mais.

Car l’intervention américaine permet à tous ces régimes de se revendiquer dans leur soi-disant pré-carré de cette doctrine Trump ou «Donroe» (pour Donald, prénom de Trump, et Monroe, nom du président étasunien qui édicta en 1823 la doctrine interdisant toute intervention européenne dans les affaires du continent américain).

Et du coup de prétendre à avoir la légitimité d’intervenir dans les affaires de leurs voisins.

On pense évidemment à la Russie pour l’Ukraine et à la Chine pour Taïwan même si, ici, il s’agit d’annexion pure et simple alors que les Etats-Unis n’ont pas évoqué celle-ci concernant le Venezuela.

Mais ce n’est pas cette «petite» différence qui arrêtera les dictateurs Poutine et Xi…

Et cela pourrait se répéter dans nombre de régions du monde comme en Afrique avec la volonté du dictateur du Rwanda de s’emparer d’une partie de la République démocratique du Congo.

Dès lors, l’intervention trumpienne contre Maduro est également une très mauvaise nouvelle pour la démocratie.

C’est la raison pour laquelle les réactions à celle-ci sont souvent mitigées et prudentes dans le monde libre et notamment en Europe parce que si le résultat est positif, la manière est plus que critiquable.

Cela rappelle, non pas l’intervention des Etats-Unis au Panama où, en 1989, Noriega, le dictateur du pays fut arrêté et condamné à 40 ans de prison pour trafic de drogue, mais plutôt celle d’Irak en 2003 avec la chute de Saddam Hussein, un des pires tortionnaires de la planète, qui fut une bonne chose alors que la gestion de cette opération fut une catastrophe qui aboutit, entre autres, à la création de Daesh, une organisation qui ciblait avant tout les valeurs humanistes de la démocratie.

Alors, saluons le départ de Maduro et inquiétons-nous de ce qui peut survenir.